Le meilleur de la Géorgie

Géorgie Adishi
Adishi © Jan - stock.adobe.com

L'antique Colchide de Jason et les Argonautes, la quête de la Toison d'Or, Rome, Byzance, la route de la soie, les Perses, l'Empire ottoman, les Russes devenus Soviétiques, et enfin l'indépendance et la tentation européenne…

Par son histoire et sa géographie, la Géorgie est un carrefour entre l’Europe, l’Asie, la Russie et l’Iran.

Plus vieux pays chrétien du monde après l’Arménie, il s’enorgueillit d’une collection d’églises et de monastères très anciens, parfois bâtis sur des sites troglodytes dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

Destination favorite des épicuriens russes depuis le 18e s, la Géorgie entretient un art reconnu du banquet. Avec l’Arménie voisine, on la considère comme le berceau probable de la viticulture, déjà pratiquée dans ces vallées du Caucase il y a 8 000 ans !.

L’ancien Far West de la Russie dont s’entichèrent Tolstoï et Pouchkine est un eldorado pour les randonneurs. Voici l’opportunité d’explorer le Caucase, dont plusieurs sommets dépassent les 5 000 m, et où les villages de pierre hérissés de tours dessinent de magnifiques premiers plans ! Excursion à la journée ou véritable trek de plusieurs jours, il y en a pour tous les goûts et niveaux.

Grâce à sa géographie remarquable et diverse, son vécu et sa culture unique,la Géorgie , petit pays de la taille de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, a les atouts d’une grande destination. Ajoutons, côté pratique, une bonne desserte aérienne, pas de visa requis… Go !

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Le meilleur de la Géorgie : Tbilissi

Capitale du pays et porte d’entrée en Géorgie pour beaucoup, Tbilissi s’étire sur un site photogénique, pincé par les extrémités du Petit et du Grand Caucase qui y transforment en gorge le cours de la Mtkvari (ou Koura), fleuve nourricier du pays.

La vieille ville y doit son caractère à un mélange d’églises et de vieilles demeures typiques, souvent dotées de  balcons-galeries suspendus

D’autres architectures passées -hausmaniennes, art déco, stalinienne, brutaliste – et les audaces  récentes de l’ancien président Mikheil Saakachvili au début du 21e s  lui confèrent une plastique un peu chaotique mais dépaysante et attachante, un sentiment renforcé par son caractère cosmopolite et animé, sans oublier la chaleur d’âme du peuple géorgien….

Les charmes pittoresques de la rive droite et de la vieille ville

Géorgie Tbilissi Quartier Abutobani
Quartier Abutobani © saiko3p - stock.adobe.com

Commençons par une petite promenade dans Tbilissi. Départ sur la rive droite (ouest) du fleuve Mtkvari (Koura) depuis le métro Rustaveli, par l’avenue haussmannienne du même nom. Musées, théâtres, opéra néo-mauresque et beaux immeubles s’égrènent jusqu’à la place de la Liberté.

Depuis ce grand rond-point où Saint-Georges, patron du pays, terrasse le dragon, s’engager parla rue Kote Afkhazi qui mène à la partie la plus ancienne de la ville, et redescendre vers le fleuve jusqu’à la place Meidan.

300 m plus loin, quartier Abanotubani, les bains d’eau sulfureuse issue de la petite gorge voisine sont fréquentés depuis la naissance de la ville. Sous leurs dômes de briques, des établissements au caractère mauresque vous attendent pour une expérience unique. D’ici et des alentours, des ruelles tourmentées bordées de demeures typiques aux balcons de bois surplombants s’attaquent en désordre à la colline de Sololaki, coiffée par l’ancienne forteresse Narikala, et rafraîchie sur ses arrières par le plaisant jardin botanique.

Partant du parc Rike, d’où l’on observe les audaces architecturales contemporaines commanditées par l’ancien président Mikheil Saakachvili comme le pont de la Paix, le téléphérique rase les vénérables demeures accrochées aux pentes.

La vieille cité conserve de nombreux recoins et même les secteurs les plus fréquentés valent toujours la promenade. Ainsi, l’étroite rue pavée Ioane Shavteli, ses vieux pianistes, la loufoque tour de l’horloge, et l’émotion ressentie dans la vénérable basilique d'Antchiskhati. Rive droite encore, plus au nord, le quartier de la rue Atoneli, riche en immeubles de style 19e et 20e s, a été rénové.

Tbilissi contemporaine et alternative

Géorgie Tbilissi Rike Park
Rike Park © George - stock.adobe.com

Depuis le métro Marjanishvili, l’avenue D. Aghmashenebeli, bordée d’élégants immeubles voués au commerce, trace l’axe principal d’une rive gauche qui mérite d’être explorée.  En montant d’ici vers l’est, le quadrillage de ruelles découvre un quartier fascinant.Autrefois purement populo, il est aujourd’hui en pleine mutation créative et alternative. C’est ici que Tbilissi bouge.

Plus au sud et regardant la vieille ville, le quartier d’Avlabari est dominé par la gigantesque et orgueilleuse Cathédrale de la Trinité.

Reparti au nord, le Dry Bridge débouche rive droite sur des puces pittoresques, voisinant avec le parc Dedaena équipé d’un skate park.

Certains quartiers de la vieille ville distillent leur lot de surprises. S’engager à l’ouest par la rue Giorgi Leonidze depuis la place de la Liberté immerge le visiteur dans un quartier animé par ses habitants, distillant de bonnes adresses : bars à bière artisanale, cavistes géniaux, lounge bar à l’étage d’immeubles de style dans leurs « jus ».

De bonne facture sous Staline, l’urbanisme soviétique se dégrada par la suite, confiant quand même à Tbilissi quelques gemmes du brutalisme (de « brut » du béton), un style répétitif et fonctionnel inspiré par Le Corbusier et sa Cité Radieuse, très populaire à l’Est des années 60 à 80. Quelques exemples : le chic Stamba et l'alternatif Fabrika, d’anciennes fabriques converties en espaces multi-mode, branchés tout en restant décontractés ; le siège de la banque de Géorgie ; le Skybridge, l’ancien musée d’archéologie.

Le meilleur de la Géorgie : Koutaïssi, Batoumi et villes de Géorgie

Villes, villages et campagnes à découvrir en Géorgie.

Batoumi et la mer Noire

Géorgie Batoumi
Batoumi © IgorZh - stock.adobe.com

Petite sœur d’Odessa, Batoumi regorge de caractère. Sans rien d’extraordinaire en particulier, la capitale d’Adjarie combine les charmes d’une station balnéaire à ceux d’une ville à la fois historique et portuaire.

Dans le cœur historique, la place Europa convoque Médée pour célébrer l’antique Géorgie néo-colchidienne. 

La vieille ville et ses abords en damier conservent de belles demeures et immeubles. Dans de paisibles rues à l’écart, le regard se glisse dans les arrière-cours. Désirs d’y arrêter le temps....

Farniente, épicurisme et distraction. L'ancienne station balnéaire soviétique est fière de ses nouvelles et généreuses promenades en front de mer. D’un côté les galets striés de chemins de planches. De l’autre, la silhouette des palmiers distrait du regard les verticales de verre et de béton. Très animée en été, Batoumi abonde en bars, restos, et vie nocturne.

Festonné de collines en arrière-plan, où parfois le couchant étale sa toison d’or, le port jouxte la ville à l’est. Il accueille notamment les ferries d’Odessa.

Luxuriants, les environs de Batoumi incitent à l’excursion. À la sortie de la ville, le parc botanique,créé par un aventurier français en 1881 sur le modèle de la Riviera, rassemble un nombre impressionnant de grands arbres du monde entier et s’enorgueillit de superbes panoramas sur la mer Noire.  En contrebas, la voie ferrée transperce l’éblouissant Cap Vert.

Au nord de Batoumi, les plages passent du galet au sable gris, magnétique et thérapeutique à Ureki (!), entrecoupées de forêts et marécages côtiers

Dans les terres, le parc de Mtirala porte bien son nom de « Montagne qui pleure ».  Capturant les nuages de la mer Noire, la zone la plus humide de l'ancienne URSS est quasi tropicale : 4,5 m de pluie par an ! Sur la petite route rejoignant Tbilissi via Akhaltsikhé, de gracieux ponts médiévaux, une route des vins et le vieux téléphérique de Khulo composent une belle journée d’excursion.

Le charme des petites villes et campagnes géorgiennes

Géorgie Vardzia
Vardzia © VitalyTitov - stock.adobe.com

Petites villes et campagnes géorgiennes sont intimement liées.

Sur la berge du fleuve Mtkvari, 25 km en amont de Tbilissi, l’ancienne capitale Mtskheta impose l’excursion pour son église, sa vieille ville pavée et le monastère Jvari.

50 km à l’ouest de Mtskheta, Gori est célèbre pour son musée consacré à Staline, le petit père des peuples étant également le plus illustre de ses enfants ! Son wagon personnel, la maison où il naquit, ses photos et de nombreux documents sont commentés par de bons guides, avec un recul savamment dosé. À 10 km, la cité troglodyte d’Ouplistsikhé remonte à 2000 av. J.-C. Offrant des panoramas d’un contraste aveuglant sur l’aridité de cette dernière, la vallée enchantée d’Ateni sinue, saturée de vignes, jusqu’à son monastère homonyme.

130 km au sud-ouest de Gori, une citadelle reconstruite, plus enthousiaste que fidèle, garde la petite ville d’Akhaltsikhé, la « nouvelle forteresse ». 30 km à l’est, la cité troglodyte de Vardzia est incontournable, couplée avec d’autres visites, dont celle du monastère de Sapara, serti dans les pentes boisées du Petit Caucase.

Koutaïssi, une belle qui se réveille

Géorgie Koutaissi
© charkselianicom - stock.adobe.com

À 100 km de la mer Noire et 230 km de Tbilissi, Koutaïssi s’est réveillée, titillée par le souvenir de son élégance et l’importance de son rôle de capitale, autrefois royale et aujourd’hui provinciale, d’Imérétie.

Sur son lit de rochers blancs érodés, la coquette rivière Rioni borde la petite mais attachante vieille ville. Au menu : musée provincial, parc, bars et restos sympas, terrasses.

L’ancienne capitale occupait les pentes de la rive opposée pour leur protection naturelle. On franchit les vestiges de ses murailles en montant vers la cathédrale royale de Bagrati, édifiée en 1003 et quasi -détruite par les Turcs au 17e s.

 La controverse attachée à sa reconstruction, commencée dans les années 50 et achevée en 2009, a poussé l’Unesco à lui retirer sa citation au patrimoine de l’humanité, partagée avec le monastère Ghélati. Pas de quoi diminuer l’amour que vouent les habitants à leur cathédrale, ni ruiner le joli panorama qu’elle commande sur une ville  revendiquant 3 400 ans d’histoire...

Pour une belle promenade, dépasser la cathédrale, descendre au parc botanique, franchir la Rioni au niveau du barrage et traverser suivre l’ancien quartier juif jusqu’à la vieille ville.  

À quelques kilomètres de la ville par de superbes lacets, les monastères de Ghélati et Motsameta confirment que les sites sacrés ne sont pas choisis par hasard.

En excursion alentour, combiner l’impressionnante grotte de Prométhée et le canyon d’Okatse, occasion d’une marche de 4 km A/R, pimentée par une vertigineuse passerelle de 800 m de long.

Le meilleur de la Géorgie : églises et monastères

La Géorgie abonde en sites religieux très anciens. La chrétienté s’installa dès le 4e s, souvent sur des lieux faisant déjà l’objet de rites polythéistes

Églises et monastères

Géorgie Mtskheta Jvari
Monastère de Jvari © Lukas - stock.adobe.com

Plus de 60 églises portent le nom de Saint Georges, patron de la Géorgie…

À Tbilissi, voici nos suggestions, a minima…, pour les églises à visiter : Metekhi (son site, son histoire), Monastère de la Transfiguration- Tabor (la meilleure vue), Cathédrale de Sioni, Basilique d'Antchiskhati (la plus vénérable et intime peut-être), église haute de Betlemi (petite esplanade avec vue, en contrebas de la colline Sololaki, fresques colorées).

À Mtskheta,  la cathédrale de Svétitskhovéli, occupant un site lié au début du christianisme géorgien dès 337, fut la plus grande du pays et le centre de la chrétienté en Géorgie, avant la consécration en 2004 de la cathédrale de la Trinité à Tbilissi. Non loin, le monastère Samtavro, fondé au 4e s, exhale une atmosphère très pieuse. Sur la rive opposée du fleuve, 3 km à vol d’oiseau mais 12 par la route, le monastère de Jvari (début 7e s) surplombe toute la région sur un site lié à sainte Nino.

Près de Gori, le monastère Ateni Sioni émeut par la beauté et la sérénité de sa situation, à la naissance de la vallée d'Ateni, et pour ses vénérables fresques.

Non loin de Koutaïssi, dominée par l’ancienne cathédrale royale Bagrati, le monastère et l’académie philosophique de Ghélati furent fondés en 1106 par David IV le Bâtisseur, qui s’y fit enterrer. De très belles fresques du 12e s enrichissent l’intérieur de l’église de la Sainte-Vierge, tandis que l’ensemble impressionne par sa sérénité et les structures annexes. 1 km à l’ouest à vol d’oiseau, tel un nid d’aigle surveillant le coude d’une rivière, le monastère de Motsameta fut également fondé par David IV afin d’honorer deux martyrs.

Géorgie Grémi
Citadelle de Gremi © Kadmy - stock.adobe.com

En Kakhétie, la vallée d’Alazani mène depuis Telavi à Ikaltho, ancien siège d’une académie cousine de celle de Ghélati, puis au majestueux monastère d’Alaverdi.

Entouré de vignobles réputés, veillés par les moines, Alaverdi fut fondé par Joseph d’Antioche au 6e s et consacré à Saint-Georges. La cathédrale actuelle remonte au 11e s.

Plus à l’est sur la rive gauche de l’Alazani, la citadelle de Gremi s’éleva à l’intersection de routes commerciales l’enrichissant au point de construire un temple associé à Jérusalem. Le Perse Shah Abbas le Grand la détruisit au début du 17e s, épargnant cependant son église fortifiée qui abrite de belles fresques.

Plus loin, des bus spéciaux s’attaquent aux raides lacets striant les contreforts du Caucase jusqu’au monastère de Nekressi. Construit au 4e s sur un site zoroastrien dont des vestiges subsistent en contrebas, il fut le centre religieux de toute la région. Y subsiste notamment une église caractéristique à 3 nefs. 

À Kazbegi, l’église de Gergeti est célèbre pour son insertion magnétique sur l’arrière-plan de montagnes et son glacier superlatif. Ne pas oublier d’y entrer, l’intérieur aussi est très « chargé ».

Les monastères troglodytes

Géorgie David Garéja
Site de David Gareja © Mikhail - stock.adobe.com

Un parfum de mystère émane toujours des sites troglodytes. Grêlant le flanc d'une colline de ses grottes et cavités ornées de peintures polychromes, David Gareja commande un panorama spectaculaire sur les basses terres filant jusqu’à la mer Caspienne.

Vardzia creuse et tourmente les gorges de la Mtkvari (Koura) qui irrigue, 200 km en aval, Tbilissi. L’église conserve des peintures polychromes. 

« Forteresse des Dieux » comme celui du Soleil, Ouplistsikhé fut une étape dès 2000 av. J.-C. sur la route de la Soie, jusqu’à sa destruction par les hordes de Tamerlan au début du 14e s.

Le meilleur de la Géorgie : l’Est du Grand Caucase - Kazbegi, Touchétie et Khevsourétie

Géorgie Caucase
Paysage du Caucase © Maritxu22 - stock.adobe.com

Marquant la frontière de l’Europe pour les géographes, le Grand Caucase envoie l’essentiel de la Géorgie ailleurs, au grand dam d’un peuple qui s’affirme, non sans raison, européen, au moins culturellement. Notons que les régions abordées ci-dessous, situées par-delà des cols somptueux au nord de la ligne de partage des eaux, sont exemptées de ce débat.

Surnommée la « Montagne des Langues », le Caucase est une des régions du monde la plus riche en peuples et idiomes, certains présents depuis l’Antiquité, d'autres récents comme le russe.

L'automne dans le Caucase... c’est dingue ! Palette impressionniste, la forêt décline toutes les nuances du vert foncé au rouge sang !

La route militaire géorgienne

Géorgie Kazbegi
Kazbegi © Artur Symenko - stock.adobe.com

Construite par les Russes après l’annexion de la Géorgie début 19e, elle nourrit toujours l’imaginaire russe. De nos jours, les grands voisins débarquent à Kazbegi depuis Vladikavkaz, capitale de l’Ossétie du Nord, via 50 km de route tracée dans la profonde gorge du Terek, qui file vers la mer Caspienne.

À seulement 3 h de route (150 km) de la capitale, Kazbegi (ou Stepantsminda), sertie dans un site extraordinaire, constitue l’accès le plus facile aux magies du haut Caucase.

L’excursion vers l’église Gergeti – la faire à pied si possible pour son caractère initiatique – est l’un des musts du pays. Le sommet homonyme et son glacier se dévoilent dans son dos, en montant. Passé derrière, des sommets déchiquetés et enneigés barrent l’opposé de la vallée, approchés par la petite rando du monastère Ioane Natlismcemeli.

De Kazbegi, on accède aussi aux sublimes vallées de Truso, sinuant vers l’ouest jusqu’à l’Ossétie du Sud séparatiste, et de Sno-Juta, objet d’une géniale rando A/R ou prolongée jusqu’à Roschka, sur la route de Shatili.

Les vallées perdues de Touchétie et Khevsourétie

Géorgie Shatili
Shatili © Yaroslav - stock.adobe.com

Au nord-est du pays, à 50 km à vol d’oiseau l’une de l’autre mais bien plus en voiture, les vallées cousines de Khevsourétie et de Touchétie sont respectivement frontalières de la Tchétchénie et du Daghestan. Malgré la hausse récente des visiteurs, elles baignent encore dans la rude culture montagnarde du Grand Caucase, teintée de croyances et coutumes païennes.

Très reculées, elles sont inaccessibles de mi-octobre à fin mai au moins, en fonction de la fonte des neiges, des éboulements et... de la motivation des équipes d’entretien, mises à rude épreuve par des routes extrêmes.

Les quelques églises construites par les Russes voisinent avec d’anciens sites chamaniques, notamment des buttes garnies d’un toupet de forêt sacrée, où se serrent des tombes semées de cailloux blancs. Liés aux sites ou à des périodes spécifiques, des tabous ancestraux perdurent. Ils affectent par exemple les rapports entre le village et les « étrangers », ainsi qu’entre les sexes. Pour éviter les impairs si on a un doute, faire preuve de réserve dans ses actions et attitudes, attendre d’être invité à faire, entrer dans une maison, etc.

Ces vallées sont difficiles d’accès... Pour la  Khevsourétie, compter 6 h de route pour 150 km, dont 50 km de piste difficile aux abords du col de la Croix de l’Ours (alt. : 2 689 m), d’où le panorama par une belle journée est intoxiquant et s’amorce la descente vers Shatili, un superbe village fortifié  où on trouve à se loger.

Petite cousine moins visitée de la Touchétie, cette région est surnommée le « Pays des Vallées ». On comprend rapidement pourquoi. Étroites et profondes, ramifiées à l'infini, magiques et magnifiques, elles sertissent les rivières filant vers la Russie.

Depuis Shatili, randonner jusqu’aux cryptes d’Anatori où, frappés par la peste, des villageois se laissèrent mourir au 18e s pour ne pas contaminer leurs compatriotes. Plus loin, le stupéfiant village fortifié de Mutso agglutine ses maisons et tours d’ardoises à un piton, puis le village ruiné d’Ardoti scrute le sentier qu’empruntent les randonneurs venus de Touchétie – avec ou sans chevaux, la traversée Touchétie-Kazebgi via Shatili dure 9 j (5 j + 4 j).

La Touchétie s’atteint par la vallée d’Alazani, via Alvani à 1 h 30 de Tbilissi, où on embarque dans une Jeep. 3 h d’épingles étourdissantes précèdent le col d’Albano (alt. :  2 850 m). Omalo, le plus gros village de la région, se trouve à 35 km supplémentaires.

Échelonnés entre 1 900 et 2 400 m, les villages sont en général divisés en partie haute et fortifiée, qui défendait l’autre, la basse, où l’on cultivait. 13 km séparent Upper Omalo, le meilleur choix pour se loger, de Dartlo, un autre village fascinant.

Le meilleur de la Géorgie : au nord-ouest, la Svanétie

Géorgie Ushguli
Galyna Andrushko - stock.adobe.com

Bastion montagneux du pays enclavé dans le Caucase à la frontière russe, la mythique Svanétie est le royaume à la fois rude et enchanté des Svanes, cousins germains des Géorgiens des plaines.

Jamais vraiment conquise, la région baigne encore dans ses mystères et les souvenirs de vendettas interminables et fatalistes, heureusement disparues depuis la fin du 20e s… Elle est également fière d’avoir caché les trésors nationaux quand la plaine était envahie. D’où la richesse du musée de Mestia et ces surprenantes fresques de plus de 1 000 ans venues de villages perdus.

 Taille, multiples choses à faire et à voir, variété des hébergements et services, la région distille l’expérience caucasienne la plus variée et adaptée à tous les profils de randonneurs et amateurs de villégiatures d’altitude.  L'amélioration des routes (compter 5/6 h depuis Koutaïssi/Batoumi) la rend assez facilement accessible, sauf lors de fortes chutes de neige.

Au-delà de Zougdidi, la Haute-Svanétie déploie des paysages d’une ampleur extraordinaire, tandis que le Caucase s'aiguise de virage en virage. La grande forêt déroule son tapis, des vallées à l’assaut des pentes, n’abandonnant ses efforts qu’à l’approche de sommets glacés et intimidants, ici brisés en aiguilles, là chef-d’œuvres d’un dieu bijoutier.

Les superbes villages sont hérissés de leurs emblématiques tours de pierre et dominés par des plus de 5 000 m.

Mestia.

Depuis Mestia, petite et agréable capitale régionale, une piste carrossable emprunte la gorge de la rivière Enguri jusqu’à Ushguli. Unissant plusieurs hameaux de pierre hérissés d’une profusion de tours, dont Chazhashi protégé par l’Unesco, c’est l’un des plus hauts villages d’Europe (alt. moyenne : 2 300 m).

Un petit musée ethnographique met en scène une maison vieille de 900 ans. En hiver, les occupants dormaient au-dessus des bêtes pour profiter de leur chaleur. Au détour d'un chemin, le regard bleu d’un jeune garçon intrigue. Oui, c’est celui du petit enfant malade de l’héroïne du film « Dede », projeté plusieurs fois par jour à Mestia.

Soudain, depuis le café Koshki ou le monastère de Lamaria, l’époustouflante « Muraille de Bezengui » où culmine le Mt Shkhara (alt. : 5 193 m) émerge du brouillard à l’horizon. L’idéal est d’approcher en rando cette merveille marquant la frontière russe. Compter 5-6 h A/R.

La région est enneigée jusqu’à 6 mois/an, d’octobre à mars. Proches de Mestia, 2 stations de ski en profitent.

Randos et treks en Svanétie

Géorgie Trek
Trek © Dominique Roland

La saison court de mi-juin à fin sept, selon les chutes de neige.

Plusieurs délicieuses randos à la journée permettent de s’échauffer : glacier de Chalaadi, lacs de Koraldi et, depuis Mazeri, cascade de Shdugra et glacier Ushba.

Le trek Mestia-Ushguli (2 à 4 j selon les options) est le plus connu et fréquenté du Caucase, sans que cela gâche son intérêt et sa variété : sentiers en balcon au-dessus de vallées égrenant les villages, cols tapissés de chaumes, tourbières, passages en forêt, généreux panoramas, rivières nerveuses, et le soir, les généreux repas des pensions ! 

Voir notre guide en ligne Géorgie

Le meilleur de la Géorgie : vignobles, routes des vins et gastronomie

Géorgie Vin Qvevri
Qvevri © Dominique Roland

Les Géorgiens vouent un véritable culte à la vigne. Elle tapisse les plaines et vallées, pousse en treille devant la maison, passe parfois au-dessus de la rue ! Le pays revendique jusqu’à 500 cépages autochtones. Grâce aux variations climatiques et géologiques, une profusion de micro-zones multiplie d’autant les crus.

De la récolte à la dégustation, des coutumes s’associent à toutes les étapes. Vendanges familiales, souvenir du foulage au pied, encore pratiqué ici et là. Mais parler vin en Géorgie, c’est d’abord parler « qvevri ». Dans ces récipients ovoïdes en terre cuite, ressemblant à de grosses amphores, la fermentation et la conservation se font naturellement, sans additifs, selon un procédé antique propre à la Géorgie.

Voir aussi notre guide en ligne Géorgie

Cuisine géorgienne

Géorgie Gastronomie
© Dominique Roland

La cuisine géorgienne fut la favorite de la grande Russie. L’influence du grand voisin se devine dans certaines soupes, salades et raviolis en bouillon. Tout comme celle d’autres envahisseurs ou visiteurs réguliers : Mongols inspirateurs des raviolis Khinkali, Turcs et leurs kebabs, Perses pour le pain « Puri Shoti » cuit en four cylindrique de terre cuite à la tandoori, etc.

Influencés ou pas, succulents mézés, ragoûts, recettes préparées en plat de terre cuite, etc., les menus regorgent de recettes généreuses et parfumées. N’oublions pas les emblématiques « churchkhela », des « saucisses » de noix enrobées d'une gelée de raisin séchée. Ces ancêtres des barres énergétiques furent validées par les armées antiques.

Caves, domaines et routes des vins

Géorgie Vin Qvevri
Qvevri © radiokafka - stock.adobe.com

Tbilissi, mais aussi Koutaïssi et Batoumi surfent sur la vague des vins géorgiens. Installés dans de vénérables caves de briques, les spécialistes regardent avec amusement les nouvelles vinothèques s’ouvrir en rafale.

Dans les bonnes caves, on déguste les vins, parfois gratuitement, avant d’acheter. Des plateaux de fromages et autres mets sont souvent proposés. Attention aux différentes tailles de verres, un prix plus élevé peut signifier la plus grande, 25 cl. 

De nombreux domaines se visitent en Kakhétie. Spécialiste villageois du qvevri, gentil producteur de taille moyenne, avec ou sans petit musée, gigantesque cave installée dans un tunnel, etc., il y en a pour tous les goûts. Des routes des vins forts sympathiques sillonnent également la province d’Adjara, la vallée d’Ateni vers Gori, etc. 

La Kakhétie : le joyau du vignoble géorgien

Géorgie Tsinandali Domaine Chavchavadze
Domaine Tsinandali © Dmitrii - stock.adobe.com

Capitale de cette région coiffant l’est du pays, à 2 h de route de Tbilissi direction Azerbaïdjan, Telavi est une base idéale pour se rassasier des richesses de la vallée d’Alazani. Étiré entre les deux Caucase, ce corridor long de 160 km, large de 35 km maximum, est l'une des deux seules véritables vallées du pays. Son climat, l'un des plus doux de Géorgie, est idéal pour la viticulture.

Vignobles, exploitations, caves, mais aussi histoire, culture, jolis bourgs et villages... la Kakhétie ravit ses visiteurs.

Si on associe le vin géorgien à la tradition qvevri, rendons justice à Alexander Chavchavadze qui introduisit début 19e les méthodes modernes de vinification et fit de la Géorgie un grand pays viticole. Portant le nom du bel assemblage de blancs qu'il créa, son ancien domaine de Tsinandali est incontournable. Construit en 1818, il englobe le délicieux jardin qu’Alexandre Dumas qualifiait « d'Éden », une élégante maison-musée de 2 étages à l’italienne avec balcon en bois à l'ottomane, une œnothèque rassemblant 60 000 vieilles bouteilles, de vieux entrepôts joliment réhabilités en salle de spectacles et un resto.

Sighnaghi la belle

Géorgie Sighnaghi
© photoaliona - stock.adobe.com

Rivale de Telavi, Sighnaghi incarne l’étape de charme en Kakhétie. Oppidum fortifié surplombant la région, la cité conserve de belles maisons à balcons suspendus et déroule de somptueux panoramas sur la plaine et les vignobles. Même perdu dans les brumes, le formidable mur du Caucase n’est qu’à 30 km au nord-est.

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