Géographie Oman
Le sultanat d’Oman se situe dans la partie sud-est de la péninsule Arabique, une région que les Romains séparaient entre Arabia Deserta et Arabia Felix, l’Arabie heureuse et verdoyante du Dhofar, au sud, aux confins du Yémen.
Ces étendues ont de tout temps constitué l’habitat naturel des Bédouins regroupés en tribus nomades qui n’accordaient aucune importance aux délimitations territoriales. La carte de cette partie du monde ne fut guère modifiée au XIXe siècle. À l’époque, les protectorats des puissances coloniales dans la région (dont les Britanniques à Oman) visent davantage à s’établir sur des points stratégiques qu’à définir les contours d’un arrière-pays aride.
Mais un siècle plus tard, la manne pétrolière vient raviver les conflits ancestraux pour le contrôle des terres possédant d’éventuelles réserves dans leur sous-sol. Ce no man’s land longtemps connu sous le nom d’Aden trouve enfin, vers les années 1950, le tracé sous lequel on le voit aujourd’hui.
Oman est le 3e plus vaste pays de la péninsule après l’Arabie Saoudite et le Yémen, se différenciant des émirats du Golfe non seulement par sa taille, mais également par sa situation méridionale et son ouverture sur l’océan Indien.
En outre, ses déserts et ses montagnes opèrent comme des barrières naturelles tranchant ainsi une topographie rude, mais d’une beauté inouïe. L’énorme ceinture de sable qui forme le désert de Roub al-Khali, le « quart vide », découpe une frontière imprécise, mais toute naturelle avec le Sud saoudien.
Deux chaînes montagneuses bordées par deux bandes côtières plates le séparent de ses autres voisins : l’une au Nord, s’étendant de Mascate - la capitale - à la frontière avec les Émirats arabes unis (djebel Akhdar), et l’autre au Sud (chaine du Dhofar) autour de la ville de Salalah, proche du Yémen.
La variété des paysages, ainsi que les gisements de cuivre, de gypse, de marbre et, plus rare encore, des roches vertes nommées ophiolites, attirent l’attention des géologues et des amoureux de grands espaces à la recherche d’un environnement minéral unique au monde.
Les régions d'Oman
Du Nord au Sud, cet État présente un relief contrasté composé de côtes déchiquetées ou sableuses, de montagnes, de plaines et de dunes. Mais il n’est pas aisé de diviser le sultanat par régions, car bien souvent la tradition locale et le découpage politique (du fait de litiges et de revendications territoriales) se confondent avec les contours flous de la topographie. D’un point de vue administratif, le pays est structuré en onze gouvernorats (mouhafaza), eux-mêmes scindés en 60 préfectures (wilayas).
Quatre grandes régions naturelles sont parmi les plus touristiques du pays. A l’extrême-nord, coupée du reste du territoire par l’émirat de Fujeirah (l’un de ceux des Emirats Arabes Unis), se trouve la péninsule de Moussandam, située dans une position stratégique, au niveau du détroit d’Ormuz. Elle est connue pour ses « fjords » vertigineux. Proche de Mascate, le djebel Akdhar est une région de montagnes et de wadis (gorges fertiles), spectaculaire et très fréquentée par les visiteurs internationaux. Au sud-est du djebel Akdhar, le désert de Wahiba Sands, entre dunes rousses et dromadaires, est une autre entité géographique unique. Le grand sud, lui, est assimilé au Dhofar, zone de montagnes élevées autour de la ville de Salalah. Entre Wahiba Sands et Dhofar se déploie une vaste étendue longue de 800 km où l’on trouve tour à tour la zone désertique proprement dite (Roub al-Khali), la sebkha (lac d’eau salée d’Oum Al-Samin) et des hamadas (les plateaux rocheux de Jiddat el-Harassis).iba).D’un point de naturel et culturel, péninsule de Moussandam et Dhofar sont à l’opposé : isolement et emplacement géopolitique clef pour la première ; moussons, climat humide et traditions yéménites pour le seconde. Par ailleurs, une métaphore corporelle sert à illustrer la géographie du pays. On distingue ainsi l’emplacement de la plaine fertile de la Bâtinah (le ventre) qui prend son appui sur la zone montagneuse de la Dhahirah (le dos).
Le peuplement actuel, concentré sur les villes côtières du Nord et le Dhofar, au détriment des plateaux de l’intérieur, fait que l’on considère le sultanat d’Oman comme un pays résolument tourné vers le Golfe. Les communautés villageoises de l’intérieur, regroupées autour des oasis et des falaj (canaux aménagés pour l’irrigation) forment des entités indépendantes néanmoins solidaires dans le partage des ressources en eau.
Environnement
Oman abrite bon nombre d’animaux et de plantes qui varient en fonction du climat et de la topographie et qui font l’objet d’une protection gouvernementale.
Le boswellia ou arbre à encens est utilisé depuis la plus haute Antiquité dans les cérémonies religieuses. Appelé aussi oliban, l’encens est une gomme de couleur blanchâtre (dont la résine aromatique pénètre l’écorce) qui doit être dissoute et distillée afin de produire l’huile essentielle. Les arbres de la famille des burséracées poussent dans la région du Dhofar. L’huile essentielle d’encens est tonifiante et énergisante, elle prévient les infections des voies respiratoires, a un effet anti-inflammatoire, anti-douleur, cicatrisant et apaisant. Son odeur est balsamique épicée, sucrée et chaude.
Dans le désert, la vie animale (et même végétale) est étonnamment présente. Dans les étendues de sable et de rocailles vivent diverses variétés de gerboises, de souris, de lièvres et de fennecs. On y rencontre aussi des scinques, de très nombreux lacertiliens (varans du désert, sortes de geckos), des serpents (dont le très venimeux cobra du désert et la vipère à cornes), des scorpions, des scarabées et des sauterelles.
Parmi les animaux protégés figurent l’outarde houbara, le varan, le dharb (gros lézard épineux), cinq espèces de tortues (qui viennent pondre sur les côtes), le thar (chèvre sauvage), le léopard d’Arabie et l’oryx d’Arabie , espèce pour laquelle Oman avait érigé un « sanctuaire ». Le sanctuaire de l'oryx était une réserve naturelle, l’une des plus grandes aires protégées de la région. Cette zone du désert arabique abrite, outre diverses espèces menacées, le seul troupeau d’oryx sauvages au monde. Le site, qui figurait sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, a été retiré en 2007. Cette décision exceptionnelle – c’est la première fois qu’un site était sorti de la liste - a été motivée par le fait que l'État a unilatéralement décidé de réduire de 90 % la zone protégée.
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