Le ksar d'Aït-ben-Haddou dans la province de Ouarzazate - Maroc
Le ksar d'Aït-ben-Haddou dans la province de Ouarzazate - Maroc © David Monjou - stock.adobe.com

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- Population : environ 36,83 millions d'habitants (recensement 2021).
- Superficie : 710 850 km² avec le Sahara occidental et 446 550 km² sans.
- Capitale : Rabat (495 300 habitants).
- Densité de population : environ 82 hab./km² (sans le Sahara occidental).
- Langues : arabe classique et amazigh (ou berbère ; langues officielles). Parmi les langues véhiculaires : arabe dialectal, idiomes berbères (rifain, braber, chleuh et zénète), français (courant dans l'Administration), espagnol (utilisé localement dans le Nord).
- Régime : monarchie constitutionnelle.
- Chef de l'État : le roi Mohammed VI (depuis juillet 1999). 
- Monnaie : le dirham.
- Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,698. Rang mondial : 120 sur 193 pays.
- Salaire minimum garanti : environ 3 045 Dh (environ 300 €) nets.

- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : les médinas de Fès (1981) et de Marrakech (1985), le ksar d’Aït-Benhaddou (1987), la ville historique de Meknès (1996), la médina de Tétouan (1997), le site de Volubilis (1997), la médina d’Essaouira (2001), la cité portugaise d’El-Jadida (2004) et plusieurs sites de Rabat (2012).

 

Économie

Une économie face à des crises majeures

Depuis le début des années 2000, l’économie marocaine affichait un certain dynamisme : 3 % de croissance moyenne, une inflation faible et un déficit budgétaire et commercial maîtrisé. Mais la pandémie de Covid-19 est passée par là, doublée de plusieurs années consécutives de sécheresse. Sans répit, alors que la crise sanitaire n’avait pas dit son dernier mot, s’est ajoutée la guerre en Ukraine, au retentissement mondial. Or l’économie marocaine reste très dépendante de 3 facteurs majeurs : la conjoncture de l’Union européenne (1er client et fournisseur du Maroc), les aléas climatiques et le cours des matières énergétiques (gaz, pétrole), ainsi que celui des produits agricoles comme le blé, dont le Maroc est un grand importateur (25 % des importations marocaines de blé viennent de Russie, près de 10 % d’Ukraine)...
En 2022, pour atténuer les effets de la forte inflation sur les produits de base (plus de 10 %), l’État a augmenté les subventions sur les biens de 1re nécessité comme le gaz, la farine et le sucre. Après cette période difficile, la croissance a quelque peu retrouvé des couleurs en 2023 (2,8 %), grâce au retour des touristes et à la reprise des exportations, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique. Tandis que l’inflation devait redescendre autour de 3 % en 2024. Mais cette embellie n’a pas suffi à réduire les inégalités, aggravées par la pandémie, ni le taux de chômage (13 % en 2024).

Les principales ressources

- L’industrie : le grand gagnant de la politique de diversification économique engagée par les autorités. Le secteur est passé de moins de 15 % du PIB avant les années 2000 à plus de 30 % au début des années 2020. En moins de 1 décennie, le secteur automobile est devenu le 1er domaine d’exportation du pays. Le Maroc est aujourd’hui le 2e pays africain producteur de voitures particulières, après l’Afrique du Sud le 1er pays exportateur de voitures vers l’Europe (devant la Chine et le Japon). Un développement qui se poursuit avec l’installation en 2019 d’une usine PSA Peugeot-Citröen à Kénitra.

- L’agriculture reste un pilier de l’économie marocaine avec 16,5 % du PIB. Problème : une année de sécheresse, et c’est toute une partie de l’économie du pays qui flanche. La filière céréalière occupe plus de la moitié des surfaces cultivables et représente près de 20 % du chiffre d’affaires de la production agricole du pays. Avec la guerre en Ukraine, grenier de l’Europe, la production de céréales s’impose encore un peu plus comme un enjeu majeur en matière de sécurité alimentaire. Problème : cette production, inadaptée au climat, consomme 80 % de l’eau du pays ! Or le Maroc connaît des sécheresses à répétition depuis le début des années 2020.
Un programme de réforme a été mis en place pour tenir compte des spécificités de la terre et du climat. Ainsi, les cultures traditionnelles de l’olivier, de l’arganier, de l’amandier, du figuier de Barbarie et du caroubier sont privilégiées dans le cadre d’une agriculture tournée vers le développement durable.

- La pêche représente une manne financière non négligeable (entre 2 et 3 % du PIB et plus de 700 000 emplois directs et indirects). Avec près de 3 500 km de côtes au total, et des eaux parmi les plus poissonneuses du monde, le Maroc se place au 1er rang des producteurs de poisson en Afrique. Les eaux côtières marocaines sont d’ailleurs prisées par les bateaux des pays de l’Union européenne : espagnols, français ou portugais notamment. De plus, l’aquaculture et l’industrie de transformation et de valorisation des produits de la pêche occupent une place privilégiée dans l’économie marocaine, avec 70 % des captures traitées sur place avant d’en exporter 85 %.

- Le tourisme secteur important de l’économie, représente 7 % du PIB et emploie (directement ou indirectement) quelque 2 millions de personnes. Après l’effondrement dû à la crise Covid, la reprise s’est révélée spectaculaire : en 2023 déjà, mais surtout en 2024, où le pays a battu tous ses records de fréquentation en enregistrant plus de 17 millions de visiteurs ! Les autorités notent aussi une augmentation nette de la part de touristes nationaux (8,5 millions en 2024), parmi une population plutôt jeune et aisée, heureuse de (re)découvrir son pays. Pour répondre aux attentes de ces nouveaux clients marocains, le ministère du Tourisme envisage la création de stations touristiques adaptées à leur pouvoir d’achat et la valorisation de 8 médinas à Marrakech, Essaouira, Fès, Meknès, Rabat, Salé, Tétouan et Tanger.

- Les devises des Marocains résidant à l’étranger représentent près de 6-7 % du PIB et contribuent fortement à limiter le niveau de pauvreté dans le pays. Mais cette émigration, essentiellement de jeunes Marocains instruits, constitue une fuite de la matière grise préjudiciable au pays.

Les exclus de la modernisation

En 2024, selon le FMI, le PIB par habitant du Maroc était de 4 200 US$, ce qui le plaçait au 125e rang sur 192 pays (juste derrière la Tunisie). Une position assez peu enviable, l’Indice de développement humain étant à peine meilleur, puisque le pays se classe tout juste au 120e rang mondial. 
Autre sujet d’inquiétude, selon la FAO (organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture), en 2021, 2,1 millions de Marocains étaient sous-alimentés, soit 5,6 % de la population. Ce chiffre soulève un vrai défi pour le pouvoir. Par ailleurs, l’entassement dans les bidonvilles constitue un terreau favorable à la criminalité et à l’intégrisme islamiste. 


Enfin, fin 2023, le Conseil économique, social et environnemental du pays révélait que les conséquences de la pandémie de Covid-19, combinées à l’inflation, avaient porté le nombre de Marocains vivant sous le seuil de pauvreté à plus de 3 millions. En bref, Mohammed VI, « le roi des pauvres » comme on le surnomme, a encore bien du pain sur la planche... 

Droits de l'homme

Si dans les années 2000, au début du règne de Mohammed VI, la tendance réformatrice allait dans le sens du respect des Droits humains, depuis 2011, le pouvoir joue au yoyo avec les droits civils et politiques comme avec les droits économiques et sociaux. 1re crispation, les printemps arabes qui ont effrayé le pouvoir marocain. Puis, la crise sanitaire a vu le climat se durcir pour la presse, interdite d’émettre le moindre doute sur la gestion de la pandémie. Quant à la loi sur l’« offense au roi », elle est aussi utilisée contre tous ceux qui critiquent Sa Majesté et, par extension, le gouvernement ou les institutions. La presse est particulièrement visée (lire plus loin la rubrique « Médias. Liberté de la presse »).
Selon Human Rights Watch, le gouvernement marocain aurait mis au point une stratégie d’intimidation des dissidents. La diffamation, le harcèlement, la diffusion de vidéos compromettantes, le chantage aux mœurs seraient des méthodes fréquentes pour faire pression sur les journalistes et les opposants, voire les inculper dans l’objectif d’en faire des prisonniers de droit commun et non d’opinion. Selon Forbidden Stories, l’usage du logiciel espion Pegasus est fréquent. L’économiste et défenseur des droits humains Fouad Abdelmoumni en a fait les frais. Tout comme Hajar Raissouni, une journaliste condamnée pour avortement illégal et relations sexuelles hors mariage.
Par ailleurs, confronté à une forte pression migratoire, le Maroc alterne entre autorisation temporaire de séjour et répression. Les candidats à l’exil, tentant de franchir la frontière avec l’enclave espagnole de Melilla en sont souvent victimes. Début 2024, près de 80 personnes étaient toujours portées disparues.
En 2023, l’État marocain a accepté les recommandations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU relatives à l’égalité entre les genres et à la lutte contre les violences faites aux femmes tout en rejetant la criminalisation du viol conjugal. Toutefois, le Maroc rejette la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes de même sexe, la lutte contre la discrimination des personnes LGBTI et la criminalisation du viol conjugal. Au chapitre du droit des femmes, les Marocaines bénéficient de la réforme du Code du statut personnel (Moudawana) de 2004, à nouveau révisé en 2024 (voir plus loin le chapitre « Femmes ») et de la loi sur les violences sexuelles, entrée en vigueur fin 2018, prenant en compte pour la 1re fois des actes considérés comme des formes de harcèlement ou d’agression. Mais les freins sociétaux demeurent encore très vivaces. Les crimes dits « d’honneur » perdurent et les verdicts sont souvent moins sévères que la loi.
Dernier point sombre, le Sahara occidental où, selon des rapports successifs de Human Rights Watch, des militants ayant simplement critiqué le gouvernement de Rabat et défendu la cause sahraouie font l’objet d’arrestations arbitraires, de harcèlement, de surveillance et, dans certains cas, de procès contestables voire d’aveux obtenus sous la torture

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