Tous les habitués de Cuba, et quelques touristes courageux, connaissent les “colectivos” de la capitale cubaine. Je parle des taxis privés cubains appelés “colectivos”, ou “almendrones”, pas des taxis que des touristes cherchent à partager et que certains veulent à tout prix appeler “collectifs”. Je ne cherche aucune polémique stérile sur le terme à employer, mais un taxi collectif (colectivo) est un taxi qui ne fonctionne qu’en collectif où chacun paye sa course indépendamment du nombre de passagers, alors qu’un taxi partagé (compartido, à Cuba), est un taxi comme il y en a partout, privé ou d’état, que l’on partage avec d’autres, où chacun paye sa course proportionnellement au nombre de passagers (1 course égale 1 tarif divisé par le nombre de passagers/clients que chacun payera). Ne pas, ou plutôt ne plus confondre “colectivo” et “compartido”.
Depuis quelques mois, le gouvernement a mis en place un service de “ruteros” à la Havane. En fait, ce sont des taxis comme les “colectivos”, mais qui sont d’état. Les lignes sont identiques, ou presque, aux lignes des colectivos. Il n’était pas difficile, pour un “botero” (chauffeur de colectivo), de changer de ligne comme il le souhaitait. Mais depuis le début de ce mois d’octobre, tout change pour les “colectivos”.
Tous les chauffeurs de colectivo ont reçu (ou vont recevoir) un courrier de convocation à laquelle ils devront se présenter pour définir leur statut. Ils doivent choisir le statut de “libre”, c’est-à-dire simple taxi sans itinéraire précis, “de lujo” (de luxe), où de “rutero”. “Rutero”, c’est la même chose que “colectivo”, mais avec une différence très importante que rejettent les “boteros”, c’est qu’ils sont contraints à un achat minimum de carburant, et à une consommation minimale journalière, le tout contrôlé, et carburant payé par Carte Bancaire à un lieu bien précis. Et tant qu’ils n’ont pas fait ce choix, ils risquent de perdre leur licence s’ils sont contrôlés, ce qui fait que depuis 2 semaines environ, un nombre important de boteros sont à l’arrêt attendant cette convocation. D’autres continuent au risque de sanctions.
Voilà le principal changement pour nos fameux “colectivos” forcés à des contraintes, en plus d’avoir des tarifs imposés. Ce mois d’octobre est galère pour tous les Habaneros qui cherchent un taxi privé. Les colectivos contraints à l’arrêt, diminution des taxis privés, route imposée, …
Attention : Pour les touristes (comme pour les Cubains) souhaitant utiliser ces transports en CUP et payer en CUC, et sans parler de radinisme ou autre, sachez qu’une course de 5 CUP coûte, en CUC, 0,25 CUC. 0,50 CUC pour une course de 10 CUP, 0,75 CUC pour une de 15 CUP, et 1 CUC pour une course de 20 CUP… et donc 1,25 CUC pour la plus longue, de 25 CUP.