Nous étions à Venise pendant la première semaine du Carnaval. En dehors des week-ends la ville était plutôt calme. Nous sommes par exemple allés au Ca’ Rezzonico un mardi matin et n’étions qu’une dizaine de visiteurs pendant toute la visite. Idem pour les églises: loin des week-ends, le calme plat.
Il faisait par contre très très froid, surtout au petit matin ! Je savais que l’humidité et les basses températures ne font pas bon ménage, mais là, c’était vraiment spécial. On a beaucoup regretté d’avoir oublié nos gants, très importants quand on voyage avec un chien et on a tout le temps les mains dehors.
Il faut faire attention aussi au sol glissant sur les bords des canaux et sur les ponts: un matin j’ai vu une étudiante tomber lourdement en descendant d’un petit pont.
Les vénitiens adorent les chiens (comme tous les italiens d’ailleurs) et le notre a toujours été un facteur de rapprochement avec eux. Nous avons vu beaucoup plus de chiens dans la ville que nous pensions. Ils voyagent à l’oeil dans les vaporetti.
Les vénitiens, justement: toujours courtois et avec un sourire timide mais chaleureux. Vous leur parlez en italien, même mauvais, et toutes les portes s’ouvrent. Ça ne doit pas être facile de vivre et/ou travailler dans une telle ville, et je comprends bien qu’ils peuvent parfois détester les touristes, surtout quand il y en a trop et s’ils sont irrespectueux.
Nous étions dans un grand appartement au troisième étage sur le Grand Canal, fruit de dures économies d’une année entière pour fêter dignement nos Noces d’argent. L’appart était par contre mal chauffé (le contraire aurait été étonnant, vu la hauteur des plafonds et la taille du salon) et nous y portions des vestes et pantalons longs.
Mais c’était amusant d’allumer complètement le salon et se poster à la fenêtre au passage des vaporetti: jouer aux millionnaires, ce n’est pas tous les jours…
Comme chez nous, nous avons trié scrupuleusement les ordures et les avons ramenées au point de ramassage le plus proche. Le tri c’est du sérieux à Venise !
Par chance, nous avions un supermarché juste en face côté ville et nous avons pu faire à manger nous mêmes, presque tous les jours.
Nous avons acheté le Chorus Pass qui permet de visiter une vingtaine d’églises pour 14 € seulement. Si vous aimez ça et restez assez longtemps, n’hésitez pas.
Idem pour le pass ACTV de 7 jours pour les vaporetti et qui coûte lui 65 € : nous les prenions tout le temps dans tous les sens, aussi pour le Lido, les îles et au troisième jour c’était déjà amorti.
Du Carnaval, dont les images terrifiantes du magma humain sur le Rialto et dans le rues lors de son premier weekend ont fait le tour du monde, nous sommes restés très loin, à l’autre bout de la ville. Vade retro !
Nous sommes allés voir Rigoletto au La Fenice. Le niveau musical était bon sans plus, avec un très bon soprano et un mauvais ténor. Choeur et orchestre bien, mais rien d exceptionnel. Idem pour le chef. La routine, quoi.
On a aussi passé une demi-journée au Lido. On s’est beaucoup attristé sur le sort du Grand Hôtel des Bains, complètement abandonné mais encore beau et apparemment intact. Ah, Visconti !..
Concernant les visites, nous avions réservé sur internet et avons fait la visite guidée du Musée Richard Wagner au Ca’ Vendramin-Calergi. Comme nous étions seuls (!) la visite a pu durer deux heures, un vrai luxe. Si vous voulez faire cette visite, organisez-vous en conséquence. Un vrai must, mais seulement pour les wagnériens avérés.
Finalement, je ne vais pas m’attarder à vanter les innombrables beautés de la ville, mais ici elle est tellement partout et a une telle force qu’on pourrait presque la respirer - et là je pense spécialement à la merveilleuse Chiesa di San Sebastiano ou aux déambulations dans la lagune… Ça fait du bien, dans les sombres temps ou on vit. Venise donne l’espoir que la beauté vaincra !