Cuba entre effondrement et oubli : le pays où la Révolution n’inspire plus personne
Un reportage du journaliste chilien Patricio Fernández dans l’édition dominicale d’El País dépeint une île dévastée par la crise, où une bourgeoisie de micro, petites et moyennes entreprises prospère, où les inégalités augmentent et où le mythe révolutionnaire s’estompe :
Sept ans après mon dernier voyage, je suis retourné à Cuba et j’ai découvert une nation engluée dans l’abandon, le désespoir et la ruine. La Révolution, qui suscitait autrefois les passions, n’inspire plus personne. Le gouvernement de Miguel Díaz-Canel manque de crédibilité, et la population, prisonnière de la pauvreté et de la stagnation, a perdu confiance.
Hasta pronto
Chavitomiamor
chavitomiamor1463
Bonjour ,
L’économie est en chute libre. En 2024, le PIB s’est contracté pour la cinquième année consécutive. L’agriculture a reculé de 53 %, l’industrie de 23 %, et le tourisme, autrefois poumon du pays, ne redécolle pas. Coupures d’électricité, pénuries chroniques, inflation à trois chiffres… L’État ne parvient même plus à garantir l’essentiel, dans les hôpitaux comme dans les foyers. À La Havane, une bouteille d’huile ou un blanc de poulet sont hors de portée de la plupart des gens.
Logiquement, la rue recommence à s’agiter. En mars, des manifestations ont éclaté à Santiago de Cuba et Bayamo. Pas pour réclamer un changement de régime. Pour demander du courant, du pain, des médicaments. La répression a été immédiate, et des dizaines de manifestants restent en prison. Mais la peur s’érode. Et avec elle, l’autorité de l’Etat.
La révolution cubaine ne vacille pas sous le fracas d’un renversement. Elle s’éteint dans le silence d’un peuple fatigué, d’un pouvoir sans perspective, et d’une aventure qui ne sait plus comment finir.
Hasta pronto
Chavitomiamor
chavitomiamor1464
Bonjour ,
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Chavitomiamor
chavitomiamor1465
Bonjour ,
Que reste-t-il de la révolution ?
Soixante-six ans après le triomphe de la Révolution cubaine, presque neuf depuis la mort de son leader historique, Fidel Castro, et quatre depuis la succession d’un nonagénaire Raúl Castro, pratiquement disparu de la vie publique, à Díaz-Canel , il est de plus en plus difficile de trouver à Cuba l’illusion du rêve révolutionnaire.
« Les jeunes ne pensent qu’à terminer leurs études et à partir. Ils ont cette idée fixe d’émigrer où et comme ils le peuvent, et c’est le fruit du désespoir », explique Raymar Aguado Hernández, étudiant en lettres et essayiste de 24 ans. Il dit appartenir à une génération qui a grandi en voyant le pays se dégrader sans cesse. Contrairement à ses parents, qui croyaient au système politique cubain et ont été déçus ces dernières années, il a grandi sans aucune affinité avec ses dirigeants.
« Nous avons grandi en voyant un Fidel Castro sénile, pratiquement détruit, vieux, incapable de tenir un discours cohérent sans s’écarter du sujet », dit-il.
Et il a été témoin de l’effervescence des manifestations de 2021, au cours desquelles des milliers de Cubains sont descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement face au manque d’essence, aux pénuries alimentaires et aux difficultés économiques, ce qui a entraîné des centaines d’arrestations, la plupart de jeunes condamnés à de lourdes peines .
Malgré la répression, Aguado est convaincu qu’il faut continuer à œuvrer pour un « changement social et culturel ».
C’est une incertitude partagée par de nombreux Cubains depuis que l’île n’est plus dirigée par les Castro : si Díaz-Canel est officiellement au pouvoir, alors que les propriétaires d’entreprises et d’hôtels se multiplient - certains appartenant à des militaires ou à des proches des Castro -, le mystère demeure quant à savoir qui dirige réellement Cuba aujourd’hui.
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Chavitomiamor
chavitomiamor1466
Bonjour ,
Après soixante-six ans de révolution, Cuba s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté. La seule solution efficace est la répression d’État.
Pour des millions de personnes, la révolution cubaine de 1959 représentait le rêve d’un monde plus juste. Elle s’est rapidement effondrée. Fidel Castro a transformé son pays en une dictature totalitaire qui perdure encore aujourd’hui.
Aujourd’hui, nous assistons à un effondrement de l’économie, à une pénurie de nourriture et de services de base, et à une émigration massive. Après soixante-six ans de Révolution, des millions de Cubains se sentent trompés, trahis et abandonnés par le monde. « Ils restent assis sur leur île, plongés dans l’obscurité, sans voir la lumière nulle part », décrit Oscar Alba, journaliste indépendant vivant et travaillant à La Havane.
Toujours plus de répression mais aucune solution à l’horizon !
Répression à Cuba : La dictature a arrêté au moins sept personnes à la suite de manifestations contre les coupures de courant à Gibara.
Les arrestations ont eu lieu après que des habitants soient descendus dans la rue en scandant des slogans contre le dictateur Díaz-Canel alors que les coupures de courant atteignaient 20 heures par jour.
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Chavitomiamor
yu_ma1469
“Pongan la corriente, pinga”, “Díaz-Canel, singao” o consignas como “El pueblo unido jamás será vencido”.
J’leur fais pas dire !
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chavitomiamor1470
Bonjour ,
Quand les communistes critiquent…65 ans de castro-communisme !
Article publié dans Communists Cuba sur la crise dans l’île.
Plus la crise énergétique à Cuba perdure et moins une solution durable semble être trouvée aux coupures d’électricité incessantes, plus le gouvernement cubain vire à droite et défend une politique déconnectée de la réalité. Il convient de se demander si, chaque matin, le Cubain moyen, résigné à vivre à Cuba, espère encore que les coupures d’électricité finiront par disparaître. L’année touche à sa fin, et l’obstination du gouvernement à maintenir le tourisme, alors que ce secteur est clairement en faillite, empêche le pays d’échapper aux chiffres négatifs. Mais c’est un cercle vicieux : les critiques constantes des hôtels tout compris cubains révèlent une qualité douteuse. La crise économique et les pénuries sont si graves que les employés des hôtels volent massivement de la nourriture. À cela s’ajoute le fait que l’idée d’un approvisionnement direct des hôtels par les agriculteurs cubains échoue, car l’agriculture est totalement sous-financée et les charrues tirées par des bœufs ne suffisent pas à remplir les restaurants des hôtels. De plus, les histoires de coupures d’électricité se répandent dans les médias cubains et apparaissent constamment dans la presse étrangère. Les touristes n’ont pas toujours les moyens de séjourner dans un hôtel tout compris pendant toute la durée de leur séjour, et le tourisme balnéaire n’est pas le seul secteur concerné. Par exemple, un pays plongé dans des coupures de courant toutes les quatre heures, comme c’est actuellement le cas à La Havane, ne peut garantir le confort minimum au touriste moyen qui souhaite profiter du tourisme urbain. Où iront les touristes après avoir longé la digue de La Havane si, avec les coupures de courant, il n’y a plus d’endroits où boire un verre ou se réfugier dans la climatisation ? Quel lieu de vie nocturne pourront-ils fréquenter lorsque la ville sera plongée dans le noir complet sans électricité, et que seuls les hôtels subsistent, tels des phares sur l’asphalte dans la tempête ?
La Havane est aujourd’hui une ville post-mortem. Vidée de jeunes (dont la moitié a quitté le pays, ce qui a permis au gouvernement de voir les manifestations diminuer) ; les maisons sont si délabrées qu’elles ont perdu tout charme d’antan ; et le silence est pesant pendant les coupures de courant. À cela s’ajoutent des salaires moyens inférieurs à vingt dollars et l’absence totale de perspectives d’évolution.
Le pire, c’est que le gouvernement ne dit rien de nouveau. Il n’a aucune issue. Il nous demande seulement de résister et de croire en ses slogans. Il n’y a eu aucun succès sous le gouvernement de Díaz-Canel. Des manifestations comme jamais auparavant à Cuba. La plus grande vague migratoire (deux millions d’émigrants en trois ans). Une crise économique sans précédent depuis les années 1990. La hausse du dollar, encore plus forte que dans les années 1990. La pire inflation depuis des décennies. Une crise énergétique surpassée seulement par celle de la Période spéciale et une baisse de la participation électorale jamais vue à Cuba après 1959 : sous le mandat de Canel, la participation électorale est passée de 92 % à 62 %.
En réalité, il serait injuste d’attribuer cette crise à ce Díaz-Canel, ni à son gouvernement. Quoi qu’il en soit, ils sont les responsables d’un système défaillant : et ce n’est pas le socialisme qui a échoué. Cuba paie pour sa tentative de construire un socialisme sans démocratie ouvrière, et lorsque les bureaucrates se sont lassés de résister, ils se sont tournés vers un capitalisme dont ils ne peuvent rien tirer de bon. Aucun pays sous-développé n’a émergé des mesures néolibérales successives. Certes, le blocus yankee existe, mais ce sont les dirigeants cubains qui causent le plus de tort à Cuba aujourd’hui. La situation est si catastrophique qu’on peut se demander si un tel désastre n’a pas été planifié pour justifier une transition radicale vers un capitalisme néolibéral, comme ce fut le cas en URSS. Aujourd’hui, débattre de la nature de Cuba : capitalisme d’État ou socialisme relève presque du débat de café. La question est : que faire ?
Hasta pronto
Chavitomiamor
chavitomiamor1471
Bonjour ,
La télévision publique allemande Deutsche Welle (DW) a diffusé un documentaire complet et captivant intitulé « Cuba : la promesse trahie », qui analyse comment la révolution menée par Fidel Castro a évolué vers l’une des dictatures les plus longues et les plus répressives de l’hémisphère occidental.
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Chavitomiamor
chavitomiamor1472
Bonjour ,
Cuba : le prochain Congrès du Parti communiste reporté à cause de la crise économique
Les Congrès du Parti communiste de Cuba, seul parti autorisé à Cuba, se tiennent en général tous les cinq ans, sauf circonstances exceptionnelles, pour débattre des grands sujets et orientations du pays. Ils réunissent à La Havane plusieurs centaines de délégués venus de toutes les provinces de l’île. Le IXe prévu en avril a dû être reporté en raison de la crise économique que subit le pays.
Hasta pronto
Chavitomiamor
chavitomiamor1473
Bonjour ,
«Je suis contente, le Venezuela est libre. J’espère qu’après Caracas, ce sera au tour de Cuba », confie Camila, une ancienne restauratrice havanaise, émue du renversement de Nicolás Maduro par les forces spéciales de Donald Trump.
Hasta pronto
Chavitomiamor
chavitomiamor1474
Bonjour ,
Le camp des Cubains-Américains et autres anticastristes regroupés autour de Marco Rubio ne cache pas que l’agenda de Washington vise, au-delà de Caracas, à faire tomber La Havane, en privant le régime des précieuses ressources pétrolières que Maduro leur fournissait à bas prix.
Marco Rubio : « Ce sont les Cubains qui ont colonisé le Venezuela », La Havane est « un gros problème ».
Le secrétaire d’État américain réaffirme que ce sont les Cubains qui contrôlaient l’appareil sécuritaire de Maduro.
« Nous méritons d’être plus libres » : Cuba sur le qui-vive après l’opération américaine au Venezuela
Si le régime cubain condamne fermement l’intervention militaire qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro, des habitants confient leur espoir de voir la situation changer dans leur pays.
Au sein de la population pourtant, certains se réjouissent de la fin de l’ère Maduro. « Je suis contente, le Venezuela est libre. J’espère qu’après Caracas, ce sera au tour de Cuba » , confie Camila, une ancienne restauratrice havanaise. D’autres, souvent parmi les plus âgés et plus pauvres, défendent toujours la révolution… sans y croire vraiment.
Yenifer, elle, est tellement désespérée par l’état de son pays qu’elle en vient à espérer le pire. « Que les Américains bombardent Cuba et qu’on en finisse. Ce sera toujours mieux que la situation actuelle » , confiait-elle il y a quelques semaines.
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Chavitomiamor
chavitomiamor1476
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Cuba, mythe de la résistance et réalité sociale
Cuba n’est plus la société mobilisable de 1961. Le mythe d’un peuple uni face aux Etats-Unis ignore l’épuisement social, la rupture générationnelle et la perte de légitimité du régime. Aujourd’hui dominent la fatigue, l’exil et le désenchantement.
idée selon laquelle le peuple cubain serait encore capable de se rassembler derrière son gouvernement pour faire face à une intervention américaine continue d’être avancée par certains experts, notamment en Europe. Ces analyses s’appuient sur des références devenues quasi canoniques : la Baie des Cochons, la théorie de la « guerre de tout le peuple », l’infrastructure militaire construite par Fidel Castro dans les montagnes, ou encore le récit héroïque d’une révolution ayant tenu tête à « l’empire ».
Mais cette lecture repose sur une transposition mécanique du passé vers le présent, sans tenir compte de l’évolution réelle de la société cubaine. Or l’histoire longue de la Révolution, dans ses transformations internes, montre précisément l’inverse : Cuba n’est plus une société mobilisable, mais une société épuisée.
«En ce moment, tous les Cubains souhaitent un changement. Tous», dit un opposant au régime cubain
Le dissident Manuel Cuesta Morúa est optimiste pour le futur de son pays
L’été dernier, c’était les étudiants qui se soulevaient contre la dollarisation de l’économie et la hausse des prix de l’internet.
«Tout d’un coup, les gens se disent: “Peut-être que [le régime] n’est pas si puissant, peut-être qu’il y a un espoir de réel changement”», observe le politicien de 63 ans, optimiste.
«On vit un moment très spécial dans l’histoire de Cuba», ajoute-t-il.