Nisyros : la plus belle île de Grèce?

Forum Grèce

Bonjour à tous,

Après avoir fouillé les carnets du Routard, je n’en ai pas trouvé un seul consacré à la petite île grecque de Nisyros. Cela ne m’étonne pas trop car elle est méconnue, mais c’est dommage tellement je l’ai trouvée belle. Alors voilà, pourquoi pas raconter l’expérience que j’ai eu la chance de vivre là-bas ?..

Nisyros est une petite île grecque somptueuse et heureusement, elle est donc plutôt bien cachée. Située à une bonne vingtaine d’heures de bateau, d’Athènes, son éloignement des côtes grecques dissuade la plupart des touristes de s’y rendre. C’est ce qui en fait une île hors des sentiers battus. Voilà pour les généralités.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois préciser que je l’ai visitée à vélo (malgré son dénivelé volcanique sévère et permanent), dans le cadre d’un périple que j’ai fait en solo de la France à la Turquie. Pourquoi cette précision ? Parce que, sur les dix pays traversés, et sur les dizaines et les dizaines de sites visités, Nisyros fait carrément partie de mes trois gros coups de cœur (avec l’île de Pag, hors saison, en Croatie, et l’Albanie pour l’ensemble de son œuvre : beauté de ses paysages naturels et hospitalité folle de ses habitants).

Bref, bienvenue dans ce carnet consacré à la jolie petite île volcanique de Nisyros…

Je débarque un beau matin à Mandraki, le principal port de l’île. Les vingt heures de bateau depuis Athènes sont passées comme une lettre à la poste. J’ai dormi sur le pont pendant trois ou quatre heures, affalé sur une banquette plus ou moins abritée du vent. A cette période de l’année (nous sommes le 2 mai), les touristes ne se bousculent pas et le bateau est donc loin d’être plein.

Ma première vision de Nisyros est typique des îles grecques : le soleil qui tape, un ciel couleur azur, et la mer d’un bleu encore plus profond. Le séjour commence bien.

Je dégote rapidement un petit hôtel excentré car je fais partie des gens qui fuient le plus possible la foule en voyage (ce qui, soit dit en passant, devient de plus en plus difficile) : alors que toutes les personnes qui descendent du bateau vont à droite à la sortie du port en direction du centre de Mandraki, moi, je prends à gauche ! Mon hôtel sympa est situé à cent mètres de là, face à une jolie petite église orthodoxe, dont le rouge tranche harmonieusement avec la Grande Bleue.

Je dépose mes sacoches dans ma chambre afin de pouvoir rouler léger, pour une fois, puis je prends la direction du prochain hameau : Pali. Il s’agit d’un petit village de pêcheurs qui s’anime un peu l’été, paraît-il, avec la venue de quelques touristes.

En pédalant sur le quai, je passe juste à côté d’un type assis sur une chaise en plein soleil. Impassible malgré son front ruisselant, il démêle son filet de pêche avec une minutie qui force le respect. Je lui lance le “kalimera” de rigueur (bonjour) auquel il a la même réaction qu’un sourd-muet : aucune.

A l’inverse, son employé me répond gentiment, depuis le chalutier amarré juste à côté. Debout sur le pont, il démêle lui aussi des filets tout entortillés et il m’invite à le rejoindre à bord pour discuter. C’est Mohamed.

La communication n’est pas très facile car il ne parle que grec et moi pas, mais il est jovial et sa joie est communicative. Il exhibe fièrement leur pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives. Nous discutons ainsi pendant une quinzaine de minutes.

Quand vient le moment de reprendre ma route, je dis au revoir à Mohamed, qui me répond tout sourire. Mais cette fois, son patron, qui dégouline toujours autant sur sa chaise en plein cagnard, me salue lui aussi : il n’est ni sourd, ni muet.

Je poursuis ma route le long de la côte car c’est dans cette zone que se situent la plupart des plages de Nisyros. Elles commencent à s’aligner dès la sortie de Pali. Ce sont des plages de sable noir, qui ne peuvent nier leurs origines volcaniques.

Hier après-midi à Athènes, j’ai rencontré Peter et Michelle, un couple néerlando-français, alors que nous attendions le départ du ferry. Il faut dire que les marins grecs étaient en grève et que nous avons dû attendre une douzaine d’heures avant d’appareiller. Bref, nous avons eu le temps de discuter et Peter, qui vit depuis une vingtaine d’années sur Tilos, une petite île voisine de Nisyros, m’a expliqué que de nombreux migrants transitaient par ces deux îles. Ils viennent pour la plupart d’Afghanistan et de Syrie, dont ils fuient les régimes autoritaires ainsi que les massacres qui vont avec. Ils cherchent n’importe où ailleurs un avenir qui ne pourra de toute façon pas être pire. Peter m’a expliqué qu’on trouvait régulièrement leurs effets personnels sur les plages du coin. Et en effet, je n’ai pas besoin de chercher bien longtemps pour en apercevoir quelques-uns : vêtements, bouées de sauvetage…

Je jette un œil tout autour de moi en espérant voir l’un d’entre eux pour éventuellement pouvoir échanger un peu mais non, personne, je suis absolument seul.

Je remonte sur mon vélo et je passe le reste de la journée à flâner sans but précis, juste à visiter cette jolie partie de Nisyros. Je me procure également quelques provisions car demain, je partirai vers l’intérieur de l’île pour deux jours, au fin fond de sa caldeira de quatre kilomètres de diamètre, pour découvrir le volcan, encore actif. Je dormirai alors sous la tente et il me faut donc prévoir de quoi manger.

Après une nuit réparatrice dans un vrai lit, ce qui est rare pendant ce périple à vélo et en bivouac (je n’ose même pas parler de la douche…), je pars enfin pour le volcan (je donnerai à la fin du carnet des infos sur ce charmant petit hôtel aux excellents petits déjeuners).

Pour rejoindre Stefanos (c’est le nom du cratère principal), je dois monter au sommet de la caldeira.

Il fait chaud, certaines pentes oscillent entre 10 et 15%, ce qui est beaucoup et avec mon vélo de 54 kilos, je ne bats pas des records de vitesse. Mais qu’importe, j’admire le paysage et je dois dire que je suis surpris par tant de verdure. Plus je monte, plus la vue est belle.

La végétation se détache sur le bleu de la mer et les paysages de l’intérieur de l’île sont vraiment jolis. Du coup, je m’arrête toutes les cinq minutes pour faire des photos.

De temps en temps, je croise des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour en déguster les feuilles. Je n’arrive pas à les photographier car elles détalent toutes avant que je n’arrive près d’elles. C’est d’ailleurs tout le raffut qu’elles font en descendant qui me permet de détecter leur présence.

Deux villages sont posés au sommet de la caldeira : Emporios et Nikia.

Je passe aux pieds du premier sans grimper jusqu’à lui, puis je poursuis ma route jusqu’au second.

Et je dois dire que là, à Nikia, c’est le coup-de-foudre ! Je me retrouve en effet à pédaler dans de minuscules ruelles dont certaines sont à peine plus large que mon vélo, avec ses sacoches latérales.

Les murs sont blancs et les portes de toutes les couleurs : vertes, bleues, rouges, jaunes… Les rues sont vides et le silence règne. Mais ce n’est pas un silence de mort. C’est plutôt celui qu’on trouve dans les petits endroits secrets et paisibles. Le village respire la quiétude, la tranquillité et le bien-être.

Je pose mon vélo avec tous ses bagages contre un mur sans l’attacher, c’est bien la première fois du périple que ça m’arrive. Bon, en même temps, son poids relève moins du vélo que du char d’assaut, il faudrait donc être sacrément motivé pour me voler cette enclume à deux roues mais ici, sans trop savoir pourquoi, je me sens en totale confiance. Ce n’est peut-être pas très prudent de laisser mon vélo ainsi mais je fonctionne beaucoup au feeling et ici, il est bon. Alors je laisse là mon vélo tout chargé et je vais manger un peu plus loin, dans un petit resto posé sur la place principale du village : elle est réputée dans toute la Grèce pour la magnifique mosaïque qui recouvre et décore le sol.

Une fois abreuvé et repus, j’enfourche mon vélo qui m’a attendu sagement sans se faire la malle. Et l’avantage, c’est qu’après avoir roulé dans le sens de la montée toute la matinée jusqu’ici au sommet de la caldeira, et bien il ne me reste maintenant plus qu’à descendre en roue libre et ce, jusqu’au volcan. Un pur bonheur dans de tels paysages…

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*La suite…

Quand j’arrive au volcan, il est déjà assez tard. Résultat, le guichet d’entrée du site est fermé, et il n’y a plus qu’une seule voiture sur le parking : c’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il est en train de jouer de la musique avec un instrument que je n’ai jamais vu et quand j’arrive, un grand sourire aux lèvres, il m’accueille comme un chien. Je ne comprends pas pourquoi, sans doute suis-je en train de le déranger ? Je ne m’éternise donc pas dans son établissement et je me dirige directement vers ce cratère qui m’attire comme un aimant.

Dès le début de la descente, un panneau met en garde les visiteurs et visiteuses, rappelant que le site est dangereux et qu’on y descend à ses propres risques et périls.

Les odeurs de soufre, si caractéristiques des volcans, se font de plus en plus présentes au fil de la descente. En bas, le chemin de pierres débouche sur un premier cratère, relativement petit : c’est Mikros Stefanos (le petit Stefanos). Un peu de végétation recouvre le sol, ce qui ne le rend pas spécialement impressionnant.

Je poursuis mon chemin pour déboucher enfin dans le cratère principal : Megalos Stefanos (le grand Stefanos). Ses parois sont jaunies par le souffre, et carrément rouges par endroits à cause de l’oxydation de certaines roches.

Un peu partout s’élèvent des fumerolles qui proviennent des entrailles de la Terre.

Plus j’approche du centre du cratère, plus mes pieds s’enfoncent dans une sorte de boue.

Jusqu’à ce que j’arrive à une zone délimitée par des piquets et interdite d’accès car dangereuse. Là, par terre, de l’eau bouillonne au fond d’une multitude de petites marmites naturelles fumantes.

Ce cratère, sans être exceptionnel, montre sans ambiguïté tout ce dont les forces de la nature sont capables.

Pour que tout soit parfait, il se trouve que je suis désespérément seul au fond de ce volcan. J’ai une chance incroyable de vivre ce moment sans le moindre touriste autour de moi. Le moment est magique, il sera l’un des plus marquants de tout mon périple.

Mais les lieux finissent par s’assombrir, engloutis par l’ombre de la caldeira derrière laquelle le soleil descend.

Je dois quitter ce site mémorable car il me faut le temps de trouver un spot de bivouac, puis de poser la tente avant qu’il ne fasse complètement nuit.

Le temps de retrouver mon fidèle vélo en haut du volcan puis de rouler quelques centaines de mètres à peine, et je dégote assez vite ce que je cherche : un spot de bivouac juste au-dessus du cratère. Sitôt la tente installée, je mange un morceau en admirant les parois de la caldeira, qui rougissent face au soleil couchant.

A mes pieds se trouve Megalos Stefanos, ce vaste cratère béant d’où je viens et en arrière-plan, deux des quatre autres cratères du site sont visibles. Le panorama est beau mais la nuit noire, en finissant de tomber, fait disparaître ce paysage volcanique jusqu’à demain. Je ne rêve pas, du moins pas encore : je vais bel et bien avoir la chance de dormir ici, sur ce site d’exception.

La caldeira est inhabitée, elle ne contient pas une seule maison, je suis tout seul dans ses quatre kilomètres de diamètre. Un privilège. Pourtant, sitôt les yeux fermés, j’entends de petits bruits de pas dans les cailloux, à proximité de la tente. Il y a peu de chances que ce soit un humain, ce doit plutôt être un animal quelconque qui passe par là, sans doute une vache ou une chèvre. C’est l’heure de dormir. Demain, je poursuivrai ma visite de ce site volcanique qui m’a complètement séduit…

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Depuis mon bivouac, j’ai une vue d’ensemble du site, avec le cratère principal au premier plan, et les cratères secondaires au fond, aux pieds de la caldeira.

Après avoir dormi comme un bébé toute la nuit, sans doute grâce à tous les efforts fournis pour grimper la caldeira, je passe le petit-déjeuner à réviser mes plans, face aux cratères.

Je me suis tellement régalé sur cette île hier, notamment dans ce volcan, que je décide d’y passer un jour de plus : au lieu de retourner sur Mandraki aujourd’hui comme initialement prévu, je vais passer ma journée à arpenter ces cratères. J’ai toujours adoré explorer les volcans, qui me fascinent, alors il faut en profiter au maximum. Et ce soir, je passerai une nouvelle nuit tout seul, quelque part au fond de la caldeira.

Une fois la panse remplie, je prends donc la direction du guichet d’entrée qui, cette fois, est ouvert.

Là, j’apprends que l’entrée est gratuite pour les cyclistes (ainsi que ceux qui viennent à pied). Un bus arrive, à moitié vide, et déverse sur le parking sa vingtaine de passagers, qui descendent immédiatement au fond du cratère Stefanos. Je prends aussitôt la direction opposée, celle des quatre derniers cratères que quasiment jamais personne ne prend le temps de visiter, m’a dit le type du guichet.

Tant mieux, j’aurai quelques volcans pour moi tout seul, aujourd’hui encore ! Bon, je ne voudrais pas non plus passer pour un sauvage à force de répéter que je suis souvent seul sur ce site depuis hier, mais les lieux sont tellement somptueux que m’y retrouver sans jamais personne autour de moi est une chance inouïe. Aujourd’hui, à peu près partout dans le monde, les sites touristiques sont souvent envahis par la foule, alors pour une fois qu’il n’y a pas un chat, je savoure à fond cette aubaine rare.

J’abandonne encore une fois mon vélo au milieu de nulle part, car il faut marcher pour rejoindre les quatre cratères restants. Au bout d’une dizaine de minutes à avancer en plein cagnard, j’arrive aux deux premiers d’entre eux : le petit Mikros Polyvotis, et son magnifique voisin, Megalos Polyvotis.

Si le petit n’a rien d’exceptionnel à part quelques fumerolles, le grand offre un paysage où explosent les couleurs.

Les parois du cratère sont complètement jaunes, celles de la caldeira sont ocres mais tachetées çà et là de buissons verts. Le tout trône sous un ciel profondément bleu, avec quelques zones de blancs, gris et marrons pour compléter le paysage. Je me sens minuscule face à ce panorama sauvage.

Pour rejoindre le troisième cratère du jour (c’est-à-dire le cinquième en tout, après le petit et le grand Stefanos hier), qui n’est indiqué nulle part mais qu’il me semble apercevoir non loin, il faut sortir du chemin. Ce que je fais donc.

Je traverse d’abord une zone de soufre où une multitude de petites bouches toutes jaunes crachent de la vapeur en fumant.

La progression est pénible car le sol est jonché de grosses pierres dans lesquelles il n’est pas facile de marcher tout en montant.

Une fois cette zone d’éboulis traversée, je me retrouve enfin sur la paroi nue du cratère. Très heureux dans un premier temps car c’est beaucoup plus facile de marcher là. Mais je déchante vite car j’entends mes premiers pas résonner. Je tape un peu le sol du pied pour vérifier et en effet, non seulement ça résonne vraiment mais en plus, le sol vibre. A quelques mètres de moi, les petites bouches de soufre évacuent des gaz bouillants, je sais donc que sous mes pieds, le sol brûle. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour.

Honnêtement, je suis persuadé que le sol est solide mais on ne sait jamais, un accident est si vite arrivé. Des crevasses, des trous et des effondrements, des gens tombent dedans tous les jours un peu partout dans les montagnes et les volcans, alors, si je peux éviter d’allonger la liste… Et puis je suis tout seul par ici, alors en cas de problème, une chose est sûre : personne ne viendra me secourir. Tant pis pour les deux derniers cratères, je ne les verrai donc pas. Mais j’en ai pris tellement plein les yeux depuis deux jours que ce n’est pas bien grave.

Je termine ma journée en me baladant dans tous les recoins de cette caldeira où je me sens définitivement bien et le soir, je pose ma tente à l’autre bout de cette vaste dépression, dans un champ, pour dormir…

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Au petit matin, des espèces de tremblements sourds du sol me réveillent : ce sont des vaches qui marchent et paissent pacifiquement tout autour de la tente.

Mes premiers kilomètres à vélo de la journée sont les plus durs puisqu’il me faut d’emblée remonter tout en haut de la caldeira. Tout en roulant à la vitesse d’un escargot, je surveille en permanence les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur le versant au-dessus de ma tête, car en trottinant habilement sur ces parois quasi-verticales, elles projettent malgré tout une multitude de petits cailloux sur la route, en contrebas.

Parfois, et là les chèvres n’y sont pour rien, ce sont des avalanches de pierres qui dévastent tout sur leur passage mais heureusement, de solides grillages de protection assurent la sécurité des gens qui passent par là.

Une fois ces montagnes du centre de l’île franchies, j’arrive à Mandraki, le port par lequel je suis arrivé il y a quelques jours : je vais enfin visiter ce petit village réputé joli, auquel j’ai juste jeté un œil le premier jour.

La première chose qui me frappe, ce sont ses ruelles. Elles sont jolies, fleuries, poétiques. A peu près désertes aussi, et très étroites puisque dans certaines d’entre elles, aucune voiture ne peut passer en largeur. Du coup, elles sont extrêmement agréables pour se balader, que ce soit à pied ou à vélo.

Je quitte la ville pour monter à vélo sur ses hauteurs, où se trouve le Paleokastro. Il s’agit de la ville ancienne, alors fortifiée. Aujourd’hui, ses ruines dominent la ville actuelle, avec une vue sympa sur la mer et les îles voisines.

En fin de journée, je me rends au monastère Panagia Spiliani. De là aussi, la vue sur le village est jolie.

Comme le Paleokastro, il est situé lui aussi sur les hauteurs de Mandraki, mais nettement en dessous. Contrairement à ce que m’avait dit une habitante du village quelques minutes plus tôt, le monastère est encore ouvert quand j’y arrive.

Alors que je le filme, j’aperçois le pope à l’extérieur, en train de fumer une clope à une dizaine de mètres de moi. Il n’a pas vu que j’étais entré et quand je lui dis bonjour, il sursaute. En m’apercevant, il cache immédiatement sa cigarette dans son dos, un peu comme un gamin qui, les lèvres pleines de Nutella, affirme qu’il n’a rien mangé. Je ne comprends pas pourquoi cette réaction mais peu importe, nous discutons un petit moment. Il profite de ce que j’observe le monastère pour balancer discrètement son petit concentré de nicotine et de goudron par-dessus le mur de clôture, construit à flanc de falaise et qui domine la mer.

Je fais comme si je n’avais rien vu, en espérant simplement qu’il n’y ait personne en-dessous. Nous finissons par nous dire au revoir, sur quoi il ferme le monastère.

Je profite de ma dernière soirée sur cette île qui m’a enchanté pour l’immortaliser à la tombée de la nuit. Demain, je la quitterai pour la prochaine étape de mon périple à vélo : la Turquie (je quitterai Nisyros en bateau, hein, pas en pédalo…)

Il restera quelques infos pratiques à suivre, pour terminer…

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Dans ce carnet, je n’ai pas encore répondu à la question posée dans le titre : “Nisyros : la plus belle île de Grèce ?..” Ce qui est normal : n’ayant pas visité chacune des 9.000 îles que compte le pays, difficile de les comparer !

Je me suis donc fié à l’opinion des locaux, car c’est un signe qui en général ne trompe pas. Et tous ceux que j’ai rencontrés ont été unanimes : selon eux, Nisyros est une superbe petite île dont ils sont souvent fiers, certains m’ont dit que c’était l’une des plus belles de leur pays selon eux. Alors bien sûr, les goûts et les couleurs… Mais je partage cette opinion : Nisyros est magnifique, c’est même la plus belle île de toutes celles que j’ai visitées en Grèce au fil des années, en cinq voyages au pays d’Aristote.

Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan, c’est pour moi une destination à ne pas rater…

Il ne vous reste donc plus qu’à vous y rendre pour vous faire votre propre opinion…

Il me reste quelques photos.

Merci d’avoir lu ce carnet :blush:. Il est inspiré de mon blog (100% amateur !) derrière l’horizon

En attendant les quelques infos pratiques, n’hésitez pas à poser des questions si vous en avez, j’y répondrai avec grand plaisir…

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Aux dires de ses habitants, chaque île de Grèce est la plus belle… Je ne connais pas Nisyros, mais j’ai un bon souvenir de Samothraki (Samothrace), assez peu connue des Français (mais des Allemands, oui !) C’est tout à fait un autre secteur, et c’est moins pelé et bondé que certaines îles grecques…

Merci Jéroboam Ier pour ton message, car il m’a fait réaliser que je m’étais très mal exprimé en écrivant que je m’étais “fié à l’opinion des locaux”. Je dois donc clarifier ce propos que j’ai vraiment mal libellé et qui, du coup, prête à confusion.

En mentionnant les “locaux”, je ne voulais pas parler des habitants de Nisyros, mais de tous les grecs, en l’occurrence continentaux, que j’ai rencontrés tout au long de mon périple à vélo, des montagnes du nord-ouest (frontière albanaise) à la côte sud-est (du moins Athènes).

Sur Nisyros au contraire, absolument aucun habitant ne m’a vanté les beautés de son île, pourtant bien réelles. Si j’ai considéré que je pouvais plus ou moins me fier à l’opinion des “locaux”, c’est-à-dire en réalité des Grecs, c’est justement parce qu’ils étaient totalement externes à Nisyros, ce qui donnait selon moi plus d’objectivité et donc plus de poids à leur opinion.

Chacun ses goûts bien sûr, on aime ou on n’aime pas Nisyros, mais cette rectification de mon propos était nécessaire. Toutes mes excuses pour la confusion.

Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour. Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, ces visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ.

En effet, la plupart des touristes qui visitent Nisyros viennent en ferry depuis les îles voisines de Rhodes et de Kos.

En d’autres termes, ils ne visitent l’île qu’à la journée. Ils arrivent en bateau en début de matinée et repartent en fin d’après-midi. Il y a donc plus de touristes sur Nisyros, et notamment dans le volcan, entre 10h00 et 15h00-16h00 environ.

Conclusion, idéalement, si vous voulez visiter le volcan aux heures creuses, il vaut mieux vous rendre au cratère Stefanos en début de matinée ou en fin de journée. En plus, dans les deux cas, la lumière est beaucoup plus belle à ces moments-là qu’en milieu de journée, où elle est plus dure.

La traversée depuis Rhodes et Kos

Si vous faites justement partie de ces touristes qui viennent à la journée depuis l’une de ces deux îles, alors préparez votre visite à l’avance. Car les ferries n’opèrent pas la traversée tous les jours, en général il y a trois traversées par semaine seulement, mais cette fréquence peut varier selon la saison.

En moyenne, la durée de la traversée est de 3h20 depuis Rhodes, et de 50 minutes depuis Kos. Inutile que je donne les prix, ils varient trop selon la saison (ainsi que selon d’autres paramètres).

La traversée depuis Athènes

Il y a en principe deux traversées seulement par semaine. Le site directferries indique que la traversée dure en moyenne 13h15, ce qui m’étonne d’ailleurs car quand j’y suis allé (mais c’était avec Blue Star Ferries), le bateau a mis une vingtaine d’heures ! Il est vrai que ce n’est qu’une moyenne, et que la durée peut varier selon la compagnie ou encore les conditions météo.

Et en plus, lors de mon voyage, les marins étaient en grève et cette ligne Athènes - Nisyros (avec des arrêts sur d’autres îles du Dodécanèse) était la seule à être maintenue : toutes les liaisons avec les Cyclades, notamment, étaient annulées…

Le volcan

L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (tarifs 2025), et non plus 3 euros, comme on peut le lire encore un peu partout sur Internet.
Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied ! Mais je vous préviens, ça grimpe…

Commodités

Il y a un parking pour garer la voiture.

Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).

Hébergement

J’ai dormi au Romantzo Hotel à 100 m du port, et à l’écart du centre-ville de Mandraki, lequel reste malgré tout très accessible car il est situé à 500 mètres de là seulement. J’ai aimé sa terrasse du petit déjeuner, qui donne sur la mer, idem pour celle des chambres à l’étage.

Le petit déjeuner est varié et copieux. Le cadre fleuri est très agréable et le personnel est sympa.

Niveau prix, le tarif de base pour une chambre double est aux alentours de 35 euros, selon la saison bien sûr.

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Voilà, c’est fini :desert_island:

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Superbe photo finale. Ne manque plus que la musique (bouzouki).

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Magnifique récit très bien écrit (et sans faute ! - c’est devenu si rare…) et garni de belles photos, vraiment une perle ! Bravo pour ce compte-rendu motivant qui m’a fait passer un excellent moment (même s’il a confirmé ma galère avec les traversées de ferry pour Nisyros…).

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Bonjour,

Très beau reportage!

Nous avons séjourné quelques jours dans cette île il y a une quinzaine d’années. Nous l’avons entièrement parcourue à pied. Je confirme la beauté de Nisyros qui n’a rien à envier aux Cyclades, la sérénité en plus!

https://www.myatlas.com/Herodote/randonnees-dans-le-dodecanese/t/973537

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Bonjour Sepia et merci pour ce commentaire très sympa :grinning:

Bonjour Hérodote, bravo pour l’avoir parcourue à pied parce qu’il y a quand même un peu de dénivelé !

Un beau récit, bien écrit, qui me conforte dans mon choix d’y passer quelques jours pour notre lune de miel dans le Dodécanèse, qui approche. :slight_smile: Super photos également.

Reste à choisir si on y passe 3 nuits ou 5 nuits (ce sera tout début juillet), la dernière option me semble faire beaucoup, mais comme les ferries sont rares, le choix est restreint !

Merci Klikael. 3 nuits (donc 4 jours je suppose), c’est amplement suffisant pour Nisyros mais 5 nuits, c’est génial pour arpenter les quatre coins de l’île en mode slow tourisme.

En tout cas, bonne lune de miel :grinning:

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Bonjour,
Merci pour ce joli carnet de voyage avec de très belles photos !!
Bravo pour le périple à vélo, c’est un bel exploit !!
Cette petite île est surprenante par ses paysages volcaniques et donne vraiment envie d’y passer quelques jours.
Nous avons visité Corfou à vélo sur 2 semaines et en septembre dernier fait le tour de Céphalonie, cette fois avec location de vélos électriques ( après 70 ans c’est plus confort !!) beaucoup plus fréquentée mais avec des vues exceptionnelles !!
J’espère que votre périple jusqu’en Turquie s’est bien passé.
Je vous souhaite de beaux prochains projets, à vélo c’est top !!
Michèle.

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Bonjour et merci, votre voyage était assurément original puisqu’à vélo.

Je confirme que l’île-volcan de Nysiros est tout à fait à part, à la fois intime et grandiose, de part sa taille et sa géographie.

J’y étais quant à moi, en septembre 24, venant de Tilos (ferry) et pour la suite, à pied et en minibus municipal, gratuit, mis en place plutôt pour les insulaires mais pas interdit aux touristes.
Il dessert Pali, le village-plage à 4 km du Port, Emborios (relativement en ruines) et le magnifique village de Nikia, repart de suite et le chauffeur peu aimable (ça arrive), demandait de choisir 1 seule destination.
Cependant, la liaison à pied Nikia-Emborios est tout à fait possible et prend 1 heure.

Pour le volcan, il était recommandé de ne pas y aller seul (dangereux), j’ai écouté sagement et joint 1 bus touristique (tous les jours au Port à 10h30 (±10€), même sans résa, arrêt 30mn au volcan, retour 12h30 au Port, les groupes continuant avec la visite de Mandraki mais je les ai semés là. En fait, une fois sur le site, j’ai réalisé que ça pouvait très bien se faire seul.

Mandraki est de toute beauté et très agréable. J’ai logé chez Porfyris et pas regretté, 52€ la nuit avec p.dèj-buffet, 1 grande piscine bien agréable en fin de journée, surtout que la mer était très agitée donc peu praticable.

La seule déception quand on arrive de Tilos, extrêmement accueillante aussi bien vis-à-vis des migrants que des voyageurs, c’est qu’à Nisyros, en comparaison, c’est extrêmement “froid”. Je me suis consolée en pensant que ça servait à protéger l’île du sur-tourisme mais quand même !
J’ai cru comprendre que la population se satisfait pleinement de ces excursionnistes à la journée de Kos ou Tilos qui, à la fois apportent un peu d’argent et en même temps, libèrent les lieux à 16h.
Dans le même sens, le kiosque-billetterie du port ou les agences de voyage en ville travaillent un peu “en dilettante”. Seuls, les loueurs de motos répondent toujours présents.

Donc, je qualifierai ce petit bijou d’un peu “sauvage” ou protectionniste.

Je joins quelques photos-souvenirs…








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Bonjour et bravo pour ce beau carnet que je découvre via la dernière newsletter du Routard
je ne savais pas qu’il y avait un volcan actif en Grèce !
merci de l’info, j’ai découvert pour la première fois ce pays l’été dernier avec un mois en Grèce continentale, ce type de périple avec plusieurs îles pourrait m’intéresser pour le futur
bon weekend

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