Comme quoi, les expériences ont vraiment quelque chose de singulier, de profondément identitaire. Je lis dans ce fil de discussion qu’Inverness est une ville à éviter, et là, je m’insurge, je démens formellement.
Promenez-vous le long de la large rivière Ness d’abord, large, éclairée, mystérieuse. Passez ensuite par le château, d’où un beau point de vue sur toute la rive ouest de la ville vous attend. Si vous cherchez de l’animation, allez prendre une bière dans le pub au pied du château (demandez une Flora Mc Donald !) ou dans les bar du bord de Ness. Allez au spectacle à l’Eden Court, une excellente salle, avec projections, théâtre, conférences très actuelles. Et puis, plus généralement, le long de la rue principale, le long de la Ness plus au Nord, laissez-vous absorber par l’ambiance de cette ville portuaire qui augure de celle des Highlands, une ambiance un peu creuse en apparence, creuse car secrète, secrète et terriblement vibrante, pour peu d’y être un peu attentif - ce qui implique, et je mesure que cela ne soit pas facile, une familiarité avec la langue parlée. On lui attribue l’étiquette de “porte des highlands”, qu’elle n’usurpe pas.
Si vous croyez qu’en arrivant à Fort William vous touchez de près une forme d’ambiance des highlands d’écosse, vous avez à peu près tout faux. Ou, tout du moins, vous avez faux à ce que, à titre personnel, je reconnais de secret, de tapis, de délicat, comme la rosée dans l’ombre des munros, comme le chant du râle des genets, dans l’ambiance highlandaise. Souvenez-vous que c’est une région plutôt déserte - le Caithness et le Sutherland ont parmi les densité de population les plus faibles d’Europe de l’Ouest - mais intense. Fort William est une belle bourgade, située à un carrefour logistique intéressant, au pied du Ben Nevis (d’ailleurs, j’ai pu lire ici ou là que la montée au Ben Nevis “ne vaut pas plus la peine que cela”, que “la vallée est bien plus belle”, non mais quelle logique ! On ne regrette jamais une ascension, selon moi. On en sort toujours grandi, dans quelque sens que ce soit. Que ce soit Ben Nevis, Slioch ou Ben Loyal…). C’est une zone fréquentée, une plaque tournante, fourmillante. C’est une certaine vision des formation géologiques d’Écosse. Rassurante, sûrement, et déjà assez highland dans les esprits, ou les conceptions qu’on s’en fait, mais vraiment pas très highland. C’est une station de montagne, c’est un peu l’équivalent de notre Chamonix. Remarquez que Chamonix, en hiver, ça désemplit, ça se calme, ça redevient humain, presque alpin. Peut-être faut-il visiter Fort William entre novembre et mars ? Ah, ben oui, voilà, j’ai trouvé ma suggestion : si vous voulez visiter Fort William, reportez votre séjour à l’hiver !