Le meilleur de la Mauritanie

Jérémie Vaudaux
par Jérémie Vaudaux

23 janvier 2021

Mauritanie Désert
© Jérémie Vaudaux

Contrée sahélienne, sur les rivages du Sahara, la Mauritanie est désertique. Située au sud du Maghreb et au nord de l’Afrique noire, la Mauritanie, indépendante depuis 1958, a souvent été comparée à un trait d’union entre deux mondes. En résulte un pays vaste, peu dense, aux multiples cultures.

Aujourd’hui y cohabitent de manière disparate des populations issues de toute l’Afrique de l’Ouest. Vaste, vaste est la Mauritanie et nombreuses y sont les activités.

Du bivouac sauvage à la baignade dans les oasis, du trajet en train à celui en chameau, de l’ascension d’une montagne à l’immobilisme du thé… Tour d’horizon des possibilités d’évasion en Mauritanie.

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Remonter le temps dans les villes anciennes de Mauritanie

Mauritanie Chingetti
Chingetti © homocosmicos - stock.adobe.com

Certains font des rêves de pierres endormies, de minarets qui chantent et de passé glorieux. Pour ceux-là, il s’agit d’aller remonter le temps dans les villes anciennes de Mauritanie. Tichitt, Oualata, Ouadane, Chinguetti. Chacune d’elle a son architecture, ses vestiges, son ambiance.

Dans un pays de culture nomade, rares sont les constructions des hommes qui ont survécu aux ravages du temps et du sable – dans les quatre villes, on peut voir les traces de cette lutte. Des murs écroulés, d’autres encore debout, d’autres ensablés.

La plus accessible des villes mythiques est sans conteste Chinguetti. À seulement 80 km d’Atar, capitale régionale de l’Adrar, dont 40 goudronnés, la ville aux bibliothèques siège au pied des dunes dans un environnement hors du temps.

Sa petite sœur, Ouadane et ses murailles rongées, plus à l’est, ne se rejoint qu’en 4x4. Quant à Tichitt la minérale, perdue dans le Tagant, elle est à l’écart des routes. De même que Oualata la rouge et ses murs en pisé et ses dessins blancs et courbes aux murs, aux confins orientaux du pays.

Se baigner dans les sources de Terjit

Mauritanie Terjit
© Jérémie Vaudaux

Rare comme un mirage devenu réalité, Terjit est l’histoire de la vie qui a bien tourné. Elle aurait pu rester sous terre. Elle a jailli en sources. Leur vertu est plutôt simple : l’eau de Terjit rafraîchit les corps.

À l’abri de la palmeraie, encaissée entre deux grandes falaises de grès hautes, très hautes, quelques khaïmas, des nattes au sol – et du silence. À 50 km d’Atar, Terjit est un incontournable. L’hiver, lors de la saison touristique, les Occidentaux goûtent aux doux et simples charmes de la palmeraie ombragée. Ils s’y prélassent à l’issue d’un trek, entre deux randonnées, le temps d’une baignade et d’un thé. L’été, lors des fortes chaleurs, parfois supérieures à cinquante degrés, Terjit passe d’un lieu d’agrément… à un lieu de survie !

Les Mauritaniens accourent de tout le nord du pays afin d’y passer la journée jusqu’à la relative fraîcheur du soir. C’est l’un des rares coins au frais facilement accessible, dans l’Adrar, sans clim garantie. Le prix d’entrée aux sources est de 200 N-UM (5 €).

Gravir la montagne de Zarga

Mauritanie Montagne de Zarga
© Jérémie Vaudaux

Les dunes de l’erg Ouarâne ont quelque chose d’obsédant qui tient peut-être à leurs rondeurs suggestives ou à leur jaune entêtant. C’est un peu un mystère et pour se soustraire à leur emprise, il est un remède radical : Zarga.

Point culminant de l’Adrar, à près de 750 m, la montagne noire étire ses pics et ses rocs sur une quinzaine de kilomètres de long. Il existe de nombreuses passes, mais la plus spectaculaire se situe à son extrémité ouest. Là, il faut gravir, les deux mains sur les prises rocheuses, les 50 m qui séparent du sommet. L’ascension est à la portée de tous, moyennant quelques pauses pour le souffle.

Une fois arrivé en haut, par temps clair, le regard porte au sud aussi loin que le plateau de Reg. Au nord, l’erg Ouarâne et ses chapelets de dunettes, de dunes et de mega-dunes. Zarga est une virgule unique entre deux déserts, l’un de sable, l’autre de pierre. La franchir, c’est assurer le trait d’union, c’est passer d’un environnement à un autre.

S’attarder à Atar

Mauritanie Atar
© Jérémie Vaudaux

À l’écart des faveurs touristiques et pourtant au cœur des routes du Nord mauritanien siège mollement Atar. Mollement, oui, car ici, en ville, sur le plateau de roches, près de 40 000 Atarois sont spectateurs d’un temps qui n’avance pas trop.

Autrefois base de commandement des forces françaises en AOF, Atar, capitale régionale de l’Adrar, est pétrie de charmes invisibles pour les yeux de beaucoup ; celui de la vie simple, des ruelles calmes et géométriques, celui des avantages de la ville, des produits presque abondants, des interactions sociales chaleureuses, celui des jours égaux qui se succèdent dans un vaste ballet que vient parfois interrompre une tempête de sable.

Équipée d’un hôpital, d’une large garnison militaire, d’un marché où on trouve des légumes en quantité confortable, voilà tout le luxe que l’on peut demander à une ville mauritanienne – aux portes du désert. Atar est une base de choix pour l’exploration du Nord mauritanien.

Dormir dans le train de la SNIM

Mauritanie Train
© jörg seifert/EyeEm - stock.adobe.com

Ne cherchez pas le confort dans le train de la Société Nationale d’Industrie Minière. Ne cherchez pas le wagon-bar non plus et oubliez les toilettes, il n’y en a pas. Et pour cause, sa vocation première n’est pas le transport de passagers, mais de minerai de fer, entre Zouérate et Nouadhibou. Et c’est ça qui fait son attrait.

Le train de la SNIM est le train des superlatifs : plus long (2 km), plus lent (35 km/h) du monde pendant longtemps, il a récemment été surpassé par un train en Afrique du Sud. Dans le sens Nouadhibou-Zouérate, les wagons sont vides et les passagers ont tout le luxe de squatter toute la longueur du train. Dans le sens Zouérate-Nouadhibou, en revanche, les wagons sont remplis de minerai de fer… ce qui n’empêche pas les passagers de se jucher au sommet du minerai. L’avantage étant, dans le sens du retour, de profiter d’un matelas surélevé qui permet d’ouvrir l’horizon à travers les plus de 600 km du trajet. En plus, le trajet est gratuit.

Pique-niquer à Lagueïla

Mauritanie Lagueila
© Jérémie Vaudaux

Avant Lagueïla, il y a Chinguetti. 4 heures de marche séparent la ville ancienne de l’oasis. Pour y accéder, il faut connaître le chemin, ou se le faire indiquer. Pas de mystère, tous les guides connaissent l’oasis de Lagueïla, et pour cause : Lagueïla est enchanteur. L’oasis, habitée à l’année par quelques agriculteurs seulement qui entretiennent les palmiers dattiers, a un petit goût de splendide isolement.

L’arrivée à la mi-journée sous le soleil de plomb à travers les dunes de l’erg Ouarâne donne tout son sens aux oasis : des entractes dans la grande pièce qu’est le désert. Un sac à dos plein de victuailles et un chameau pour l’eau, voilà les seuls impératifs auxquels obéir afin de s’écrouler à Lagueïla avec la satisfaction du bédouin soulagé.

Pique-niquer à l’ombre d’une khaïma, puis siester en toute quiétude avant de rebrousser chemin dans la chaleur tombante de la fin d’après-midi. Au total, une dizaine de kilomètres de marche, aller-retour, et la douce impression d’avoir vaincu le désert.

Se perdre dans le marché Cinquième

Mauritanie Nouakchott Marché Cinquième
© Jérémie Vaudaux

La capitale de la Mauritanie, Nouakchott, est une grande essoreuse. Électrique, difficilement compréhensible, plutôt labyrinthique, oui, résultat, mieux vaut passer à côté. Pourtant, les inconvénients de Nouakchott sont aussi ses charmes.

Un espace parmi les mille de Nouakchott symbolise l’énergie débridée d’un pays en mouvement : le marché Cinquième, situé dans le 5e arrondissement de la capitale mauritanienne. Tout s’y vend et tout s’y trouve peut-être pour celui qui sait où chercher. C’est un marché textile de gros, un marché alimentaire du détail, un marché du neuf chinois et de l’occasion européenne – on parle d’arrivage, concernant la dernière catégorie.

Se croisent au marché Cinquième les populations d’Afrique subsaharienne dans un grand concert de langues étrangères. Pourtant, l’œil averti verra l’organisation en quartiers déterminés : il s’agit de ne pas confondre les tapis et les tentures.

Se retrouver dans le village de Maaden

Mauritanie Maaden
© Jérémie Vaudaux

Passée la grande essoreuse de Nouakchott, il faut prendre le large. Ou plutôt, il faut élargir les perspectives. Un endroit tout trouvé : Maaden el Ervane, le gisement du savoir, en arabe.

Maaden el Ervane, 800 âmes. L’oasis jouit d’un splendide isolement. Aoujeft, la localité la plus proche à bénéficier du réseau électrique, est située à une heure de route. Par la piste. Chaotique. Celle-ci s’achève au sommet d’une colline de grès noir, chauffée à blanc par le soleil.

En face, plein ouest, le cordon dunaire de Leklewe s’étire jusqu’à l’horizon. Maaden est un espace à l’écart des routes touristiques, dans l’Adrar mauritanien : pas de point d’intérêt précis, pas de particularité visible non plus. Maaden ne fait pas de vague et c’est justement ce qui fait que s’y retrouver prend tout son sens. Le temps s’y écoule, égal, et les jours s’égrènent en paix. Maaden est le paradis des voyageurs en quête de simplicité. L’accueil y est vrai, doux et pas commercial pour un sou.

Glisser sur une lanche au Banc d’Arguin

Mauritanie Lanche Bateau traditionnel
© jörg seifert/EyeEm - stock.adobe.com

La Mauritanie est un pays de sable, oui, mais la Mauritanie est aussi un pays d’eau. Et pour cause : avec une façade atlantique longue de plus de 750 km, de l’eau, il y en a. L’image réelle d’une virée en bateau au Parc national du Banc d’Arguin tranche avec l’imaginaire collectif entourant le pays sahélien, et c’est tant mieux.

La réserve naturelle côtière et ornithologique du Banc d’Arguin est relativement peu fréquentée, car le plus gros contingent de touristes en Mauritanie lui préfère les paysages sahariens. Pourtant, avec ses 12 075 km2 protégés par la convention RAMSAR, le parc est une pépite… qu’il convient de découvrir en lanche.

Direction pour cela Iwik, village de culture Imraguen, peuple de pêcheurs et conducteurs de lanches, petites embarcations à voile. Privilégiez un départ le matin, pour les lumières, et ouvrez bien les yeux… et la bouche. Dégustation de paysages insensés et de poisson grillé garantie.

Bivouaquez dans des grands espaces !

Mauritanie Bivouac
© Jérémie Vaudaux

La Mauritanie est le pays des grands espaces. Avec une densité kilométrique parmi les plus faibles au monde (0,1 habitant au kilomètre carré!), la solitude est un état facile à atteindre. Les routes sont désertiques, les villes sont rares, les hommes aussi. Dormir seul, se réveiller seul et se rendormir seul est un des luxes que le voyageur peut se payer en Mauritanie.

Pour y parvenir, plusieurs moyens. Le premier – et le plus simple – est de se débrouiller tout seul, en s’extrayant de Nouakchott, direction la plage, par exemple, et l’assurance d’une nuit en dissidence. Le deuxième est de faire appel à un guide lors de votre arrivée en Mauritanie, qui saura préparer des circuits sur-mesure, à pied ou en 4x4, loin des affres de la civilisation, du bruit et des autres.

Le troisième et le plus complet est de faire appel à un tour opérateur qui vous prendra en charge dès votre départ de France et vous fera découvrir les merveilles du bivouac en Mauritanie. Dans tous les cas, de l’autonomie au voyage organisé, vous pourrez en Mauritanie vous payer des nuits de tranquillité – sans que les autorités n’y trouvent à redire.

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