Le meilleur de la Sardaigne

Aurélie Michel
par Aurélie Michel

01 juillet 2019

Sardaigne Villasimius
Villasimius © Marcin Krzyzak - Fotolia

La Sardaigne… Une île profondément méditerranéenne qui a conservé toute son authenticité et sa farouche beauté.

De la vieille ville de Cagliari aux eaux cristallines de l’archipel de la Maddalena, découvrez avec nous les joyaux et la diversité de cette île voisine de la Corse.

Plages, villages de caractère, sentiers de randonnée, sites archéologiques… On vous livre le meilleur de la Sardaigne !

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Le meilleur de la Sardaigne : la Gallura et le Nord

La costa Paradiso, l’arrière-pays, le superbe archipel granitique de la Maddalena, l'Asinara… Partons à la découverte des joyaux du Nord sarde.

Coins et recoins de la Gallura

Sardaigne Tinnari Beach
Plage de Tinnari © Salvatore - Fotolia

La Gallura, c’est d’abord Olbia, l’une des portes d’entrée principales de la Sardaigne. Son petit centre ancien est appréciable, le soir, pour flâner en dégustant une glace ou boire un verre.

Parmi les joyaux du littoral, la costa Paradiso (qui porte bien son nom). On s’y émerveille de la spiaggia di Li Cossi, une mini crique sauvage qui mêle granit rose et eau turquoise. Un sentier nous mène ensuite à la plage de Tinnari, l'une des plus séduisantes de l’île, ainsi qu’à la plage de Poto Leccio, des plus solitaires...

Mais la Gallura ne se résume pas seulement à un joli littoral. Pour découvrir ses autres trésors, il faut s’enfoncer dans l’arrière-pays, dont les paysages mêlent maquis, oliviers centenaires et bergeries en pierres. Rendez-vous notamment à Tempio Pausania (sa petite capitale), aux villages d’Aggius et de Calangianus, lovés dans la campagne, ainsi qu’au monte Limbara (observatoire) et dans l’étonnante vallée de Luna.

Les îles de la Maddalena (la Gallura)

Sardaigne Cala Coticcio
Cala Coticcio © robertdering - Fotolia

On accède à cet archipel granitique, trésor de la Gallura, par la mer, turquoise à souhait. Nous avons là sous les yeux ce qui unissait la Corse et la Sardaigne il y a quelques millions d’années... Aujourd’hui, il reste 7 grandes îles et 60 îlots rocheux, protégés par un parc national.

La plus grande et la plus visitée, c’est celle de la Maddalena, qui est aussi la plus habitée. Mais il suffit de traverser le pont de 600 m qui la relie à l’Isola Caprera pour se sentir seul au monde. Ici, la seule habitation, c’est celle de Garibaldi, héros de l’indépendance italienne. Depuis, sa maison est devenue un musée et son tombeau de granit un lieu de mémoire pour la nation italienne.

Du reste, l’île de Caprera est un joyau à l’état sauvage : falaises, pinèdes, maquis sarde, oiseaux (cormorans huppés, goélands, puffins cendrés...). On se plaît à découvrir ses petites anses secrètes, la plus cachée étant l’adorable cala Coticcio. Pour explorer l’archipel, l’idéal est de conjuguer excursions en bateau et balades à pied.

Castelsardo

Sardaigne Castelsardo
Castelsardo © manjagui - Fotolia

Avec sa vieille ville et son château qui surplombent la baie du même nom, Castelsardo séduit d'emblée le visiteur. Le village, entièrement piéton, se prête aux balades tranquilles, avec pour simple but d’aller profiter de la vue imprenable sur la mer Méditerranée. On aime déambuler dans ses petites rues pittoresques, qui ne sont pas sans nous rappeler notre cher Mont-Saint-Michel (y compris pour le côté touristique, il faut bien l’avouer !). Côté monuments, on admire bien sûr le castello, mais aussi la Cattedrale di Sant’Antonio Abate et, au-dessus, la chiesa di Santa Maria.

On croise bien d’autres merveilles en se baladant dans la vieille ville, plusieurs beaux palais notamment : le grand palazzo du 16e siècle (via del Seminario 31) ou le palazzo comunale du 12e siècle (via Regina Margherita). Ne pas manquer, non plus, la Piazza Bastione et son bastione di Manganella (12e et 17e siècle).

Sassari

Sardaigne Sassari Piazza Italia
Piazza Italia à Sassari © Gabriele Maltinti - Fotolia

Sassari fait partie de ces grandes villes (la deuxième de l'île tout de même) où l’on se sent bien... mais un peu comme partout en Sardaigne ! En arrivant, passage incontournable par la grande place, dans la ville du 19e : la piazza Italia.

Grande et lumineuse, avec quelques palmiers, elle est flanquée de deux beaux bâtiments se faisant face : l’élégant palazzo della Provincia de style néoclassique et le palazzo Giordano de style néogothique. D’ailleurs, on ne se contente pas seulement d’un simple passage sur cette place : le mieux reste de s’attabler à la terrasse d’un café. Rien de tel pour savourer la beauté de l’une des plus belles places sardes, mais aussi l’un de ces fameux espresso, caffè latte et autre cappuccino (eh oui, la culture italienne !) On vous recommande pour cela le Café Giordano, sous les arcades, avec terrasse sur la place. Puis on s’en va flâner dans les ruelles de la vieille ville médiévale : notamment la via Turritana, et la Corso Vittorio Emanuele II.

Bien loin de s’apparenter à une ville-musée, la vieille ville de Sassari est restée vivante et authentique. Dans son labyrinthe de ruelles pleines de caractère, on se guide à l’instinct : en suivant la bonne odeur du linge qui sèche aux fenêtres, on tombe sur ses magnifiques monuments : le Duomo di San Nicola, le Palazzo ducale, l’église Santa Maria di Bethlem ou encore la Chiesa Madonna del Rosario...

Plage de la Pelosa et parc national Asinara

Sardaigne Pelosa Beach
Plage de la Pelosa © kasto - Fotolia

À l’extrême nord (après Stintino), la plage de la Pelosa est considérée comme la plus belle de l’île. On comprend vite pourquoi : le sable y est incroyablement blanc et l’eau, d’une grande clarté, d’un turquoise à couper le souffle ! Une vraie piscine naturelle aux apparences de lagon, où l’eau ne monte que jusqu’aux genoux pendant des dizaines de mètres. C’est sans surprise une plage prisée des familles, postées sous leurs parasols de toutes les couleurs. La magie du décor ne serait pas la même sans la tour de La Pelosa (du 17e siècle) à l’extrémité gauche, ainsi que la vue imprenable sur l’île de Piana, pile en face.

Plus au loin encore, on aperçoit l’Isola Asinara, protégée par le parc national du même nom. L’une de ses particularités ? Elle abrite les derniers ânes nains et albinos sauvages d’Europe, qui lui valent d’ailleurs son nom. Amis randonneurs, c’est un vrai petit paradis !

Sur seulement 15 km de longueur, on y recense quelque 670 sortes de végétaux, dont 29 endémiques, et pas moins de 80 espèces de vertébrés. Parmi eux, de nombreux oiseaux, dont les rares faucons pèlerin et goélands corses. À Fornelli, on trouve même un hôpital pour tortues marines. De là, possibilité d’aller jusqu’’à Cala d’Oliva à vélo, une bien jolie promenade.

Informations pratiques

Pour s’y rendre, prendre le ferry à Stintino  ou à Porto Torres (30 minutes environ). Attention : les excursions sont forcément encadrées, afin de préserver le parc. Renseignements auprès de l’office de tourisme ou d’agences de voyage.

Alghero

Sardaigne Alghero
Alghero © A.Jedynak - Fotolia

Alghero… Le genre de ville où l’on voudrait être en vacances pour toujours. Glace à la main, on s’en va faire le tour des remparts. C’est LA balade de la ville, qui débute au niveau de la tour torre della Madalenetta, près de la porta a Mare, l’une des entrées de la ville. Puis on va de torre en torre... La plus grande de toutes : la dénommée Sulis (30 m) qui servit autrefois de prison et qui accueille à présent des expositions. Sa terrasse est accessible, tout comme celle de la torre San Giovanni.

Le reste de la ville est tout aussi passionnant, Alghero possédant l’un des plus beaux centres médiévaux de Sardaigne. Passage obligé par l’historique piazza Civica. Ses palais sont véritablement enchanteurs : l’un d’eux, le palazzo d’Albis, abrite le caffè Costantino et la Gelateria Arcobaleno, où acheter la meilleure glace de la ville.

Parmi les remarquables monuments religieux, Alghero compte le duomo, la Chiesa di Francesco et la Chiesa di San Michele, dont on aura sans doute aperçu le magnifique toit aux tuiles multicolores au détour d’une rue.

Alghero, c’est enfin de longues et belles plages en pleine ville, la plus proche étant San Giovanni.

Dans le coin...

La magnifique plage Spiaggia le Bombarde et la grotte de Neptune.

Le meilleur de la Sardaigne : côte Ouest

De Bosa à la Costa Verde, d’adorables petites villes, des villages et des ports pittoresques, ainsi que de superbes plages à découvrir.

Bosa

Sardaigne Bosa
Bosa © kojin_nikon - Fotolia

Au bord du fleuve Temo, Bosa se révèle une bien belle bourgade. En hauteur et jusque sur le quai, des maisons aristocratiques aux couleurs pastel. En surplomb, le château Castello Malaspina qui veille sur la ville. Au fil du fleuve, des petits bateaux de pêche. On se croirait dans une carte postale !

Bosa est propice aux flâneries, notamment au gré des ruelles et des escaliers du quartier de Sa Costa, où croiser les dernières dentelières, et du quartier Sa Piatta, aux demeures aristocratiques des 18 et 19e siècles.

Ensuite, direction le quartier Sas Conzas, sur l’autre rive, où vivaient autrefois les tanneurs. Enfin, on ne manque pas d’aller faire un tour du côté du port de plaisance, Bosa Marina, qui recèle une très belle plage.

Santu Lussurgiu

Sardaigne Santu Lussurgiu
Santu Lussurgiu © ezioman - Fotolia

On est bien vite conquis par le charme de l’adorable cité médiévale de Santu Lussurgiu, lovée au creux d’un ancien volcan éteint, dans les monts de Montiferru. Il suffit de se perdre dans son labyrinthe d’adorables ruelles pavées et de se laisser surprendre par son église (Chiesa di Santa Maria degli Angeli) à la façade et à l’intérieur roses, ses maisons de pierre bordées de murets fleuris... Parfois, au détour d’une rue, on s’arrête tant la vue sur la multitude de toits anciens est splendide. Assurément romantique !

Oristano

Sardaigne Oristano Statue Eleonora Arborea
Statue d'Eleonora d'Arborea © spritz77 - Fotolia

Oristano est loin d’être prisée par les touristes, et pourtant, c’est une ville très plaisante. C’est aussi un bon point de chute pour ensuite visiter le site de Tharros (voir « La Sardaigne archéologique »).

Oristano, c’est avant tout la ville d’une femme politique : Eleonora d’Arborea (1340-1404) qui, à l’époque, avait des idées pour le moins avant-gardistes (droit des femmes, préservation de la nature, faire appel en justice...). C’est en toute logique qu’Oristano lui rend hommage, piazza Eleonora d’Arborea, la plus belle de la ville, où sa statue a été érigée. Un endroit particulièrement agréable, où il fait bon prendre un verre en terrasse tout en admirant le Palazzo degli Scolopi.

Parmi les autres points d’intérêt de la ville : le duomo (l’extérieur comme l’intérieur sont splendides) et le musée d’art Antiquarium Arborense, dans le remarquable palazzo Parpaglia.

À quelques kilomètres...

La basilica di Santa Giusta (4 km d’Oristano), l’une des plus belles églises romanes de l’île, datant du 12e siècle.

La Costa Verde, des dunes de Piscinas à la baie de Portixeddu

Sardaigne Fluminimaggiore
Plage de Fluminimaggiore © Alessio Orrù - Fotolia

La Costa Verde, c’est un autre visage de la Sardaigne. Une Sardaigne pas moins turquoise, mais d’avantage sauvage et isolée. La magnifique route côtière démarre à Capo Frasca, au nord. Les paysages, sauvages tout du long, ainsi que les points de vue sur la mer, donnent souvent envie de s’arrêter.

C’est sur cette même route que se situe l’une des plages les plus connues du pays : la Spiaggia di Piscinas. Un site superbe mêlant eau translucide turquoise et chaude et dunes de sable blanc (jusqu’à plus de 60 m !), recouvertes de genévriers et de myrtes.

À Capo Pecora, terminus. Des impressions de bout du monde s’emparent de nous. Ici, pas plus de route que de construction ou de parking payant, seulement des falaises qui plongent dans la mer. Quelques Sardes viennent savourer la tranquillité des petites plages rocheuses.

Un peu plus bas, commence la baie de Portixeddu, aux grandes plages idylliques, celle de Fluminimaggiore notamment. On poursuit volontiers son périple vers le sud, ancienne région minière où le passé ressurgit bien souvent. Dominant Masua, cité minière fantôme, la mine de Porto Flavia, construite à flanc de falaise, surplombe la mer. Les anciennes galeries tombent à pic dans la mer et permettaient de charger facilement les bateaux de minéraux.En contrebas de Masua, cité minière fantôme, se cachent la spiaggia di Bega sa Canna et la spiaggia di Masua des plus paisibles avec une vue imprenable sur le Pan di Zucchero (pain de sucre), gros bloc de granit de 132 m. Coucher de soleil unique !

Autre plage du coin réputée pour sa beauté : Cala Domestica.

Iglesias et Carbonia

Sardaigne Carbonia
Piazza Roma © gianniarmano - Fotolia

Ce sont les deux grandes villes des environs. La première, Iglesias, possède une vieille ville très agréable. On aime y venir casser la croûte et boire un café, installé à une terrasse, assis sur les marches de la fontaine de la populaire piazza Lamarmora ou bien sur la piazza Pichi (jetez un œil à l’étonnant cinéma déchu, le teatro Electra). Mieux vaut venir avant midi, car après, tout est fermé jusqu’en milieu d’après-midi.

Carbonia est une petite ville à l’ambiance incontestablement singulière. C’est Mussolini qui la fit construire, durant l’époque minière. En témoigne son architecture, une vraie curiosité : sa Piazza Roma avec son église et son campanile, le municipio...

Ne pas manquer le passionnant musée du Charbon.  Également un agréable petit marché couvert (sur la piazza Ciusa), où acheter de bons produits locaux.

Archipel des Sulcis : Sant’Antioco et San Pietro

Carloforte Basilique Sant-Antioco
Basilica Sant’Antioco © isaac74 - Fotolia

Des deux îles principales de l’archipel (avec San Pietro), Sant’Antioco est la plus grande (de toute la Sardaigne également). À mesure que l’on grimpe dans les hauteurs de la ville principale, le panorama sur la mer, au loin, se fait de plus en plus beau. Bientôt, on accède à une jolie placette, la piazza Parrocchia, où se dresse la Basilica Sant’Antioco, qui, sous sa façade baroque, recèle une remarquable architecture romane à l’intérieur ainsi qu’un réseau de catacombes. Également un intéressant musée d’archéologie.

Côté plages, on apprécie la piscine naturelle et sauvage de la Cala Sapone.

En poursuivant la route vers le nord (10 km), on arrive à Calasetta. Une adorable petite ville construite par d’anciens habitants de l’île de Tabarka, en Tunisie. Les maisons sont ici d’un blanc immaculé – l’église en est un bel exemple – à s’en faire mal aux yeux ! La Via Roma, par endroits ornée de palmiers, rassemble d’agréables bars et restaurants. Plus grand port de l’île, c’est aussi à Calasetta que l’on embarque pour se rendre à l’île de San Pietro (également depuis Portovesme).

Sur l’île de San Pietro, on visite volontiers Carloforte : une petite cité pleine de charme établie entre mer et maquis, bordée de salines et, aux élégantes demeures. L’architecture rappelle celle de la Ligurie, comme ces façades couleur pastel et ces balcons en fer forgé encore parfois soutenus par le buste d’une sirène. Au petit matin, direction la Via Don Nicolò Segni pour acheter les produits du jardin vendus sur les porches des maisons ou encore la Piazza Pegli pour profiter du marché. Le soir, tout le monde se pare pour faire la passeggiata.

Pour les belles plages, direction Giunco (véritable lagon aux eaux peu profondes), la Punta Nera (plage familiale divisée par une digue) ou encore la Caletta (plus grande plage de l’île où l’on profite des vagues et des couchers de soleil).

Le meilleur de la Sardaigne : Centre

Le cœur de la Sardaigne, sauvage et préservé, ravira les amateurs de randonnées, de tranquillité et d’authenticité. Superbe !

La Barbagia : Nuoro et le Monte Ortobene

Sardaigne Burgos
Burgos © Udo Kruse - Fotolia

Région isolée, la Barbagia s’apprivoise. Ici, ni chichi, ni tourisme de masse, mais des traditions préservées depuis des siècles par ses habitants, mêlant bergers, viticulteurs, ramasseurs d’olives ou récolteurs d’écorce de chêne-liège... Peu de villes, exceptions faites de Nuoro, sa capitale, perchée au sommet d’une ligne de crête (qui abrite le musée des traditions sardes) et de quelques autres : Bitti, Burgos, Sogorno, ou encore Ovodda, où il n’est pas rare de croiser des hommes et des femmes centenaires...

Le monte Ortobene, la haute montagne de granit qui culmine à 995 m, domine le paysage. De là-haut, la vue est superbe, encore plus durant les nuits d’été, quand Oliena, au loin, s’illumine.

Le Supramonte : Orgosolo et Oliena

Sardaigne Supramonte. Entre Oliena and Dorgali.
Supramonte © nextyle - Fotolia

Rien que le nom de cet ensemble montagneux est évocateur : ce « super mont » de calcaire impressionne. Dans le Supramonte, la nature règne en maître, avec des bergeries à flanc de montagne, des sources enchanteresses (celle de Su Gologone !) et autres forêts de chênes et d’oliviers...

Les plages de sable blanc nous semblent loin, mais cette Sardaigne-là vaut vraiment le coup d’être arpentée. Sous ses airs abrupts, la région cache de véritables trésors. À commencer par ses habitants. Certes fiers de leurs terres et de leur artisanat (broderies, huile d’olive Se Gremanu très réputée...) ils se montrent très chaleureux pour qui veut bien les écouter.

Il suffit de se balader dans la charmante Oliena pour s’en rendre compte : passez devant un bar, et le patron pourrait bien vous alpaguer... pour vous offrir un verre ! Ce village, adossé au flanc de la montagne, laisse apparaître le Supramonte, majestueux en arrière-plan. Enfin, à quelques kilomètres, on peut se rendre au site Sorgenti di Su Gologone pour rêvasser devant la plus grande source naturelle de Sardaigne, celle de Su Gologone.

Autre petite ville, des plus singulières : Orgosolo. Elle est surtout connue pour ses peintures murales, disséminées un peu partout dans les rues, sur les façades. Fiers de leurs origines pastorales et un brin rebelles (cela remonte au temps de l’unification de l’Italie), les habitants ont retranscrit leur histoire (mais pas seulement...) à travers des fresques : scènes de la vie des bergers, guerre civile espagnole, événements de la place Tien An Men à Pékin...

Parc national Gennargentu : au cœur du golfe d’Orosei

Sardaigne Parc Gennargentu
Gennargentu © Elisa Locci - Fotolia

Le parc national Gennargentu, situé entre les régions de l’Ogliastra, de la Barbagia et la mer Tyrrhénienne, protège une Sardaigne sauvage et magnifique.

Il se compose de deux parties : l’intérieur des terres, très montagneux et peu peuplé, pour le plus grand plaisir des amateurs de nature et des randonneurs, qui s’attaqueront au point culminant de l’île : La Marmora (1 834 m). Et puis il y a le Gennargentu maritime, sur la côte, là où les montagnes viennent flirter avec la mer Tyrrhénienne.

Cap ensuite sur le Golfo d’Orosei, l’un des endroits les plus paradisiaques de Sardaigne. Il se découpe en un nombre incalculable de petites criques merveilleuses, où profiter de l’eau couleur émeraude. De petits paradis naturels préservés à rejoindre à pied par de jolis sentiers ou par la mer (c’est parfois l’unique moyen !). L’un des endroits les plus spectaculaires, au cœur du golfe : la station balnéaire Cala Gonone, d’où partent de nombreuses excursions.

Les bateaux nous emmènent par exemple à la spiaggia di Cala Luna (on peut sinon s’y rendre à pied par un charmant petit sentier). Une plage merveilleuse, où se côtoient plagistes, grimpeurs (les majestueuses falaises qui plongent dans le bleu turquoise s’y prêtent bien), plaisanciers et kayakistes. Faire un tour de kayak dans cet endroit est d’ailleurs une expérience unique : on se mesure aux falaises, rentrant même dans leurs entrailles sous de petits ponts naturels. Il s’en loue sur la plage pour 12 euros l’heure.

Parmi les autres plages merveilleuses, au sud de Cala Gonone : spiaggia di cala Sisine, spiaggia Piscina di Venere et le meilleur pour la fin : spiaggia di Cala Goloritzè, réputée pour être l’une des plus belles de la Méditerranée...

Le meilleur de la Sardaigne : Cagliari et le Sud

Après avoir déambulé dans les rues de la capitale de la Sardaigne, partez explorer le sud-est de l’île, côté plage, mais aussi dans les terres…

Cagliari et sa vieille ville

Sardaigne Cagliari
Cagliari © isaac74 - Fotolia

Tout au sud de l’île, au fond d’une grande baie, se dresse Cagliari, aux faux airs espagnols. La capitale de la Sardaigne est installée sur quelques collines, l’une d’elle accueillant, en toute logique, son fameux castello (la citadelle).

C’est là le cœur historique de Cagliari. Beau et authentique, il domine la cité, nous réservant de magnifiques points de vue sur les toitures des maisons colorées. Pour le conquérir, on emprunte, depuis le bastione di San Remy, de longues rues qui montent (on peut sinon emprunter le petit train touristique).

Bien vite, nous voici arrivés sur la place principale : la piazza Palazzo avec ses beaux monuments comme la cathédrale (Duomo Santa Maria), l’ancien Palais Royal (palazzo di Citta ou palazzo Arcivescovile) tout rose, et le Palazzo Vice-Regio. Dans le coin, on admire aussi la Torre dell’Elefante, tour de l’éléphant (ne pas manquer la petite statue de celui-ci !), ainsi que la Torre di San Pancrazio, la plus haute de Cagliari.

Au nord du Castello se trouve aussi le quartier des musées. En se rendant à Stampace, le plus ancien des quartiers historiques, on pourra également admirer le vestige romain le plus important de la capitale, l’Anfiteatro romano (2e siècle ap. J.-C.). Pour une vue panoramique sur Cagliari et son port, rendez-vous au sommet du Bastione di San Remy.

Lire notre article Cagliari, sous le charme de la capitale sarde

La route de la Costa del Sud, de Porto Teulada à Tuerradda

Sardaigne Tuerredda
Plage de Tuerredda © isaac74 - Fotolia

Encore une route côtière magnifique ! Sur 20 km, entre Porto Teulada et Tuerradda, elle nous en met plein la vue : belvédères panoramiques, plages idylliques, succession de tours aragonaises...

Parmi les plages les plus remarquables, retenons celle de la Tuerradda, où le sable blanc côtoie une baie magnifique. Mais aussi Campiona, une mini crique.

Enfin, non loin de Porto Teulada (à 23 km à l’ouest, vers Porto Pino), les dunes de Sabbie Bianche (ou spiaggia de Le Dune) rivalisent avec celles des Piscinas tant elles sont belles. Le sable est plus blanc que blanc et l’eau magnifique. Un régal ! On évite par contre de s’approcher des dunes, où un coup de sifflet retentirait bien vite... un gardien nous surveille ! Faisant partie d’une zone militaire, elles ne sont accessibles que de juin à septembre.

En continuant vers Cagliari, on trouvera les superbes plages de Capoterra, Maddalena et Chia.

Ogliastra et le Trenino Verde

Sardaigne Ogliastra
Ogliastra © Uwe Albert-Thiele - Fotolia

La région de l’Ogliastra, située entre le massif du Gennargentu et la mer Tyrrhénienne, est résolument montagneuse (jusqu’à 1 300 m). Ici, dans les hauteurs, il y a plus de chênes verts que d’humains.

Pour retrouver un peu de vie, il faut descendre à 800 m d’altitude, là où pousse la vigne (du côté du village de Jerzu) et, plus bas encore, les oliviers, les amandiers et les figuiers. Adossés à des falaises calcaires, quelques villages. Au loin, on s’amuse à deviner le littoral, d’ailleurs pas si lointain (25 km). Pour les plages, on se rendra plutôt du côté de Villasimius, station balnéaire à la pointe extrême-sud de la Sardaigne.

Pour découvrir le sud-est de la Sardaigne, et notamment, les beaux paysages montagnards de l’Ogliastra, une bonne option consiste à embarquer à bord du Trenino Verde. Ce charmant petit train relie Mandas (à 55 km de Cagliari) au port d’Artabax. Attention : il circule seulement l’été.

Ne partez pas sans admirer les rochers de porphyre rouge au sud du port.

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Le meilleur de la Sardaigne : sites archéologiques

La Sardaigne, c’est aussi des millénaires d’histoire. Gros plan sur un aspect méconnu de l’île, à travers ses plus beaux sites archéologiques.

Tiscali

Sardaigne Site Archéologique Tiscali
Site de Tiscali © Elisa Locci - Fotolia

Situé au fin fond de la vallée de Lanaitho, dans le massif du Supramonte, le site de Tiscali a été habité jusqu’à l’époque romaine par le peuple nuragique. C’est sans nul doute le site préhistorique le plus remarquable de l’île (2e millénaire avant l’ère chrétienne), niché dans un gouffre rocheux du maquis. L’arrivée, après 2 h de marche au gré des sentiers de bergers, le rend d’autant plus mystérieux (d’ailleurs, mieux vaut être accompagné d’un guide). Un enchantement !

Su Nuraxi

Sardaigne Nuraghe Su Nuraxi
Su Nuraxi © milosk50 - Fotolia

À 1 km de Barumini, cette merveille inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco s’avère être la plus grande forteresse préhistorique de la Sardaigne. Cette construction défensive nuragique élaborée à l’âge de bronze est aujourd’hui âgée de plus de 3 500 ans... unique au monde !

Nora

Sardaigne Nora
Nora © Jan - Fotolia

C’est au 13e siècle avant J.-C. que les Phéniciens établirent leur premier port à Nora, conquis par les Romains en 238 avant J.-C. Au 2e et 3e siècle av. J.-C., il devint l’un des plus grands ports de Méditerranée. À voir : les fondations carthaginoises, le temple de Tanit, le théâtre, les demeures patriciennes, les thermes bien conservés, les morceaux de voies romaines...

Tharros

Sardaigne Tharros
Tharros © franke182 - Fotolia

Mini-plages dans les rochers, eau translucide, tour espagnole au loin... c’est dans un décor idyllique que l’on découvre le site archéologique de Tharros. Les vestiges de cette cité antique fondée par les Phéniciens au 8e siècle av. J.-C. font face à la mer. On y découvre, entre autres, un tophet carthaginois (cimetière) et des thermes romains.

Les nuraghe

Sardaigne Nuraghe Santu Antine
Santu Antine © Eugenio Marongiu - Fotolia

Ces grands monuments de pierre sont une spécificité sarde et on en recense près de 7 000 sur l’île ! Édifiées dès le 2e millénaire av. J.-C., ces forteresses de pierre, qui peuvent atteindre les 25 m de hauteur, accueillaient les populations en cas de danger. Les plus remarquables : Su Nuraxi, Santu Antine, Losa et Santa Barbara.

Plaisirs de Sardaigne : gastronomie et artisanat

Attendez-vous à bien manger dans cette île méditerranéenne où l'art de la table est particulièrement généreux et soigné.

Gastronomie sarde

Caciocavallo
Caciocavallo © ChiccoDodiFC - stock.adobe.com

C’est l’un des grands plaisirs d’un voyage en Sardaigne. Ici, le repas est le moment crucial de la journée où l’on se retrouve en famille pour partager aperitivo, antipasti (légumes, fromages, charcuterie…), primo piatto (plat de pâtes), secondo piatto (poisson ou viande), dolce (dessert), caffè et/ou digestivo. N’ayez pas peur de la quantité, une fois que vous aurez mis le nez dans les spécialités sardes vous ne pourrez plus vous arrêter !

À l’heure de l’apéritif, rien n’est plus rafraîchissant qu’une Ichnusa, la bière sarde par excellence fabriquée à quelques kilomètres de Cagliari, servie avec des olives et des morceaux bien croustillants de pane carasatu (carasau).

Côté antipasti, vous dégusterez des fromages et de la charcuterie typiquement sardes : pecorino sardo, dolcesardo, caciocavallo, salsiccia sarda, salame sardo... Surtout ne passez pas à côté de « l’or de la Sardaigne » et goûtez à la bottarga, œufs de mulets ou de thons salés, séchés et compressés servis avec un filet d’huile d’olive.

Malloreddus alla campidanese
Malloreddus alla campidanese © Alessio Orrù - stock.adobe.com

Pour le primo piatto, on trouve souvent les malloreddus (petites pâtes en forme de gnocchi) et les fregule (petites billes). Les malloreddus sont traditionnellement cuisinées simplement alla campidanese (tomate, saucisse sarde, pecorino sarde). Quant à la fregula, elle se prépare aux fruits de mer ou encore en risotto à la tomate. Les spaghetti alla bottarga ou al nero di seppia sont également très représentatifs de la Sardaigne.

Bien sûr, on accompagne le tout d’un délicieux vin sarde ! Les vins Argiolas sont sans doute les plus renommés de la Sardaigne. Vous apprécierez un vin blanc fruité et fleuri, le Costamolino Argiolas, ou encore un vin rouge aux notes d’épices et de fruits rouges, le Costera Argiolas.

En dessert, croquez dans des pardulas (petits gâteaux à la ricotta, zeste de citron et safran), des amaretti (macarons sardes) ou, comme un vrai sarde, trempez des pistoccus de cappa dans votre digestif. À consommer avec modération, le digestif viendra bien évidemment clôturer votre repas. En Sardaigne, bien que l’on trouve du limoncello, mirto et fil’e ferru (fil de fer) sont les plus présents.

Artisanat sarde

Bague de fiançailles sarde
Bague de fiançailles sarde en filigrane © alberto maisto - stock.adobe.com

Sillonner la Sardaigne, c’est aussi découvrir un artisanat préservé. En Gallura, le liège demeure l’une des plus importantes ressources naturelles. Entre myrte, arbousier, ciste et autres variétés d’arbuste du maquis du nord de la Sardaigne, vous ne pourrez pas manquer les chênes-lièges sauvages.

De mai à août, le « lu bucadòri » vient extraire le liège à la main avec une piola, sans endommager l’arbre, qui sera bouilli et séché avant de pouvoir être travaillé. Celui-ci sera bien évidemment transformé en bouchon d’embouteillage, mais aussi en récipient, sous-plat, étui à bouteille, couverture de livre, pochette… grâce à sa souplesse naturelle. À Luogosanto, la spécialité est le travail du liège pour créer des crèches de Noël.

Savoir-faire particulier de la joaillerie sarde, les bijoux en filigrane réalisés à la main par Galdino Saba, dont les traditionnelles bagues de fiançailles sardes fabriquées essentiellement en argent ou argent noirci, mais aussi en or. Le Corallium rubrum, également appelé corail rouge et surnommé « sang pétrifié de Méduse », est un produit d’une grande valeur pour l’artisanat sarde, même si on trouve beaucoup de contrefaçons. C’est à Alghero dans l’ouest de la Sardaigne que le corail rouge est transformé en œuvres d’art, et surtout en bijoux. Mais, d’un point de vue écologique, on ne vous pousse pas à en acheter.

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