Sardaigne du Nord, nos coups de cœur

06 mai 2026

Entre villages de charme et eaux cristallines, le nord de la Sardaigne offre un concentré insulaire de ce que la Méditerranée a de meilleur. Des ruelles d’Alghero aux criques secrètes de la Maddalena, ce road trip sur l’île italienne promet un séjour au cœur de paysages dignes d’une carte postale. Découvrez nos coups de cœur, entre vieilles pierres et mer translucide.



Alghero : la perle catalane de Sardaigne

Avec son aéroport international, Alghero est l’une des portes d’entrée du nord de la Sardaigne et l’une des plus jolies villes historiques de l’île. Conquise par les Catalans au XIVᵉ siècle, la ville a conservé cette empreinte ibérique dans son atmosphère. Durant les chaudes journées, c’est un bonheur de se promener à l’ombre de son centre historique, toujours protégé par des remparts du XVIᵉ siècle.
La cathédrale di Santa Maria, avec son imposant clocher, donne le ton dès l’arrivée, tout comme les ruelles pavées qui se faufilent entre façades ocres et églises gothiques, créant un dédale charmant où chaque recoin réserve une surprise.

Promenade bordée par la mer et les palmiers (et même une catapulte !), le Lungomare permet ensuite de s’offrir une cure de vitamine D le temps d’une balade.
À quelques kilomètres au sud, la grotte de Neptune, bien que très touristique, reste une excursion incontournable. Accessible en bateau ou via l’escalier del Cabirol — une descente vertigineuse de 654 marches taillées dans la falaise — cette grotte marine dévoile un univers souterrain à couper le souffle.
La plage coup de cœur : plage de la Torre del Porticciolo
Ancienne tour de guet située à une demi-heure d’Alghero, la Torre del Porticciolo surveille désormais les vacanciers. Depuis le parking, mieux vaut emprunter les escaliers plutôt que le chemin improvisé qui serpente vers la mer. L’arc de cercle formé par les falaises escarpées est un régal pour les yeux, tout comme la couleur de l’eau, malheureusement jonchée d’algues lors de notre passage.
Stintino, La Pelosa et Asinara : mille et une nuances de bleu

À cinquante kilomètres au nord d’Alghero, Stintino était autrefois un paisible village de pêcheurs. Malgré l’afflux de touristes dans la région, l’authenticité perdure dans ce bourg qui offre une escapade agréable, entre son église, ses embarcations qui se balancent sur l’eau et ses restaurants de poissons frais.

Rares sont les vacanciers qui s’attardent ici : tous les regards se tournent vers la star locale, La Pelosa. Si cette plage légendaire mérite largement sa réputation — eau translucide et, en toile de fond, la Torre della Pelosa, tour génoise du XVIᵉ siècle — le revers de la médaille est moins idyllique.
L’accès à la plage est en effet payant du 15 mai au 15 octobre, et obtenir un ticket relève presque de la mission : il faut anticiper ou se connecter à 8 h pile, 48 heures avant la date choisie, pour espérer décrocher le précieux sésame. Et gare à ceux qui oublieraient de payer : des contrôleurs circulent toute la journée.
À l’arrivée, le stress continue : trouver une place de parking (une arrivée matinale est vivement recommandée) puis un emplacement pour sa serviette. Le collé-serré est inévitable, et le prix des chaises longues n’incite pas à sortir la carte bancaire. Heureusement, la baignade dans ces eaux d’un bleu irréel reste un moment inoubliable.

Après la baignade, on vous conseille de poursuivre l’exploration jusqu’à l’île d’Asinara. Longtemps fermée au public en raison de son ancien établissement pénitentiaire, elle est devenue parc national en 1997. Cette réserve naturelle de 52 km² abrite aujourd’hui une faune et une flore remarquables dans un cadre parfaitement préservé.
Notre plage coup de cœur : Ezzi Mannu
Au sud de La Pelosa, cette plage plus confidentielle attire moins de monde tout en offrant des eaux tout aussi cristallines. Si le cadre n’est pas aussi spectaculaire que celui de sa célèbre voisine, la vue sur l’île Piana, la gratuité du parking et l’espace disponible sur le sable compensent largement ce « désagrément ».
Castelsardo : le village suspendu entre ciel et mer

On murmure qu’il s’agit de l’un des plus beaux villages médiévaux de Sardaigne, particulièrement lorsque le soleil regagne ses pénates et enveloppe les maisons d’une lumière dorée.
Perché sur un promontoire rocheux dominant la mer, Castelsardo déploie ses habitations colorées autour de ruelles étroites et pentues. Escaliers et passages voûtés permettent de passer de l’une à l’autre, moyennant un cardio bien sollicité.
Au sommet, le centre historique pavé semble figé dans le temps. Son château dei Doria, forteresse du XIIᵉ siècle, offre un véritable voyage dans le passé, tout comme la cathédrale di Sant’Antonio Abate.

Le village perpétue également une tradition artisanale millénaire : la vannerie. Les paniers tressés en osier — parfois réalisés sous vos yeux — se déclinent sous toutes les formes. En redescendant, on rejoint la plage du centre-ville ainsi que la partie plus moderne, animée de nombreux restaurants. Parfait pour reprendre des forces.
Notre plage coup de cœur : Lu Bagnu
À quelques kilomètres à l’est du village (moins d’un quart d’heure en voiture), cette plage familiale aux eaux peu profondes offre un cadre enchanteur pour une baignade tranquille. Les rochers rouges qui bordent la baie créent un contraste saisissant avec le bleu de la mer.
Santa Teresa Gallura : au plus près de la Corse

Point le plus septentrional de la Sardaigne, Santa Teresa Gallura fait face à la Corse, distante de seulement 11 kilomètres. Par temps dégagé, Bonifacio se distingue clairement de l’autre côté des Bouches de Bonifacio.
Ce n’est pas le village le plus inoubliable, mais il mérite le détour, ne serait-ce que pour sa tour aragonaise et sa vue sur les rochers plongeant dans la mer. Construite au début du XIXᵉ siècle, la ville présente un plan en damier organisé autour de la Piazza Vittorio Emanuele I, bordée de cafés et de restaurants.

Si le centre ne présente pas d’attraits majeurs, c’est le littoral environnant qui justifie pleinement la visite. Rena Bianca, la plage urbaine, offre un cadre agréable à deux pas du centre. Toutefois, les véritables joyaux se nichent aux alentours, dans des criques enlacées par les rochers et accessibles après une marche au cœur d’un paysage spectaculaire.
Notre plage coup de cœur : Cala Spinosa
Cette crique enchâssée entre des rochers de granit blanc offre une intimité rare. L’eau y est d’une clarté exceptionnelle, parfaite pour observer les fonds marins. L’accès par un sentier côtier ajoute une touche d’aventure à la découverte de ce petit paradis.
La Maddalena : l’archipel aux eaux paradisiaques

Une vingtaine de minutes en ferry suffisent pour rejoindre l’archipel de La Maddalena au départ de Palau, situé à 30mn de route de Santa Teresa Gallura. On serait presque tenté de prolonger la traversée pour admirer les rives d’une beauté époustouflante, cheveux au vent, mais ce qui attend à l’arrivée est encore plus grandiose. Composé de sept îles principales et d’une soixantaine d’îlots, ce parc national marin est l’un des joyaux naturels de la Méditerranée.
L’île principale de La Maddalena abrite un centre-ville animé, avec ses bâtisses multicolores et son port de plaisance. Mais ce sont les plages qui captivent les visiteurs. La Strada Panoramica, route qui fait le tour de l’île, dévoile à chaque virage de nouvelles criques turquoise. Certains spots, plus isolés, nécessitent la location d’un bateau.

L’île de Caprera, reliée par un pont, offre un cadre encore plus sauvage. Ancienne propriété de Giuseppe Garibaldi — figure majeure de l’unification italienne — elle abrite plusieurs plages exceptionnelles ainsi qu’un musée dédié à l’homme politique.
Notre plage coup de cœur : Testa del Polpo
C’est la plage de Testa del Polpo qui remporte la palme de la plus jolie crique (à emporter avec soi : masque et tuba pour admirer les fonds marins). Son eau translucide et ses rochers pourraient tout droit sortir des Seychelles. C’est d’ailleurs un rocher en forme de poulpe qui a donné son nom au lieu. Pensez à arriver tôt et à approcher la voiture au plus près pour éviter de perdre du temps : la mini-plage de sable est prise d’assaut dès les premières heures de la matinée.
Bosa : et au milieu coule une rivière

Ce n’est pas sur les rives de la Méditerranée que ce village a choisi de s’installer, mais au bord d’un cours d’eau qui faisait jadis le bonheur des tanneurs. Malgré leur départ, leur souvenir persiste dans l’ancien quartier bohème, qui accueille désormais un musée retraçant ce passé artisanal, témoignage d’une époque révolue. Les flâneurs ont remplacé les artisans dans ces venelles colorées invitant à a dolce vita.
Découvrir Bosa, c’est prendre le temps de se perdre sans but précis… à part peut-être celui de dénicher la meilleure terrasse où siroter un café glacé, de capturer la plus jolie photo d’un chat endormi ou d’arriver entier jusqu’au château Malaspina (visite pas forcément indispensable), perché au sommet.

La montée peut être ardue, mais les ruelles pavées, les façades colorées et certaines vues sur la vallée du Temo valent largement de mettre les mollets à contribution. C’est finalement là que réside le charme de Bosa : dans ces découvertes inattendues au fil d’une simple balade.
Notre plage coup de cœur : Cane Malu
En plus de la plage de Bosa, accessible en voiture, il existe une autre manière de se rafraîchir après une chaude journée de visite : les piscines naturelles de Cane Malu. Après une vingtaine de minutes de marche, elles offrent la possibilité de barboter dans un cadre lunaire et magique.
Olbia, Porto Torres et Sassari : les challengers qui ne méritent pas forcément le détour

Toutes les étapes ne se valent pas. Olbia, principale porte d'entrée de la Sardaigne, n'est guère plus qu'un point de transit fonctionnel. Son centre-ville sans relief et son front de mer banal ne justifient pas qu'on s'y attarde, sauf peut-être pour sa jolie basilique San Simplicio…
Porto Torres souffre du même syndrome : ce port industriel où accostent les ferries n'a d'autre intérêt que sa gare maritime. Sa basilique romane di San Gavino du 11ème siècle ne suffit pas à compenser l'ambiance portuaire peu engageante.
Sassari, la deuxième ville de l'île déroute : trop grande pour être pittoresque, elle étale ses quartiers modernes sans charme particulier. Elle se rattrape avec son centre historique, sa cathédrale San Nicolas et son musée national Sanna qui se découvrent dans le cadre d’un étape rapide mais non obligatoire.
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Fiche pratique
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Comment y aller ?
En haute saison, des vols directs (moins de 2h) décollent des principales villes de France à destination d’Olbia ou Alghero, les deux principaux aéroports du nord. Une location de voiture sera ensuite indispensable, les transports en commun n’étant pas très développés sur l’île.
En ferry, Toulon ou Nice bénéficient des traversées régulières depuis vers Porto Torres. Idéal si vous souhaitez voyager avec votre voiture.
Où dormir ?
Le nord de l’île compte de nombreux hôtels, plus ou moins proches de la mer, souvent très onéreux l’été. On vous conseille d’opter pour un logement type pension, plus abordable.
Deux solutions : changer d’établissement au fil de votre road trip ou choisir un point de chute et rayonner dans la région. De Badesi par exemple, petit village sans prétention au nord-ouest de l’île, les principaux points d’intérêt sont à 1h30 maximum de voiture.
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Où manger ?
Les prix des restaurants étant assez élevés, on vous conseille d’acheter de quoi vous concocter des sandwichs en journée. De la délicieuse charcuterie et des fromages locaux sont proposés dans les différents supermarchés.
- InForno : Vicolo Amsicora, 1, 07030 Badesi. Tél.: +39 379 254 0774. Une institution au cœur de Badesi, aussi on vous conseille d’appeler pour commander ou de débarquer dès l’ouverture à 19h30. A la découpe ou à la commande, toutes les pizzas sont un délice. Margherita à partir de 6 euros.
- La Genuina : Via Mar, 8, 07030 Badesi. Ce traiteur local propose de délicieuses spécialités italiennes à emporter, comme les différentes variétés de lasagnes qui sont un régal. Lasagnes à partir de 1,60 euros les 100 grammes.
- Bar Trattoria San Simplicio : Via S. Simplicio, 39, 07026 Olbia. Dans ce petit restaurant tout simple (mais pas donné), on peut déguster des tapas dans la partie bar ou des plats plus élaborés sardes comme les calamars frits ou les raviolis aux légumes. Raviolis à 16 euros, calamars à 18 euros.
- Chiosco Bar Al Porto : Via La Piana, 17D, 07038 Costa Paradiso. Cette cahute qui borde le parking a également vue sur la mer et permet de reprendre des forces avec les délicieux paninis donc celui à la tomate-mozza-huile d’olive-origan. Sandwichs à partir de 5 euros.
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