La Passapaïs, la voie verte du Haut-Languedoc à vélo

Olivia Le Sidaner
par Olivia Le Sidaner

22 octobre 2025

Olargues
Olargues © FredP - stock.adobe.com

Pour de belles balades à vélo dans l’arrière-pays héraultais, direction la Passapaïs ! Cette voie verte du Haut-Languedoc, tracée sur une ancienne voie ferrée, traverse ce beau coin d’Occitanie sur près de 80 km.

Entre la montagne Noire et les contreforts des Cévennes, la Passapaïs relie Mazamet (Tarn) à Bédarieux (Hérault) et traverse la ligne de partage des eaux (d’où son nom de Passapaïs, « passe-pays »).

Côté Hérault, de Saint-Pons-de-Thomières à Hérépian, chaque étape révèle ses pépites : villages médiévaux au riche patrimoine, vignes, gorges verdoyantes, forêts de châtaigniers et reliefs montagneux.

La Passapaïs peut se parcourir entièrement en itinérance ou juste sur quelques tronçons : son parcours est à la portée de tous, très tranquille (il est interdit aux véhicules motorisés) et particulièrement bien aménagé. Alors, tous en selle !

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Saint-Pons-de-Thomières, la cité du marbre

Saint-Pons-de-Thomières
Saint-Pons-de-Thomières © Olivia Le Sidaner

Située au centre du parc naturel régional du Haut-Languedoc, au pied de la montagne Noire et des monts du Somail, la ville de Saint-Pons-de-Thomières est l’héritière d’une longue histoire.

Dès le deuxième millénaire avant notre ère, des populations se sont installées près de la source du Jaur, qui sort d’une cavité creusée dans une falaise. Un endroit rafraîchissant en été. Dans le parc, on profite d’un beau panorama sur la cité.

À l’origine, Saint-Pons-de-Thomières était constitué de deux villes. Une maquette dans l’office de tourisme permet de voir à quoi ressemblaient les deux cités avant qu’elles ne soient réunies au XVIIe siècle.

Saint-Pons-de-Thomières
© Olivia Le Sidaner

Sur la rive gauche du Jaur, la ville mage (Saint-Pons), fortifiée, s’est développée à partir du Xe siècle autour de l’abbaye bénédictine, dont l’église deviendra la plus grande cathédrale romane d’Occitanie. Sa particularité : son orientation a été inversée au XVIIIe siècle.

En face, rive droite, la ville moindre (Thomières) était, elle aussi, protégée par des remparts et prospérait grâce au commerce de draps. On trouve encore la trace de nombreuses boutiques en se baladant dans ses ruelles.

Fait remarquable : le marbre, extrait des carrières alentour depuis le Moyen Âge, est partout à Saint-Pons-de-Thomières, des trottoirs aux linteaux des façades, jusqu’au chœur baroque de la cathédrale Saint-Pons-de-Cimiez, surmonté d’un orgue de 1772.

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Ouvert de début juin à fin septembre, le musée de la Préhistoire régionale de Saint-Pons-de-Thomières présente des vestiges du néolithique découverts dans les grottes des environs (comme celle de Resplandy), notamment d’étonnantes pierres gravées appelées « statues menhirs ».

Olargues, village médiéval

Olargues - pont du Diable
Olargues - pont du Diable © FredP - stock.adobe.com

Bâti sur une colline rocheuse, le village médiéval d’Olargues figure parmi les « plus beaux villages de France ». Il est en effet pittoresque, avec ses ruelles caladées, ses passages couverts, ses escaliers escarpés et ses maisons anciennes. De nombreux vestiges des fortifications et constructions du XIIe siècle sont toujours présents. Notamment le pont du Diable – jeté sur le Jaur –, la porte Neuve – qui était l’une des deux entrées principales de la cité – et les ruines du castrum, détruit sur ordre de Richelieu au XVIIe siècle, au sommet du village.

Olargues - ancien donjon
Olargues - ancien donjon © Olivia Le Sidaner

Il ne reste que peu de choses du château, mais le donjon est toujours debout et a été transformé en clocher. De là-haut, le panorama sur les montagnes du Caroux et de l’Espinouse est magnifique.

On a aussi une belle vue d’ensemble du village depuis le pont de type Eiffel sur lequel on passe à vélo, sur la voie verte, lorsque l’on vient de Mons-la-Trivalle. L’itinéraire entre les deux villages est d’ailleurs particulièrement joli.

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Le musée d’Arts et Traditions populaires d’Olargues retrace la vie rurale d’autrefois et les savoir-faire traditionnels de la région. Vous y découvrirez des objets du quotidien et des outils anciens. Une salle est aussi consacrée à l’histoire de la ville au XIIe siècle (avec quelques objets trouvés lors des fouilles du castrum). Entrée gratuite.

Colombières-sur-Orb, sur les sentiers des gorges

Colombières-sur-Orb - donjon
Colombières-sur-Orb - donjon © Xavier Ligonnet

Au pied du Caroux, sur la rive droite de l’Orb, Colombières-sur-Orb compte 12 hameaux. Au lieu-dit Le Battut, un donjon du XIVe siècle accroché à la roche émerge de la nature : la « tour carrée », unique vestige d’un château médiéval.

Mais ici, c’est surtout la nature qui aimante les visiteurs, notamment les gorges de Colombières. Le sauvage ruisseau d’Arles y dégringole sur les rochers, formant des cascades et des vasques.

Avec un dénivelé positif de plus de 750 m, la randonnée de 13 km (env. 5 h 30) est à réserver aux bons marcheurs.

Sentier Jean-Claude Carrière
Sentier Jean-Claude Carrière © Sedat Yagiz

Pour une balade bien plus courte – et néanmoins très jolie –, on pourra opter pour le sentier Jean-Claude Carrière (2,5 km, env. 1 h), au départ de l’église de Colombières. Ce chemin qui file dans les gorges est dédié à l’enfant du pays, prolifique écrivain, scénariste, acteur et metteur en scène qui naquit à Colombières en 1931 et y repose depuis 2021.

Des panneaux jalonnent le parcours, consacrés à la vie et à l’œuvre de Jean-Claude Carrière, mais aussi à la culture locale. Des QR codes permettent de télécharger des extraits sonores et audiovisuels, notamment des interviews de l’auteur, dont la voix berce ainsi nos pas.

On retrouve aussi des citations inscrites le long du chemin, comme « L’utopie est la sortie de secours de l’impossible » ou « Le rêve est la vraie victoire sur le temps ». Une très belle rando littéraire !

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Une autre rando, intitulée Les Calades, est à faire à Saint-Martin-de-l’Arçon. À voir : ce village cévenol typique aux ruelles caladées, des chemins bordés de pierres sèches, de châtaigniers et de fougères, offrant de beaux panoramas. Attention, le balisage n’est pas toujours évident à repérer (4,8 km sont indiqués, mais c’est sans doute un peu plus). N’hésitez pas à télécharger le parcours sur une appli de rando.

Étape contemplative à Lamalou-les-Bains

Lamalou-les-Bains - Notre-Dame-de-Capimont
Lamalou-les-Bains - Notre-Dame-de-Capimont © panosud360 - stock.adobe.com

Paisible ville thermale, Lamalou-les-Bains séduit aussi les amateurs d’architecture Belle Époque, avec ses hôtels particuliers, son théâtre, son casino et ses halles, où l’on peut acheter de bons produits du Sud tous les samedis matin, lors du marché.

La nature est toute proche. Du centre-ville, on rejoint à pied le sentier de randonnée de Notre-Dame-de-Capimont, une jolie chapelle romane du XIIe siècle, surmontée d’une statue de la Vierge. Le bâtiment accolé à la chapelle (appelé « ermitage ») fut construit en 1676 pour abriter les prêtres qui veillèrent sur le sanctuaire pendant 134 ans, puis des gardiens bénévoles.

Vue sur la vallée de l’Orb et Lamalou
Vue sur la vallée de l’Orb et Lamalou © Olivia Le Sidaner

Un chemin de croix mène à une autre petite chapelle, Sainte-Anne. Comptez environ 1 h 30 pour monter jusqu’au sanctuaire. Le lieu invite à la contemplation, d’autant que le panorama est superbe.

D’ici, on surplombe la vallée de l’Orb et Lamalou, et l’on admire, en face, les monts du Caroux et l’Espinouse. D’autres promenades sont possibles dans la forêt de pins de l’Usclade.

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Avis aux fans d’Offenbach ou de Francis Lopez : tous les étés, le théâtre de Lamalou-les-Bains (600 places) accueille le Festival lyrique, un grand rendez-vous pour les férus d’opérette, mais aussi d’opéra.

Hérépian : entre cloches séculaires et vins de l'Orb

Passapaïs à Hérépian
Passapaïs à Hérépian © Sam Bié

Pour terminer cette balade le long de la voie verte, direction Hérépian, paisible village méridional qui se développa à partir du XIIe siècle autour de ses deux églises.

On peut y visiter le musée de la Cloche et de la Sonnaille, installé dans l’ancienne gare d’Hérépian. On y découvre l’histoire de la famille Granier, qui fut propriétaire de la fonderie de sa fondation en 1600 jusqu’à sa fermeture en 2011. D’abord cloutiers, puis sonnaillers, les Granier fabriquèrent notamment des cloches d’église, la plus grosse étant le bourdon de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers en 1938 (4 tonnes !).

Un savoir-faire unique dont on explore les différentes techniques dans ce musée très pédagogique (ouvert de début mai à début novembre), qui propose aussi un escape game et une murder party (sur réservation).

Hérépian - vignes
Hérépian - vignes © Grand Orb Tourisme

Enfin, dans un tout autre domaine, on pourra aller faire une dégustation à la cave coopérative d’Hérépian (11, av. des Treize-Vents), qui rassemble 70 adhérents et produit essentiellement des vins blancs et rosés. Tous les vins sont élaborés sur le site, une grande partie en IGP haute-vallée-de-l’Orb.

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La cave coopérative est le point de départ du circuit de la vallée des arômes, une œnorando de 14,5 km (env. 4 h 30). À voir : des vignes en terrasses, des oliveraies et des vergers (abricotiers, pêchers, cerisiers), des capitelles et le bourg abbatial de Villemagne-l’Argentière. À la fin, vous rejoindrez la voie verte Passapaïs : la boucle est bouclée !

Fiche pratique

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Hérault Tourisme

Comment y aller et se déplacer ?

– TGV jusqu’à Béziers depuis Paris, Lyon, Bordeaux.

– Puis transports en commun : l’arrière-pays héraultais est desservi par des bus et des TER au départ de Béziers, et des bus assurent la liaison entre Bédarieux et Saint-Pons-de-Thomières. Consultez les différents itinéraires sur les sites de Hérault Transport et Lio Occitanie.

– Pour se déplacer sur la Passapaïs, le vélo est idéal (électrique, pour plus de facilité). Il est possible de parcourir la voie verte dans les deux sens et de revenir à son point de départ en bus (les vélos sont acceptés à bord ou en soute).

Un bon loueur de vélos à Mons-la-Trivalle : Caroux Electro VéloL’Interlude, 124 route des Gorges d’Héric).

– En voiture : comptez plus de 7 h de route depuis Paris (via A71 et A75) et plus de 4 h depuis Lyon (via A7 et A9) pour vous rendre dans cette partie de l’Hérault. Depuis Béziers, il faut env. 1 h pour rejoindre Saint-Pons-de-Thomières et Olargues et 40 min pour aller à Hérépian.

Bonnes adresses

– L’Ocre rouge : 12, place de la Croix, Hérépian. Marion et Thierry vous accueillent dans leur grande maison de village du XIXe siècle à la façade… ocre rouge. Côté restaurant, la cuisine est d’une extrême finesse, avec une pointe d’originalité qui surprend très agréablement le palais. Des amuse-bouches aux desserts, tout est fait maison par Thierry. Et la vaisselle est jolie, ce qui ne gâche rien. Formules de 33 € à 56 €. Également cinq chambres d’hôtes (Des lits sur la place), pour loger au cœur d’Hérépian et profiter d’un petit déjeuner royal. De 79 à 94 € la nuit pour 2 personnes.

– Le Rucher des arts : 2, avenue Charcot, Lamalou-les-Bains. Difficile de résister à la tentation quand on entre dans la jolie boutique de Muriel, qui vend le miel (de bruyère cendrée, de lavande, de thym du Salagou, de bruyère arborescente…) produit par son mari Lilian. Ce dernier exploite aussi une châtaigneraie. Ils proposent tous deux des visites de l’exploitation, à Combes (à 2,5 km de là). Renseignements et réservations au 06 32 65 47 19 ou par mail : lemieldurucherdesarts@gmail.com

– Le Somail : route de Castres, Saint-Pons-de-Thomières. Un petit resto familial qui sert une cuisine généreuse : grandes salades, burgers, viandes, camembert grillé au four, pizzas… Formule du jour (buffet, plat, dessert) : 15,50 €.

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