San Francisco, nos coups de cœur

San Francisco, nos coups de cœur
San Francisco Painted Ladies © JFL Photography - stock.adobe.com

Comment résister aux charmes de San Francisco, avec ses collines, ses fameuses rues en pente et sa mosaïque de populations ? La mythique métropole californienne, nichée au creux d’une baie magnifique, est depuis toujours la Mecque de la contre-culture et de l’innovation. Plus vraiment hippie, mais carrément high tech, San Francisco continue d’attirer tous ceux, épris de liberté, qui répondent à l’appel du « Go West ! ». Une ville époustouflante de beauté et de dynamisme, assurément l’un des hot spots de la planète, que l’on vous invite à découvrir au fil de nos coups de cœur, des buildings d’Union Square au majestueux Golden Gate, en passant par le quartier gay de Castro et le fief bobo de Haight-Ashbury…

Attention, en raison de la crise sanitaire, certains sites et adresses peuvent être fermés actuellement.

Balade dans Union Square et Financial District

Balade dans Union Square et Financial District
Union Square © pikappa51 - stock.adobe.com

C’est le centre névralgique de San Francisco, un endroit essentiel pour prendre le pouls de la métropole californienne. Le cœur de la ville (Downtown), où les gratte-ciel d’Union Square ont élu domicile. Nombreux sont les hôtels de luxe (à l’image du Westin St. Francis Hotel), les grands magasins (Macy’s, Neiman Marcus, Tiffany & Co…) et les théâtres (A.C.T.’s Geary Theater, Curran, Marines Memorial Theatre). Le cable car, le petit tramway typique de San Francisco tracté par un câble souterrain, monte et descend Powell Street, grouillante de vie.

La grande esplanade est un lieu de rendez-vous stratégique. Elle date de 1901, mais doit son nom aux manifestations unionistes qui s’y déroulèrent pendant la guerre de Sécession (1861-1865). En son centre, une grande colonne rend hommage à la victoire américaine à Manille, lors de la guerre hispano-américaine (1898). Les palmiers, qui cohabitent volontiers avec le béton, nous rappellent à quel point il fait bon vivre, à San Francisco. Comme toute place centrale, elle accueille des spectacles de rue, qui captivent l’attention des passants.

Financial District © Tierney - stock.adobe.com

Juste à côté, le quartier d’affaires, Financial District, a grandi sur des terres gagnées sur la mer (fin 19e, début 20e), à la place de l’ancien port. Côté architecture, quelques réalisations valent le coup d’œil : Hallidie Building (1917-1918), entièrement vitré, ou encore le Frank Lloyd Wright Building (1948), sorte de cube en brique épuré, qui servit d’ailleurs de projet au musée Guggenheim de New York. Il n’est pas sans rappeler l’Art nouveau. Pour une vue imprenable sur les buildings, on se rend sur le toit-terrasse arboré de la galerie marchande Crocker Galleria, rendez-vous des employés de bureau à l’heure du lunch.

Dans le coin, il faut aussi faire un saut au Ferry Building, facilement repérable à sa grande tour-horloge. Ce beau terminal de ferry, construit en 1898, a échappé au séisme et à l’incendie de 1906. Autrefois, quelque 50 millions de passagers passaient par là chaque année ! Beaucoup moins aujourd’hui, mais il remplit toujours sa fonction d’origine : les bateaux traversent la baie pour se rendre à Harbor Bay, Oakland…

Depuis 2003, ses galeries accueillent aussi un véritable petit marché couvert, où les produits d’excellence sont rois. Artisans et chefs nous régalent ! Une super adresse pour le lunch et faire des emplettes. Les mardi, jeudi et (surtout) samedi matin, il accueille aussi à l’extérieur les étals du Farmer’s Market, un excellent marché de producteurs.

Des musées à foison, dont le fabuleux SFMoMa

Des musées à foison, dont le fabuleux SFMoMa
© Aurélie Michel

Côté musées, qu’on aime l’art, l’histoire ou encore la science, on peut dire qu’on est gâtés à San Francisco.

Dans le quartier de SOMA, la star c’est bien sûr le SFMoMa, San Francisco Museum of Modern Art. Le plus grand du genre aux États-Unis. Il existe depuis 1935, mais a débarqué dans le quartier en 1995, sous la direction de l’architecte Mario Botta. Il a été agrandi en 2016 par Snøhetta, cabinet d’architectes norvégien. La façade de l’extension, blanche et bosselée, évoque l’océan, les collines et le légendaire brouillard de San Francisco.

À l’intérieur, sept étages… de quoi y consacrer une bonne partie de sa journée. On admire notamment les œuvres de la collection Fisher (fondateur du premier magasin Gap à SF), qui rassemble notamment Warhol, Alexander Calder, Louise Bourgeois ou encore Roy Lichtenstein.

On y admire aussi des œuvres de Matisse, Pollock ou encore Duchamp (et son fameux urinoir) ou encore Magritte, Frida Kahlo et De Kooning. Pour l’art contemporain, rendez-vous au 7e étage, qui offre en prime une très belle vue sur le quartier. Le 3e niveau ravira les amateurs de photo, de 1839 à aujourd’hui. Il s’agit du plus important espace consacré à la photo dans un musée d’art, aux États-Unis.

Mais il n’y a pas que le SFMoMA ! Citons bien sûr l’Asian Art Museum, qui renferme l’une des plus importantes collections d’art asiatique au monde (peinture, sculpture, textile…) ou encore le California Academy of Sciences, où se trouvent à la fois un aquarium, un planétarium et musée d’histoire naturelle.

Mais aussi : le Museum of the African Diaspora, le Legion of Honor (Degas, Monet, Rodin, Rubens…), le Walt Disney Museum (dans le beau parc national Presidio), où admirer ses premiers dessins…

Le plus grand Chinatown hors d’Asie !

Le plus grand Chinatown hors d’Asie !
Chinarown Gate © Cla78 - stock.adobe.com

Des milliers d’immigrants chinois sont arrivés dans les années 1850, au moment de la ruée vers l’or. Par la suite, nombre d’entre eux ont travaillé sur le chemin de fer transcontinental : 9 ouvriers sur 10 étaient Chinois. Les autres, en ville, ont ouvert des commerces : blanchisserie, confection, restauration…

À l’intersection de Grant Avenue et de Bush Street, le décor est planté. Nous voici face à la porte du dragon, Chinatown Gate, offerte en 1969 par la République populaire de Chine. Cette porte en forme de pagode nous ouvre celles du plus grand Chinatown en dehors d’Asie (sur les 870 000 habitants que compte San Francisco, on dénombre un tiers d’Asiatiques, principalement Chinois). C’est aussi le plus anciens des États-Unis. Lampions rouges suspendus, bâtiments évoquant des pagodes... on s’y croirait !

On s’attarde notamment devant Tin How Temple (1852), EastWest Bank (1909), Ying on Merchants and Labor Benevolent Association (1920) ou encore l’école Nam Kue Chinese School (1925). Les locaux font plutôt leurs courses du côté de Stockton Street. Là, point de magasins de souvenirs, mais des primeurs, poissonneries, rôtisseries et autres pharmacies traditionnelles…

Enfin, au 56 de la Ross Alley, adresse de la Golden Gate Fortune Cookie Factory en place depuis 1962, on jette volontiers un œil à la confection traditionnelle des fameux fortune cookies. Ils seraient d’ailleurs originaires de San Francisco…

San Francisco au bord de l'eau : Fisherman’s Wharf et île d’Alcatraz

San Francisco au bord de l'eau : Fisherman’s Wharf et île d’Alcatraz
Fisherman's Wharf © belyay - stock.adobe.com

Au nord de San Francisco, Fisherman’s Wharf, littéralement « le quai des pêcheurs », fait partie des incontournables de la ville. On peut s’y rendre à pied depuis le Ferry Building (Financial District) en longeant la baie, pour une balade bien agréable. Autre option : monter à bord d’un de ces mythiques cable car. Deux des trois lignes nous y emmènent : Powell-Masson et Powell-Hyde, cette dernière étant la plus emblématique ; elle emprunte en effet les rues les plus raides de San Francisco et offre une vue plongeante sur l’île d’Alcatraz. Belle entrée en matière, donc.

Fisherman’s Wharf est une zone très touristique, qui attire des millions de visiteurs chaque année. Ceux qui aiment la tranquillité préfèreront alors explorer le quartier de bon matin, avant que les magasins de souvenirs n’ouvrent et que les foules n’arrivent. Le « Boudin Bakers Hall », sorte de bistro-boulangerie installé dans un grand entrepôt, commence à servir le café et les viennoiseries dès 8 h, de quoi recharger les batteries. À côté, des restaurants proposent déjà des sandwiches au crabe, symbole du quartier.

Alcatraz © lunamarina - stock.adobe.com

Sur les pontons, quelques pêcheurs sont déjà en place, mais également les lions de mer, qui, dès le matin, se font bien entendre ! Une vraie attraction… Le cœur de Fisherman’s Wharf s’appelle Pier 39, une jetée aménagée, jalonnée de restaurants, magasins de souvenirs et autres attractions, comme l’Aquarium of the Bay. On apprécie le San Francisco Maritime National Historical Park Visitor Center (sur l’histoire de San Francisco et de la baie, époque des Amérindiens, arrivée des colons…) et les anciens navires (Historic Ships : Eureka, Balcluth…).

Fisherman’s Wharf, c’est aussi le point de départ pour l’île d’Alcatraz, pile en face. Pour visiter la célèbre prison où était emprisonné l’ennemi numéro 1 Al Capone, il faut réserver quelques jours (voire semaines, l’été) à l’avance. Quelque 4 000 visiteurs s’y rendent chaque jour !  Au loin, le Golden Gate nous fait de l’œil. Si on veut louer un vélo pour le traverser, c’est aussi ici que ça se passe !

Le Golden Gate Bridge, avec vue sur l’une des plus belles baies du monde

Le Golden Gate Bridge, avec vue sur l’une des plus belles baies du monde
Golden Gate © Vacclav - Adobe Stock

San Francisco est indissociable de sa baie et, depuis 1937, du fameux Golden Gate Bridge. Célèbre dans le monde entier, ce pont suspendu de 2 737 m enjambe la baie, reliant San Francisco au comté de Marin. Son « orange international », qui contraste avec le bleu de la baie, paraît flamboyant comme au premier jour. Normal : il est repeint chaque semaine ! On comprend mieux le prix du péage pour les voitures (7,35 dollars), mais, heureusement, la traversée est gratuite pour les vélos et les piétons.

Quoi qu’il en soit, pour ne pas le voir la tête dans le brouillard, voire pas du tout, mieux vaut éviter juillet-août. Les deux meilleures saisons sont le printemps (mi-avril à juin) et l’arrière-saison (septembre-octobre).

Pour s’y rendre, on peut opter pour le vélo et/ou le bus (le n°101) et/ou le ferry. Si on est en voiture, on en profite pour emprunter la route panoramique : elle promet de magnifiques panoramas sur le Golden Gate. Le quartier du Presidio National Park nous réserve aussi de très jolies vues sur le pont : en fonction du soleil, Crissy Field le matin, Baker Beach le soir…

Si on a le temps, quitte à traverser le pont, on peut pousser jusqu’à Sausalito, adorable ville côtière (mais attention, la vie est chère et le coin très fréquenté le week-end et l’été). Bastion des hippies dans les années 70, elle est connue pour son quartier de maisons sur l’eau (houseboats ou floating homes), de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Apparemment, Otis Redding aurait écrit les paroles de Dock of the Bay depuis Waldo Point. Vraiment charmant !

Berkeley © Uladzik Kryhin - stock.adobe.com

Il existe un autre pont suspendu remarquable, à San Francisco : le Bay Bridge. Reliant San Francisco à Oakland, il a d’ailleurs ouvert 6 mois plus tôt que le Golden Gate. On l’emprunte aussi pour se rendre à l’université de Berkeley (1868), l’une des plus réputées au monde (29 prix Nobel, 14 prix Pulitzer).

Très intéressant à visiter, pour mesurer toute l’ampleur d’un campus américain : une ville, ni plus ni moins, avec des parcs, des stades, des terrains de sport, des musées… Dans les années 60, c’était le repaire des hippies ! Très animé le soir.

Lombard Street, une rue à nulle autre pareille

Lombard Street, une rue à nulle autre pareille
Lombard Street© trongnguyen - stock.adobe.com

San Francisco doit indéniablement son charme à son relief : des collines, des collines et encore des collines… Et donc, de nombreuses rues très (très) pentues, le long desquelles se dressent de magnifiques maisons victoriennes de toutes les couleurs. Heureusement, toutes n’ont pas été dévastées par le séisme de 1906 et le terrible incendie qu’il a provoqué… Car, rappelons-le, les maisons victoriennes sont faites en bois !

Des noms de quartiers bien perchés ? Certains sont très faciles à retenir : ils se terminent par « hill », qui signifie colline. C’est le cas de Telegraph Hill (et sa jolie Coit Tower), Nob Hill, Rincon Hill… Sans oublier Russian Hill ! Ce quartier résidentiel réserve de magnifiques panoramas sur les maisons très chics de Pacific Heights, la baie, l’île d’Alcatraz...

Il abrite aussi l’une des rues les plus célèbres – et les plus photogéniques – de toute la ville : Lombard Street. On dit d’elle qu’elle est la « world’s crookedest street », traduction, « la rue la plus tortueuse du monde ». Son parcours en zigzag, qui serpente au milieu des hortensias, a été dessiné en 1922 ; il a permis de ramener la déclivité de la pente à 16 % (au lieu de 27), pour le passage des chevaux.

Face à ces rues extrêmement pentues, on comprend vite l’importance du fameux cable car, arrivé en 1873 (avant, seuls les chevaux s’en chargeaient !).  Parfait pour explorer ces quartiers sans se fatiguer… à moins d’être pressé (9,5 km/h). Trois lignes sont encore en service, mais la plus emblématique reste Powell-Hyde ; elle emprunte les rues les plus raides et nous livre des vues plongeantes sur la baie. Elle fait justement halte en haut de Lombard Street et nous mène au très intéressant Cable Car Museum.

Haight-Ashbury, en souvenir des hippies

Haight-Ashbury, en souvenir des hippies
Haight-Ashbury © Luciano Mortula-LGM - stock.adobe.com

Quartier résidentiel prisé par les plus riches à la fin du 19e siècle, Haight-Ashbury devient le foyer du mouvement hippie au début des années 60. Après la Seconde Guerre mondiale, l’upper class déserte et un projet d’autoroute (qui ne verra finalement jamais le jour) est annoncé. Résultat : le prix des loyers chute considérablement et les premiers hippies viennent s’installer. La nouvelle circule via les médias et des jeunes des quatre coins du pays affluent.

Encore plus en 1967, année du célèbre « Summer of Love ». Janis Joplin, Hendrix, The Mamas and Papas ou encore Scott McKenzie (et son célèbre refrain « If you're going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair ») sont alors les têtes d’affiche du festival de Monterey, au mois de juin.

Quelques mois plus tard, à l’automne, le mouvement commence à s’essouffler (trop de monde, problèmes de violence…). Le coup de grâce est donné en 1969 par Charles Manson, quand ce fou qui se revendique hippie assassine Sharon Tate, actrice et femme de Roman Polanski.

De l’époque hippie, il reste quelques traces aujourd’hui : des boutiques sympas où trouver fripes et vinyles, des restos à bon prix, des tatoueurs (et perceurs), des petits concerts improvisés sur le trottoir…

Painted Ladies © Aurélie Michel

Côté architecture, fort heureusement, le séisme et l’incendie de 1906 n’ont pas tout ravagé sur leur passage. On peut donc admirer, dans le quartier, de superbes maisons victoriennes. Il en existe une ribambelle bien connue à ne pas manquer, à deux quartiers de là : les Seven Painted Ladies. Elles se situent en face d’Alamo Square ; très agréable, ce dernier a donné son nom au quartier et se trouve à 25 minutes à pied d’Haight-Ashbury.

Ces sept-là font partie des plus anciennes (1892-1896), mais aussi des plus photographiées par les touristes. On comprend vite pourquoi quand on voit la vue d’ensemble : les vieilles maisons colorées au premier plan, les buildings de Downtown à l’arrière-plan… Hautement photogénique ! Et encore plus au coucher du soleil… Bref, on ne peut résister à l’appel de la photo-souvenir.

San Francisco, capitale gastronomique

San Francisco, capitale gastronomique
© Aurélie Michel

San Francisco nous régale de bien des manières. Une chose est sûre : ce ne sont pas les bonnes tables qui manquent !

San Francisco aime les bons produits. C’est ici qu’est né le mouvement locavore en 2005, qui met un point d’honneur à consommer local (pas forcément bio, mais souvent). De plus en plus de chefs font attention à la provenance de leurs produits, qu’ils affichent volontiers (concept de « Farm to table »). Le marché couvert du Ferry Building, où se trouvent une multitude de bons produits et de bonnes tables, reflète tout à fait cet esprit-là.

Et puis, il n’y a pas qu’une cuisine à San Francisco (et en Californie en général), mais plusieurs, inspirées par les différentes cultures présentes ici. On trouve des spécialités du monde entier, des dim sum chinois aux tacos et burritos mexicains (servis dans les taquerias de Mission) ou encore, le poké hawaïen (base de riz et de poisson cru).

Et quand les différentes influences sont mixées entre elles, cela donne une cuisine fusion, inventive, colorée, savoureuse…

Mission, le berceau de San Francisco

Mission, le berceau de San Francisco
Women's Building © Aurélie Michel

C’est ici que tout a commencé : Mission est le premier quartier de San Francisco. En 1776, les franciscains espagnols y célébrèrent la première messe (tandis qu’ils édifièrent une place militaire au Presidio, au nord). On jette ainsi un œil à Mission Dolores : achevée en 1791, cette église est le plus ancien bâtiment de la ville. Ouf, elle a survécu au tremblement de terre de 1906 !

Le quartier de Mission est resté hispanique dans l’âme, encore aujourd’hui nourri par l’immigration mexicaine et centre-américaine. C’est l’un des quartiers les plus colorés : il est réputé pour ces gigantesques peintures murales. C’est le royaume du street art !

Une bonne partie se trouve dans les petites rues Balmy Alley et Clarion Alley, mais aussi sur la façade du Women’s building, avec la gigantesque « MaestraPeace », autrement dit, la « cheffe-d’œuvre ». Les thèmes des fresques se veulent souvent contestataires : la gentrification de San Francisco, les luttes latinas, les droits des femmes… Ces fresques murales ont pour inspiration les muralistes mexicains, comme Diego Rivera.

Mission, c’est aussi l’un des quartiers les plus animés de la ville ! On commence volontiers la soirée dans une taqueria, pour goûter aux tacos et aux burritos, avant d’aller boire une bière ou un cocktail dans l’un des nombreux bars du coin…

Castro, le paradis gay

Castro, le paradis gay
© Aurélie Michel

San Francisco attire depuis longtemps les gays des quatre coins du pays, plus particulièrement à la fin des années 60, au même moment que la communauté hippie. Ils ont investi les maisons victoriennes aux loyers faibles à l’époque. Aujourd’hui, les gays et lesbiennes représentent 15 % de la population. Et San Francisco abrite le quartier LGBTQ le plus connu des États-Unis (pour ne pas dire du monde), le fameux Castro !

Dans Castro Street, on passe notamment devant Twin Peaks Tavern, premier bar « openly gay » et Castro Theater, beau théâtre des années 30. On tombe ensuite sur l’appartement et le magasin de photo de l’homme politique Harvey Milk, reconverti en boutique par l’association Human Rights Campaign. Grande figure du quartier, cet homme-là a connu un destin tragique…

Il s’est installé ici en 1972 et a beaucoup œuvré pour les droits de la communauté. À tel point qu’on le surnommait « maire de Castro Street ». En 1977, il devint le premier homme politique à afficher son homosexualité. En 1978, il est assassiné (ainsi que le maire George Moscone) par Dan White, un ancien superviseur. La condamnation de ce dernier, relativement clémente au vu de son acte, provoquera de violentes émeutes (« the White night riots ») le 21 mai 1979, en particulier du côté du Civic Center. La place Harvey Milk Plaza, où flotte un gigantesque Rainbow Flag, lui rend hommage, tout comme l’excellent film Milk avec Sean Penn.

La maison bleue qui a inspiré Le Forestier © Aurélie Michel

C’est aussi ici qu’est né, en 1978, le célèbre drapeau arc-en-ciel. Il est omniprésent dans le Castro. Même les passages cloutés, sont multicolores ! Pour en savoir plus sur l’histoire de la communauté gay de Frisco, rendez-vous au musée GLBT Historical Society Museum. C’est le premier du genre aux États-Unis et le deuxième dans le monde après celui de Berlin. Il a vu le jour en 2011 et rassemble quelques objets d’Harvey Milk. Notamment une cassette enregistrée, dans laquelle il prédisait son assassinat…

La Gay Pride de San Francisco, qui rassemble des centaines de milliers de personnes le dernier dimanche de juin, devait fêter ses 50 ans en 2020, mais les festivités seront virtuelles pour cause de Covid-19. Autre temps fort de l’année : le Castro Street Fair, une fête très réputée créée en 74 par… Harvey Milk.

On aime aussi venir se balader dans le Castro pour admirer les maisons victoriennes, très nombreuses. Au 3841 18th Street, on s’attarde devant une maison bleue, adossée à la colline… Oui, c’est bien elle qui a inspiré le chanteur Maxime Le Forestier ! Il a vécu ici en 1971. De très jolies maisons victoriennes, aussi, dans les rues bien pentues du quartier résidentiel voisin, Noey Valley.

Fiche pratique

Retrouvez tous les bons plans, adresses et infos pratiques dans les guides du Routard san Francisoo en librairie.

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne San Francisco.

Office de Tourisme de San Francisco, où télécharger le Visitor guide et les plans de la ville (on peut sinon le récupérer en version papier au Visitor Information Center)

Comment y aller ?

En avion : depuis Paris (Charles-de-Gaulle), Aer Lingus opère un vol avec escale à Dublin (durée du vol : 1 h 45, puis 10-11 h). Gros avantage : on se débarrasse, dans l’aéroport de Dublin, de toutes les formalités d’entrée aux USA, ce qui représente un gain de temps considérable à l’arrivée ! Tarifs A/R pour San Francisco à partir de 498 € TTC. Informations et réservations : Tél. : 0821 230 267 (0,12€/minute).

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Où dormir ?

- Virgin Hotel : 250 4th St. Double à partir de $225 (sans petit déjeuner). Cet hôtel récent (février 2019), très bien situé, offre d’agréables chambres tout confort, avec vue sur les buildings de Downtown. Vraiment à deux pas du SFMOMA ! Agréable restaurant où prendre le petit déjeuner. Également un superbe rooftop, pour un bon cocktail en soirée avec vue imprenable sur la ville… On y fait aussi la fête (Dj-set fréquents).

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Où manger ? Où boire un verre ?

Dans Downtown

- Palette : 816 Folsom Street. On connaît l’amour de San Francisco pour les bons produits, frais et locaux… eh bien cette table reflète tout à fait cet état d’esprit locavore ! Certains plats sont même cuits au feu de bois... Le tout est servi dans de belles assiettes en céramique. Plats à partager : environ $18 les petits, $23 les moyens, $25-32 les grands. Mention spéciale pour le canard confit, un délice…

- In Situ 151 Third Street. C’est la bonne table du musée SFMoMA et on y mange vraiment très bien. Le concept : les plats ont été concoctés par différents chefs et restaurants du monde entier. Dans l’assiette (en jolie céramique), de bons produits et une cuisine raffinée, moderne, fusion. Plats à partager : petits env. $12, moyen $18, large $20-28 et +, desserts $10-22

- The Vault : 555, California Street. Ce restaurant chic et branché se situe à l’intérieur du bâtiment de la 555 California Bank of America, au cœur du Financial District. Ici, les cuisines américaines et californiennes revisitent leurs classiques, mais toujours avec de bons produits. Petits légumes de saison, viandes cuites à la perfection… vraiment, on se régale (mention spéciale pour le pain brioché tout chaud qui accompagne les plats…). $25 express lunch et, le soir : $55 le chef’s menu (5 plats). Sinon, à la carte.

- Ferry Building : ce beau bâtiment de 1898 abrite dans ses halles des stands où l’on se régale. Du bon, du local, souvent bio. Et quelle variété ! On vous recommande vivement les rouleaux de printemps du restaurant vietnamien Out the Door’s, le poulet frit de chez Brown Sugar Kitchen (chef Tanya Holland), mais aussi les petits plats à tomber du japonais Delica. Et si on a encore faim : chocolats chez Recchiuti, glaces (celle à la cacahuète !) chez Humphry Slocombe, macarons chez Miette… Également du bon pain chez Berkeley’s Acme Bread et du fromage chez Cowgirl Creamery. Marché de producteurs les mardi, jeudi et (surtout) samedi matin.

 Quartier Fisherman’s Wharf

- Boudin Bakers Hall : 160 Jefferson Street. Ce grand entrepôt réhabilité qui abrite une boulangerie et un bistro est une institution, dans le quartier. La star, c’est la miche au levain (sourdough), fabriquée depuis 1849 ; on la doit à l’émigrant français Isidore Boudin, arrivé avec la ruée vers l’or. Également des sandwiches, des soupes (comme la clam chowder, toute crémeuse aux palourdes) et autres plats.

Au Presidio National Park

- Arguello : 50 Moraga Avenue (dans le Presidio National Park). Amateurs de cuisine mexicaine, vous êtes à la bonne adresse ! En entrée, excellent guacamole, à déguster avec des tortillas maison. On peut ensuite commander un ceviche (poisson mariné, petits légumes frais…) ou des empanadas. Pour $13, on est rassasié !

 Quartier de Mission

- Tacolicious : 741 Valencia St (mais plusieurs autres adresses). Comme son nom l’indique, ici, la star c’est le taco. Végétarien, au bœuf, au poulet, au poisson… il y a du choix. Le tout joliment présenté. Ambiance chaleureuse, encore plus avec une margarita bien fraîche.

Quartier de Castro

- Hot Cookie : 407 Castro St. Pour une pause goûter en pleine visite du Castro, on s’arrête chez Hot Cookie. On vous prévient, il porte bien son nom : mannequin en culotte « hot cookie » en vitrine, gâteaux en forme de… (pas besoin de vous faire un dessin), murs de photos déjantées… Quoi qu’il en soit, les cookies (qui, eux, ont gardé une forme classique !) sont délicieux.

Informations et tours guidés

Site officiel du Presidio National Parc : rendez-vous sur le site internet pour tout savoir sur le parc national : histoires, activités, endroit à visiter (en anglais ou espagnol). Sur place, l’agréable « visitor center » est d’une grande aide : histoire, expositions, renseignements, chouette boutique…

San Francisco by Gilles : breton d’origine, Gilles est parti s’installer à San Francisco en 2010. Il a très vite constaté qu’il n’était pas si facile, pour un Français qui n’est pas très à l’aise avec l’anglais, de visiter la belle « city by the bay ». Ancien guide et professionnel du tourisme, il a donc eu l’idée de créer « San Francisco by Gilles » ; il propose des visites tant instructives que distrayantes, hors des sentiers battus, à pied et exclusivement en français. Bref, tout ce qu’on aime ! Visites collectives (4-10 personnes) sur une demi-journée (2 h 30-3 h 30) à partir de $45/pers. Également des visites privatives. Il ne reste plus qu’à faire son choix parmi les nombreux thèmes de visite (Castro & Mission, Summer of love & Haight-Ashbury…), avec du nouveau cette année : visite du Golden Gate à vélo, Sausalito, safari-photo dans Mission, SF côté innovations Contact : contact@sanfranciscobygilles.com

Visites gratuites de SF :

San Francisco City Guides : visites gratuites de San Francisco avec des bénévoles (en anglais). Pour le quartier émergeant de Dogpatch, on recommande Steven, un vrai personnage !

Visites spécial gastronomie (walking food tours) :

Edible Excursions : pour découvrir les meilleures adresses de San Francisco et se régaler, on peut faire confiance à ces guides ! Ils proposent des « walking food tours » autour de différents thèmes et à différents endroits de SF (cuisine mexicaine, japonaise, cocktails…). Les visites sont très complètes : histoire des lieux, parcours des artisans et des chefs et, bien entendu, dégustations ! Le guide Travis, très sympathique, connaît très bien les stands du Ferry Building. À partir de $83 par personne (+ $2 de frais de réservation), nourriture comprise. Un conseil : surtout, venez le ventre vide !

Texte : Aurélie Michel

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