San Francisco-Los Angeles : à l’Ouest, du nouveau !

Gavin's Clemente-Ruiz

La Californie bouge ! Au sens propre (on ne compte plus les alertes au Big One, si redouté), et au sens figuré. Cet État se positionne aujourd’hui comme la 7e puissance économique mondiale ! Le mariage gay y est célébré depuis mai 2008 et Castro, le quartier arc-en-ciel de San Francisco, n’arrête pas de fêter les nouveaux mariés (La mesure vient toutefois d'être invalidée le 5 novembre 2008 par l'adoption par référendum d'un amendement constitutionnel affirmant que "seul un mariage entre un homme et une femme est valide et reconnu en Californie", NDLR). Wall-E, le nouveau dessin animé Pixar, firme d’Emeryville, à l’est de San Francisco, connaît un joli succès, comme son autre bébé, Ratatouille l’an passé. Apple, sise à San Francisco également annonce la naissance de son nouveau-né, l’iPhone deuxième génération et les files d’attente devant la boutique de downtown s’allongent, s’allongent… Enfin, Arnold Schwarzenegger, gouverneur de cet État, déclare la guerre au trans fat, graisse transformée, interdite désormais. Y a pas de doute, bienvenue dans la marmite du monde moderne !

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San Francisco, en mouvement

Patrick de Franqueville
Il fait froid. Les futurs acheteurs du nouvel iPhone, qui poireautent du matin au soir devant la boutique, ne se découragent pas pour autant. On est pourtant en plein été et le compteur des Fahrenheit ne monte pas bien haut. Pourquoi ? Un courant d’air froid venu de Sacramento enrobe la cité de 3 millions d’habitants d’une sorte de ruban nuageux. À peine si l’on distingue les pylônes du Golden Gate, au nord-ouest de la ville ! Pour dormir, pas mal de possibilités Downtown avec réductions fréquentes. C’est pratique, car on est au cœur de l’écheveau routier. Mais il n’y a rien de bien folichon à y faire, l’endroit est un peu trop touristique et certains seront peut-être choqués par les homeless, laissés-pour-compte du système américain, qui ne sont pourtant pas agressifs.

Pourquoi ne pas tenter l’aventure vers les quais, au nord ? Ou vers le sud de la ville ? Partons vers SoMa (contraction de South of Market). Les bars et boîtes à la mode se concentrent dans ce périmètre, dans d’anciens entrepôts, parfois entre deux garages et vendeurs de pneus. L’un de nos préférés est un café installé dans une laverie automatique où l’on clame, où l’on slame de la poésie (des haïkus le soir où nous y sommes passés !). Un lavomatique poétique ! Les soirées à S.F. commencent tôt, vers 20 h. Le mélange gay, hétéro, trans se fait à merveille. Le quartier de Mission n’est pas mal non plus, avec notamment ses peintures murales. De nombreux restos offrant quelques merveilles de bouche. On mange bien, voire très bien, mais il faut y mettre le prix. Ne pas oublier et la taxe (15 %) et le pourboire (15 à 20 %).

La ville ne bruisse que de cela : le nouveau musée juif d’art contemporain, ouvert en juin 2008, créé par Daniel Libeskind, l’architecte aux lignes cassées à l’origine du musée juif de Berlin (anecdote : à la question d’un journaliste sur le pourquoi des ruptures brutales de ses lignes, Libeskind explique qu’il réalisa ses premiers plans sur sa table de cuisine, dans son studio d’étudiant ; la table n’étant pas assez grande, il décida… de couper les lignes !). Cette ancienne usine rénovée, avec son cube posé sur une pointe impressionne. À l’intérieur, expos temporaires sur l’histoire et le patrimoine juif. Sublime. D’autres surprises attendent les visiteurs, que ce soit le musée d’art asiatique à la muséographie claire et ludique, le grand parc avec le De Young Museum plutôt déroutant côté collections, mais pas côté architectural : aux manettes, Herzog & de Meuron, les mêmes qu’à la Tate Modern de Londres et le Nid d’oiseau des JO de Pékin.

Autre surprise : la conduite en voiture. Une fois familiarisé avec la conduite automatique (un coup à prendre), il faut apprivoiser les déclivités pour le moins impressionnantes ! Sinon, prendre les cable cars, surtout la ligne Powell-Ryde, pour apprécier les perspectives de certaines rues, comme la Crook St, si pentue qu’on y créa des virages, histoire d’assurer la descente sans ombrage des calèches autrefois. Présage qui marche encore pour les véhicules aujourd’hui ! À tenter au moins une fois, amusant. Enfin, les fans d’Armistead Maupin repartent un peu triste : Barbery Lane, dans les Chroniques de San Francisco… n’existe pas ! Seule existe Macondray Lane, LA source d’inspiration de l’auteur. C’est déjà ça !

Sausalito, Bolinas, les plages, Tiburon

Gavin's Clemente-Ruiz
On peut en voiture, en une demi-heure à peine, arriver à Sausalito, de l’autre côté du Golden Gate Bridge (passage gratuit dans ce sens, payant dans l’autre). Les plus sportifs prennent même le vélo, pour une très belle balade de 28 miles, qui mène jusqu’à Tiburon, en fin d’après-midi. De là, on reprend le ferry pour SF, le tout étant organisé par les loueurs de vélos sur le port sanfranciscain. Le fog qui enveloppait SF s’est atténué. Ouf !

Des houseboats, sortes de maisons flottantes nous accueillent. On pourra prendre l’hydravion de Steve pour découvrir la baie, frôler le Golden Gate et presque compter les blocs entre chaque quartier ! Sensations très agréables au décollage, très « smooth », dixit le pilote. Certains en profitent même pour faire leur demande en mariage, avec une demi-bouteille de champagne. La classe ! La ville de Sausalito est chic. Les familles la prennent d’assaut le week-end pour venir manger une glace sur le front de mer. Un peu plus loin, en bus, en vélo ou en voiture, voici Tiburon, où s’encanaille la jeunesse dorée, chez Sam’s ou le long de la jetée. Compter moins de 10 $ pour regagner SF en ferry. D’autres préfèrent partir découvrir Muir Woods, plages et forêts à quelques miles, rappelant des paysages de la Côte d’Azur.

Coup de cœur pour Bolinas, pas facile à trouver. Depuis le XVIIIe siècle, ses habitants gardent jalousement le village de bout du monde pour eux tout seuls en… retirant les panneaux d’indication ! Dans la rue, qui fait office de village, un bar-café-hôtel à l’ambiance saloon, avec concert tous les soirs, où se pressent les habitants, d’anciens babas charmants, perpétuant l’esprit cool et libertaire. Juste en face, un autre resto à la terrasse ensoleillée l’après-midi. Halte bienvenue et reposante avant les vallées de Napa et Sonoma !

Napa ou Sonoma ?

Claude Hervé-Bazin
Une des belles surprises de ce voyage : Napa et Sonoma font partie de ces petits plaisirs insoupçonnés ! On gardait le souvenir du film Sideways, qui célébrait les wine tastings (dégustations de vins) dans les vallées californiennes. Si l’on n’a pas croisé les énergumènes du film, on a rencontré des amateurs, des sommeliers, des buveurs du dimanche, des étudiants en goguette, des fans de Bacchus de tout poil. Cette décontraction affichée ajoute au plaisir des visites. Les vins californiens ont leurs qualités, leurs défauts, mais on n’ôtera pas à leurs producteurs d’avoir le sens de l’accueil, de la convivialité et… du commerce, quand même !

Il existe une vieille rivalité entre les deux vallées. La Napa Valley est la vallée historique, regorge de stars, les vins Mondavi en tête, dont le fondateur vient de s’éteindre, après avoir réussi une association avec Mouton-Rothschild, rien que ça ! Avouons que l’on a préféré le côté Sonoma, plus simple, chaleureux et charpenté. Découverte intéressante : le cépage zinfandel, notamment dans les caves Ravenswood, cépage venu de Croatie. Mystère des voyages. « Ici, pas de vin poules mouillées », nous informe notre hôte, dans un français impeccable. C’est vrai qu’ils tiennent la route les gaillards !

Autre plaisir chez Beringer, avec ses cultures biodynamiques, en famille. Toutes ces wineries proposent une visite payante, autour de 10-15 $, pour tester trois à cinq vins. Tout ceci est parfaitement organisé, on s’arrête allègrement d’une cave à l’autre, les papilles enflammées par ces vins tanniques, bien construits et très fruités. On peut acheter sur place, naturellement mais les prix sont un peu plus élevés que dans les supermarchés du coin. On repart enfin avec son verre estampillé, en souvenir de belles gorgées ensoleillées.

Berkeley, belle intellectuelle

Gavin's Clemente-Ruiz
Au nord-est de San Francisco, Berkeley se révèle facile d’accès en BART, le RER local, en bus ou en voiture, en moins d’une demi-heure. Première chose à faire, s’acheter une casquette « Cal », petit surnom de cette université prestigieuse de Californie, de quoi s’assurer des contacts tout au long de votre parcours !

Il règne un lien fort entre l’université et ses étudiants, une certaine image de la fraternité, sentiment d’appartenance à une certaine élite aussi (la scolarité avoisine 13 000 $ pour les étrangers et 5 000 $ pour les Américains… par trimestre ! et encore, ce n’est pas la plus chère des États-Unis !). Reste à découvrir une ville toute entière tournée vers son université, dominée par son campanile (2 $ pour y monter, vue splendide sur tout SF au loin), inspirée de Saint-Marc à Venise (on n’a pas bien vu la ressemblance, avouons-le). Il fait bon flâner dans les allées et contre-allées de ce grand campus à l’américaine, avec ces arbres centenaires, ces bâtisses monumentales dédiées aux déesses romaines et autres prestigieux élèves, d’ailleurs on célèbre les 140 ans de la maison. Rien que la liste des prix Nobel issus de Berkeley force le respect…

On essaie de trouver un peu de leurs sources d’inspiration dans les très nombreuses librairies, où s’entassent des tonnes de livres sur tous les sujets, des origines à nos jours, avec un certain bonheur. Nombreux bars pour refaire le monde, avec des salades monumentales à prix dérisoires, dont on emporte les restes dans le très américain doggy bag, pour le lendemain. Le soir, on baguenaude dans « Gourmet Ghetto », au nord de la ville avec ses restos d’inspiration juive, sa fromagerie tout ce qu’il y a de plus française, sa fabrique à burgers originaux (l’hawaïen à l’ananas, le Popeye aux… épinards !) et l’épicerie fine Andronicos où l’on se pâme face aux rangées de fruits et légumes savamment empilés, sans oublier le rayon vins pour mettre en application les leçons apprises dans la Napa et la Sonoma !

Sur la Route 101, vers Santa Barbara

<a href=/membre/3104>Emilie Vantalon</a>
Pour rejoindre Santa Barbara, prendre la route 101, en voiture, pour apprécier le paysage, insoupçonnable. Les vagues rugissent, les côtes se déchirent, les arbres nous dominent. Cette côte garde son allure sauvage, des terres qu’on dirait presque empruntées à l’Irlande ou à l’Islande. C’est beau, à couper le souffle. Arthur Miller, dont on visite la librairie-hommage en route, n’a t-il pas dit avoir rencontré Dieu ici ?

Des campings près de Big Sur sont fermés, des pancartes « Burn in progress » sont plantées le long de la route : le feu n’est pas loin, brûlant des versants entiers de montagne. Arrêt obligatoire à Hearst Castle, né au début du XXe siècle de la folie douce d’un riche magnat de l’édition, William Randolph Hearst (il a inventé Cosmopolitan !). On hésite : kitsch ou génie ? La piscine extérieure reprenant la vue de bains romains, les façades s’inspirant de l’architecture espagnole ou arabe, tout ce mélange de styles… Mais l’homme était un collectionneur éclairé avec certaines marottes : Lalique, Gérôme (deux superbes tableaux très connus de Napoléon, sur son cheval, face aux pyramides d’Égypte, entre autres) ou encore Bernard de Palissy. La bibliothèque avec plus de 6 000 ouvrages vaut le coup d’œil.

Reprenons la route. Une colonie d’éléphants de mer a élu domicile sur une plage, énormes masses échouées, joueuses, bagarreuses, daignant sans mot dire lever un œil sur l’assemblée de visiteurs ébaubis. Cette côte décidément réserve bien des surprises !

Arrivée à Santa Barbara, dans une atmosphère de carton-pâte. Si la Mission de cette ville reste l’une des plus anciennes de la côte, les visiteurs d’un jour préfèrent passer leur journée à faire du shopping sur la rue principale. Concours de beauté en vue ! On passe d’une boutique à l’autre, on s’amuse du tee-shirt « Obama » ou de sa poupée. Barack Obama compte de très nombreux partisans en Californie : à chaque coin de rue, l’Obamania s’affiche à gros renfort de broches, autocollants, panneaux, pancartes, portraits dans les vitrines ou drapeaux au seuil des maisons. Yes we can ! reprennent en cœur les jeunes manifestants souhaitant nous faire signer leur comité de soutien au cri du slogan du candidat démocrate à la présidence américaine. La ferveur est grande, en tout cas en Californie.

On termine la journée souvent sur le Fisherman’s Wharf, ponton ouvert sur la mer, à regarder les pêcheurs, plutôt chanceux, s’amuser et jouer avec leur mascotte, un bébé phoque se gavant des têtes de sardines que les amis pêcheurs, parlant espagnol entre eux, lui jettent au loin.

Avant de gagner Los Angeles, petit arrêt au Camarillo Premium Outlet. Les outlets sont des magasins d’usine, qui vendent au rabais les collections des années précédentes, voire même des articles d’usage commun. Des prix démentiels avec des remises constantes, les soldes des soldes en somme ! Le but du jeu est d’arriver tôt le matin, les quelques places à l’ombre sont encore disponibles. Entre deux boutiques, petit jeu : regarder l’état du parking, s’emplissant, s’emplissant, s’emplissant jusqu’à créer une espèce de marée humaine. Il y en a pour tous les goûts. Tout le monde s’y retrouve, en famille, entre amis et les prix nous font tourner les yeux ! À midi, on déjeune d’un casse-croûte entre deux voitures, et c’est reparti pour la bonne affaire.

L.A., capitale de l'<i>entertainment</i>

Patrick de Franqueville
La taille de la Cité des Anges, authentique mégalopole et 3e ville hispanique des Amériques, peut surprendre ou effrayer (au choix). Les distances énormes ont de quoi rebuter si on n’y passe que quelques jours, mais qu’il serait dommage de passer à côté de ce tourbillon urbain. Les entrelacs autoroutiers mènent facilement d’un point à l’autre. Une voiture est indispensable Grosse galère d’ailleurs cette voiture, les parkings coûtent les yeux de la tête, même dans les hôtels ! Même dans les attractions et autres musées ! En plus du prix d’entrée !

Pour un point de chute, Venice Beach s’avère idéal, avec ses hostels pas chers, ses hôtels familiaux, la plage, ses petits restos et une vie de quartier assez cossu. On vient pour croiser ses stars préférées, sur Hollywood Boulevard, toucher du doigt les empreintes de Marilyn (notre photo), mettre les siennes à côté de Will Smith ou Mastroianni, face au Chinese Theatre. Un truc : monter sur la passerelle reliant le kitchissime centre commercial aux allures babyloniennes juste à côté, on y voit les fameuses lettres en blanc « HOLLYWOOD ». Clic clac, c’est dans la boîte.

Ensuite, on remonte Beverly Hills, ou plutôt on fait des tours et détours pour apprécier les architectures pour le moins hétéroclites de ce quartier pavillonnaire. Et là, on s’y attendait, toutes les séries TV de notre jeunesse d’hier et d’aujourd’hui remontent à la surface. Où sont Brandon, Brenda et consorts ? Le Prince de Bel-Air habite t-il toujours à côté ? Pamela est-elle toujours en maillot rouge sur la plage de Malibu ? Et dis donc, c’est pas chez BoulMich, sur Rodeo Drive que Julia Roberts se fait retoquer dans Pretty Woman ? se demanderont les plus cinéphiles d’entre nous, à moins que ce ne soit à la croisée de Mulholland Drive, en songeant à David Lynch… Ne boudons pas notre plaisir, Los Angeles, c’est un peu notre mémoire cathodique et cinématographique à ciel ouvert !

Poursuivons dans ce labyrinthe, et découvrons les studios Universal. C’est hors de prix, mais ça vaut le coup. Des attractions hilarantes, toutes scénarisées, de la file d’attente au moment proprement dit. Notre préférée, la toute nouvelle, inspirée de la vie des Simpsons en goguette au parc d’attractions Krustyland. Avec nous dans leurs bagages ! Petit tour dans les décors, au milieu des plateaux. Chut ! On tourne la nouvelle saison des Desperate Housewives. On entrevoit la maison du plombier… Le chauffeur du bus n’a rien voulu nous dire, désolé ! D’autres attractions, comme le roller coaster autour du film La Momie (avant-arrière-la-tête-en-bas, enfin, c’est ce qu’on croit !) et d’autres shows font la part belle au spectacle. Pas de doute, Los Angeles sait y faire côté divertissement !

Enfin, s’il n’y avait qu’un musée à voir, que ce soit celui-ci : le Getty Museum qui pourrait aisément faire partie du club des plus beaux musées du monde. L'architecture de son antenne de Santa Monica, le Getty Center, tout en pierres blanches, pures, plongée dans un ciel bleu, avec des rondeurs, des axes fixes, tournoyants, déjouant les effets de lumière, en les capturant, nous a éblouis. Ses jardins de sculptures, où l’on croise Calder (entre autres), au milieu de dédales botaniques ont fini de nous charmer. Quant aux collections, faisant la part belle aux Arts déco français avec des œuvres de Boulle, mais aussi à Van Gogh, Degas, Giacometti (entre autres encore), nous ont achevés en beauté !

Pour nous saluer, la terre tremble. Émotion dans les boutiques, dans la rue, Los Angeles connaît alors un séisme à plus de 6 degrés sur l’échelle de Richter. Les murs s’excitent, ça vient du sol, ça vibre, on est encore à Universal Studios ou quoi ? Une charmante mamie m’agrippe le bras, me confie sa peur. Une femme continue son shopping, la caissière, goguenarde, lance « C’est un séisme, un de plus, non ? ». Pour ma part, c’était le premier

Quelques sites et adresses

Gavin's Clemente-Ruiz

- Brainwash Laundromat : 1122 Folsom St (et Langton), San Francisco. Lavomatique poétique.

- Sam’s Anchor Café : 27 Main St, Tiburon.

- Les vins :
Beringer, www.beringer.com

- Camarillo Outlet : www.premiumoutlets.com/outlets/outlet.asp?id=20

- Musée d’art juif de San Francisco : www.thecjm.org

- Universal Studios : www.universalstudioshollywood.com

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