Le Var, entre Méditerranée et mimosa

Le Var, entre Méditerranée et mimosa
Calanques du Layet © Jürgen Wackenhut - stock.adobe.com

Prenez les chemins de traverse, entre La Londe et Cavalaire, pour découvrir un des plus beaux littoraux de France, entre Méditerranée et mimosas. Quelques idées pour un week-end en bleu et jaune autour de Brégançon, si vous désirez découvrir un coin de France encore préservé hors saison. Dans le Var, le chemin le plus court n’est jamais le meilleur…

La route de la corniche, entre Bormes-les-Mimosas et Saint-Tropez

La route de la corniche, entre Bormes-les-Mimosas et Saint-Tropez
La Côte vue du Cap Lardier © Marc - stock.adobe.com

Ni voie ferrée ni autoroute dans ce coin du littoral varois particulièrement préservé. De Bormes-les-Mimosas à Rayol-Canadel, la route de la corniche suit la côte, avec un cadeau bonus pour qui voudrait passer par le chemin des vignobles, à la sortie de La Londe-Les Maures et découvrir le fort de Brégançon. Un aspect du littoral varois que les visiteurs de l’été ne font qu’apercevoir, lorsqu’ils sont pris dans les embouteillages à l’approche de Saint-Tropez.

L’autre route mène au cœur du massif des Maures, le massif le plus mystérieux, le plus envoûtant du pays, avant de redescendre par moult tournants vers la mer. Des siècles durant, Saint-Tropez ne fut accessible que par voie maritime. Le littoral était encore quasiment inhabité en 1885, quand la percée du chemin de fer de Provence allait décider de la vocation touristique de toute la région.

Aujourd’hui encore, cette tranche de montagne est sillonnée de routes aussi étroites que sinueuses. Ici, tenir sa droite n’a pas vraiment de sens, car le Varois par nature est chez lui dans ce massif, et c’est donc à vous de prouver que vous êtes digne d’y pénétrer.

Du pays des châtaignes à celui des mimosas, levez le pied, baissez les yeux. De Bormes-les-Mimosas à Cavalaire, la route en corniche suit de nombreux virages, coincée entre les vertes pentes du massif des Maures et les roches sombres tachetées de criques blanches.

Randos, baignades, îles d’Or au large, incursions dans le massif, sans oublier le joli cap Nègre ou le superbe jardin botanique de Rayol-Canadel : prenez votre bol de nature encore plutôt préservée.

Sur la route du mimosa, de Bormes à Grasse

Sur la route du mimosa, de Bormes à Grasse
Massif du Tanneron © Marina - stock.adobe.com

Le village médiéval de Bormes-les-Mimosas est le point de départ de la route du Mimosa : un itinéraire long de 130 km que l’on suit, sourire aux lèvres, entre bleu azur et jaune soleil, jusqu’à Grasse, entrée pour ses flagrances au Patrimoine de l’Unesco 2018. Dans le Var, la route passe par le Rayol-Canadel et Sainte-Maxime avant de rejoindre l’Esterel et le massif du Tanneron, dans le département voisin.

Le parcours sinue entre littoral et massifs forestiers, et permet d’aller à la rencontre des mimosistes et de découvrir quelques jardins remarquables. Des 4 périodes officielles de floraison, c’est celle courant de janvier à mars que l’on préfère : au cœur du doux hiver de la Côte !

Mimosa © chanelle - stock.adobe.com

Once upon a time… C’est forcément un Anglais, hôte d’un des grands hôtels du pays cannois, qui introduisit autour de 1880 cette plante du genre acacia rapportée du sud de l’Australie qui allait bientôt donner sa couleur jaune aux pentes voisines.

Le mimosa n’est pas du genre frileux, notamment le Gaulois Astier, qui résiste à -10 °C. À Bormes, au parc Gonzalez, qui fait la part belle à plus de 300 plantes australes, vous pourrez vous familiariser avec une quarantaine de mimosas. La plus belle collection de mimosas de France reste celle des pépinières Cavatore, dans le quartier de Manjastre.

Vous avez manqué le corso fleuri de Sainte-Maxime, début février, ou celui de la reine du mimosa à Mandelieu ? Il vous reste toujours une visite guidée avec un jardinier du Domaine du Rayol, ou la fête du printemps, fin mars, dans ces mêmes jardins du Rayol.

Bormes-les-Mimosas : le village aux parfums du Midi

Bormes-les-Mimosas : le village aux parfums du Midi
Bormes-les-Mimosas © Florence Piot - stock.adobe.com

Parfumé par près de 700 espèces de fleurs différentes (dont beaucoup tropicales), Bormes-les-Mimosas a un charme fou. En 1920, on associa les mimosas à Bormes, avant d’officialiser l’appellation en 1968. Une année plus rouge que jaune partout ailleurs, qui ici fut aussi marquée par le choix du fort de Bregançon comme résidence présidentielle, choix qui lui vaut aujourd’hui un beau succès médiatique.

On peut grimper jusqu’aux ruines du château pour jouir d’un panorama exceptionnel sur Bormes, le cap Bénat et les îles d’Hyères. Arrêt en redescendant devant l’église Saint-Trophyme et son beau cadran solaire.

En contrebas s’étend le vieux Bormes. Un labyrinthe d’escaliers, de passages voûtés dits « cuberts », de poternes, culs-de-sac et autres venelles aux noms réjouissants. Ses dalles usées et pentues vous invitent à ne pas faire les fous en descendant la rue Rompi-Cuou. La venelle des Amoureux se trouve près de la place où les fêtes du village permettaient autrefois de se rencontrer ; quant à la montée du Paradis, vous n’êtes pas obligé de la prendre...

Une belle maison de maître du 17e s, typique avec ses pierres du pays, accueille aujourd’hui le musée d’Art et d’Histoire au cœur du village médiéval. Expositions temporaires d’artistes contemporains d’avril à octobre.

Pour se mettre au vert (ou au jaune, en saison), détour par le parc Gonzalez, classé « Jardin remarquable », qui accueille sur ses 2 400 m2 plusieurs centaines de spécimens (à commencer par des mimosas, œuf corse) d’une végétation typiquement australienne.

De la route des crêtes à celle des plages du Var

De la route des crêtes à celle des plages du Var
Chartreuse de la Verne © Amaury - stock.adobe.com

Envie de  fuir la foule et de retrouver les joies d’une conduite parfois sportive ? Direction la route des crêtes. D’un côté : panorama superbe sur les îles d’Hyères et le golfe du Lavandou ; de l’autre : magnifique vue sur les sommets (enneigés à l’époque où fleurit ailleurs le mimosa) des Alpes du Sud.

La route traverse le massif des Maures qui déploie ses bois de chêne-liège, de bruyères, d’arbousiers et de mimosas jusqu’à la mer et les fameux jardins méditerranéens du domaine du Rayol. Ce ne sont pas les Maures qui ont donné leur nom à ce massif forestier composé de chênes et de châtaigniers qui mérite bien son nom ! « Maures » vient du provençal mauro qui signifie « sombre ».

Ici, les noms fleurent bon la Provence éternelle : les cols de Gratteloup et du Babaou, Collobrières (la capitale de la châtaigne, où vous trouverez toujours bonne table et bon gîte), Notre-Dame-des-Anges (point culminant du massif), la chartreuse de la Verne, La Mole, etc. Routes étroites, sinueuses et somptueuses !

Au col du Canadel, à 267 m d’altitude, superbe vue sur la corniche des Maures et les îles d’Hyères (oui, forcément, toujours elles !). Plus loin, le château de La Mole où Saint-Exupéry passa une partie de son enfance (il le décrit dans Le Petit Prince). Visible de loin depuis la route, il ne se visite pas, mais cette demeure historique a été rachetée par Patrice de Colmont (le Club 55 à Saint-Tropez), qui rêve d’en faire une « villa Médicis » de l’agroécologie.

Le Lavandou des peintres

Le Lavandou des peintres
Plage au Lavandou © Jonathan Stutz - stock.adobe.com

Cette station balnéaire populaire de la Côte, plus que centenaire désormais, doit son nom au lavoir (lavadou en provençal). Le centre ancien se visite vite, et les autres quartiers s’étirent sur près de 10 km, jusqu’après le cap Nègre : Saint-Clair, La Fossette, Aiguebelle, Cavalière et Pramousquier.

Le sentier du littoral se parcourt facilement vers le nord, jusqu’à la plage de la Fossette (à 3 km), nichée entre deux pointes rocheuses. Plus loin, nichées dans de petites criques plus difficiles d’accès donc moins fréquentées, Jean-Blanc, l’Éléphant et le Rossignol. La plage du Layet, à pratiquer en tenue d’Ève et d’Adam. Plus à l’est, dans une anse, la belle et longue plage de Cavalière, puis celle du cap Nègre à la pointe du chic cap éponyme et Pramousquier, enfin, calée entre deux pointes rocheuses, juste avant Rayol-Canadel.

Petit parcours de 2,5 km sur les traces des peintres Henri-Edmond Cross et Théo Van Rysselberghe, dans le quartier Saint-Clair. Une quinzaine de reproductions de leurs œuvres sont présentées sur des lutrins, là où les artistes avaient planté leur chevalet. Arrêt obligatoire à la villa Théo, l’ancienne demeure du peintre néo-impressionniste Théo Van Rysselberghe (1862-1926), transformée en centre d’art. Un lieu de mémoire et de création tout à la fois qui propose d’intéressantes expositions.

Le Lavandou est aussi le point de départ d’excursions en mer pour l’observation des dauphins en été, en compagnie d’un guide naturaliste.

Le Rayol-Canadel-sur-Mer, face à la grande bleue

Le Rayol-Canadel-sur-Mer, face à la grande bleue
Plage du Canadel © Florian Villesèche - stock.adobe.com

La D 27, superbe, étroite et sinueuse, relie La Mole au Rayol-Canadel (6 km), si vous arrivez du massif des Maures. Sinon, soyez rassuré, depuis Le Lavandou, ce n’est que du bonheur si vous êtes resté à profiter du soleil.

Très enclavé jusqu’au début du 20e s, ce littoral rocheux coupé à la serpe est devenu accessible avec la percée du chemin de fer de Provence, en 1883. La station balnéaire et climatique de Rayol fut créée en 1925 moyennant d’importants travaux : 35 km de routes, des escaliers, des jardins, des hôtels, la pergola du Patec (classée Monument historique en 1989, avec l’escalier monumental), la jetée de la plage et même la construction d’un petit port de plaisance...

 Une des curiosités locales reste Le Maurin des Maures, une institution adossée aux pentes du massif des Maures, avec une salle surplombant la mer et les îles. La bouillabaisse de son propriétaire, Dédé Delmonte, était très appréciée d’un certain Jacques Chirac lors de ses séjours à Brégançon.

C’est sur une plage de Canadel que prit pied le débarquement de Provence la nuit du 14 août 1944. Et c’est pourquoi, 20 ans plus tard, l’Élysée réquisitionna le fort de Brégançon, le plus proche, pour abriter le repas du général de Gaulle, devenu président de la République. Un fort qui allait connaître une destinée moins militaire que protocolaire, dans les décennies suivantes.

Le Domaine du Rayol, au jardin des Méditerranées

Le Domaine du Rayol, au jardin des Méditerranées
Domaine du Rayol © PackShot - stock.adobe.com

On pourrait vous raconter l’histoire du banquier amoureux qui acquit le domaine pour faire plaisir à sa jeune moitié, ou celle d’Henry Potez qui y atterrit et y a fait planter plus de 400 espèces exotiques au fil des ans… Mais c’est avant tout de plantes que nous parle ce beau Domaine du Rayol, avec vue sur la mer, évidemment…

Le paysagiste Gilles Clément y a créé le Jardin des Méditerranées, véritable invitation au voyage sur les traces des essences méditerranéennes, qui ne se cantonnent pas aux contours de la Mare Nostrum. Elles poussent entre les 30e et 40e parallèles, en Australie comme en Afrique du Sud, aux Canaries, au Chili ou en Californie.

Domaine du Rayol © jeanmichel deborde - stock.adobe.com

Ce qui explique aussi pourquoi le jardin est fleuri presque en toute saison : de décembre à mars, l’hémisphère sud s’épanouit ; en avril-mai les plantes plus proches de nos horizons habituels régalent à leur tour les abeilles ; enfin, après la sécheresse estivale, l’automne et ses pluies redynamisent tout ce beau monde. En été la visite du sentier se poursuit même sous l’eau.

 On peut suivre les sentiers tracés à travers les jardins, brochure en main, ou errer au hasard et se laisser imprégner par l’atmosphère magique des lieux : depuis la superbe villa avec sa terrasse panoramique jusqu’aux cactées chiliennes ; du vallon aux fougères arborescentes jusqu’à la petite maison de la plage, pour rêver face à la Méditerranée...

Fiche pratique

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Visit Var

Office de tourisme de Bormes-les-Mimosas

Comment y aller ?

En train : TGV depuis Paris-Gare de Lyon, Lille et Lyon, train de nuit depuis Strasbourg jusqu’à Toulon.

En avion : l’aéroport de Toulon-Hyères est desservi par HOP ! Air France depuis Paris-Orly, CDG et Lyon (saisonnier).

Location de voiture conseillée pour parcourir la côte varoise. On rejoint Bormes par l’autoroute jusqu’à Hyères, puis la D98.

Bonnes adresses

- Le Jardin : 1, ruelle du Moulin à Bormes-les-Mimosas. Ouv mer-dim. Aux beaux jours, terrasse ombragée sous les lauriers-roses, mais jolie salle voûtée, agréable et chaleureuse. Cuisine authentique de pays et de saison.

- Le Relais du Vieux Sauvaire : route des Crêtes, Le Lavandou. À quelque 10 bornes de Bormes et 20 du Lavandou, dont il dépend administrativement. Après d’innombrables tournants où les vues imprenables s’enchaînent, on y est ! À 468 m d’altitude, face à l’île du Levant, un site superbe. À la carte de ce relais ouvert depuis plus de 40 ans, mais récemment racheté et dépoussiéré, du bio et du bon.

- L’Empreinte by Fabricio : av. des Trois Dauphins, Le Lavandou. Ouv le soir en sem, plus sam. Une cuisine parfumée, colorée, rigoureuse dans ses cuissons comme dans sa présentation. Moins cher côté bistrot.

- Le Maurin des Maures : 29, av. Étienne-Gola au Rayol-Canadel-sur-Mer. Cuisine simple, basée principalement sur la bouillabaisse et l’aïoli concoctés avec les poissons fraîchement livrés par les pêcheurs de Cavalaire.

Le Relais des Maures : 1, av. Charles-Koechlin au Rayol-Canadel-sur-Mer. De la pension de famille d’autrefois sont restés le carrelage à l’ancienne de la réception, quelques photos passées et une ambiance toujours familiale. Mais confort bien actuel et cuisine respectant le terroir. Petit jardin sur l’arrière. Plage à 100 m.

- Les Terrasses du Bailli : 18, av. Capitaine Thorel au Rayol-Canadel-sur-Mer. L’annexe à prix doux du Bailli de Suffren, en haut de la colline. Atmosphère confidentielle, très reposante. Accès direct à la plage par un petit chemin.

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Fêtes et manifestations

– Mimosalia : dernier w‑e de janv, dans le village médiéval et dans le parc du Cigalou. 2 journées d’expo-vente de plantes de collection.

 Corso fleuri de Bormes-les-Mimosas : dernier dim de fév, dans le village médiéval. La plus vieille fête du village. L’un des plus grands et plus beaux corsos de la Côte d’Azur.

– Corso fleuri du Lavandou : mi-mars. Une vingtaine de chars défilent sur le bord de mer (de 8 000 à 25 000 fleurs fraîches par char !). La veille, on peut visiter les lieux de construction des chars.

À ne pas manquer

Le Domaine du Rayol – Jardins méditerranéens du monde : av. des Belges. Tte l’année, tlj 9 h 30-18 h 30 (17 h 30 nov-mars, 19 h 30 juil-août). Visites guidées tlj. On peut déjeuner au Café des Jardiniers : tte l’année, tlj. Ouv à partir de 12 h, ferme 1 h avt le jardin. Congés : janv. Une cuisine nature inspirée des jardins de Méditerranée.

Texte : Gérard Bouchu

Mise en ligne :

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