Nantes, en mouvement

Nantes, en mouvement
© Le Voyage à Nantes - P Gérard

Un port de mer au milieu des terres ! Entre le château des Ducs de Bretagne, l’île Feydeau et l’île de Nantes, c’est l’histoire de France que raconte cette ville, par la pierre, par son fleuve, mais surtout par son âme surréaliste. En plus du muguet, Nantes cultive aussi… sa culture. Petit tour d’une ville en mouvement, à faire le temps d’un week-end, avec le nouveau Routard Nantes.

Le château des Ducs : un livre d’histoire

Embelli au fil des siècles, le château des Ducs de Bretagne vit naître la duchesse Anne, seule Reine de France à l’avoir été deux fois. C’est aussi dans ce château qu’en août 1532, François Ier promulgua l’édit prononçant « l’union perpétuelle des pays et duché de Bretagne avec le royaume de France ». C’est par sa visite que doit débuter toute approche de Nantes, pour mieux comprendre d’où elle vient.

Son architecture a suivi le fil des siècles, où l’esprit défensif de l’extérieur lâche prise pour devenir raffinement à l’intérieur. Sa passionnante visite suit le cours de cette histoire, pas à pas. On y évoque avec pédagogie et intelligence le temps des rapports houleux avec la couronne de France, l’épopée de la construction navale, mais aussi celle de la biscuiterie LU et des fameux BN de la récré.

Viennent les commerces et les trafics qui enrichirent la cité : porcelaine, soie, mais aussi traite des Noirs. De cette richesse soudaine, la bourgeoisie fait naître une ville nouvelle. Maquette du port, chant de marins…

Seconde guerre mondiale, bombardements, fermeture des chantiers navals... jettent un froid sur l’histoire récente. Nantes est alors triste… avant de changer de costume dans les années 80. Elle retrouve son dynamisme grâce à d’ambitieux projets culturels.

Les soirées du Bouffay et l’île Feydeau

Autrefois, dans le quartier du Bouffay, on coupait les têtes. Le célèbre Gilles de Retz fut enfermé dans les cachots de la fameuse « Prison de Nantes ». Aujourd’hui on y boit, on y mange, on y rigole. Un quartier gentiment franc-tireur, où les étroites rues piétonnes permettent aux noceurs de tituber d’un mur à l’autre sans jamais tomber. Les rues portent les noms de Chapeliers, Petites Ecuries, Juiverie, Bâclerie… Petits métiers et communautés ont été remplacés par des grappes de joyeux étudiants qui continuent à écrire l’histoire du quartier. Mêlez-vous à eux un vendredi soir. Bons moments garantis.

En traversant un bras comblé de la Loire, on parvient sur l’île Feydeau qui n’a plus d’« île » que le nom. On pénètre dans un monde en soi : celui des armateurs-négociants du XVIIIe siècle qui se firent édifier de superbes immeubles de pierre, avec balustrades ventrues, balcons en saillie et mascarons sculptés. Ici, on était entre riches.

Le quai Turenne, l’immeuble Perraudeau, la place de la Petite-Hollande ou encore l’hôtel de la Villestreux disent toute l’histoire de l’épanouissement nantais aux temps des colonies. Réhabilité, ce quartier a décapé ses façades pour offrir un bijou de pierre serti d’un anneau de verdure.

L’île de Nantes ou la folie créatrice

Poussons un peu vers le sud et explorons l’Île de Nantes, une ancienne friche industrielle. En moins de deux décennies, l’île de Nantes et ses centaines d’hectares furent métamorphosés en un pôle de vie, de culture, de logements, d’écoles et de hautes administrations. L’exploration de cette île à pied peut faire l’objet d’une fantastique journée de découverte. À vélo c’est encore mieux, car l’île est grande.

Il ne faut pas manquer Les Machines de l’île, installées dans les hangars des chantiers navals. Dans ces nefs improbables est née l’idée de mêler le monde de Jules Verne et les automates de Léonard de Vinci. Clou de la visite, le célèbre Eléphant (photo), haut de 12 mètres, cousin de celui « dressé » par la célèbre compagnie Royale de Luxe, qui promène placidement sa carcasse sur les quais.

On salue ensuite les Grues Titan, totems de fer symbolisant la mémoire de la cité industrielle, mais plus encore celle de ses ouvriers. Les anneaux de Buren en bord de Loire font, quant à eux, partie des œuvres du parcours Estuaire, rythmant l’estuaire du fleuve jusqu’à Saint-Nazaire. Les rues de l’île sont actuellement le terrain de jeux des meilleurs architectes, où fer, verre, pierre, béton se mêlent en des formes nouvelles.

Singulier également, le lieu unique, à deux pas de l’île, autre puissant symbole culturel de la ville, où l’on a transformé l’ancienne biscuiterie LU en un site multiculturel : concerts, expos, happening, accrochages, spectacles de danse, bar et resto.

Le coeur de Nantes

Le cœur de Nantes recèle mille pépites. En la cathédrale, on admirera la riche nef mais surtout le tombeau de François II et Marguerite de Foix. À deux pas, sur la place du Maréchal Foch, est érigée la statue de Louis XVI (avec sa tête !), l’une des rares qui subsiste en France. Place du Change, on cherchera les dernières maisons à pans de bois du quartier. Ensuite, on poursuivra vers la Place Royale, de toute beauté avec sa fontaine et son personnage central, « La ville de Nantes ».

L’immanquable passage Pommeraye permet de s’abriter en cas d’averse en admirant les vitrines et en se rejouant Lola et Une Chambre en ville de Jacques Demy, l’enfant de Nantes. Il ne pleut plus ? Alors on file faire ses courses rue Crébillon. La place Graslin et le Grand Théâtre invitent à une pause. Et pourquoi pas dans le somptueux cadre de La Cigale, superbe resto, tant pour les yeux que pour les papilles ?

Nantes la verte

Le jardin des Plantes, l’île de Versailles et le Parc du grand Blottereau. Voici sans doute le tiercé gagnant qui vaut à la cité d’être élue Capitale Verte de l’Europe pour l’année 2013, récompensant ses efforts en vue de proposer à ses habitants des arbres, des pelouses, des massifs, des forêts, des bosquets…bref, de la verdure partout.

Une visite au Jardin des Plantes est encore et toujours une leçon d’histoire. N’est-ce pas sur l’ordre de Louis XV que les navigateurs se devaient de rapporter dans leurs cales des essences rares : tulipiers de Virginie, sassafras, magnolias, plaqueminiers ? Ils sont tous là, sans compter le millier de variétés de camélias. De quoi faire se pâmer quelques bouquets de dames.

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Nantes.

Office du tourisme de Nantes

À lire

Le Routard publie son premier guide sur Nantes. Toutes les infos et les bons plans pour découvrir la ville.

Comment y aller ?

- De Paris : Les TGV partent de la gare Montparnasse et, en région parisienne, des gares aéroport Charles-de-Gaulle, Marne-la-Vallée-Chessy et Massy-TGV. TGV Atlantique direct pour Nantes (2 heures).
- Lille : TGV directs avec Le Mans, Angers et Nantes.
- Lyon : TGV directs avec Angers et Nantes, plus une liaison corail de nuit.
- Marseille : TGV direct via Aix-en-Provence (6h15 de trajet) et un train corail de nuit (11 heures).
- Strasbourg : TGV directs avec Le Mans, Angers et Nantes.
- Bordeaux : trains interrégionaux directs avec Nantes. Compter environ 4 heures.

Où dormir ?

- Hôtel Saint-Yves : 154, rue du Général Buat. Une chambre simple à 37 € (sanitaires extérieurs mais privatifs). Double 51 € (et triple 65 €). Wifi. Bien qu’un peu excentré, un vrai coup de cœur ! Chaque chambre est personnalisée, décorée avec un goût sûr et même, osons le dire, un vrai talent.

- Hôtel Saint-Patrick : 7, rue Saint-Nicolas. Doubles avec lavabo ou douche 46 € et toilettes 41 €, TV ; petit déj-buffet de qualité et à prix doux (5,80 €). En plein centre-ville, cet hôtel étroit, mais qui monte haut (5 étages sans ascenseur), offre un excellent rapport qualité-prix.

Où manger ?

- Rêves Marins, Crêpes Marines : 2, rue du Roi-Albert. Tél. : 02-40-47-00-96. Ouvert du mardi au samedi jusqu’à 22h (22h30 le week-end). Minuscule crêperie à la déco marine. Les galettes proposées à la carte vont du très classique à l’original : langoustine, raviole de galette au crabe et pamplemousse...

- La Cigale : 4, place Graslin. Service continu. Ouvert tous les jours de 7h30 à 0h30. Formules à 14 € (le midi), 24 € et menus, 17-25,50 €. L’adresse incontournable, un classique du circuit culinaire nantais, immortalisée par Jacques Demy et Anouk Aimée dans Lola. Inauguré en 1895, c’est un pur chef-d’œuvre de l’Art nouveau naissant, classé aux Monuments historiques.

Où boire un verre ? Où sortir ?

- Le Clou qui R’ssort : 5, rue St-Léonard. Tél. : 02-40-47-93-13. Ouvert jusqu’à 2h tous les jours sauf dimanche et lundi. Un petit bar de quartier rouge et vert qui attire une clientèle populaire de tous âges.
- Le Coude à Coude : 2, rue Gretry. Tél. : 02-40-69-75-82. Fermé dimanche. Ouvert jusqu'à 1h du matin. Un des cafés les plus sympas de Nantes au moment de l’apéro ; il n’est d’ailleurs pas aisé de trouver une table ou un tabouret au comptoir.

Liens utiles

Château des Ducs de Bretagne

Île de Nantes

Les Machines de l'île

Passage Pommeraye

Grand Théatre

Texte : Benoît Lucchini

Mise en ligne :

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