Vacance au pays perdu

Auteur : Philippe Ségur

Editeur : Buchet-Chastel

256 Pages

Vacance au pays perdu

Vacance au pays perdu, le dernier roman de Philippe Ségur, a pour personnage principal un graphiste qui partage sa vie entre une famille qu’il ne comprend plus, accro aux vêtements de marques et aux derniers objets à la mode, et un métier qui va à l’encontre de ses convictions personnelles. Dur d’être bobo et de designer du packaging pour plats cuisinés ! À deux doigts de la crise de nerfs, il décide de partir à l’aventure avec son meilleur ami pour retrouver le vrai sens de la vie et tout simplement se retrouver lui-même. Pour nombre de routards, l’aventure évoque les pays lointains, la forêt amazonienne ou la découverte de contrées inhospitalières au fin fond de l’Asie. Mais pas pour notre « héros », un tantinet dépressif et clairement hypocondriaque. Pour lui, l’aventure avec un grand « A » sera l’Albanie !
Ce pays n’est pas, à première vue, l’endroit le plus glamour pour partir en vacances, toutefois cette contrée mythique arpentée avant lui par Hannibal et ses éléphants, ravagée par des années de guerre, permet à notre graphiste frustré d’assouvir ses désirs de voyageur tout en restant assez proche de chez soi, ce qui peut s’avérer utile en cas de rapatriement. Et l’auteur d’ajouter : « L'aventure, d'accord, mais à l'étranger, est-ce bien raisonnable ? »
Aux antipodes de leur confort de Français moyens, le héros et son ami « Cri-cri » découvrent l’Albanie, un pays de routes défoncées, de petites débrouilles, de coupures de courant mais surtout de chaleur humaine. Ségur nous livre un véritable récit de routards, fait de petites galères, de rencontres, de découvertes, hors des sentiers battus d’un pays victime de sa réputation de contrée du quart-monde. Au cours de son voyage, fort mal préparé, le narrateur est confronté à lui-même et à ses appréhensions d’Occidental face à un pays qu’il ne comprend pas.
Car tel est, au fond, le véritable sujet du roman. Sous couvert de la découverte d’une contrée méconnue des voyageurs, Ségur nous offre le récit d’un homme en proie au doute, un homme qui ne se reconnaît plus dans notre société. Il ne comprend d’ailleurs pas plus ses propres enfants et la vie qu’il mène en France que les gens qu’il rencontre en Albanie et dont il n’appréhende ni la langue ni les coutumes. Le lecteur se surprend à sourire de nombreuses fois à la lecture de cet ouvrage. Au-delà de l’humour qui s’en dégage, Vacance au pays perdu nous pose une vraie question : sommes-nous réellement prêts à nous débarrasser de notre petit confort, de nos gadgets électroniques et de nos cartes bleues pour revenir à une vie plus simple ?

Texte : Morgan Guéry

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