Histoire et dates-clés Saint-Pétersbourg

La capitale de Pierre le Grand

Pour le tsar Pierre Ier, dit le Grand, qui fonde la ville en 1703, le transfert de la capitale de Moscou à Saint-Pétersbourg, il ne s'agit probablement que d'un juste retour des choses. Les Vikings à l’origine de la 1re dynastie de tsars russes, celle des Riourikides, occupaient déjà la région plus de 800 ans auparavant. Ils établissent d’abord leur capitale à Novgorod, à environ 165 km au sud-est de Saint-Pétersbourg, avant de la transférer à Kiev.

Il fait de Saint-Pétersbourg « sa » capitale. Une vitrine du changement, offerte au regard choqué des boyards de la cour moscovite. Il leur faut s’y faire : Pierre n’hésite pas à couper lui-même leurs longues barbes pour les convertir à la modernité !

Une ville surgie des flots

En consolidant ses positions sur l’embouchure de la Neva, Pierre le Grand déclare, du moins c’est ce que raconte la légende, un jour de mai 1703 : « Qu’ici soit une ville. » La future capitale de l’empire, baptisée à l’allemande Sankt Peterburg, d’après le nom du saint patron du tsar, est née. En 4 mois, la forteresse Pierre-et-Paul, d’abord construite en bois, se dresse.

La « conquête » de Saint-Pétersbourg proprement dite débute par la rive gauche et l’île Vassilievski. Le palais d’Hiver, les chantiers navals encadrés par les bâtiments de l’Amirauté sont les premières constructions à surgir des marais.

Sur l’île Vassilievski est érigé le palais Menchikov, qui sert à Pierre de lieu d’assemblée et de réception. Les sciences, les arts et les distractions ne sont pas en reste : la Kunstkamera, qui abrite le cabinet des curiosités du tsar, le jardin et le palais d’Été, ainsi que d’autres bâtiments à vocation culturelle et scientifique voient le jour. Dès 1714, 50 000 logements sont occupés ; Saint-Pétersbourg est la 1re ville de Russie à disposer d’une police municipale et d’un centre-ville éclairé la nuit.

Vers 1714, sur la rive sud du golfe de Finlande, Pierre fait bâtir une résidence : ce sera Peterhof (la cour de Pierre). À la future Catherine Ire, le tsar fait cadeau du domaine de Tsarskoïe Selo. Il l’épouse en 1712, l’année même où Saint-Pétersbourg est proclamée capitale.

En 1725, Saint-Pétersbourg offre encore le singulier spectacle d’une ville en devenir, mais où vivent déjà 75 000 personnes ! Parmi elles se trouve le gratin de l’aristocratie russe, expatriée de gré, mais surtout de force de Moscou.

Si la fondation de Saint-Pétersbourg ressemble à une légende merveilleuse de cité surgie des flots, la réalité est tout autre. Les conditions de travail sont épouvantables : on estime que la faim, le froid et les inondations coûtèrent la vie à 150 000 personnes.

L’ère de Catherine II

De simple lucarne, Saint-Pétersbourg devient avec Catherine une fenêtre grande ouverte sur l’Europe des Lumières. Cette toute jeune princesse va mettre en œuvre les transformations sociales probablement les plus importantes que la Russie n’ait jamais connues et changer la face de l’empire.

Catherine s’imprègne tellement fort de l’âme et de la mentalité russes que, lorsqu’on la marie au futur tsar, elle est déjà plus russe que lui. Puits de culture, elle lit énormément et s’intéresse à tout.
Quelques mois après l’accession de son mari au trône, avec l’aide des frères Orlov, Alexeï et Grigori, son amant, elle le fait assassiner pour lui ravir sa place !
Catherine II installe d’emblée son autorité sur des idées simples. Son modèle historique : Pierre le Grand. Son modèle philosophique : la France des Lumières. Son modèle politique : l’expansionnisme. Elle gagnera sur ces trois tableaux.

Elle poursuit le développement de la ville et parvient à faire entrer son pays dans l’Europe en mettant à son service les plus grands artistes italiens et les meilleurs penseurs français (elle consulte Voltaire en permanence, et Diderot viendra passer un an à Saint-Pétersbourg). Enfin, elle achète toute la peinture européenne. Sur le plan politique, Catherine fait de la Russie une grande puissance en annexant la Crimée et en dépeçant la Pologne, sur le trône de laquelle elle place l’un de ses favoris, Stanislas Poniatowski.

Les 2 autres grands noms à partager sa couche sont Orlov et Potemkine. Son amour pour l’art, son ouverture d’esprit et sa lecture des philosophes permettent à Catherine de mettre la Russie dans le sillon de la modernité.

Pourtant, la misère du peuple ne change guère. Le niveau de vie de la « Russie d’en bas » ne s’améliore pas, mais elle fait entrer son pays dans la cour des grands.

Nicolas II et l’essor de nouvelles formes d’expression

Les milieux révolutionnaires avaient en vain tenté de faire se soulever les masses paysannes. Le « lumpenprolétariat » des bas-fonds de la capitale constitue désormais un vivier beaucoup plus réceptif. C’est dans ce contexte qu’Alexandre II est assassiné, le 1er mars 1881.
Une parenthèse réactionnaire s’ouvre avec le règne d’Alexandre III, son fils, et s’achève en 1894. Nicolas II, qui lui succède, répugne à l’exercice du pouvoir, dont il a cependant une conception fort arriérée. Il relâche pourtant l’étau de la censure, ce qui va précipiter les événements.

De nouvelles perspectives s’ouvrent à la création, aussi bien culturelle qu’architecturale. Les mouvements fusent.

Le berceau de la révolution

Après le « Dimanche rouge » du 22 janvier 1905 et la désastreuse guerre russo-japonaise, la première Douma est élue en 1906. Mais Nicolas II, parfaitement aveugle devant les changements qui affectent son époque, reste hostile à cette institution.
De plus, il laisse sa femme Alexandra, férue d’ésotérisme, introduire dans le cercle de la famille impériale toute une clique de guérisseurs et de magnétiseurs. Grigori Raspoutine est sans conteste le plus célèbre d’entre eux. Décrié et sanctifié tout à la fois, Raspoutine sait aussi plaire à la société aristocratique, férue d’occultisme et d’exorcisme.

La fin de Raspoutine se joue en 1916. Le prince Félix Youssoupov l’attire dans son palais pour l’assassiner. Mais la disparition de ce sulfureux personnage ne sauvera pas les Romanov pour autant.

Entre-temps, l’économie se trouve ruinée par le tourbillon de la Première Guerre mondiale, et le régime ne peut plus compter sur le soutien de l’armée.

Le monde politique est traversé par des mouvements extrémistes d’une violence inouïe. Les bolcheviks déferlent sur la capitale, renversant d’un même coup le gouvernement provisoire et tout espoir de transition démocratique.

Leningrad

La ville, rebaptisée Petrograd en 1914 sur la vague de l’élan patriotique qui avait accompagné l’entrée de la Russie dans le premier conflit mondial, est déchue de son rang de capitale par les bolcheviks. Staline la renomme Leningrad en 1924, quelques jours seulement après la mort du chef de la révolution, et la soumet à un épouvantable blocus idéologique, accompagné de rétorsions économiques. Toutes les minorités et l’intelligentsia en souffrent.

Le siège de Leningrad (1943-1944)

Le martyre de la ville se poursuit durant la Seconde Guerre mondiale. Assiégée pendant 900 jours par les troupes d’Hitler, elle reçoit 150 000 obus d’artillerie et plus de 100 000 bombes aériennes. Le siège a provoqué une terrible famine qui, couplée au froid et aux bombardements, entraîne la mort de près de 650 000 habitants, du moins selon les Soviétiques. En réalité, c’est près de 2 fois plus.

En janvier 1944, une offensive soviétique sur le front sud permet de lever le blocus. Le courage et la débrouillardise des habitants ont hissé Leningrad la martyre au rang de « ville héroïque ».

L’après-guerre

Au milieu des années 1960, c’est la grande stagnation brejnévienne. Le blocage culturel n’aura jamais été si grand. Pourtant, c’est bientôt l’explosion de la scène underground du pop et du rock’n roll, avec les débuts des groupes Machina Vremeni (la « Machine du Temps »), Aquarium et DDT !

Vers une deuxième résurrection ?

Saint-Pétersbourg retrouve son nom d’origine en juin 1991, à la suite d’un référendum organisé par son maire Anatoli Sobtchak, l’une des figures du réveil démocratique en Russie. L’implosion de l’Union soviétique précipite l’ancienne capitale dans le chaos avec l’ensemble du pays.

Mai 2003 marque le tricentenaire de Saint-Pétersbourg, dignement fêté grâce à l’appui de Vladimir Poutine, soucieux de l’image de sa ville natale. Les grands monuments sont restaurés.

Une nouvelle gouverneure, Valentina Matvienko, s’est installée aux rênes du pouvoir local en 2003. Son credo : faire de Saint-Pétersbourg une ville « correspondant aux critères européens » en tentant d’améliorer le faible niveau de vie de ses concitoyens, le réseau des transports publics et le parc de logements. Nommée présidente de la chambre haute du parlement russe, elle a été remplacée par Gueorgui Poltavchenko.

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