Traditions et coutumes Polynésie française

Une société empreinte de tabous

Au fil du temps, chaque groupe polynésien a développé ses propres règles sociales, ses propres formes d’art et de pensée. Mais une unité transparaît : tout, dans le monde polynésien, est imprégné de sacré. La décontraction observée par les découvreurs européens n’est qu’apparente. En vérité, les sociétés polynésiennes sont régies par d’innombrables règles sociales et religieuses appuyées sur un système rigide de castes et de tabous (interdits).

Les prêtres et les chefs, intermédiaires des dieux, ont droit de vie et de mort sur le peuple : toute transgression est interprétée comme une forme de blasphème. Les guerres sont fréquentes, les sacrifices humains courants, le cannibalisme rituel bien présent. L’augmentation de la population et la faible étendue des terres émergées attisent les conflits. Une victoire est l’occasion pour les chefs d’étendre leur sacro-saint mana, leur puissance spirituelle, et celui de leur tribu.

Cette importance passée du sacré se retrouve aujourd’hui dans la foi virulente des Polynésiens. Les curés et les pasteurs sont les nouveaux dépositaires du mana. Les églises sont pleines à craquer et les excès parfois de rigueur. On parle encore, timidement, de ces six hommes et femmes brûlés vifs en 1987 à Faaité, aux Tuamotu, par excès de zèle religieux. Pour libérer le corps de sa mère de l’emprise de Satan, un fils la déposa lui-même sur le bûcher.

Mode de vie et modernité

Les Polynésiens d’aujourd’hui sont comme tout le monde : soumis aux diktats de la société de consommation, avec pour corollaire immédiat le travail. Fini le temps où une famille pouvait se contenter de la pêche et de ce que produisait sa tarodière et sa cocoteraie. Conclusion : ceux qui ne trouvent pas un emploi dans le tourisme (généralement comme employés non spécialisés, médiocrement rémunérés), migrent vers Tahiti.

D’innombrables insulaires ont quitté leurs îles éloignées pour venir dans la banlieue de Papeete, contribuant chaque jour davantage à accroître la masse des embouteillages… Souvent, la vie ne s’y révèle pas à la hauteur des espérances : le chômage est élevé (20 %), les emplois sont parfois peu qualifiés, et le coût de la vie extraordinairement élevé, alors même que l’on ne peut plus compter sur son lopin de terre pour se nourrir à bon compte.

La fermeture du Centre d’expérimentation du Pacifique (essais nucléaires) en 1996 a été vécue par certains comme un traumatisme : finis le travail garanti et les bons salaires. C'est parfois un mal pour un bien : les indépendantistes n’ont de cesse de le rappeler. Reste heureusement les emplois dans l’administration, pléthorique.

Mais comment se réaliser à titre personnel avec ce seul horizon ? C’est cette question qui, à Tahiti comme dans tout le Pacifique, a promu une formidable renaissance culturelle dans les années 1980.

De la renaissance identitaire aux revendications politiques, il n’y avait qu’un pas. Et c’est tout naturellement que les indépendantistes se sont peu à peu affirmés, parvenant enfin, en 2004, à présider l’Assemblée territoriale pour la première fois. La transition ne s’est toutefois pas faite sur un credo purement indépendantiste (cette éventualité a été renvoyée aux calendes grecques) que sur la défense de la démocratie face aux dérives du parti de Flosse. Reste que s’il n’y avait le facteur économique, et la crainte d’une récession profonde entraînée par la fin des subventions françaises, l’indépendance aurait été exigée depuis longtemps par une majorité de Polynésiens.

Dans certains quartiers de Papeete, il ne fait plus bon être popa’a (Blanc) : les insultes des gosses pleuvent, parfois les pierres.

Des émeutes ont éclaté en 1987, en 1995. L’incurie des politiques, plus soucieux d’intérêts particuliers que de bien public, la différence des salaires entre métros expatriés et locaux sont autant de facteurs d'exaspération. Le pouvoir d'achat des premiers influe sur le coût de la vie, que subissent tous les Polynésiens, alors même que le SMIC est inférieur à celui de la métropole. Le RSA n’existe pas ici, ni l’assurance-chômage.

Religions

L’Église (ou plutôt les églises), reste(nt), avec la famille, le principal pilier social du territoire. Missionnaires protestants (évangélistes) et catholiques se sont livrés bataille dès le début du XIXe siècle pour le contrôle des âmes polynésiennes. Longtemps majoritaires, les protestants ont vu leur clientèle s’effriter au fil de la prolifération des sectes américaines, protestantes elles aussi, et néanmoins concurrentes.

S’il n’existe plus de statistiques officielles sur l’appartenance religieuse, on estime aujourd’hui le nombre de protestants « historiques » à environ 38 %, grosso modo autant que les catholiques. Le quart restant se dissémine entre mormons (officiels et réformés) à hauteur de 10 %, adventistes (5,8 %), témoins de Jéhovah (2 %), pentecôtistes (1,5 %), et autres religions peu importantes en nombre (asiatiques surtout, plus bahaï).
Ajoutons à cela que les catholiques sont de loin les moins pratiquants, à l’exception de la frange engagée dans le renouveau charismatique, plus « démonstratif ».

Si vous croisez sur les chemins un groupe de jeunes suant sous leur chemise blanche et leur cravate noire, sachez que ce sont des mormons, dont l’engagement comprend une phase de prosélytisme actif durant généralement au moins un an...

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