Viêt Nam : rencontres sur la route Mandarine

par Olivier Page
13 novembre 2009
Collaborateur du Guide du Routard depuis près de vingt ans, Olivier Page est aussi un écrivain voyageur fasciné par le Viêt Nam qu’il connaît depuis longtemps. Alors que Hanoi, la capitale, se prépare à fêter l’anniversaire de son millénaire en 2010, il publie un récit de voyage intitulé Dragon de cœur - Voyage au Viêt Nam sur la route Mandarine (Éditions Lucien Souny, 2009).
Pendant des mois au fil de la vieille route mandarine qui descend du nord au sud sur près de 2 300 kilomètres, il a tenté de cerner la personnalité du Viêt Nam à travers de nombreuses rencontres remarquables, des tranches de vie étonnantes, des portraits et des destinées extraordinaires. Dans ce pays, la réalité humaine dépasse parfois la fiction. Pas besoin d’inventer un roman, il suffit de regarder et d’écouter. Voici quelques-unes de ses rencontres les plus surprenantes et ses coups de cœur.
Pendant des mois au fil de la vieille route mandarine qui descend du nord au sud sur près de 2 300 kilomètres, il a tenté de cerner la personnalité du Viêt Nam à travers de nombreuses rencontres remarquables, des tranches de vie étonnantes, des portraits et des destinées extraordinaires. Dans ce pays, la réalité humaine dépasse parfois la fiction. Pas besoin d’inventer un roman, il suffit de regarder et d’écouter. Voici quelques-unes de ses rencontres les plus surprenantes et ses coups de cœur.
Le soldat disparu
Le colonel Lê, un héros de la guerre
Dao Anh Khanh, un génie de feu
Une reine de beauté vietnamienne
Si Hoang, enchanteur de la mode vietnamienne
L’inaltérable Monsieur Vinh Bao
De l’encens sur la route Mandarine
Fiche pratique
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Le soldat disparu

Olivier Page
Les cicatrices humaines et psychiques de la terrible guerre du Viêt Nam ne sont pas encore complètement guéries en 2009, soit près de trente-quatre ans après la fin des événements en 1975. Grattez la terre de ce pays, vous y trouverez le terreau de la souffrance, la mémoire endeuillée, le souvenir des combats terribles et le peuple silencieux des soldats disparus non-identifiés.
Monsieur Vu Duy Huong, haut fonctionnaire du ministère du Développement rural, pose la main sur le drapeau national (rouge avec l’étoile jaune) qui recouvre une urne funéraire. Celle-ci contient les ossements de son frère, un jeune soldat de l’armée régulière, disparu en 1972, pendant la guerre du Viêt Nam. Ses restes humains ont été retrouvés plus de trente ans après sa disparition, au terme de laborieuses recherches, et avec l’aide de Phan Thi Bich Hang, une célèbre medium connue pour ses pouvoirs étranges. L’armée vietnamienne emploie occasionnellement cette jeune femme aux dons exceptionnels pour aider les familles des anciens combattants dans leur recherche. De nombreux Vietnamiens ont recours aujourd’hui à Madame Hang pour retrouver les restes des disparus de la guerre.
Dans son véhicule 4x4, Vu Duy Huong rapporte l’urne de son frère jusqu’au village natal de Thai Binh, au nord du pays, pour que les restes soient inhumés officiellement dans le tombeau familial. La famille Vu pourra enfin faire le deuil de leur cher disparu. Hasard heureux du voyage sur la route Mandarine, j’ai rencontré M. Huong sur le site du 17e parallèle, qui séparait naguère le pays en deux parties adverses. C’est dans ce secteur, au nord de Hué, que les combats et les bombardements les plus violents ont eu lieu pendant ces années de feu.
Monsieur Vu Duy Huong, haut fonctionnaire du ministère du Développement rural, pose la main sur le drapeau national (rouge avec l’étoile jaune) qui recouvre une urne funéraire. Celle-ci contient les ossements de son frère, un jeune soldat de l’armée régulière, disparu en 1972, pendant la guerre du Viêt Nam. Ses restes humains ont été retrouvés plus de trente ans après sa disparition, au terme de laborieuses recherches, et avec l’aide de Phan Thi Bich Hang, une célèbre medium connue pour ses pouvoirs étranges. L’armée vietnamienne emploie occasionnellement cette jeune femme aux dons exceptionnels pour aider les familles des anciens combattants dans leur recherche. De nombreux Vietnamiens ont recours aujourd’hui à Madame Hang pour retrouver les restes des disparus de la guerre.
Dans son véhicule 4x4, Vu Duy Huong rapporte l’urne de son frère jusqu’au village natal de Thai Binh, au nord du pays, pour que les restes soient inhumés officiellement dans le tombeau familial. La famille Vu pourra enfin faire le deuil de leur cher disparu. Hasard heureux du voyage sur la route Mandarine, j’ai rencontré M. Huong sur le site du 17e parallèle, qui séparait naguère le pays en deux parties adverses. C’est dans ce secteur, au nord de Hué, que les combats et les bombardements les plus violents ont eu lieu pendant ces années de feu.
Le colonel Lê, un héros de la guerre

Olivier Page
Cet officier de l’armée vietnamienne, à la retraite, fait partie des dizaines et centaines de milliers de soldats qui ont tout donné à leur patrie au cours de la guerre du Viêt Nam. Il s’est sacrifié pour la victoire finale. Il a commencé sa vie de soldat à l’âge de 20 ans comme commando, à l’âge où les jeunes hommes font la cour aux filles. Nommé officier il a dirigé des bataillons, et connu les combats les plus meurtriers, affrontant les mines, les canons et le napalm, les obus et les B52. Je raconte en détail son incroyable destinée dans le chapitre intitulé « Grandeur et modestie d’un héros de la guerre ».
La photo est prise dans le secteur du 17e parallèle, dans le centre du pays, près du site d’une terrible bataille (Cam Lô) au cours de laquelle le colonel avait perdu la moitié de son bataillon en quelques heures. Pendant une semaine, nous avons voyagé ensemble sur l’ancienne route mandarine et dans la région du 17e parallèle, la zone où le colonel Lê a tant combattu dans sa jeunesse contre les Américains alliés à l’armée du Sud Viêt Nam. Blessé plusieurs fois, dont une dernière fois très grièvement à la tête, il a échappé à la mort grâce à la bravoure de ses soldats.
L’un d’eux est mort pour lui sauver la vie. Le colonel Lê a été soigné pendant dix ans dans un centre pour invalides de guerre. Il a été déclaré « Héros de la guerre et de la patrie » et vit à présent, très modestement dans une petite maison de Hanoi avec son épouse, ne tirant aucune gloire de ces actions, continuant à croire aux forces de la vie. Né sous le signe du Dragon, puissance créatrice et ordonnatrice de la mythologie vietnamienne, il a pour sa devise : « soyez toujours francs et directs ». C’est la première fois que le colonel Lê retourne sur les champs de bataille, et la première fois qu’il raconte sa vie de soldat à un journaliste. Cet homme d’acier au cœur de porcelaine a tout supporté. Il est à l’image de son pays : indestructible !
La photo est prise dans le secteur du 17e parallèle, dans le centre du pays, près du site d’une terrible bataille (Cam Lô) au cours de laquelle le colonel avait perdu la moitié de son bataillon en quelques heures. Pendant une semaine, nous avons voyagé ensemble sur l’ancienne route mandarine et dans la région du 17e parallèle, la zone où le colonel Lê a tant combattu dans sa jeunesse contre les Américains alliés à l’armée du Sud Viêt Nam. Blessé plusieurs fois, dont une dernière fois très grièvement à la tête, il a échappé à la mort grâce à la bravoure de ses soldats.
L’un d’eux est mort pour lui sauver la vie. Le colonel Lê a été soigné pendant dix ans dans un centre pour invalides de guerre. Il a été déclaré « Héros de la guerre et de la patrie » et vit à présent, très modestement dans une petite maison de Hanoi avec son épouse, ne tirant aucune gloire de ces actions, continuant à croire aux forces de la vie. Né sous le signe du Dragon, puissance créatrice et ordonnatrice de la mythologie vietnamienne, il a pour sa devise : « soyez toujours francs et directs ». C’est la première fois que le colonel Lê retourne sur les champs de bataille, et la première fois qu’il raconte sa vie de soldat à un journaliste. Cet homme d’acier au cœur de porcelaine a tout supporté. Il est à l’image de son pays : indestructible !
Dao Anh Khanh, un génie de feu

Olivier Page
De toutes les rencontres évoquées dans mon livre, celle-ci est une des plus belles et des plus incroyables. À 49 ans, Dao Anh Khanh est un des artistes d’avant-garde les plus en vue du Viêt Nam d’aujourd’hui. Peintre, sculpteur, danseur extraordinaire, il est surtout connu pour ses étonnants spectacles de danse dans des cages en flammes, ses chorégraphies hallucinantes, ses happenings nocturnes où, suspendu comme une araignée à un fil, il se livre à un art corporel incantatoire. Du jamais vu au Viêt Nam !
Le plus surprenant chez cet artiste libre et anticonformiste est qu’il fut pendant dix-huit ans un policier du régime au service de la censure, chargé de surveiller les artistes… Mais comme il est écrit quelque part dans le livre de la sagesse, « L’esprit souffle où il veut et quand il veut ». Retourné par les muses de l’Art, foudroyé par le souffle du Vrai, du Beau et du Bien, Dao Anh Khanh a inversé le cours de son destin en devenant un artiste libre, amoureux fou de son pays pour lequel sa famille, ses parents, ses ancêtres se sont battus jusqu’à la mort. Un grand artiste et un grand patriote.
À présent, c’est lui qui est surveillé mais toléré, et quand même de plus en plus reconnu. Les conservateurs le prennent pour un fou, les autres l’admirent. Les foules l’adorent. Pour les célébrations de l’anniversaire du Millénaire de Hanoi en 2010, il a élaboré un projet grandiose sur le thème de la vague : sur trois kilomètres de longueur, les eaux du Fleuve rouge brûleront dans les flammes d’une chorégraphie musicale. Cet homme que les surréalistes auraient adoré est capable par son génie de mettre le feu à l’eau qui dort !
Le plus surprenant chez cet artiste libre et anticonformiste est qu’il fut pendant dix-huit ans un policier du régime au service de la censure, chargé de surveiller les artistes… Mais comme il est écrit quelque part dans le livre de la sagesse, « L’esprit souffle où il veut et quand il veut ». Retourné par les muses de l’Art, foudroyé par le souffle du Vrai, du Beau et du Bien, Dao Anh Khanh a inversé le cours de son destin en devenant un artiste libre, amoureux fou de son pays pour lequel sa famille, ses parents, ses ancêtres se sont battus jusqu’à la mort. Un grand artiste et un grand patriote.
À présent, c’est lui qui est surveillé mais toléré, et quand même de plus en plus reconnu. Les conservateurs le prennent pour un fou, les autres l’admirent. Les foules l’adorent. Pour les célébrations de l’anniversaire du Millénaire de Hanoi en 2010, il a élaboré un projet grandiose sur le thème de la vague : sur trois kilomètres de longueur, les eaux du Fleuve rouge brûleront dans les flammes d’une chorégraphie musicale. Cet homme que les surréalistes auraient adoré est capable par son génie de mettre le feu à l’eau qui dort !
Une reine de beauté vietnamienne

Olivier Page
« La plus belle rose jaune de Hanoi » : c’est le nom de Pham Thuy Duong, ravissante jeune vietnamienne de 21 ans, née à Ninh Binh sous le signe du Chat. Haute d’un mètre soixante-quatorze, svelte et fine comme un vase, avec des jambes élancées, elle est admirée par des millions de jeunes gens qui l’idolâtrent. Mannequin de l’agence Elite, connue pour ses mensurations, son charme indéniable et son style glamour, elle figure chaque année dans le top 5 des candidates au titre de miss Viêt Nam.
Contrairement à beaucoup d’autres reines de beauté qui n’ont que le physique comme atout, miss Duong est séduisante, mais elle est aussi intelligente et artiste (elle joue du piano). À travers son portrait, j’ai voulu comprendre les désirs et les rêves d’une jeune femme dans le Viêt Nam d’aujourd’hui. Sa génération a les moyens d’accomplir les rêves enfouis des parents qui n’avaient pas d’autres options que de combattre et de gagner la guerre. Le métier de mannequin est une profession neuve au Viêt Nam, mais elle fait son chemin.
À la terrasse d’un café près de l’opéra de Hanoi, j’ai soumis au questionnaire de Proust cette reine de beauté, comme beaucoup d’autres personnes rencontrées au fil de mon voyage. Son film préféré ? Autant en emporte le vent. Son héros dans l’histoire ? L’oncle Hô. Les qualités humaines qu’elle admire le plus : le courage et la détermination qui permettent d’atteindre son objectif. Car il y a de la combattante chez cette femme glamour et patriote, qui tente de réussir avec ses qualités et sa ténacité dans le nouveau Viêt Nam, et malgré tous les problèmes quotidiens.
Contrairement à beaucoup d’autres reines de beauté qui n’ont que le physique comme atout, miss Duong est séduisante, mais elle est aussi intelligente et artiste (elle joue du piano). À travers son portrait, j’ai voulu comprendre les désirs et les rêves d’une jeune femme dans le Viêt Nam d’aujourd’hui. Sa génération a les moyens d’accomplir les rêves enfouis des parents qui n’avaient pas d’autres options que de combattre et de gagner la guerre. Le métier de mannequin est une profession neuve au Viêt Nam, mais elle fait son chemin.
À la terrasse d’un café près de l’opéra de Hanoi, j’ai soumis au questionnaire de Proust cette reine de beauté, comme beaucoup d’autres personnes rencontrées au fil de mon voyage. Son film préféré ? Autant en emporte le vent. Son héros dans l’histoire ? L’oncle Hô. Les qualités humaines qu’elle admire le plus : le courage et la détermination qui permettent d’atteindre son objectif. Car il y a de la combattante chez cette femme glamour et patriote, qui tente de réussir avec ses qualités et sa ténacité dans le nouveau Viêt Nam, et malgré tous les problèmes quotidiens.
Si Hoang, enchanteur de la mode vietnamienne

Olivier Page
À 46 ans, Lê Si Hoang, créateur de mode, fashion designer comme disent les Anglo-saxons, figure parmi les sept couturiers-artistes les plus en vue du nouveau Viêt Nam. Cet homme au regard juvénile a réinventé la tradition vestimentaire du Viêt Nam. Dans les bureaux de sa société, rue Nam Ky Khoi Nghia, à Saigon(Hô-Chi-Minh-Ville), il dessine, imagine de nouvelles formes, de nouveaux motifs, trouve des couleurs éclatantes pour transformer les tuniques (ao dai) traditionnelles des vietnamiennes, et les immortaliser comme des œuvres d’art en les inscrivant au patrimoine vestimentaire de son pays. Une de ses tuniques peut coûter plusieurs milliers d’euros.
Artiste libre, il ne se détache pas tout à fait de la tradition, car il l’arrange, la transforme, la revitalise, la magnifie par son style propre et ses idées nouvelles. Hoang a un idéal humain : développer l’art dans son pays, embellir la pensée et la conception de la vie, développer l’investissement dans le domaine de la mode et de la haute-couture, tout en restant éthique et moral.
« Donner c’est recevoir » telle est la devise de cet homme jovial et dynamique qui ne porte que du noir et du blanc sur lui, tandis que ses modèles adoptent les couleurs les plus vives. Il rêve de rassembler des artistes et des créateurs du monde entier pour échanger les idées et faire connaître son pays au reste du monde. Son entreprise emploie une quarantaine de personnes. Comme beaucoup de petites sociétés, elle a profité de la libéralisation et de la croissance économique du pays (7 % de croissance annuelle en 2008).
Artiste libre, il ne se détache pas tout à fait de la tradition, car il l’arrange, la transforme, la revitalise, la magnifie par son style propre et ses idées nouvelles. Hoang a un idéal humain : développer l’art dans son pays, embellir la pensée et la conception de la vie, développer l’investissement dans le domaine de la mode et de la haute-couture, tout en restant éthique et moral.
« Donner c’est recevoir » telle est la devise de cet homme jovial et dynamique qui ne porte que du noir et du blanc sur lui, tandis que ses modèles adoptent les couleurs les plus vives. Il rêve de rassembler des artistes et des créateurs du monde entier pour échanger les idées et faire connaître son pays au reste du monde. Son entreprise emploie une quarantaine de personnes. Comme beaucoup de petites sociétés, elle a profité de la libéralisation et de la croissance économique du pays (7 % de croissance annuelle en 2008).
L’inaltérable Monsieur Vinh Bao

Olivier Page
« Les années rident le visage mais ne rident pas l’âme ». À quatre-vingt onze ans, Nguyen Vinh Bao marche sans canne, lit sans lunettes, possède un téléphone portable, écrit directement sur son ordinateur, correspond avec le monde entier par courriel et internet, donne des cours de musique à ses élèves grâce à sa webcam. Ses mains fines et noueuses comme des racines de chêne ne tremblent pas.
Il est connu et reconnu comme fabricant d’instruments traditionnels. Il se présente comme l’inventeur de la cithare à 17, 19 et 21 cordes. Mais il est aussi luthier, réparateur de piano et d’instruments à corde. Il méritait que je lui rende hommage. Dans sa jeunesse, Vinh Bao a bien connu Huyn Thuy Lê, l’amant véritable de Marguerite Duras, qui a inspiré à celle-ci son roman best-seller L’Amant. La France a décerné récemment à ce grand francophone le titre d’officier des Arts et Lettres. Au cours de sa longue vie, il a exercé de nombreux métiers pour survivre, il a été chauffeur de camion, magasinier, bijoutier, secrétaire du cadastre, et aussi hôtelier. Sa vraie passion : la musique traditionnelle vietnamienne.
« L’artiste est une personne capable de tout voir, tout sentir, animer, représenter… Je ne recherche pas le grand, le merveilleux, ou le spectaculaire mais le vraisemblable et le naturel. Pour moi, la vie est une perpétuelle adaptation et le bonheur un état d’âme » me dit-il, dans son petit bureau sans confort de sa maison cachée dans un faubourg de Saigon (Hô-Chi-Minh-Ville). Il y travaille assis sur une natte posée au sol, les yeux tournés vers les étoiles. Est-ce là le secret de sa longévité et de son éternelle bonne humeur ?
Il est connu et reconnu comme fabricant d’instruments traditionnels. Il se présente comme l’inventeur de la cithare à 17, 19 et 21 cordes. Mais il est aussi luthier, réparateur de piano et d’instruments à corde. Il méritait que je lui rende hommage. Dans sa jeunesse, Vinh Bao a bien connu Huyn Thuy Lê, l’amant véritable de Marguerite Duras, qui a inspiré à celle-ci son roman best-seller L’Amant. La France a décerné récemment à ce grand francophone le titre d’officier des Arts et Lettres. Au cours de sa longue vie, il a exercé de nombreux métiers pour survivre, il a été chauffeur de camion, magasinier, bijoutier, secrétaire du cadastre, et aussi hôtelier. Sa vraie passion : la musique traditionnelle vietnamienne.
« L’artiste est une personne capable de tout voir, tout sentir, animer, représenter… Je ne recherche pas le grand, le merveilleux, ou le spectaculaire mais le vraisemblable et le naturel. Pour moi, la vie est une perpétuelle adaptation et le bonheur un état d’âme » me dit-il, dans son petit bureau sans confort de sa maison cachée dans un faubourg de Saigon (Hô-Chi-Minh-Ville). Il y travaille assis sur une natte posée au sol, les yeux tournés vers les étoiles. Est-ce là le secret de sa longévité et de son éternelle bonne humeur ?
De l’encens sur la route Mandarine

Olivier Page
L’île de Monsieur le Tigre, près de Long Xuyen, au cœur du delta du Mékong (extrême sud du Viêt Nam), apparaît à peine sur les cartes géographiques. C’est pourtant un endroit exceptionnel, un de mes coups de cœur : paysages verdoyants et fertiles, multitude de canaux et de bras d’eau ombragés formant un vaste réseau aquatique à l’image d’un labyrinthe amphibie, barques à rames, bateaux à moteur, petites maisons en palmes et bambous nichées sous les bananiers, les palmiers et les manguiers, chemins accessibles aux bicyclettes, aux vélomoteurs, peu de voitures, cela coûte trop cher. Un petit temple est dédié à un tigre blanc qui selon la légende n’avait fait que du bien…d’où son nom.
Non loin de là, à Long Xuyen, se tient un des plus grands villages flottants du sud du pays : une ribambelle de maisons et de commerçants y vivent au rythme du Mékong, dernier monstre sacré venu du Tibet, via le Laos et le Cambodge, et qui éclate en neuf grands bras avant de se jeter dans la mer de Chine.
Faute d’espace autour de leurs maisons, les habitants de l’île de Monsieur le Tigre font sécher sur le bord des routes des quantités de bâtonnets d’encens, fabriqués dans leurs ateliers artisanaux. La chaussée des routes du delta du Mékong sert souvent au séchage des denrées agricoles, c’est toléré par la loi et ça dépanne les gens du pays. Le voyageur chemine alors sur des routes « encensées », c’est le cas de le dire. La longue et vieille route Mandarine (la N°1), se termine plus au sud, au-delà de Ca Mau, dans un certain dénuement mais embaumée par le parfum de la paix et de la sérénité retrouvée.
Non loin de là, à Long Xuyen, se tient un des plus grands villages flottants du sud du pays : une ribambelle de maisons et de commerçants y vivent au rythme du Mékong, dernier monstre sacré venu du Tibet, via le Laos et le Cambodge, et qui éclate en neuf grands bras avant de se jeter dans la mer de Chine.
Faute d’espace autour de leurs maisons, les habitants de l’île de Monsieur le Tigre font sécher sur le bord des routes des quantités de bâtonnets d’encens, fabriqués dans leurs ateliers artisanaux. La chaussée des routes du delta du Mékong sert souvent au séchage des denrées agricoles, c’est toléré par la loi et ça dépanne les gens du pays. Le voyageur chemine alors sur des routes « encensées », c’est le cas de le dire. La longue et vieille route Mandarine (la N°1), se termine plus au sud, au-delà de Ca Mau, dans un certain dénuement mais embaumée par le parfum de la paix et de la sérénité retrouvée.
Fiche pratique
Pour préparer votre voyage, consultez notre fiche Viêt Nam.
En savoir plus sur le livre d’Olivier Page Dragon de Coeur
Comment y aller ?
Vols directs Paris – Hanoi et Paris – Hô-Chi-Minh-Ville avec Vietnam Airlines et Air France à partir de 785 €.
Tarifs moins chers avec vols en correspondance.
Où dormir, où manger à Hanoi ?
- APT Hotel : 32 Hang Vai. Tél. : 3829-54-89. De 10 à 20 € la double. Petit hôtel très central, situé presque en face de l’agence du même nom (au n°9, où vous pouvez demander Nancy qui parle français). Chambres propres et bien tenues (douche-w-c, clim) avec un effort de décoration. Internet à la réception. Organise des excursions.
- Hanoi Elegance Hotel I : 8, Hàng Bạc. Tél. : 3926-42-07. Doubles 31-39 € (petit déj inclus). Voici la nouvelle génération des petits hôtels de Hanoi : les boutique-hôtels. Au rez-de-chaussée, une bijouterie. Aux étages, des chambres de bon goût, très bien équipées (douche et w-c, AC) avec un ordinateur (dans la chambre même) à la disposition du client. Internet gratuit.
- Restaurant Blue Butterfly : 61 Hang Buom. Tél. : 3926-38-45. Ouvert tous les jours, fermé à 22h30. Notre adresse préférée pour le millénaire de Hanoi en 2010. Dans le vieux quartier historique, une très belle maison ancienne (d’époque coloniale) à l’enseigne du papillon bleu, avec une salle à l’étage sous la longue charpente en bois. De plus la cuisine est savoureuse, et à prix sages. Spécialités : la fondue Lau Hai Sen (fruits de mer) et le poulet frit aux 5 saveurs.
- Le Beaulieu : 15, Ngô Quyền. Tél. : 3826-69-19. Plats (17-28 €). C’est le restaurant du Sofitel-Métropole, l’hôtel le plus luxueux et le plus mythique de Hanoi (Somerset Maugham, Charlie Chaplin, Graham Greene, Johnny Halliday y ont séjourné). Le restaurant reste abordable pour des budgets européens. Cuisine exquise préparée par le chef André Bosia. Service très diligent et attentionné. Une excellente adresse.
Où dormir, où manger à Ho-Chi-Minh-Ville ?
- Giang Sỏn Guesthouse : 283/14, Phạm Ngũ Lão. Tél. : 38-37-75-47. Doubles 14-22 US$ (10-15 €). Dans une ruelle calme, entre les nos 281 et 285 de la rue Phạm Ngũ Lão. Dans le quartier « routard », un mini-hôtel tenu par Mui, une gentille dame née en Nouvelle-Calédonie, qui parle bien le français. Les chambres, très bien tenues, sont équipées de douche, TV satellite, AC et frigo. Les moins chères ne sont pas très lumineuses. Un excellent rapport qualité-prix (pensez donc, la nuit, on peut même dormir avec la fenêtre ouverte, c’est dire !).
- Hôtel L’Annam : 414 ; Nguyen Dinh Chieu, 3e arr. Tél. : 39-29-26-22. Port : 09-06-36-19-58. Dans une impasse calme, à 100 mètres de l’agitation du boulevard, voilà un remarquable petit hôtel tenu par l’excellent et sympathique Robert Tran. Chambres impeccables et confort suffisant (douche-w-c). Internet gratuit. Laverie.
- Restaurant Hương Lai : 38, Lý Tự Trọng, 1er arr. Tél. : 38-22-68-14. Tous les jours 12h-14h et 18h-22h. Établi à l’étage d’une maison ancienne refaite à neuf, Huong Lai concocte une bonne cuisine traditionnelle vietnamienne à prix modérés, d’une grande fraîcheur. L’établissement fait aussi œuvre charitable : ses employés sont tous d’anciens enfants des rues, orphelins ou issus de familles pauvres qui suivent une formation scolaire en parallèle.
Où dormir dans les environs de My Tho (Delta du Mékong) ?
- Chambres d’hôtes chez Daniel Delacroix : 3 Ap Xa phu Long Binh Dai. Ben Tre. Tél. (depuis Ho Chi Minh-ville) : 0753855811. Port : 01-662-072-383. Nuitée à 20 € par personne (petit déj inclus). Pension complète (repas inclus) : 30 € par jour et par personne. À 25 kilomètres de My Tho, en direction de Binh Dai. Adresse recommandée par des routarnautes sur notre forum routard.com. Jolie maison fleurie entourée d’un jardin (piscine) abritant des chambres propres. Accueil en français par Daniel Delacroix et son épouse vietnamienne. Excursions dans le delta du Mékong.
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Où dormir, où manger à Hanoi ?
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- Hanoi Elegance Hotel I : 8, Hàng Bạc. Tél. : 3926-42-07. Doubles 31-39 € (petit déj inclus). Voici la nouvelle génération des petits hôtels de Hanoi : les boutique-hôtels. Au rez-de-chaussée, une bijouterie. Aux étages, des chambres de bon goût, très bien équipées (douche et w-c, AC) avec un ordinateur (dans la chambre même) à la disposition du client. Internet gratuit.
- Restaurant Blue Butterfly : 61 Hang Buom. Tél. : 3926-38-45. Ouvert tous les jours, fermé à 22h30. Notre adresse préférée pour le millénaire de Hanoi en 2010. Dans le vieux quartier historique, une très belle maison ancienne (d’époque coloniale) à l’enseigne du papillon bleu, avec une salle à l’étage sous la longue charpente en bois. De plus la cuisine est savoureuse, et à prix sages. Spécialités : la fondue Lau Hai Sen (fruits de mer) et le poulet frit aux 5 saveurs.
- Le Beaulieu : 15, Ngô Quyền. Tél. : 3826-69-19. Plats (17-28 €). C’est le restaurant du Sofitel-Métropole, l’hôtel le plus luxueux et le plus mythique de Hanoi (Somerset Maugham, Charlie Chaplin, Graham Greene, Johnny Halliday y ont séjourné). Le restaurant reste abordable pour des budgets européens. Cuisine exquise préparée par le chef André Bosia. Service très diligent et attentionné. Une excellente adresse.
Où dormir, où manger à Ho-Chi-Minh-Ville ?
- Giang Sỏn Guesthouse : 283/14, Phạm Ngũ Lão. Tél. : 38-37-75-47. Doubles 14-22 US$ (10-15 €). Dans une ruelle calme, entre les nos 281 et 285 de la rue Phạm Ngũ Lão. Dans le quartier « routard », un mini-hôtel tenu par Mui, une gentille dame née en Nouvelle-Calédonie, qui parle bien le français. Les chambres, très bien tenues, sont équipées de douche, TV satellite, AC et frigo. Les moins chères ne sont pas très lumineuses. Un excellent rapport qualité-prix (pensez donc, la nuit, on peut même dormir avec la fenêtre ouverte, c’est dire !).
- Hôtel L’Annam : 414 ; Nguyen Dinh Chieu, 3e arr. Tél. : 39-29-26-22. Port : 09-06-36-19-58. Dans une impasse calme, à 100 mètres de l’agitation du boulevard, voilà un remarquable petit hôtel tenu par l’excellent et sympathique Robert Tran. Chambres impeccables et confort suffisant (douche-w-c). Internet gratuit. Laverie.
- Restaurant Hương Lai : 38, Lý Tự Trọng, 1er arr. Tél. : 38-22-68-14. Tous les jours 12h-14h et 18h-22h. Établi à l’étage d’une maison ancienne refaite à neuf, Huong Lai concocte une bonne cuisine traditionnelle vietnamienne à prix modérés, d’une grande fraîcheur. L’établissement fait aussi œuvre charitable : ses employés sont tous d’anciens enfants des rues, orphelins ou issus de familles pauvres qui suivent une formation scolaire en parallèle.
Où dormir dans les environs de My Tho (Delta du Mékong) ?
- Chambres d’hôtes chez Daniel Delacroix : 3 Ap Xa phu Long Binh Dai. Ben Tre. Tél. (depuis Ho Chi Minh-ville) : 0753855811. Port : 01-662-072-383. Nuitée à 20 € par personne (petit déj inclus). Pension complète (repas inclus) : 30 € par jour et par personne. À 25 kilomètres de My Tho, en direction de Binh Dai. Adresse recommandée par des routarnautes sur notre forum routard.com. Jolie maison fleurie entourée d’un jardin (piscine) abritant des chambres propres. Accueil en français par Daniel Delacroix et son épouse vietnamienne. Excursions dans le delta du Mékong.
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