Sainte-Hélène, une île de légende

par Bertrand Deschamps
30 décembre 2009
Perdue au milieu de l’Atlantique Sud, à 2 000 kilomètres environ à l’ouest des côtes d’Afrique et 3 000 kilomètres à l’est des côtes du Brésil, l’île de Sainte-Hélène est une des terres habitées les plus isolées du monde. Napoléon y fut le prisonnier des Anglais de 1815 à sa mort, et depuis 1834, l’île est possession britannique. Aujourd’hui comme hier, le bateau reste le seul moyen d’accès à cette île de légende. Récit d’un voyage au bout du monde, à la rencontre d’un confetti d’empire mythique.
Le dernier Royal Mail Ship
La vie à bord
Arrivée à Sainte-Hélène
Jamestown en trompe-l’oeil
Marin et gentleman farmer
L’ultime jardin d’Eden
Longwood : la maison-prison de Napoléon
Sandy Bay : au bout du monde
Sainte-Hélène, île inutile ?
Fiche pratique
Le dernier Royal Mail Ship

Bertrand Deschamps
Cape Town, Afrique du Sud, samedi 2 août, 22 h 36 : le RMS, Royal Mail Ship Santa Helena vient enfin de lever l’ancre. Il est le dernier navire de cette prestigieuse institution de la Couronne britannique à desservir les lointaines possessions héritées de l’ère coloniale. Sainte-Hélène est accessible seulement par ce bateau, une dizaine de fois par an, depuis l’Angleterre via les Canaries et Cape Town (Afrique du Sud).
Cargo mixte, battant pavillon britannique, il n’a rien à voir avec les palaces flottants des croisières d’aujourd’hui. Il transporte à la fois marchandises et passagers, comme autrefois. Ce bateau est bien plus qu’un bateau, c’est le cordon ombilical, l’artère fémorale, le lien indispensable et unique de Sainte-Hélène avec le reste du monde. Après avoir embarqué des dizaines de containers, ainsi qu’un camion citerne, le navire accueille les passagers.
On s’agite sur le quai, l’échelle est repliée, les remorqueurs ouvrent la route, les cordes se roulent et les ponts extérieurs s’illuminent. Au pied de l’ombre imposante et tutélaire de Table Mountain, les lumières de la ville s’éloignent dans la nuit. On entend une chanson de Phil Collins, l’Angleterre s’ébranle, éternelle, sur les mers du monde. Il fait frais sur les différents ponts, avec de temps à un autre un gros nuage noir qui déverse quelques gouttes.
Cargo mixte, battant pavillon britannique, il n’a rien à voir avec les palaces flottants des croisières d’aujourd’hui. Il transporte à la fois marchandises et passagers, comme autrefois. Ce bateau est bien plus qu’un bateau, c’est le cordon ombilical, l’artère fémorale, le lien indispensable et unique de Sainte-Hélène avec le reste du monde. Après avoir embarqué des dizaines de containers, ainsi qu’un camion citerne, le navire accueille les passagers.
On s’agite sur le quai, l’échelle est repliée, les remorqueurs ouvrent la route, les cordes se roulent et les ponts extérieurs s’illuminent. Au pied de l’ombre imposante et tutélaire de Table Mountain, les lumières de la ville s’éloignent dans la nuit. On entend une chanson de Phil Collins, l’Angleterre s’ébranle, éternelle, sur les mers du monde. Il fait frais sur les différents ponts, avec de temps à un autre un gros nuage noir qui déverse quelques gouttes.
La vie à bord

Patrick de Sinety
Des familles d’Hélèniens (les habitants de l’île de Sainte-Hélène qu’on appelle aussi les « saints »), des Africains du Sud et des Anglais du plus pur style, certains en vacances d’autres plus nombreux venant pour leur travail, constituent l’essentiel des quatre-vingt passagers. Parmi ceux-ci, Déon du Plessis, un riche magnat de la presse sud-africaine. Ce Citizen Kane de Johannesburg, dont les ancêtres huguenots sont venus de France, ressemble à Orson Welles. Avec sa femme un peu bouffie par les gin fizz répétés du soir, ils occupent une suite.
Je m’habitue à la musique du moteur, aux vibrations et aux mouvements qui secouent la cabine. Rien à l’horizon, une immense étendue bleue sombre agitée de moutonnements à l’infini. Le personnel de pont installe des chaises longues, des parasols bleu marine, des coussins, sous un soleil austral. À l’heure du thé, servi avec des petits sandwiches et des cakes, je fais la connaissance d’un révérend et de sa femme, originaires d’Afrique du Sud, qui rentrent à Jamestown, la capitale d’île, dont il est l’évêque depuis cinq ans.
C’est son quatrième voyage à bord du RMS. Il pense qu’il n’y aura jamais d’aéroport, et en est soulagé. On frappe à la porte de ma cabine. Un serveur me remet un bristol me conviant à un cocktail, entre 18 h et 18 h 45. Le capitaine ressemble à Hugo Chávez. Il me salue : « Mister Dechammmppsss, how do you do ? ». Les hommes portent veste et cravate, les femmes ont revêtu leurs plus belles robes. C’est classe et merveilleusement désuet, mais bon enfant.
Un jingle délicieusement rétro annonce l’heure du dîner. La salle à manger évoque plus la tradition des transatlantiques que des croisières touristiques. Service raffiné effectué par des employés en gilet rayé, pas de buffet self-service, dieu merci. Nourriture fine et copieuse, arrosée de bons vins d’Afrique du Sud. En cours de traversée, j’observe et je goûte au charme de la vie à bord. Elle prend parfois des tournures insolites comme le spectacle de ces passagers disputant une partie de cricket sur le pont ou du commandant inanimé pour la simulation de l’exercice incendie.
Je m’habitue à la musique du moteur, aux vibrations et aux mouvements qui secouent la cabine. Rien à l’horizon, une immense étendue bleue sombre agitée de moutonnements à l’infini. Le personnel de pont installe des chaises longues, des parasols bleu marine, des coussins, sous un soleil austral. À l’heure du thé, servi avec des petits sandwiches et des cakes, je fais la connaissance d’un révérend et de sa femme, originaires d’Afrique du Sud, qui rentrent à Jamestown, la capitale d’île, dont il est l’évêque depuis cinq ans.
C’est son quatrième voyage à bord du RMS. Il pense qu’il n’y aura jamais d’aéroport, et en est soulagé. On frappe à la porte de ma cabine. Un serveur me remet un bristol me conviant à un cocktail, entre 18 h et 18 h 45. Le capitaine ressemble à Hugo Chávez. Il me salue : « Mister Dechammmppsss, how do you do ? ». Les hommes portent veste et cravate, les femmes ont revêtu leurs plus belles robes. C’est classe et merveilleusement désuet, mais bon enfant.
Un jingle délicieusement rétro annonce l’heure du dîner. La salle à manger évoque plus la tradition des transatlantiques que des croisières touristiques. Service raffiné effectué par des employés en gilet rayé, pas de buffet self-service, dieu merci. Nourriture fine et copieuse, arrosée de bons vins d’Afrique du Sud. En cours de traversée, j’observe et je goûte au charme de la vie à bord. Elle prend parfois des tournures insolites comme le spectacle de ces passagers disputant une partie de cricket sur le pont ou du commandant inanimé pour la simulation de l’exercice incendie.
Arrivée à Sainte-Hélène

Patrick de Sinety
Le temps s’écoule autrement. Je retrouve ce que j’ai tant aimé à bord du Transsibérien. Rien de concret, quelques repères, un espace-refuge, de la déambulation, la contemplation de l’immensité. Pas un bateau en vue, pas une côte, pas même un gros poisson. Rien, l’eau, l’écume, agitée en permanence de soubresauts. À certaines heures, la lumière du soleil rend l’étendue irréelle. Nous voici sous les tropiques, le ciel est blanc, la chaleur humide.
Très tôt le matin, l’impensable arrive enfin. Après quatre jours et cinq nuits de traversée, la silhouette de l’île se dessine à l’horizon et je pense à Chateaubriand qui la décrivait comme un « catafalque de rochers ». Nous débarquons, au milieu de l’Atlantique, sur cette terre improbable qu’un navigateur portugais égaré découvrit en 1502. Je n’oublierai jamais les premières lumières de Jamestown perçant à peine dans la brume. L’aube éclaire très lentement les immenses falaises. Le pont se remplit peu à peu, à ma droite une femme pleure, elle revoit pour la première fois depuis 43 ans l’île où elle est née, son mari la serre bien fort dans ses bras. Le RMS fait presque du surplace, contournant avec solennité les sommets hérissés de murailles. Le phare de Jamestown brille encore dans la nuit qui finit. Il y a deux ou trois siècles, un marin aurait crié : « Terre ! »
Je pense à ce que Napoléon ressentit lorsqu’au terme de soixante-quinze jours de traversée, promenant sa lunette en direction de la côte, il eut la même vision. Nous jetons l’ancre. Sur le pont, l’équipage au grand complet hisse le pavillon de l’empire britannique, alors que retentit God Save the Queen. Les passagers quittent le bateau en empruntant une échelle de coupée, ils embarquent sur des chaloupes. Il ne faut pas cinq minutes pour gagner les vieilles marches du quai de Jamestown, les mêmes qui virent l’Empereur rejoindre sa dernière demeure le soir du 17 octobre 1815.
Très tôt le matin, l’impensable arrive enfin. Après quatre jours et cinq nuits de traversée, la silhouette de l’île se dessine à l’horizon et je pense à Chateaubriand qui la décrivait comme un « catafalque de rochers ». Nous débarquons, au milieu de l’Atlantique, sur cette terre improbable qu’un navigateur portugais égaré découvrit en 1502. Je n’oublierai jamais les premières lumières de Jamestown perçant à peine dans la brume. L’aube éclaire très lentement les immenses falaises. Le pont se remplit peu à peu, à ma droite une femme pleure, elle revoit pour la première fois depuis 43 ans l’île où elle est née, son mari la serre bien fort dans ses bras. Le RMS fait presque du surplace, contournant avec solennité les sommets hérissés de murailles. Le phare de Jamestown brille encore dans la nuit qui finit. Il y a deux ou trois siècles, un marin aurait crié : « Terre ! »
Je pense à ce que Napoléon ressentit lorsqu’au terme de soixante-quinze jours de traversée, promenant sa lunette en direction de la côte, il eut la même vision. Nous jetons l’ancre. Sur le pont, l’équipage au grand complet hisse le pavillon de l’empire britannique, alors que retentit God Save the Queen. Les passagers quittent le bateau en empruntant une échelle de coupée, ils embarquent sur des chaloupes. Il ne faut pas cinq minutes pour gagner les vieilles marches du quai de Jamestown, les mêmes qui virent l’Empereur rejoindre sa dernière demeure le soir du 17 octobre 1815.
Jamestown en trompe-l’oeil

Pascal Eechout
Le sol est si glissant que je manque de m’étaler en sautant. Je viens de poser le pied sur Sainte-Hélène. Comprimée au fond d’une vallée encaissée, serrée entre deux énormes parois rocheuses comme entre deux mâchoires, Jamestown, la seule ville de l’île, forme un incroyable alignement de maisons aux couleurs vives, qui semblent tout droit sorties d’un dessin animé américain. Des enseignes bien peintes, la poste, la prison, l’église, les deux hôtels, le temps s’est ralenti. Des vieilles Ford et Chevrolet, immatriculées par un simple numéro à deux ou trois chiffres, sont sagement garées au milieu de Main Street.
Jamestown est démodée sans être usée, vieillotte mais en aucune façon misérable. La rue principale fait songer à un village de toile, aux façades en trompe-l’œil. Si le lieu m’amuse, je suis soulagé de ne pas y séjourner. Dans ce genre d’endroit, le voyageur tourne en rond, recroisant indéfiniment les mêmes visages. Le type physique des Hélèniens est insaisissable, je l’ai déjà remarqué à bord du bateau. Mélange d’esclaves noirs, de coolies chinois, de Malais et de Blancs, les « saints » ont la peau café au lait, les yeux verts ou bridés, une chevelure qui rappelle l’Inde. Beaucoup sont tatoués.
Je marche dans la rue principale, en remarquant le « bazar-mercerie » et l’incroyable salon de thé « chez Marlène ». Vitrines inexistantes, un petit rideau de dentelles fait l’affaire. Décidément à Sainte-Hélène, on vit dans un autre temps. En une semaine, j’ai oublié ce qu’était un téléphone portable. Je gravis la fameuse échelle de Jacob Ladder Hill, cet escalier de 699 marches taillées dans le roc de la montagne, qui domine Jamestown étranglée dans sa gorge.
Jamestown est démodée sans être usée, vieillotte mais en aucune façon misérable. La rue principale fait songer à un village de toile, aux façades en trompe-l’œil. Si le lieu m’amuse, je suis soulagé de ne pas y séjourner. Dans ce genre d’endroit, le voyageur tourne en rond, recroisant indéfiniment les mêmes visages. Le type physique des Hélèniens est insaisissable, je l’ai déjà remarqué à bord du bateau. Mélange d’esclaves noirs, de coolies chinois, de Malais et de Blancs, les « saints » ont la peau café au lait, les yeux verts ou bridés, une chevelure qui rappelle l’Inde. Beaucoup sont tatoués.
Je marche dans la rue principale, en remarquant le « bazar-mercerie » et l’incroyable salon de thé « chez Marlène ». Vitrines inexistantes, un petit rideau de dentelles fait l’affaire. Décidément à Sainte-Hélène, on vit dans un autre temps. En une semaine, j’ai oublié ce qu’était un téléphone portable. Je gravis la fameuse échelle de Jacob Ladder Hill, cet escalier de 699 marches taillées dans le roc de la montagne, qui domine Jamestown étranglée dans sa gorge.
Marin et gentleman farmer

Pascal Eechout
« Vous me reconnaîtrez à ma crinière blanche » m’avait écrit Stephen Biggs, le propriétaire de Farm Lodge où je décide d’habiter pendant mon séjour sur l’île. Il est venu me chercher sur le quai du port au volant de sa Rolls-Royce des années soixante, une folie pour le vieux capitaine qui fit venir par bateau sa belle voiture d’Angleterre. Le transport du véhicule lui a coûté plus cher que le prix d’achat de la voiture ! Nous traversons Jamestown ; la route s’élève à flanc de falaises, et il faut parfois s’arrêter pour laisser passer la voiture d’en face.
Bientôt la jetée et le RMS ne sont plus que de minuscules silhouettes, aux à-pics de la roche succède un large plateau luxuriant et des collines en pente douce d’un vert à s’y plonger. Isolée dans un bouquet d’arbres tordus par le vent, Farm Lodge est composée de grandes pièces magnifiquement meublées, et entourée d’un jardin fleuri. Mon hôte m’accueille chaleureusement. Je regarde ce grand type costaud et « bien bâti », l’œil bleu, la peau mate et burinée, le cheveu ondulé. Il est devenu un gentleman farmer, un notable de l’île. Il a roulé sa bosse, navigué sur toutes les mers du monde, et après une dizaine d’années sur le RMS, s’est retiré à Sainte-Hélène.
C’est sur le « ship » comme tout le monde l’appelle ici qu’il a rencontré Maureen, sa girl friend qui partage sa vie. Nul doute qu’il fut un tombeur, et qu’elle fut autrefois une jolie « sainte » qui s’est doucement arrondie. Enfance pauvre à Jamestown avant de se retrouver domestique à Londres où elle a appris à cuisiner divinement. Quand le couple a acheté Farm Lodge, ce n’était plus qu’une ruine. Ils l’ont relevée et rebâtie pierre par pierre. Cette très vieille demeure appartenait naguère aux mêmes propriétaires que Longwood, la maison où fut prisonnier Napoléon. Après la mort de l’empereur, ils ont rapatrié des meubles qui avaient servi à l’exilé comme ce rafraîchisseur à vins ou ce canapé où je prends le thé à présent avec le maître des lieux. Chaque soir, le feu de cheminée crépite et, sur la table en acajou, on dresse l’argenterie et la porcelaine de la Compagnie des Indes.
Bientôt la jetée et le RMS ne sont plus que de minuscules silhouettes, aux à-pics de la roche succède un large plateau luxuriant et des collines en pente douce d’un vert à s’y plonger. Isolée dans un bouquet d’arbres tordus par le vent, Farm Lodge est composée de grandes pièces magnifiquement meublées, et entourée d’un jardin fleuri. Mon hôte m’accueille chaleureusement. Je regarde ce grand type costaud et « bien bâti », l’œil bleu, la peau mate et burinée, le cheveu ondulé. Il est devenu un gentleman farmer, un notable de l’île. Il a roulé sa bosse, navigué sur toutes les mers du monde, et après une dizaine d’années sur le RMS, s’est retiré à Sainte-Hélène.
C’est sur le « ship » comme tout le monde l’appelle ici qu’il a rencontré Maureen, sa girl friend qui partage sa vie. Nul doute qu’il fut un tombeur, et qu’elle fut autrefois une jolie « sainte » qui s’est doucement arrondie. Enfance pauvre à Jamestown avant de se retrouver domestique à Londres où elle a appris à cuisiner divinement. Quand le couple a acheté Farm Lodge, ce n’était plus qu’une ruine. Ils l’ont relevée et rebâtie pierre par pierre. Cette très vieille demeure appartenait naguère aux mêmes propriétaires que Longwood, la maison où fut prisonnier Napoléon. Après la mort de l’empereur, ils ont rapatrié des meubles qui avaient servi à l’exilé comme ce rafraîchisseur à vins ou ce canapé où je prends le thé à présent avec le maître des lieux. Chaque soir, le feu de cheminée crépite et, sur la table en acajou, on dresse l’argenterie et la porcelaine de la Compagnie des Indes.
L’ultime jardin d’Eden

Patrick de Sinety
Comment découvrir l’île ? Par quel bout commencer ? Que vais-je saisir, emporter ? Je plonge maintenant au cœur d’une végétation hallucinante, des sous-bois qui descendent en pente raide, des murmures tropicaux. Le vent balaie les monts et les champs. La cathédrale Saint-Paul est une drôle d’église, une sorte d’Ambrose Chapel où Hitchcock aurait bien tourné une scène de film. Je m’assois à l’intérieur, me promène entre les tombes, déchiffrant les noms et les dates, certains sont morts quelques années après Napoléon et l’ont peut être vu débarquer sur le quai de Jamestown à la tombée de la nuit.
Pendant plus de sept heures, je sillonne les routes et les sentiers de l’ouest de l’île, médusé par le spectacle qui s’offre à moi. D’où vient cet émerveillement ? Est-ce seulement de se savoir à Sainte-Hélène, sur ce caillou perdu au milieu de l’océan ? Je ne marche pas ici sur des terres banales, je suis à chaque pas, à chaque tournant, étourdi par la folie du relief, la grandeur des arbres, le vert étincelant des pâturages.
Tout se mélange, le vent de l’océan et la langueur tropicale, les arbres couchés au sol et les fleurs d’une infinie variété. Je ne croise qu’une voiture ou deux par heure, toujours un petit signe de la main de la part du conducteur. On me propose parfois de me déposer plus loin. Le plus beau chemin que j’ai emprunté s’appelle Fairyland, une descente en épingle à cheveux, battue par le vent, qui débouche sur les falaises et l’immensité de la mer.
Pendant plus de sept heures, je sillonne les routes et les sentiers de l’ouest de l’île, médusé par le spectacle qui s’offre à moi. D’où vient cet émerveillement ? Est-ce seulement de se savoir à Sainte-Hélène, sur ce caillou perdu au milieu de l’océan ? Je ne marche pas ici sur des terres banales, je suis à chaque pas, à chaque tournant, étourdi par la folie du relief, la grandeur des arbres, le vert étincelant des pâturages.
Tout se mélange, le vent de l’océan et la langueur tropicale, les arbres couchés au sol et les fleurs d’une infinie variété. Je ne croise qu’une voiture ou deux par heure, toujours un petit signe de la main de la part du conducteur. On me propose parfois de me déposer plus loin. Le plus beau chemin que j’ai emprunté s’appelle Fairyland, une descente en épingle à cheveux, battue par le vent, qui débouche sur les falaises et l’immensité de la mer.
Longwood : la maison-prison de Napoléon

Patrick de Sinety
La montée vers Longwood est une épreuve : le vent rugit, l’humidité est pénétrante, le brouillard nous enveloppe à l’approche du domaine. Derrière des barrières vertes, dans un jardin fleuri assez bourgeois, flotte le drapeau français. J’arpente des allées champêtres, des petits bassins couverts de nénuphars dessinés par l’empereur. Longwood House est composée de plusieurs maisons qui se profilent en forme de T.
Je suis saisi par une odeur de renfermé et de moisissure humide, mêlée aux senteurs du bois et des parquets. Comme chez Victor Hugo à Guernesey ou Tolstoï à Moscou, on pourrait croire qu’un Napoléon parti en promenade ne tardera plus à rentrer. Je songe aussi à cette phrase de De Gaulle retiré à Colombey : « C’est ma demeure, ma solitude, de quelle autre se contenter quand on a rencontré l’Histoire ! ». La petitesse du lit impérial, entouré de rideaux verts, où l’empereur a agonisé au début de mai 1821 me surprend. Dans cette pièce sombre s’est achevée une aventure personnelle hors du commun.
Dehors, dans une clairière plantée de bananiers et de fleurs vives, le tombeau vide surprend par sa largeur et la noirceur du fer forgé des grilles. Le lieu est chargé d’histoire et d’émotion. On dit que Napoléon, au cours d’une chevauchée, séduit par la beauté du lieu, se serait écrié : « c’est ici qu’il faudra m’enterrer ». Le 16 octobre 1840, la dalle a été soulevée, libérant la dépouille de l’empereur, afin qu’il soit rapatrié, en grande pompe, aux Invalides à Paris, à la demande du roi Louis-Philippe. Une page de la légende s’est écrite ici, quelque chose s’est accroché au train de l’Histoire, un esprit souffle dans cet endroit biblique.
Fin de promenade à Plantation House, la résidence du gouverneur. C’est là qu’Hudson Lodwe, le « geôlier de Napoléon », contrôlait, organisait, surveillait la vie des Français de Longwood. Retour à pied jusqu’à Farm Lodge. Comme c’est bon de se retrouver seul.
Je suis saisi par une odeur de renfermé et de moisissure humide, mêlée aux senteurs du bois et des parquets. Comme chez Victor Hugo à Guernesey ou Tolstoï à Moscou, on pourrait croire qu’un Napoléon parti en promenade ne tardera plus à rentrer. Je songe aussi à cette phrase de De Gaulle retiré à Colombey : « C’est ma demeure, ma solitude, de quelle autre se contenter quand on a rencontré l’Histoire ! ». La petitesse du lit impérial, entouré de rideaux verts, où l’empereur a agonisé au début de mai 1821 me surprend. Dans cette pièce sombre s’est achevée une aventure personnelle hors du commun.
Dehors, dans une clairière plantée de bananiers et de fleurs vives, le tombeau vide surprend par sa largeur et la noirceur du fer forgé des grilles. Le lieu est chargé d’histoire et d’émotion. On dit que Napoléon, au cours d’une chevauchée, séduit par la beauté du lieu, se serait écrié : « c’est ici qu’il faudra m’enterrer ». Le 16 octobre 1840, la dalle a été soulevée, libérant la dépouille de l’empereur, afin qu’il soit rapatrié, en grande pompe, aux Invalides à Paris, à la demande du roi Louis-Philippe. Une page de la légende s’est écrite ici, quelque chose s’est accroché au train de l’Histoire, un esprit souffle dans cet endroit biblique.
Fin de promenade à Plantation House, la résidence du gouverneur. C’est là qu’Hudson Lodwe, le « geôlier de Napoléon », contrôlait, organisait, surveillait la vie des Français de Longwood. Retour à pied jusqu’à Farm Lodge. Comme c’est bon de se retrouver seul.
Sandy Bay : au bout du monde

Patrick de Sinety
Sandy Bay, c’est le sud, l’opposé de Jamestown. Un bout du monde sur une île perdue dans l’océan. J’imaginais naïvement trouver une petite bourgade blottie au bord de l’eau, c’est bien mal connaître l’âpreté hélènienne. La route descend vers la mer, déployant d’interminables lacets à travers la roche sèche et les cactus. Il faut finir à pied pour accéder à la « plage », une des rares de l’île. C’est une étendue de cailloux noirs barrée par une ligne de canons, ouvrant sur une sorte d’anse où de puissants rouleaux viennent violemment battre les rochers. Pas une âme qui vive !
J’entrevois facilement le naufrage d’un bateau d’un autre siècle s’échouant ici sur une terre inconnue. Le ciel est si bleu et le soleil si fort qu’on en oublierait les terribles courants pour se jeter à l’eau. D’autres lieux secrets m’ont enchanté : les tombes blanches et noires du cimetière où reposent les prisonniers de la guerre des Boers, la chapelle Saint Matthew, maquette miniature aux murs blancs et aux bancs de bois qui sentent bon la cire, Hutts Gate, une colline où a vécu Halley le célèbre astronome, observateur du ciel et des étoiles qui a donné son nom à la fameuse comète.
Un autre site encore, Prosperous Bay fait un peu figure de face cachée, et de coulisses de l’île : décharge d’ordures et cimetière de voitures. C’est là que se construira l’aéroport de l’île si jamais le projet voit le jour.
J’entrevois facilement le naufrage d’un bateau d’un autre siècle s’échouant ici sur une terre inconnue. Le ciel est si bleu et le soleil si fort qu’on en oublierait les terribles courants pour se jeter à l’eau. D’autres lieux secrets m’ont enchanté : les tombes blanches et noires du cimetière où reposent les prisonniers de la guerre des Boers, la chapelle Saint Matthew, maquette miniature aux murs blancs et aux bancs de bois qui sentent bon la cire, Hutts Gate, une colline où a vécu Halley le célèbre astronome, observateur du ciel et des étoiles qui a donné son nom à la fameuse comète.
Un autre site encore, Prosperous Bay fait un peu figure de face cachée, et de coulisses de l’île : décharge d’ordures et cimetière de voitures. C’est là que se construira l’aéroport de l’île si jamais le projet voit le jour.
Sainte-Hélène, île inutile ?

Patrick de Sinety
Pauvre île qui embête tout le monde, à commencer par les Anglais. Ne sachant que faire de ce « confetti d’Empire », ils dépêchent à Jamestown à longueur d’années des experts, des commissaires ou des chargés de missions pour évaluer la rentabilité d’un aéroport. Sainte-Hélène coûte cher à la Grande-Bretagne dont elle dépend en tout. Elle ne produit rien. Elle ne rapporte rien. Faute de quoi, les Anglais cherchent des solutions pour que cette lointaine possession héritée d’un autre âge, cesse d’être un poids.
Je sais un peu maintenant ce qu’il y a derrière cette forteresse, cette masse de pierres faussement inaccessible, prétendument inhospitalière. Jamais en une semaine, je n’ai éprouvé un sentiment de réclusion ou de claustration, jamais je n’ai perçu l’océan comme une prison. La nature est si éclatante et luxuriante que je m’y suis fondu totalement, dans une sorte d’autarcie très tranquille et douce à vivre. En cela Sainte-Hélène est poignante, elle ne cesse de payer d’être là où elle a surgi, inexplicable paradis au milieu de rien. D’où ce mauvais mot d’Albine de Montholon : « C’est le diable qui a chié cette île en allant d’un monde à l’autre ».
Sa réputation d’île sinistre a été entretenue, il faut le dire, par les nostalgiques de Napoléon associant à tout prix ce lieu d’exil au crépuscule d’un empire. Cette île n’a pas vendu son âme au diable du progrès. Son isolement la condamne dans ce monde du défi, de la vitesse, et du profit. On peut même s’interroger à plus long terme et se demander si un jour elle ne sera pas désertée, avant que la roche, vermoulue par l’humidité, ne l’ait totalement ensevelie.
Je sais un peu maintenant ce qu’il y a derrière cette forteresse, cette masse de pierres faussement inaccessible, prétendument inhospitalière. Jamais en une semaine, je n’ai éprouvé un sentiment de réclusion ou de claustration, jamais je n’ai perçu l’océan comme une prison. La nature est si éclatante et luxuriante que je m’y suis fondu totalement, dans une sorte d’autarcie très tranquille et douce à vivre. En cela Sainte-Hélène est poignante, elle ne cesse de payer d’être là où elle a surgi, inexplicable paradis au milieu de rien. D’où ce mauvais mot d’Albine de Montholon : « C’est le diable qui a chié cette île en allant d’un monde à l’autre ».
Sa réputation d’île sinistre a été entretenue, il faut le dire, par les nostalgiques de Napoléon associant à tout prix ce lieu d’exil au crépuscule d’un empire. Cette île n’a pas vendu son âme au diable du progrès. Son isolement la condamne dans ce monde du défi, de la vitesse, et du profit. On peut même s’interroger à plus long terme et se demander si un jour elle ne sera pas désertée, avant que la roche, vermoulue par l’humidité, ne l’ait totalement ensevelie.
Fiche pratique
Carte d’identité
- Population : 5 000 habitants dont 884 à Jamestown.
- Superficie : 122 km2. L’île mesure environ 10 kilomètres sur 17.
- Décalage horaire : même heure qu’en France et en Angleterre.
Comment y aller ?
- Pas d’aéroport sur l’île.
- Avion de Paris à Cape Town (Afrique du Sud) puis traversée (4 jours, 5 nuits) à bord du RMS (Royal Mail Ship St Helena) de Cape Town à Jamestown (port principal de Sainte-Hélène). En 2009, on compte environ une dizaine de voyages. Il y aura environ quatorze voyages par an entre Cape Town et Sainte-Hélène en 2010. Les cabines Luxe coûtent de 422 £ (480 €) à 1 259 £ (1 432 €) selon le confort, et les cabines économiques de 298 £ (340 €) à 357 £ (406 €).
- Pour tous renseignements et réservations : voir le site de la compagnie maritime. Site en anglais. Dates, horaires, prix, conditions de voyage, photos…
- Possibilité de quitter Sainte-Hélène à bord du RMS jusqu’à l’île d’Ascension, à 700 kilomètres au nord. De là, vol de la Royal Air Force (très cher) pour l’Angleterre.
- Pour ceux qui ont le temps, possibilité d’embarquer deux fois par an, en Angleterre (Portland), en Espagne (Vigo) et aux Canaries (Tenerife).
Adresses utiles
- Office de tourisme de Sainte-Hélène : St Helena Tourism, The Canister, Main Street, Jamestown.
Argent, monnaie
- Sur l’île on utilise la livre de Sainte-Hélène (St Helena Pound) qui équivaut à une livre anglaise (UK pound sterling).
- Bank of St Helena : sur Main Street. Change les euros, les dollars US, les rands d’Afrique du Sud. Possibilité d’obtenir de l’argent liquide en monnaie locale avec les principales cartes de paiement.
- Les cartes de paiement sont acceptées dans certains magasins mais pas partout.
- Les traveller chèques peuvent être changés aussi à la poste de Jamestown.
Formalités
- Pas de visa. Le passeport suffit. Une taxe de visiteur (Visitor’s Pass) de 12 £ (environ 14 €) est demandée à l’arrivée, qui autorise le visiteur à séjourner moins de trois mois sur l’île.
- Aucun vaccin n’est demandé.
- Il est conseillé de prendre une assurance personnelle avant de venir à Sainte-Hélène.
Climat
- En été : entre 20 et 32 °C. En hiver : entre 15 et 26 °C. Les températures à l’intérieur de l’île sont plus basses : 5 à 6 °C de moins que sur le littoral.
Où dormir ?
Hôtels
- Deux hôtels à Jamestown :
- The Consulate : Main Street, Jamestown. Tél. : + (290)-2962. con.hotel@cwimail.sh Nuit + petit déjeuner : 38 £ (43 €) par personne et par jour. C’est là que descendent la plupart des voyageurs (une centaine par an !). Chambres fatiguées, bar très bruyant, surtout le samedi soir.
- Wellington House : Main Street, Jamestown. Tél. : + (290)-2529. Nuit + petit déjeuner : environ 50 £ (57 €) par personne par jour. Juste en face du Consulate, une maison de style géorgien du XVIIIe siècle, à la façade bleue, une des plus vieilles maisons de la ville. Bon accueil et dîner à la demande.
- Farm Lodge Country House Hotel (chez Stephen Biggs et Maureen Jonas) : sur les hauteurs, à Rosemary Pain, St Paul. La plus belle adresse de l’île. Tél. : + (290)-4040. Réservations par mail : farm.lodge@cwimail.sh Formule B & B : 55 £ (62 €) par personne par nuit. Formule demi-pension (nuit, dîner, petit déjeuner) : 80 £ (91 €) par personne par jour. Pension complète possible. Maison de 1750 ayant appartenu à l’East India Company. Somptueux dîner sur commande.
Bed & Breakfast (chambres chez l’habitant)
- Harris’s Guest House : Main Street, Jamestown. Chambre double à 25 £ (28 €) pour 2 personnes par nuit, et 30 £ (34 €) en demi-pension. - Harlyn B&B : Half Treet Hollow. Tél. : + (290)-3727. flaggs.harlyn@cwimail.sh Chambre double : 30 £ (34 €) par jour. À 5 kilomètres de Jamestown.
- Appartements à louer (self-catering) : environ une vingtaine présentés sur le site internet de l’office de tourisme.
Où manger ?
Un seul restaurant, on devrait dire cantine, à Jamestown : Ann’s Place dans les jardins du Castle. Pas fameux mais de l’âme !
Se déplacer dans l’île
- En minibus sur quelques trajets : un à deux par jour.
- Location de voiture : infos et réservations auprès de l’office de tourisme de l’île à Jamestown. Avoir au minimum 21 ans et un permis de conduire international valide. Compter entre 10 et 15 £ (11 et 17 €) par jour. Conduite à gauche. Les routes sont très étroites (une voie).
- En auto stop : les habitants s’arrêtent facilement.
A voir, à faire
- L’office de tourisme de Jamestown propose le tour Napoléon. En une journée, on visite la maison de Napoléon, sa tombe, ainsi que la maison des Briars, où Napoléon vécut quelques mois en 1815.
- L’île se découvre aussi à pied : prévoir de bonnes chaussures et un coupe-vent !
À lire
- La Vie quotidienne à Sainte-Hélène au temps de Napoléon (Tallandier) : livre-somme de Gilbert Martineau, qui fut le conservateur des Domaines de Longwood, pendant plus de quarante ans.
- La chambre noire de Longwood (Folio), de Jean-Paul Kauffmann : émouvant récit de voyage, je lui dois d’être allé à Sainte-Hélène.
- Population : 5 000 habitants dont 884 à Jamestown.
- Superficie : 122 km2. L’île mesure environ 10 kilomètres sur 17.
- Décalage horaire : même heure qu’en France et en Angleterre.
Comment y aller ?
- Pas d’aéroport sur l’île.
- Avion de Paris à Cape Town (Afrique du Sud) puis traversée (4 jours, 5 nuits) à bord du RMS (Royal Mail Ship St Helena) de Cape Town à Jamestown (port principal de Sainte-Hélène). En 2009, on compte environ une dizaine de voyages. Il y aura environ quatorze voyages par an entre Cape Town et Sainte-Hélène en 2010. Les cabines Luxe coûtent de 422 £ (480 €) à 1 259 £ (1 432 €) selon le confort, et les cabines économiques de 298 £ (340 €) à 357 £ (406 €).
- Pour tous renseignements et réservations : voir le site de la compagnie maritime. Site en anglais. Dates, horaires, prix, conditions de voyage, photos…
- Possibilité de quitter Sainte-Hélène à bord du RMS jusqu’à l’île d’Ascension, à 700 kilomètres au nord. De là, vol de la Royal Air Force (très cher) pour l’Angleterre.
- Pour ceux qui ont le temps, possibilité d’embarquer deux fois par an, en Angleterre (Portland), en Espagne (Vigo) et aux Canaries (Tenerife).
Adresses utiles
- Office de tourisme de Sainte-Hélène : St Helena Tourism, The Canister, Main Street, Jamestown.
Argent, monnaie
- Sur l’île on utilise la livre de Sainte-Hélène (St Helena Pound) qui équivaut à une livre anglaise (UK pound sterling).
- Bank of St Helena : sur Main Street. Change les euros, les dollars US, les rands d’Afrique du Sud. Possibilité d’obtenir de l’argent liquide en monnaie locale avec les principales cartes de paiement.
- Les cartes de paiement sont acceptées dans certains magasins mais pas partout.
- Les traveller chèques peuvent être changés aussi à la poste de Jamestown.
Formalités
- Pas de visa. Le passeport suffit. Une taxe de visiteur (Visitor’s Pass) de 12 £ (environ 14 €) est demandée à l’arrivée, qui autorise le visiteur à séjourner moins de trois mois sur l’île.
- Aucun vaccin n’est demandé.
- Il est conseillé de prendre une assurance personnelle avant de venir à Sainte-Hélène.
Climat
- En été : entre 20 et 32 °C. En hiver : entre 15 et 26 °C. Les températures à l’intérieur de l’île sont plus basses : 5 à 6 °C de moins que sur le littoral.
Où dormir ?
Hôtels
- Deux hôtels à Jamestown :
- The Consulate : Main Street, Jamestown. Tél. : + (290)-2962. con.hotel@cwimail.sh Nuit + petit déjeuner : 38 £ (43 €) par personne et par jour. C’est là que descendent la plupart des voyageurs (une centaine par an !). Chambres fatiguées, bar très bruyant, surtout le samedi soir.
- Wellington House : Main Street, Jamestown. Tél. : + (290)-2529. Nuit + petit déjeuner : environ 50 £ (57 €) par personne par jour. Juste en face du Consulate, une maison de style géorgien du XVIIIe siècle, à la façade bleue, une des plus vieilles maisons de la ville. Bon accueil et dîner à la demande.
- Farm Lodge Country House Hotel (chez Stephen Biggs et Maureen Jonas) : sur les hauteurs, à Rosemary Pain, St Paul. La plus belle adresse de l’île. Tél. : + (290)-4040. Réservations par mail : farm.lodge@cwimail.sh Formule B & B : 55 £ (62 €) par personne par nuit. Formule demi-pension (nuit, dîner, petit déjeuner) : 80 £ (91 €) par personne par jour. Pension complète possible. Maison de 1750 ayant appartenu à l’East India Company. Somptueux dîner sur commande.
Bed & Breakfast (chambres chez l’habitant)
- Harris’s Guest House : Main Street, Jamestown. Chambre double à 25 £ (28 €) pour 2 personnes par nuit, et 30 £ (34 €) en demi-pension. - Harlyn B&B : Half Treet Hollow. Tél. : + (290)-3727. flaggs.harlyn@cwimail.sh Chambre double : 30 £ (34 €) par jour. À 5 kilomètres de Jamestown.
- Appartements à louer (self-catering) : environ une vingtaine présentés sur le site internet de l’office de tourisme.
Où manger ?
Un seul restaurant, on devrait dire cantine, à Jamestown : Ann’s Place dans les jardins du Castle. Pas fameux mais de l’âme !
Se déplacer dans l’île
- En minibus sur quelques trajets : un à deux par jour.
- Location de voiture : infos et réservations auprès de l’office de tourisme de l’île à Jamestown. Avoir au minimum 21 ans et un permis de conduire international valide. Compter entre 10 et 15 £ (11 et 17 €) par jour. Conduite à gauche. Les routes sont très étroites (une voie).
- En auto stop : les habitants s’arrêtent facilement.
A voir, à faire
- L’office de tourisme de Jamestown propose le tour Napoléon. En une journée, on visite la maison de Napoléon, sa tombe, ainsi que la maison des Briars, où Napoléon vécut quelques mois en 1815.
- L’île se découvre aussi à pied : prévoir de bonnes chaussures et un coupe-vent !
À lire
- La Vie quotidienne à Sainte-Hélène au temps de Napoléon (Tallandier) : livre-somme de Gilbert Martineau, qui fut le conservateur des Domaines de Longwood, pendant plus de quarante ans.
- La chambre noire de Longwood (Folio), de Jean-Paul Kauffmann : émouvant récit de voyage, je lui dois d’être allé à Sainte-Hélène.
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