République dominicaine : le trésor des Caraïbes

Catherine Bardon
par Catherine Bardon

22 mai 2013

Catherine Bardon

Punta Cana, ses plages et ses hôtels tout inclus aux forfaits imbattables : la carte postale de la République dominicaine. Mais surtout l’arbre, pardon, le cocotier, qui cache le pays !

Cette terre, dont Christophe Colomb disait qu’elle était « la plus belle chose au monde » et où l'explorateur avait « trouvé de grands indices du paradis terrestre », est loin de se limiter au visage lisse d’une destination balnéaire aux contours (trop) balisés.

Cette moitié d’île est certes un Eden à base de sable blanc et de cocotiers, mais pas seulement. En vous aventurant au-delà du transat, vous découvrirez une autre République dominicaine : des paysages exceptionnels, des coins de nature sauvage méconnus, une culture métissée, un peuple chaleureux…

Il faut partir à la rencontre de ce pays et se laisser porter hors des sentiers battus. Et c’est sûr, vous en redemanderez !

Préparez votre voyage en République dominicaine avec nos partenaires
Plus de services

Santo Domingo de Guzmán, première capitale du Nouveau Monde

Catherine Bardon

Avant d’être la plus grande métropole des Caraïbes, avec ses quelque 2,5 millions d’habitants, son métro et ses buildings, Santo Domingo (Sainte-Domingue) fut la première capitale du Nouveau Monde. Enserrée dans le périmètre des anciennes murailles, la cité du XVIe s., inscrite au Patrimoine de l’Humanité, est un concentré d’histoire figé dans l’or de la pierre corallienne.

La cathédrale, l’Alcazar (photo) et le musée de Las Casas Reales sont certes incontournables, mais le quartier s’apprivoise au fil des flâneries. Des joyaux d’architecture gothique mâtinée de baroque ou de style arabo-andalou, palais, églises et cloîtres, ponctuent les rues au cordeau.

Prenez le temps d’apprécier les détails, – ici des gargouilles, là un blason –, poussez une lourde porte en bois qui dévoile la fontaine d’un patio à colonnade, savourez un fruit tropical acheté à un vendeur de rue. Loin d’être un musée à ciel ouvert, le centre colonial respire une joie de vivre faite de nonchalance et de sensualité. Partout des petits commerces, des colmados, des bars, des restaurants…

En remontant dos à la mer, on entre dans un quartier commerçant et très animé. Le Mercado Modelo, ancien marché couvert, a été reconverti en un immense marché artisanal. C’est l’occasion d’acheter une mamajuana, mélange d’herbes aux vertus aphrodisiaques !

À la tombée du jour, les réverbères offrent à la vieille ville une discrète mise en beauté. C’est l’heure où l’on sort les mesedoras sur les trottoirs pour discuter entre voisins. Les enfants jouent au « beisbol », les terrasses des cafés affichent complet. C’est aussi l’heure de vous diriger vers une terrasse de la place d’Espagne.

Samaná : une péninsule au naturel

Catherine Bardon
Difficile de résister aux charmes de la péninsule de Samaná, plantée comme une griffe dans l’océan, à l’est du pays. Luxuriance et poésie. Telles des peintures naïves, les lomas (collines) de la Cordillère Orientale, épine dorsale de la péninsule, piquetées de cocotiers et ponctuées de cases en bois de palme aux couleurs pimpantes, ondulent à l’horizon. Des cascades fougueuses dévalent des collines. Des plages magnifiques, cernées de récifs coralliens ou ouvertes sur l’océan, ourlent le littoral.

En toile de fond de la baie de Samaná se dessinent les mogotes du parc national des Haitises, territoire de la mangrove et des oiseaux. Ses grottes ornées de pictogrammes taïnos témoignent de la civilisation des Amérindiens qui accueillirent Colomb.

Chaque hiver, de décembre à février, les baleines à bosse (photo) sont plusieurs centaines à venir convoler et enfanter dans les eaux de Samaná. Leur observation est désormais réglementée et le spectacle est inoubliable. Quant aux tortues, elles ont choisi de pondre sur les plages de Cosón et del Valle, où l’on se mobilise pour les protéger. À pied, à cheval ou en quad, l’intérieur de la péninsule offre aux randonneurs ses paysages bucoliques.

Haute de 60 mètres, la cascade del Limón a créé un balneario (baignoire) adossé à la luxuriance de la forêt tropicale. De nombreuses plages ne sont accessibles qu’en bateau ou au terme d’une randonnée éreintante. Madame, Fronton, Rincón comptent parmi les plus prisées.

La péninsule des cocotiers est une région en sursis qui a, pour l’heure, échappé aux sirènes du tout inclus. Mais pour combien de temps ? Profitez vite de ce paradis du tourisme individuel avant que les grands noms des clubs de vacances ne s’y installent.

Montecristi, charme créole et réserve ornithologique

Catherine Bardon
Sur la côte Nord, à l’ouest, non loin de Haïti, une République dominicaine authentique et sauvage : la discrète région de Montecristi, ses paysages désertiques, ses îlots, ses falaises, ses marais salants, ses colonies d’oiseaux et son ensoleillement garanti 350 jours par an.

De son fastueux passé de port d’exportation fruitière, il lui reste son architecture créole, quelques belles demeures victoriennes et une horloge monumentale. Montecristi somnole au soleil et le temps semble s’y être arrêté. Peu de touristes poussent jusque là, et la ville conserve intact son charme fait de langueur et de nostalgie.

Aux toutes premières heures du jour, une escapade à la sortie de Montecristi vous amène au milieu des cactus cierges et des épineux, près de la lagune Saladillo. De multiples espèces d'oiseaux y nichent, prenant leur envol au lever du soleil. Le promontoire d’El Morro domine une longue plage blonde encastrée dans la falaise, face à l’Atlantique. Après une ascension d’une demi-heure, le sommet du morne rocheux vous offre un panorama saisissant sur l’océan, les marais salants et la ville au loin.

Plus tard, au terme d’une balade en barque au large des récifs coralliens, on arrive aux Cayos Siete Hermanos, sept îlots auréolés de légendes de pirates ; cernés de mangroves, ils sont aujourd’hui le repaire de tortues marines et de colonies d’oiseaux, cormorans, frégates, aigrettes, sternes, fous...

Quand le soleil décline, les marais salants se drapent de nuances rosées sous un ciel d’une pureté sans pareille, où apparaissent les premières étoiles. Il ne vous reste plus qu’à déguster un plat de cabri de pré salé, la spécialité de la région.

Le Pico Duarte et la Cordillère, toit des Caraïbes

Catherine Bardon
Las du farniente ? Direction le centre du pays et le Pico Duarte. Notre Eden balnéaire offre aussi des plaisirs très montagnards : le Pico Duarte, le plus haut sommet des caraïbes, culmine à plus de 3 000 mètres. Certains hivers, on enregistre dans la région chutes de neige, gelées matinales et records de froid ! Vous êtes dans la Cordillère Centrale, dont les contreforts doucement vallonnés dominent la fertile plaine du Cibao, le potager du pays.

Des chalets de bois, des forêts de sapins et autres résineux, des rivières fougueuses, des cascades fraîches, un air plus sec que dans le reste du pays : c’est le charme des « Alpes dominicaines » que les riches citadins viennent chercher à Jarabacoa (photo) ou à Constanza.

Dans ce paradis du tourisme vert, on pratique la randonnée pédestre ou équestre, le parapente, le rafting, le canyoning, le VTT, on visite des plantations de café et des serres horticoles, on découvre de prospères communautés agricoles, mais aussi des hameaux misérables que le progrès a oubliés. L’une des faces cachées du pays.

Si vous êtes en bonne condition physique, faites l’expérience d’un trek sur le toit des Caraïbes. L’excursion, avec guides et mulets, dure 2 à 3 jours selon l’itinéraire choisi, nuitées en refuge ou sous la tente. L’ascension du sommet se fait par des chemins muletiers étroits et escarpés au cœur d’une flore tropicale touffue et rare. Au sommet, la récompense : vu du toit des Caraïbes, un panorama de paysages exceptionnels.

Barahona, la côte sauvage

Catherine Bardon
Le sud-ouest de la République dominicaine reste boudé par les touristes en raison du manque d’infrastructures et de la difficulté d’accès. Heureux ceux qui s’aventureront dans cette région encore intacte : au rendez-vous, une biodiversité extraordinaire, une nature sauvage, des plages désertes, des villages oubliés, un rêve d’écotourisme !

De Barahona, la capitale régionale, aux paysages désertiques de la lagune d’Oviedo (photo), en passant par Bahoruco et Paraiso (le bien-nommé), un fin lacet suspendu entre mer et montagne longe la côte, accroché au flanc des contreforts de la luxuriante Sierra de Bahoruco.

Au pied des falaises abruptes, les vagues claquent sur les promontoires rocheux. Quelques plages de galets, prisées des surfeurs, sont devenues des lieux de compétition. La baignade est sujette à précaution. On parcourt les reliefs abrupts de la sierra à cheval dans la touffeur d’une forêt tropicale, ponctuée de plantations de café et de cascades qui forment des balnearios, dans lesquels on s’ébroue avec plaisir.

À l’intérieur des terres, le lac salé Enriquillo, le plus grand lac des Antilles, classé Réserve de Biosphère par l’Unesco, est un écosystème en sursis. Une traversée en barque et vous voilà sur l’îlot Cabritos : un sanctuaire de faune avec ses flamants roses et ses iguanes endémiques, où quelques crocodiles américains luttent pour la survie de leur espèce sous les rayons implacables du soleil.

À la pointe sud du pays, au cœur du Parc National de Jaragua, la lagune d’Oviedo nous livre son immensité désolée et ses multitudes d’oiseaux migrateurs. Non loin de là, la Baía de las Aguilas est une des plus belles plages du pays. La route finit sa course à Pedernales, ultime bourgade assoupie avant la frontière haïtienne.

Des plages au top

Catherine Bardon
Un bout de littoral, parmi ses quelque 600 kilomètres de plage, a fait de la République dominicaine un best-seller du tourisme balnéaire. Or, beaucoup de plages sont bien plus belles et plus confidentielles que celles, trop galvaudées, de Punta Cana.

Côté atlantique, la côte nord est émaillée de plages faciles d’accès. À la sortie de Rio San Juan, l’anse parfaite de Playa Caletón sert de décor à des reportages de mode. Ses atouts : l’ombre de ses amandiers et ses calmes eaux turquoise.

Un peu plus loin, profitez de Playa Grande, menacée par la frénésie immobilière. La plage est immense, d’une blancheur immaculée. On aime sa tranquillité, ses grosses vagues et ses petites gargotes.

La péninsule de Samaná regorge de plages sublimes. Coup de cœur pour Playa El Valle. On y arrive au terme d’une longue piste, après avoir traversé un rio. L’anse, un lieu de ponte des tortues carey, est vaste, protégée par de hautes collines, cernée de falaises rocheuses et de rivières. Pas de snorkeling, mais le plaisir de sauter dans les vagues avant de se rincer à la source et de déguster une grillade de poisson.

Direction le Sud. La Playa del Doctor (photo) est à l’écart des hordes qui envahissent l’île de Saona. Au menu, des cocotiers pour l’ombre, une eau transparente pour la baignade, un sable étincelant, des étoiles de mer et des poissons tropicaux.

Proche de la frontière haïtienne, loin des itinéraires balisés, Bahia de las Aguilas se mérite au bout d’une piste éprouvante. Ici, des eaux incroyablement turquoise, un sable insolemment blanc, quelques barques de pêcheurs, le paradis.

Les adeptes de kite privilégient la côte nord où la réputation des spots de Cabarete, de Punta Popi et Portillo à Las Terrenas (Samaná) n’est plus à faire.

Plaisirs dominicains

Catherine Bardon
Omniprésente, la musique fait partie du quotidien. On danse beaucoup, partout, et pas seulement le week-end. Le merengue est depuis peu détrôné par la bachata, qui se danse en ondulant des hanches, collé très serré. Le reggaeton est le rythme préféré des plus jeunes. Pour vous initier, rien de tel qu’un samedi soir dans une rancheta ou un car wash, où toutes les générations se côtoient.

Hérité des traditions espagnoles, le carnaval marque l’apothéose de la fête. Durant tout le mois de février, il fait régner une atmosphère électrique dans le pays. Rythmes effrénés, tambours rustiques, trompettes, sifflets, masques et costumes traditionnels (maures, diables cornus, poules et coqs), rappellent le métissage du pays. Si vous êtes dans la région du Cibao en février, ne manquez pas le carnaval de La Vega (photo), le plus réputé du pays.

Côté alcools, la bière, Presidente de préférence, est la boisson nationale. On la boit glacée à tout moment de la journée et de la nuit. La "trilogie des 3 B", Barcelo, Brugal et Bermudez, domine le rhum, à consommer pur ou en cocktails, Cuba Libre et Santo Libre (sprite et rhum) en tête du hit parade.

Plus doux et plus suave que son rival cubain, le cigare est devenu l’or brun du pays depuis que Davidoff a rompu son contrat avec Cuba pour y concentrer sa production. La région de Santiago est au cœur de l’activité.

Vous pourrez y visiter des plantations avec leurs séchoirs à tabac, de petits ateliers ou de grandes manufactures, et vous familiariser avec la cape, la tripe et les étapes de fabrication. Si vous êtes amateur, sachez que certaines petites productions locales sont excellentes.

Fiche pratique

Catherine Bardon

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche République dominicaine.

Office du tourisme de la République dominicaine

Comment y aller ?

– Arrivée à Saint Domingue : vols directs Paris-Saint Domingue avec Air France.
– Arrivée à Punta Cana : vols Corsair, XL.

Se déplacer

Il est facile de se déplacer dans le pays. Les transports en commun sont bien développés et couvrent tout le territoire.

Les compagnies Caribe Tours et Metro desservent toutes les villes de moyenne ou grande importance et offrent un service de qualité (bus climatisés et respect des horaires). Les guaguas (minibus) sillonnent tout le pays et s’arrêtent à la demande. Elles offrent des tarifs très raisonnables, mais des horaires et un confort aléatoires.

La location de voiture est une bonne option pour voyager dans le pays. Depuis quelques années le réseau routier s’est considérablement amélioré, notamment avec les autoroutes qui relient désormais la capitale à la péninsule de Samaná et à Punta Cana. Autre concession à la modernité, le pays s’est équipé de radars !

Préférez les loueurs internationaux aux compagnies locales (tarifs plus compétitifs mais véhicules manquant parfois de maintenance et assurances problématiques).

Enfin, si votre budget le permet, vous pouvez emprunter les avions des petites compagnies locales qui desservent les principales villes et spots touristiques.

Dormir

La République dominicaine est une destination relativement chère. Si l’infrastructure hôtelière est très développée, on ne trouve pas de pensions ni d’auberges de jeunesse.

Dans les zones touristiques, il faut compter environ 40 € pour une chambre double avec salle de bain, dans un hôtel modeste mais correct. Hors des spots touristiques, les prix baissent, le confort aussi. On trouve de petits hôtels locaux pour environ 20 €, mais à ce prix-là, la propreté et l’hygiène ne sont pas toujours au rendez-vous. Dans la capitale, les prix ont une sérieuse tendance à l’inflation ces dernières années.

Un bon plan consiste à dormir dans les cabañas turisticas, des hôtels aux noms évocateurs pour les "siestes coquines", situés en périphérie des agglomérations. Les prix sont assez raisonnables et ils sont en général bien tenus.

Quelques adresses coups de cœur à travers le pays :

- À Saint Domingue : Casa Naemie
- À Las Terrenas : Casa Cosón
- À Las Galeras : La Plantación
- Parc des Haitises : Caño Hondo
- À Cabarete : Caribe Surf Hotel
- À Montecristi : Los Jardines del Atlantico 26, Calle San Fernando, Playa Juan de Bolanos, San Fernando de Montecristi. Tél. : +1 809 853 0040
- À Jarabacoa : Rancho Baiguate
- À Bahoruco : Casa Bonita

Trouvez votre hôtel en République dominicaine

Se restaurer

Autant le dire tout de suite, la gastronomie n’est pas le point fort de la République dominicaine.

Le plat de base, arroz con habichuela, se compose de riz, accompagné de haricots et de poulet. Goûter au chivo guisado, viande de chèvre marinée avec oignons, poivrons, ail, origan et... rhum. Le plat le plus consommé dans le pays est le pica pollo, sorte de poulet frit à la mode locale, en général servi avec des tostones, bananes plantain frites…

Le bon point c’est que l’on peut manger partout, dans la rue, dans les comedores, dans des restaurants gastronomiques, et, autre bon point, on trouve tous les types de nourriture.

Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !

Le meilleur de nos reportages, idées et carnets de voyage

Réductions, gratuités & actualités voyage à ne pas manquer

Les derniers reportages sur le meilleur en République dominicaine

Le meilleur de la République dominicaine

Le meilleur de la République dominicaine

Que voir, que faire en République dominicaine ? Les plus beaux sites à visiter  Enchâssée entre mer des Caraïbes et océan Atlantique, la République dominicaine offre tout d’abord aux visiteurs son...
La République dominicaine par Benoît Lucchini

La République dominicaine par Benoît Lucchini

Benoît Lucchini, rédacteur en chef adjoint au Routard, nous parle de la République dominicaine, où il s'est rendu pour réactualiser le guide.Corse, élevé au grain du 9.3, il a commencé avec une Carte...
La République dominicaine, au-delà des plages

La République dominicaine, au-delà des plages

Certes, il y en a qui considèrent que le meilleur moyen de transport pour visiter la République dominicaine, c’est la serviette de plage ! Une serviette façon tapis volant, mais qui peinerait à...
La République dominicaine autrement

La République dominicaine autrement

La République dominicaine ne se limite pas à ses hôtels clubs tout inclus bradés sur Internet et à ses plages bondées de Punta Cana ou de Puerto Plata. Des sentiers sauvages de la Cordillère centrale ...

Bons plans voyage République dominicaine

République Dominicaine
République Dominicaine
Créez votre voyage personnalisé en République Dominicaine avec Comptoir des Voyages, l'agence N°1 du Voyage sur Mesure et en Immersion. Bénéficiez de nos 30 ans d'expertise et d'un taux de satisfaction de 94%.
Voir l'offre