Les Philippines, de Manille aux Visayas

31 décembre 2008

Un archipel qui s’étend de Taïwan à la Malaisie entre la mer de Chine et l’océan Pacifique, des plages sublimes, une mer transparente, des spots de plongée fascinants, des paysages envoûtants... Difficile de renoncer aux superlatifs en évoquant les Philippines. Plus qu’une destination de rêve, le pays est avant tout une exception en Asie du Sud-Est : une nation melting-pot, entre influence espagnole et américaine, majoritairement catholique, occidentalisée... Balade dans Manille et séances de plongée dans un archipel atypique de 7 107 îles, dont les fonds marins ont de quoi séduire le voyageur.



Premiers jours à Manille

Après 16 heures de vol climatisé, nous atterrissons dans une moiteur étouffante et humide. Notre ami Thomas, installé depuis près de deux ans à Manille est venu nous chercher. Les alentours de l’aéroport sont plutôt déserts ; j’attends de voir la ville, la vraie. Je ne vais pas être déçue : très vite, nous nous retrouvons sur d’énormes artères embouteillées et quasiment dédiées aux voitures. Thomas conduit « à la philippine », c’est-à-dire de façon très empirique, comme tous les autres chauffeurs de tricycles, bus, voitures et jeepney (les minibus bigarrés, spécialités du pays). Routes larges et grises à perte de vue, klaxons, pollution, chaos dans la circulation, enfants nus au bord de la route... Première surprise : je m’attendais à une ville beaucoup plus occidentalisée.
Après une première journée de repos, nous sommes d’attaque pour visiter Manille. Regards dubitatifs de nos hôtes : apparemment, Manille ne représenterait pas de grand intérêt touristique. Mais nous voulons nous faire notre propre opinion. Le vieux Manille, fondé par les Espagnols, s’étend sur la rive sud de la rivière Pasig ; nous nous y rendons en nous promenant sur le mur de fortification, érigé en 1590. Détruit en grande partie pendant la seconde guerre mondiale, ce centre historique a été reconstruit à plusieurs reprises, à l’image de la cathédrale San Agustin, la plus ancienne de Manille, rebâtie pas moins de six fois entre le XVIe et le XIXe siècle !
Aujourd’hui, Intramuros est l’un des rares lieux à Manille où il est possible de se déplacer à pied ; c’est aussi le seul quartier où l’influence architecturale espagnole est encore visible. Sous l’impulsion d’Imelda Marcos, femme du président Marcos, le quartier avait été entièrement réhabilité afin de conserver ses richesses historiques. À quelques encablures du mur d’enceinte, Rizal Park, le parc central de la capitale, véritable havre de paix, qui porte le nom du héros national, le Dr José Rizal, qui a œuvré pour que les Philippines obtiennent l’indépendance des Espagnols.
Makati, le « petit New York »

Nous nous rendons à Makati, le quartier des affaires, également surnommé le « petit New York ». Effectivement, les rues que nous découvrons n’ont plus rien à voir avec ce que nous avions vu jusqu’ici. Les buildings succèdent aux restaurants et aux boutiques luxueuses. Sur la route, plus de tricycles, proscrits du quartier afin de ne pas créer d’accident ou ralentir le trafic. Les rues sont propres et dégagées, les grosses voitures se partagent la route avec les taxis et les piétons que nous croisons sont très occidentalisés.
Se promener dans les rues de Manille se révèle plus difficile que prévu : aux Philippines, les panneaux indicatifs n’existent pas, encore moins ceux qui indiquent le nom des rues. Le « petit New York » ne fait pas exception à la règle.
Après quelques errements sous un soleil déjà brûlant – il n’est pourtant que 8 h 30 du matin – nous trouvons finalement le « Scuba Wolrd », l’école de plongée qui nous abritera les deux prochains jours. Car nous avons prévu d’aller découvrir les magnifiques fonds marins philippins…
Anilao, sanctuaire sous-marin

Après cinq jours éreintants dans la moiteur de Manille, nous décidons, comme beaucoup de Manillais, de passer le week-end à Anilao, à 150 kilomètres au sud de la capitale, dans la province des Batangas. Pour nous y rendre, 4 heures de route nous attendent ; le plus simple est d’emprunter un jeepney, ces jeeps transformées en bus où une vingtaine de personnes peuvent s’entasser pour voyager à des prix très modiques. La route passe par de petits villages où l’influence espagnole est perceptible. Dans chaque village ou presque, un terrain de basket. Cette fois, c’est l’influence américaine qui se fait sentir. En questionnant mon voisin de jeepney, j’apprends que le basket est le sport préféré des Philippins qui considèrent la NBA comme leur équipe nationale.
Après quelques heures d’un joyeux entassement, nous arrivons à Anilao, dans un hôtel paradisiaque construit sur la plage. Malgré les moustiques qui m’apprécient particulièrement ce soir-là, je m’endors instantanément. Demain, la journée commence tôt : à 9 h, premier plongeon en mer.
La journée de plongée, au sanctuaire de Twin Rocks, se poursuit paisiblement, entre poissons grillés et plongées. Les fonds sous-marins sont réellement magnifiques, surprenants, enivrants ; étoiles de mer, concombres de mer, serpents, poissons multicolores... Notre petit groupe termine la journée des étoiles plein les yeux, jusqu’à ce qu’un pêcheur nous ramène sur terre : les coraux visibles à Anilao font partie des 2 % qui ont survécu depuis les années 80.
Sur le banc des accusés : la pêche à la dynamite et le réchauffement climatique. Les autorités philippines songent d’ailleurs à interdire l’accès au site d’Anilao. Le gouvernement philippin fait également payer une taxe d’entrée dans les principaux sanctuaires marins. Une mesure positive mais aux effets limités : selon les estimations les plus pessimistes, la totalité des coraux des Philippines risquent de disparaître d’ici à 20 ans si rien n’est entrepris à l’échelle mondiale contre le réchauffement climatique.
Plongée à Apo Island

Départ pour Apo Island dans les Visayas, au centre du pays. De l’aéroport de Dumaguete, sur l’île de Negros, il faut une heure de jeepney pour rejoindre la plage de Malatapay, d’où partent les bateaux de pêcheurs pour Apo Island. Après un voyage houleux de 45 minutes, nous débarquons trempés sur la petite d’île d’Apo. Une fois payée la taxe d’accès au sanctuaire marin, nous nous précipitons dans notre cabane pour mettre nos maillots de bain et plonger dans l’eau bleu turquoise.
Pas de doute, l’endroit est paradisiaque et, à notre grande surprise, quasiment désert. Mis à part deux hôtels et un village de pêcheurs, personne. Aucun touriste. L’île n’a pas l’eau courante, seulement 4 heures d’électricité par jour et n’est pas encore connue du grand public qui lui préfère Palawan. Au programme, repos, soleil et baignades. Grâce à notre permis de plongée provisoire, nous avons pu effectuer deux plongées dans le sanctuaire de l’île, accompagnés d’un guide local. Une fois encore, les paysages sous-marins sont à couper le souffle.
Et le voyage tombe à l’eau…

Nous quittons les Philippines dans quatre jours, il est temps de quitter Apo Island pour rejoindre Manille avant de prendre la route vers le nord du pays, sur l’île de Luzon, en direction des terrasses de riz de Banaue. La traversée du retour se révèle plus compliquée qu’à l’aller : il pleut depuis hier et la mer est mauvaise. Nous arrivons finalement à Dumaguete, ville-dortoir à l’intérêt touristique limité. D’heure en heure, le temps se dégrade : on nous apprend que la petite pluie du matin s’est transformée en typhon et que tous les vols sont annulés. Petit moment d’abattement à l’idée de rester une journée de plus à Dumaguete. Nous nous replions sur l’une des buvettes de l’aéroport où la patronne, visiblement attendrie par nos mines dépitées décide de nous prendre sous son aile et de nous conduire dans un hôtel où nous passerons la nuit.
Le lendemain, le temps ne s’est pas amélioré et c’est avec peu d’espoir que nous nous rendons à l’aéroport. Comme prévu, notre vol est annulé, mais pas celui de la compagnie concurrente qui décolle cinq minutes plus tard. S’engage alors une course contre la montre : sous une pluie battante, nous courons valises à la main pour monter dans l’avion qui s’apprête à décoller. Quelques minutes plus tard, l’appareil est violemment secoué par des turbulences... Une heure d’angoisse plus tard, atterrissage réussi à Manille sous les applaudissements. Dehors, des pluies torrentielles se déversent dans les rues. Le typhon arrive. Manille est sous couvre-feu, nos vacances se terminent plus vite que prévu.
Infos pratiques

Informations touristiques sur les Philippines
www.wowphilippines.com.ph
La meilleure saison pour se rendre aux Philippines est sans doute la période la plus fraîche et la plus sèche de décembre à février.
Comment y aller ?
Vols avec escale vers Manille effectués par de nombreuses compagnies européennes (KLM, Lufthansa…), moyen-orientales (Emirates, Qatar Airways…) ou asiatiques (Cathay, Thai, Singapore…) à partir de 780 € l’aller-retour. Compter au moins 16 h de voyage.
Adresses
Manille
Club de plongée Scuba World – 1181 Ocampo St., Makati City. Tél. : 632 895-3551 / 890-7805 / 890-7807. Email : info@explorerfleet.com
Anilao
Balai Resort – 02-943 2808. www.balai-resort.com Office Tél. : (632) 240-2927
Apo Island
Apo Island Beach Resort : réservation auprès de l’agence Paradise Travel, à Dumaguete. Tél. : 0035 – 422 9820. Email : paradise@glinesnx.com.ph
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