Les Côtes de Meuse, au pays de la mirabelle

26 mars 2026

Envie d’une pause bucolique ? Cap sur les Côtes de Meuse ! En avril, ce territoire situé à l’ouest de la Lorraine offre un spectacle magique : le blanc manteau de ses vergers de mirabelliers en fleurs, que l’on vient admirer de loin, à la manière dont les Japonais le font pour les cerisiers. En août, au moment de la récolte, le tableau change mais reste tout aussi séduisant : alors couverts de petits fruits d’or, les vergers embaument.
Surnommée le « Pays Mirabelle », cette Meuse des grands espaces se découvre de préférence en mode slow — à pied ou à vélo — pour profiter de sa nature préservée et de ses petits villages au patrimoine pittoresque. À leurs pieds s’étire le lac de Madine, avec sa base de loisirs et son observatoire dédié aux oiseaux migrateurs.
Les Côtes de Meuse, entre forêt et vergers

C’est un territoire résolument hors des sentiers battus ! Orientées nord-sud et situées à l’ouest de la Lorraine — où elles sont intégrées au Parc naturel régional — les Côtes de Meuse présentent une géographie singulière. Elles constituent ce que les spécialistes appellent une « cuesta » : une colline dont l’un des versants, façonné par l’érosion, est abrupt, tandis que l’autre forme un plateau légèrement incliné.
Ici, la pente la plus raide est recouverte d’une épaisse forêt, tout comme l’arête — appelée Hauts de Meuse — qui marque la bascule vers l’autre versant. Celui-ci dessine un plateau en pente douce, couvert d’innombrables vergers, majoritairement de mirabelliers, mais aussi de cerisiers, poiriers et pommiers. Au pied de cette pente, les vignes regagnent du terrain depuis une cinquantaine d’années.

Ce territoire rural, contrasté et très préservé, est idéal pour décompresser et s’immerger dans une nature authentique. Les Côtes de Meuse se découvrent de préférence en mode slow, à pied ou à vélo, en empruntant les innombrables chemins de randonnée balisés.
Nombreux itinéraires sur le site de l’office de tourisme Cœur de Lorraine, basé à Saint-Mihiel. Et circuits 91 à 97 sur le site de la FFR.
Dans la Meuse, l’histoire n’est jamais loin : Outre la bataille de Verdun — l’une des plus longues de la Première Guerre mondiale — d’autres combats ont marqué cette terre. C’est dans le bois des Éparges, sur les Hauts de Meuse, qu’a été tué le 22 septembre 1914 Alain-Fournier, l’auteur du célèbre roman Le Grand Meaulnes. Retrouvé en 1991, son corps repose désormais tout près, dans la Nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne.
Le lac de Madine, un oasis de fraîcheur

Malgré leur modeste hauteur, les Côtes de Meuse offrent des points de vue remarquables sur un panorama qui semble infini : la plaine de la Woëvre, ses nombreux étangs et surtout le lac de Madine.
Ce plan d'eau artificiel de 1 100 hectares, mis en eau en 1976, apporte une agréable touche de fraîcheur. En partie classé Natura 2000, il sert de réserve d'eau potable pour l'agglomération voisine de Metz, de réserve nationale de chasse et de faune sauvage, mais aussi base de loisirs réservée aux voiliers à Nonsard.
Un site idéal pour les séjours en famille. Sur place, on trouve restaurant, baignades, plages, port de plaisance, accrobranche, tyroliennes, structures gonflables qu’adorent les enfants. On peut aussi pratiquer canoë, windsurf, windfoil, wingfoil, pêche, équitation et même golf sur un terrain de 9 trous. L’été, concerts, cinéma en plein air, feu d’artifice, marchés artisanaux...
Un peu plus loin, à Heudicourt-sous-les Côtes, hébergements variés (gîtes, roulottes, camp de toiles, campings, etc.) à prix abordables et aires pour camping-cars.

Le tour du lac de Madine, une vingtaine de kilomètre (balisés), se fait à pied ou à vélo. Location de VAE à Heudicourt-sous-les Côtes, auprès de Divo Tour.
Des itinéraires, également balisés, permettent de s’échapper un peu plus loin, par exemple jusqu'à la butte de Montsec qui veille sur le paysage désormais paisible. Ce ne fut, hélas, pas toujours le cas ! Au sommet de cette colline, une rotonde néoclassique à colonnade, visible de loin, commémore les offensives menées par l'armée américaine en 1918.
L’observatoire ornithologique de Heudicourt-sous-les-Côtes offre une vue imprenable sur le lac, ses deux îles et les oiseaux migrateurs qui évoluent dans les roselières. Pour identifier les différentes espèces — et les photographier — l’idéal est de participer à une balade ornithologique avec un guide nature, comme Fabrice André. Équipé de jumelles et d’appareils photo munis d’impressionnants téléobjectifs, ce passionné vous embarque à bord de son petit bateau électrique silencieux, qui ne dérange pas la faune. Réservation conseillée.
Villages-rues et petites cités de caractère de Lorraine

Les Côtes de Meuse ne se résument pas à leurs paysages champêtres. À leur pied s’étirent quelques-uns de ces pittoresques villages-rues qui se sont multipliés en Lorraine au XVIIᵉ siècle, après les dévastations de la terrible guerre de Trente Ans. Ils regorgent de belles maisons en pierre, d’églises aux clochers tantôt pointus, tantôt en forme de bulbe, ainsi que de chapelles et de lavoirs.
Pour en savoir plus sur cet habitat très typique, ne manquez pas l’écomusée d’Hannonville-sous-les-Côtes. Son jardin présente également de vieilles variétés locales et offre une multitude d’idées pour développer un potager écologique.

Le bourg d’Hattonchâtel fait figure d’exception. Perché sur un éperon rocheux à 355 m d’altitude, il domine le panorama prodigieux de la plaine de la Woëvre et du lac de Madine.
Son style très médiéval trompe d’ailleurs facilement le visiteur : largement détruit par les combats de la guerre de 1914-1918, il a été reconstruit après-guerre grâce au mécénat de Belle Skinner, une riche héritière américaine. La balade y est aussi paisible que touchante.
Saint-Mihiel, « Petite cité de caractère » et porte d’entrée des Côtes de Meuse, vaut aussi le détour pour son riche patrimoine, notamment son ancienne abbaye bénédictine Saint-Michel et sa bibliothèque – l’actuelle date du XVIIIe - riche de 8 800 ouvrages dont de rares éditions. Visite guidée, l’été, l’après-midi.
Le « Pays mirabelle » est aussi celui du vin

En août, au moment de la récolte, les mirabelles peuvent s’acheter presque partout en Côtes de Meuse : les propriétaires de vergers familiaux écoulent leurs surplus au bord des routes, à petits prix.
À Vigneulles-lès-Hattonchâtel, la coopérative Jardin de Lorraine, qui regroupe 16 arboriculteurs sous la houlette de Thierry Hanet, en vend également dans sa jolie boutique — située au 32, rue de la Mirabelle — aux côtés d’autres spécialités. On y trouve confitures, pâtés, terrines, truffes, sirop parfumé au safran lorrain bio et, bien sûr, vins des Côtes de Meuse. L’accueil y est chaleureux.
Dans ce coin, les vergers flirtent souvent avec les vignes. Introduites en Lorraine par les Romains, ces dernières ont prospéré jusqu’à ce que les guerres entre la France et l’Allemagne, puis la crise du phylloxéra, les anéantissent. Pour s’en sortir, au début du XXᵉ siècle, les agriculteurs ont misé sur les mirabelliers.

Depuis les années 1970, le vignoble connaît toutefois un véritable renouveau. Certes, il n’occupe que 45 hectares, mais il est entre les mains de cinq viticulteurs qui produisent, les bonnes années, 300 000 bouteilles.
Gage de qualité, leurs vins bénéficient depuis 2009 d’une IGP (Indication Géographique Protégée) — le nouveau nom des vins de pays — présidée par Renaud Pierson, installé avec son épouse Valérie au domaine de Montgrignon , à Billy-sous-les-Côtes.
Autre vigneron de talent : Léo-Paul Liénard, qui fait déguster — et vend — ses vins dans son nouveau caveau à Vigneulles-lès-Hattonchâtel, notamment un remarquable pinot gris assez sec, proposé à prix doux.
Aux portes des Côtes de Meuse, Commercy est réputée pour ses madeleines ; Saint-Mihiel, elle, l’est pour ses rochers et ses croquets, vendus au 4, rue du Général-Pershing, dans la boulangerie qui porte leur nom — considérée comme l’une des meilleures de Lorraine. À Saint-Mihiel, ne manquez pas le restaurant de la boucherie Maison Polmard, où l’on déguste une viande d’exception, maturée selon un procédé d’hibernation inventé sur place. Pour un pique-nique, pensez à faire un tour à son rayon traiteur.
Des circuits artistiques à travers les Côtes de Meuse

Bien qu’à l’écart des grandes villes, les Côtes de Meuse ont été marquées par plusieurs grands courants artistiques. Deux circuits riches en œuvres sculptées et peintes permettent de découvrir le travail d’artistes meusiens.
Pour commencer, la route Ligier Richier. Ce sculpteur de la Renaissance passe pour le « Michel-Ange lorrain ». L’expression est un peu exagérée, mais ses œuvres n’en demeurent pas moins remarquables. À Hattonchâtel, l’ancienne collégiale Saint-Maur abrite son imposant Retable de la Passion, en pierre polychrome, sculpté en 1523.
À Saint-Mihiel, sa cité natale où se trouve sa maison (d’un beau style Renaissance), trois œuvres sont visibles : La Pamoison de la Vierge, à l’église abbatiale Saint-Michel, Le Sépulcre ou Mise au tombeau, à l’église Saint-Étienne, La figure de Sainte Élisabeth, au Musée d’Art sacré.

Un autre itinéraire patrimonial est dédié à Duilio Donzelli (1882-1966). Bien que non croyant, cet artiste d’origine italienne a beaucoup travaillé dans les églises reconstruites sur l’ancienne ligne de front après la Première Guerre mondiale.
Sa palette est très colorée et ses compositions, symboliques. Elles semblent inspirées à la fois par l’art byzantin, par la Renaissance et par les mosaïques, avec parfois une touche d’Art déco.
Ce circuit compte 26 étapes, dont plusieurs — Lacroix-sur-Meuse, Seuzey, Fresnes-au-Mont — se trouvent sur la route d’accès aux Côtes de Meuse.
Près de Saint-Mihiel, sont visibles plusieurs œuvres d’artistes contemporains installées dans la nature par le Centre d’art Vents des forêts. Au total, une centaine d’œuvres ponctuent 45 kms de sentiers balisés, librement accessibles à pied, à cheval et à vélo.
Fiche pratique
Consulter notre guide en ligne Lorraine
Site de l’Office de tourisme de la Meuse
Site de l’Office de tourisme Cœur de Lorraine
Comment y aller ?
- En voiture : depuis Paris, autoroute A 4 jusqu’à Châlons-en-Champagne. Puis RD 1916 jusqu’à Saint-Mihiel.
- Train jusqu’à la Gare Meuse TGV. Ensuite, location de voiture via l’agence Ada (réserver à l’avance) ou bus navette jusqu’à St-Mihiel ou Commercy, où des locations de véhicules sont possibles.
Bonnes adresses
- Maison Drapier-Hôtel du Lac de Madine, à Heudicourt-sous-les-Côtes. 39 chambres accueillantes, un restaurant –gourmand- qui valorise les produits locaux. Le Spa est un vrai plus. A partir de 125€ la double, petit dej 22 €.
- Château-Hôtel d’Hattonchâtel. Chambres et restaurant valorisent ce superbe château de style troubadour reconstruit début XXe. A partir de 110 € la double, petit déj. inclus.
- Palazzo YeS à Woël. Chambres d’hôte au décor baroque imaginé par deux fous d’Italie. Yva et son mari, Sam, font table d’hôtes le soir, sur réservation. A partir de 135 € la double et de 35 € le repas.
- La Mangeoire à Nonsard. C’est l’adresse gastronomique du coin ! Le jeune chef, Quentin Pierre, a décroché deux Toques Gault & Millau. On y mange divinement. 49 € le menu "Partie de campagne". Résa obligatoire.
- Coup de Koeur à Koeur-le-Petite. Cuisine traditionnelle. Déco élégante. Menu à 24 €.
- FoxyCamp à Hannonville-sous-les-Côtes. Plats tout simples à partir de 14,90 €. Installé au bord des étangs du Longeau, c’est le restaurant d’un camping éco-responsable aux hébergements insolites (dômes, tipis, cabanes en bois, mobil home).
Trouvez votre hébergement dans la Meuse
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les idées Week-ends, les derniers reportages en Lorraine

Nancy, capitale de l’Art nouveau et de l’Art déco

Saint-Nicolas et Noël en Lorraine

Moselle : Meisenthal et Bitche, au pays des boules de Noël

Les Vosges, entre lacs et sommets















