La Paz, étourdissante

par Nicolas Montard
30 mars 2009

Nicolas Montard
Les livres de géographie la proclament capitale la plus haute du monde. Son centre-ville est situé à 3 600 mètres d’altitude. Elle peut effrayer avec son brouhaha incessant, sa circulation anarchique et son air pollué quand on vient d’un monde policé. Mais La Paz, c’est surtout une ville comme il n’en existe nulle part ailleurs. Balade dans une cité étourdissante.
Là-haut, sur la montagne
Chapeaux melons et portables
Semelles, robinetterie et fœtus de lamas !
Les pigeons de Murillo
Prado animé et chic Sopocachi
Infos pratiques
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Plus de servicesLà-haut, sur la montagne

Nicolas Montard
Dans un bus bolivien en provenance du Lac Titicaca. Fenêtres sales, moteur bruyant, sièges en piteux état. Depuis quelques minutes déjà, après de longues étendues sans âme qui vive, on traverse une ville. En fait, il s’agit de l’immense banlieue de La Paz, El Alto, qui compte près de 650 000 habitants. Régulièrement, entre les maisons, des dizaines de flèches d’églises blanches se dressent. Puis, sans crier gare, le véhicule amorce sa descente.
Les visages des gringos (les étrangers) se tournent vers la droite. Fini le rythme régulier des édifices religieux. C’est un autre spectacle, autrement étourdissant, qui s’offre aux yeux : des milliers de maisons s’accrochent aux contreforts des montagnes encerclant une cuvette où quelques immeubles tentent timidement de sortir du lot. Sans espoir, les sommets enneigés (dont celui du mont Illimani, qui culmine à 6 402 mètres) surplombant l’ensemble…
Nous voilà dans la capitale la plus haute du monde (l’altitude varie entre 3 000 et 4 000 mètres selon les quartiers). Enfin, « capitale » pour les Occidentaux. La dispute continue en Bolivie pour savoir qui peut se prévaloir de cette appellation. Sucre, si l’on se réfère à la Constitution locale, devrait posséder ce titre. Sauf que la ville qui a pris le plus d’ampleur et qui accueille les chefs d’États étrangers depuis des années, c’est bien La Paz…
Les visages des gringos (les étrangers) se tournent vers la droite. Fini le rythme régulier des édifices religieux. C’est un autre spectacle, autrement étourdissant, qui s’offre aux yeux : des milliers de maisons s’accrochent aux contreforts des montagnes encerclant une cuvette où quelques immeubles tentent timidement de sortir du lot. Sans espoir, les sommets enneigés (dont celui du mont Illimani, qui culmine à 6 402 mètres) surplombant l’ensemble…
Nous voilà dans la capitale la plus haute du monde (l’altitude varie entre 3 000 et 4 000 mètres selon les quartiers). Enfin, « capitale » pour les Occidentaux. La dispute continue en Bolivie pour savoir qui peut se prévaloir de cette appellation. Sucre, si l’on se réfère à la Constitution locale, devrait posséder ce titre. Sauf que la ville qui a pris le plus d’ampleur et qui accueille les chefs d’États étrangers depuis des années, c’est bien La Paz…
Chapeaux melons et portables

Nicolas Montard
Peu importe finalement. Car Nuestra-Senora-de-La-Paz n’est pas une ville que l’on présente avec de longs discours ou dans un bus touristique à deux étages. C’est au contraire une cité qui s’arpente en long, en large et en travers. À pied, comme le conseille Ludovic, un Français expatrié en Bolivie depuis cinq ans : « Pour profiter de La Paz, vous prenez un taxi. Il vous monte à un point donné et ensuite vous descendez à pied. Sur cinq cents mètres, vous verrez déjà tellement de choses différentes… »
Un conseil à suivre au pied de la lettre. Dans la cité fondée en 1548 par le capitaine Alonzo de Mendoza, il faut enfiler les chaussures de randonnée et profiter du spectacle.
En observant d’abord la mixité sociale de la « capitale » : des hommes d’affaires en costume-cravate, portables vissés à l’oreille, de jeunes écoliers sur le chemin du savoir avec une glace à la main, des vendeurs ambulants qui vous attirent dans un coin en chuchotant « fossiles, fossiles », des femmes habillées à la mode occidentale qui passent devant celles encore vêtues du costume traditionnel des Andes, le fameux chapeau melon sur la tête. Cet habillement revient à la mode dans ce pays qui souhaite affirmer son identité indienne depuis l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir en 2005 : d’ailleurs, la représentante bolivienne d’une célèbre marque d’électronique est une cholita !
En observant d’abord la mixité sociale de la « capitale » : des hommes d’affaires en costume-cravate, portables vissés à l’oreille, de jeunes écoliers sur le chemin du savoir avec une glace à la main, des vendeurs ambulants qui vous attirent dans un coin en chuchotant « fossiles, fossiles », des femmes habillées à la mode occidentale qui passent devant celles encore vêtues du costume traditionnel des Andes, le fameux chapeau melon sur la tête. Cet habillement revient à la mode dans ce pays qui souhaite affirmer son identité indienne depuis l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir en 2005 : d’ailleurs, la représentante bolivienne d’une célèbre marque d’électronique est une cholita !
Semelles, robinetterie et fœtus de lamas !

Nicolas Montard
La balade commence à la gare routière. Quartier sans charme particulier si ce n’est pour observer la diversité de la flotte de bus bolivienne avec des cinq étoiles très douteux. Il suffit juste de descendre dix minutes pour arriver face à la basilique San Francisco (style espagnol et métis) et la place du même nom. D’un côté, les rues commerçantes à touristes. De l’autre, les magasins pour Boliviens aisés. On suit le flot de touristes dans la rue Sagarnaga. Ici, pendant quelques mètres, il ne faut pas s’étonner d’être sans cesse interpellé. Mais quelques minutes de montée (difficile lorsque l’on n’est pas acclimaté à l’altitude) suffisent pour échapper à cette ambiance. Finies les babioles inutiles, désormais, on trouve de tout et n’importe quoi pour tous les usages. Là, c’est le coin de rue où l’on ressemelle les chaussures. Un peu plus loin, la robinetterie. Quelques instruments de musique par-ci et par-là et nous nous trouvons dans la rue Isaac-Tamayo, immense marché à ciel ouvert avec de la plomberie, de la nourriture, des vêtements, des cigarettes...
On commence à redescendre. Au coin de Linares, une boutique est surmontée de cadavres d’animaux : des fœtus de lamas. Il paraît qu’en enterrer un avec la première pierre de sa maison porte chance. Pas l’occasion de tester, mais on se laisse entraîner dans l’un des magasins du Mercado de Hechiceria (le Marché aux sorcières). La sorcellerie s’arrête à la porte. À l’intérieur, les herbes ou mixtures n’ont rien de très magique, surtout lorsqu’elles sont mélangées avec les babioles attrape-touristes habituelles…
Retour devant la basilique San Francisco. Avec la ferme intention de passer de l’autre côté du boulevard. Il faut s’armer de patience. Ici, l’automobile est reine. Qu’elle soit un taxi, un minibus ou un vieux bus Dodge avec pot d’échappement sur le toit. Un peu de pratique s’impose ou sinon, allez traverser un peu plus loin au milieu des vendeurs de DVD, CD, maroquineries de contrebande. La Paz est réputée pour être l’une des capitales de la contrefaçon.
On commence à redescendre. Au coin de Linares, une boutique est surmontée de cadavres d’animaux : des fœtus de lamas. Il paraît qu’en enterrer un avec la première pierre de sa maison porte chance. Pas l’occasion de tester, mais on se laisse entraîner dans l’un des magasins du Mercado de Hechiceria (le Marché aux sorcières). La sorcellerie s’arrête à la porte. À l’intérieur, les herbes ou mixtures n’ont rien de très magique, surtout lorsqu’elles sont mélangées avec les babioles attrape-touristes habituelles…
Retour devant la basilique San Francisco. Avec la ferme intention de passer de l’autre côté du boulevard. Il faut s’armer de patience. Ici, l’automobile est reine. Qu’elle soit un taxi, un minibus ou un vieux bus Dodge avec pot d’échappement sur le toit. Un peu de pratique s’impose ou sinon, allez traverser un peu plus loin au milieu des vendeurs de DVD, CD, maroquineries de contrebande. La Paz est réputée pour être l’une des capitales de la contrefaçon.
Les pigeons de Murillo

Nicolas Montard
Changement de décor de l’autre côté de l’avenue. Hôtels à étoiles et galeries commerciales se font face, pendant que les cireurs de chaussures aux visages masqués pourchassent sans cesse le client. En remontant légèrement vers la gauche, la Calle Jaen vaut le détour. C’est l’une des dernières rues de la ville à avoir gardé un visage colonial aussi marqué. C’est également l’une des rues où l’on peut s’attarder dans les musées, même si en Bolivie, ils sont loin d’être exceptionnels. Là, ils sont au nombre de cinq : le Museo de Instrumentos Musicales (instruments de musique), le Museo de Metales Preciosos (argent, or et cuivre), le Museo del Litoral (concernant la guerre contre le Chili au XIXe siècle), la Casa de Murillo (l’un des chefs de la Révolution au XIXe siècle) et le Museo Costumbrista Juan-de-Vargas (art, photographies).
Direction la place Diego-Murillo à quelques dizaines de mètres pour profiter à la fois du soleil et de la multitude de pigeons que la foule d’enfants — et d’adultes — s’empresse de nourrir pour ensuite s’en saisir quelques instants. Sous le regard de Villaroel, président statufié ici après sa pendaison en 1946, pendant que devant le palais occupé par Evo Morales, les gardes du corps s’activent le plus sérieusement du monde, l’un d’entre eux arborant une cravate de Mickey autour du cou… Face à eux, des journalistes devisent de la vie politique agitée du pays et attendent la sortie de l’invité du jour. À côté, l’imposante cathédrale, bâtie en 1835, n’a pas l’air de prendre ombrage du péché des fidèles de la place qui, à cette heure, préfèrent succomber aux charmes des vendeurs de glaces plutôt qu’aller se recueillir.
Direction la place Diego-Murillo à quelques dizaines de mètres pour profiter à la fois du soleil et de la multitude de pigeons que la foule d’enfants — et d’adultes — s’empresse de nourrir pour ensuite s’en saisir quelques instants. Sous le regard de Villaroel, président statufié ici après sa pendaison en 1946, pendant que devant le palais occupé par Evo Morales, les gardes du corps s’activent le plus sérieusement du monde, l’un d’entre eux arborant une cravate de Mickey autour du cou… Face à eux, des journalistes devisent de la vie politique agitée du pays et attendent la sortie de l’invité du jour. À côté, l’imposante cathédrale, bâtie en 1835, n’a pas l’air de prendre ombrage du péché des fidèles de la place qui, à cette heure, préfèrent succomber aux charmes des vendeurs de glaces plutôt qu’aller se recueillir.
Prado animé et chic Sopocachi

Nicolas Montard
Rassasié, il ne vous reste qu’à vous attaquer au Prado, la plus longue des artères de la Paz. Et on ne se lasse pas de le parcourir depuis l’allée centrale, la circulation s’écoulant autour dans un brouhaha impressionnant. Qui ne gêne ni les amoureux, très expansifs, ni les étudiants de l’Université publique toute proche, ni les touristes qui se délectent du spectacle d’une ville constamment en mouvement et regardent les quelques maisons coloniales parsemant encore l’avenue…
Un petit détour permet d’aller observer la prison San Pedro. Plantée en pleine ville, face à la place arborée du même nom, elle doit sa réputation à un fonctionnement en autogestion. Les prisonniers peuvent y vivre avec leur famille, une véritable micro société ayant été reproduite à l’intérieur de l’enceinte. Les plus riches occupent les grandes cellules, les moins fortunés se contentent des recoins et peuvent au besoin — même si l’administration pénitentiaire a fortement restreint les accès ces dernières années — faire visiter les lieux aux touristes, monnayant quelques bolivianos…
En redescendant sur El Prado, après quelques centaines de mètres entre les vendeurs de journaux et de fournitures scolaires, Sopocachi pointe le bout de son nez. Quartier résidentiel huppé mélangeant immeubles et demeures coloniales, celui-ci contraste avec l’agitation du centre de La Paz. Mais c’est ici qu’il faut être le soir pour boire un verre dans un bar branché. Ou dîner dans l’un des meilleurs restaurants de la ville (qui avouons-le ne reste pas impérissable au niveau culinaire), La Comédie, mélange de cuisine franco-péruvienne dans un décor en forme de coque de bateau. La conclusion idéale d’une balade dans une ville décidément étourdissante…
Un petit détour permet d’aller observer la prison San Pedro. Plantée en pleine ville, face à la place arborée du même nom, elle doit sa réputation à un fonctionnement en autogestion. Les prisonniers peuvent y vivre avec leur famille, une véritable micro société ayant été reproduite à l’intérieur de l’enceinte. Les plus riches occupent les grandes cellules, les moins fortunés se contentent des recoins et peuvent au besoin — même si l’administration pénitentiaire a fortement restreint les accès ces dernières années — faire visiter les lieux aux touristes, monnayant quelques bolivianos…
En redescendant sur El Prado, après quelques centaines de mètres entre les vendeurs de journaux et de fournitures scolaires, Sopocachi pointe le bout de son nez. Quartier résidentiel huppé mélangeant immeubles et demeures coloniales, celui-ci contraste avec l’agitation du centre de La Paz. Mais c’est ici qu’il faut être le soir pour boire un verre dans un bar branché. Ou dîner dans l’un des meilleurs restaurants de la ville (qui avouons-le ne reste pas impérissable au niveau culinaire), La Comédie, mélange de cuisine franco-péruvienne dans un décor en forme de coque de bateau. La conclusion idéale d’une balade dans une ville décidément étourdissante…
Infos pratiques
Pour préparer votre voyage, consultez notre fiche Bolivie.
Comment y aller ?
Plusieurs compagnies (American Airlines, LAN, Air France) rallient Paris à La Paz avec des escales. Tarifs à partir de 860 €.
Il est cependant déconseillé d’atterrir directement à La Paz du fait de l’altitude (le centre est à 3 600 mètres d’altitude). Pour monter progressivement, Santa Cruz, toujours en Bolivie constitue un bon point de départ.
Santé et sécurité
L’altitude pouvant provoquer le mal des montagnes (el soroche), il est conseillé de monter par paliers avant d’arriver à La Paz. Une fois dans la ville, il faut adapter son rythme de marche à l’altitude.
La Bolivie n’est plus la destination la plus sûre d’Amérique latine. La plupart des voyageurs reviennent tout de même sans avoir ressenti de danger. Les règles de base s’imposent comme lors de n’importe quel voyage (ne pas se balader seul dans des quartiers excentrés ou la nuit, avec son appareil photo autour du cou ou des billets de banque à la main…). Attention aux faux taxis de plus en plus fréquents.
Où dormir ? Où manger ?
Les standards boliviens ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Il existe cependant de bons hôtels à La Paz. L’un d’entre eux, À la Maison, ensemble d’appart-hôtel, est particulièrement conseillé. Les chambres sont joliment décorées et propres. Il est possible d’y faire sa propre cuisine. De plus, le patron, Ludovic, un Français, et ses employés boliviens se feront un plaisir de vous donner des conseils pour profiter au mieux de votre séjour (à partir de 40 $, soit 28 €, www.appartement-lapaz.com).
Au niveau culinaire, La Paz n’est pas impérissable. L’une des meilleures adresses de la ville pour un prix attractif est elle aussi tenue par un Français. La Comédie propose un mélange entre cuisine européenne et bolivienne de qualité.
Autour de La Paz
Si La Paz occupe quelques jours, il serait dommage de ne pas profiter des autres merveilles boliviennes à proximité. Les ruines de Tiwanaku, à quelques heures de route ; le lac Titicaca, plus haut lac navigable du monde ; Potosi, l’ancien centre névralgique de l’empire espagnol avec ses mines d’argents ; et Sucre, la « vraie » capitale, font partie de ces étapes. S’il ne devait pourtant n’en rester qu’une, choisissez le Salar de Uyuni et le Sud Lipez(à une dizaine d’heures de bus) : le tour en Jeep de plusieurs jours dans le désert de sel et les lagunes multicolores est une expérience inoubliable.
Comment y aller ?
Plusieurs compagnies (American Airlines, LAN, Air France) rallient Paris à La Paz avec des escales. Tarifs à partir de 860 €.
Il est cependant déconseillé d’atterrir directement à La Paz du fait de l’altitude (le centre est à 3 600 mètres d’altitude). Pour monter progressivement, Santa Cruz, toujours en Bolivie constitue un bon point de départ.
Santé et sécurité
L’altitude pouvant provoquer le mal des montagnes (el soroche), il est conseillé de monter par paliers avant d’arriver à La Paz. Une fois dans la ville, il faut adapter son rythme de marche à l’altitude.
La Bolivie n’est plus la destination la plus sûre d’Amérique latine. La plupart des voyageurs reviennent tout de même sans avoir ressenti de danger. Les règles de base s’imposent comme lors de n’importe quel voyage (ne pas se balader seul dans des quartiers excentrés ou la nuit, avec son appareil photo autour du cou ou des billets de banque à la main…). Attention aux faux taxis de plus en plus fréquents.
Où dormir ? Où manger ?
Les standards boliviens ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Il existe cependant de bons hôtels à La Paz. L’un d’entre eux, À la Maison, ensemble d’appart-hôtel, est particulièrement conseillé. Les chambres sont joliment décorées et propres. Il est possible d’y faire sa propre cuisine. De plus, le patron, Ludovic, un Français, et ses employés boliviens se feront un plaisir de vous donner des conseils pour profiter au mieux de votre séjour (à partir de 40 $, soit 28 €, www.appartement-lapaz.com).
Au niveau culinaire, La Paz n’est pas impérissable. L’une des meilleures adresses de la ville pour un prix attractif est elle aussi tenue par un Français. La Comédie propose un mélange entre cuisine européenne et bolivienne de qualité.
Autour de La Paz
Si La Paz occupe quelques jours, il serait dommage de ne pas profiter des autres merveilles boliviennes à proximité. Les ruines de Tiwanaku, à quelques heures de route ; le lac Titicaca, plus haut lac navigable du monde ; Potosi, l’ancien centre névralgique de l’empire espagnol avec ses mines d’argents ; et Sucre, la « vraie » capitale, font partie de ces étapes. S’il ne devait pourtant n’en rester qu’une, choisissez le Salar de Uyuni et le Sud Lipez(à une dizaine d’heures de bus) : le tour en Jeep de plusieurs jours dans le désert de sel et les lagunes multicolores est une expérience inoubliable.
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