Bolivie : Salar d’Uyuni et Sud-Lípez, les merveilles de l’Altiplano

22 novembre 2016

Au sud-ouest de la Bolivie, à 4 000 mètres d’altitude, le Salar d’Uyuni et la région du Sud-Lípez offrent parmi les plus beaux paysages d’Amérique du Sud.
Totalement isolée, soumise à de rudes conditions climatiques, cette terre extrême est aussi un pays des merveilles : désert de sel blanc, lacs rouges ou verts, rochers aux formes bizarroïdes, pistes traversant l’immensité sous le regard des volcans, troupeaux de lamas et placides flamants roses… On pourrait énumérer pendant des pages les splendeurs de ce coin de l’Altiplano.
Mais, au-delà de la carte postale, attendez-vous à vivre une expérience limite, à travers des paysages hallucinés et hallucinants où des hommes (si peu !) vivent en luttant contre les éléments. Le Sud-Lípez, c’est aussi – et avant tout – un voyage mental. Un périple inoubliable dans l’un des coins les plus reculés de notre bonne vieille planète.
Terre extrême

Autour de l'Altiplano, s'élèvent des volcans et s'étend le désert de l’Atacama, la région la plus aride au monde. En son cœur, se trouve le lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde, et une capitale, La Paz. Mais surtout, le Salar d’Uyuni et le Sud-Lípez : une région désertique, qu’on croirait sortie du cerveau d’un démiurge totalement halluciné.
Isolés et difficiles d’accès, le Salar et le Sud-Lípez, au sud-ouest de la Bolivie, sont pourtant des destinations touristiques. Le must d’un voyage en Amérique Latine. Un kaléidoscope de merveilles naturelles... Désert de sel d’un blanc immaculé sous un ciel bleu intense, lacs rouges, roses ou verts, geysers sentant le soufre (photo), rochers sculptés par l’érosion aux formes surréalistes, routes filant vers l’infini, ponctuées de villages abandonnés, de lamas et de flamants roses, et on en passe.
Est-ce l’effet des feuilles de coca que l’on mâche pour lutter contre la fatigue et le mal des montagnes ? Ici, le trip ne signifie pas que « voyage géographique ». L’Altiplano, c’est aussi un voyage mental dans une contrée « limite ».
Limite, car l’exploration de la région, qui nécessite absolument un guide-chauffeur en 4x4, est une véritable aventure. Le Sud-Lípez est dépourvu de moyen de communication, d’eau potable et de point de ravitaillement : attendez-vous à crapahuter à plus de 4 000 mètres d’altitude, à dormir dans des refuges sans chauffage par -20° et, surtout, voir, comme le Bateau ivre de Rimbaud, « ce que l’homme a cru voir » !
Salar d’Uyuni, plus grand désert de sel du monde

Le Salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel du monde, avec une superficie de 12 500 km2, soit l’équivalent de l’Île-de-France. Une immensité blanche, qu’on dirait de marbre, mais qui n’est que de sel. Plate jusqu’à la ligne d’horizon, sous un ciel bleu. Perfection minimaliste des lignes, pureté des couleurs, lumière intense : pas étonnant que l’endroit ait inspiré des réalisateurs de vidéo-clips.
Le sel craque comme la banquise, il a la dureté de la glace. Parfois, l’érosion a dessiné des formes géométriques sur l’infini blanc. Un paysage hallucinant. Au loin, on aperçoit la courbe des volcans et des montagnes. Ça et là, surgissent quelques îlots volcaniques, hérissés de cactus millénaires de 10 m de haut, comme la Isla Inca Huasi (photo) ou la Isla del Pescado. Des oasis sans eau. Au sud, le village de San Juan del Rosario, avec son église et ses lamas, marque la fin du désert de sel.
Le salar d’Uyuni, totalement enclavé, est une terre hostile. Pourtant, des hommes y travaillent dans le froid et la lumière aveuglante du soleil, que réverbère la blancheur du sel : ces forçats creusent la croûte saline pour en extraire des monticules non iodés. Pour combien de temps encore ? Le salar abriterait plus de 50 % des réserves mondiales de lithium, un précieux métal alcalin. Le site est protégé, mais le gouvernement bolivien souhaite exploiter le gisement de lithium. La mine de sel pourrait se transformer en mine d’or, avec des conséquences irréversibles pour l’environnement.
Lagunes colorées

Sortes d’oasis au milieu de paysages tourmentés, les lagunes sont les sites les plus marquants de la région. Ces lacs de montagne d’origine volcanique, aux eaux soufrées et salées, ont la particularité d’être colorées.
Entourée de volcans à 4 000 m d’altitude, la Laguna Colorada offre le spectacle d’une étendue liquide, allant du marron au rouge sang, en passant par le rose. Des teintes provoquées par les sédiments de couleur rouge et des algues microscopiques. Un paysage irréel, ponctué de flamants roses qui pataugent dans les eaux basses de la lagune.
Autre splendeur de la région : la Laguna Verde(photo), dont la couleur est due à la forte concentration en magnésium de l’eau. Un rêve de photographe, à plus de 4 500 m d’altitude, dominé par la silhouette altière du volcan Licancabur. D’ailleurs, la Nasa a immortalisé sa couleur unique depuis la navette spatiale. Vous êtes arrivés au bout de la route : derrière la frontière, voici le Chili et le désert de l’Atacama. C’est sublime !
Geysers et décors surréalistes

Entre la laguna Colorada et la laguna Verde, le désert de Salvador Dalí (photo) porte bien son nom avec ses pierres sculptées par le vent évoquant des formes surréalistes, ses terres aux couleurs chaudes, où l’on croise lamas et vigognes. Un paysage extraterrestre, comme issu d’une rêverie cosmique, encore plus impressionnant quand il neige.
Autre curiosité, les geysers et sources d’eau chaude. Dans le salar de Chalviri, à la laguna Polques, faites une halte pour prendre un bain. Et oui ! Même s’il fait froid, les eaux sont à environ 37° et, bien que le bassin soit exigu, le contact avec l’eau chaude procure une sensation délicieuse.
Encore plus chauds, les geysers Sol de Mañana : en y allant tôt le matin, vous serez plongés dans la brume d'émanations sulfureuses sortant de cratères à même le sol. Ne vous approchez pas trop, la température de la vapeur peut s’élever à 200° !
Conseils pour y aller
Les agences proposent à peu près toutes le même circuit et pratiquent des tarifs assez semblables, de 450 Bs à 1 000 Bs (48 à 110 €) selon le nombre de jours pour les tours organisés. Comptez plus cher pour un circuit à la carte. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des autres routards – et à vous plonger dans le guide du routard ! ¬ pour savoir quelle agence choisir, car les prestations sont variables.
Les conditions météorologiques sont changeantes et, surtout, extrêmes. Chutes de neige, vents forts, pluies diluviennes… Préparez-vous à d’éventuelles modifications de dernière minute, voire à vous retrouver bloqué dans un refuge. Ici, plus qu’ailleurs, il faut s’attendre à être confronté aux fameux aléas du voyage.
En conséquence, il faut être bien équipé pour s’aventurer dans le Sud-Lípez. Il fait très froid là-haut, alors prévoyez un anorak ou un coupe-vent, et le soleil cogne fort (lunettes et crème solaire obligatoires). Les refuges n’étant pas chauffés, pensez à louer un sac de couchage et à dormir habillé. Il fait de -10° à -20° à l’extérieur la nuit. Enfin, il n’y a aucun point de ravitaillement : si les repas sont inclus dans les tours, n’oubliez pas de prendre de l’eau, des provisions et du papier toilette. Ce serait dommage de gâcher un si beau voyage à cause de petits détails pas si superflus !
Enfin, sachez que certains tours peuvent vous conduire à San Pedro de Atacama au Chili – ou, à l’inverse, partent de là-bas. Cela vous évite de rebrousser chemin vers Uyuni à la frontière et, surtout, vous permet de découvrir les splendeurs du désert de l’Atacama. Mais, là, au Chili, un autre voyage commence…
Fiche pratique

Comment y aller ?
Aucun vol direct entre l’Europe et l’aéroport international de La Paz. Nécessité de passer par Lima, ou un autre grand aéroport sud-américain. Compter donc deux escales et un voyage assez long. Iberia propose des tarifs à partir de 900 €.
De La Paz, bus direct jusqu’à Uyuni via Oruro (11 h de route). Trajet de nuit dans des routes de montagnes, à vous de voir.
Sinon, possibilité de prendre le train de nuit d’Oruro à Uyuni. Bref, un sacré périple !
Où dormir ?
La plupart des hôtels à Uyuni sont tenus par les agences ; ne vous attendez pas à du grand luxe. Pendant le voyage à travers le Sud-Lípez, vous serez logé et nourri dans des refuges au confort spartiate, pas de chauffage, électricité quelques heures par jour, dortoirs…
Enfin, les hôtels de sel n’existent plus sur le Salar pour des raisons sanitaires. En revanche, on en trouve autour du salar : à l’intérieur, tout est en sel, et certains offrent un niveau de confort satisfaisant. Notre coup de cœur : l’hôtel Tayka de Sal
Quand y aller ?
En juillet et août, au cœur de la saison sèche, il peut faire très froid la nuit (c'est l'hiver austral), mais assez doux pendant la journée (15 à 20° C) si le blizzard ne souffle pas ; les pluies sont rarissimes en juin et juillet.
Les températures sont plus clémentes le reste de l’année, mais pas d’illusion : l’Altiplano se trouve entre 3 600 et 4 500 m d’altitude.
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les derniers reportages sur le meilleur en Bolivie

Le meilleur de la Bolivie

La Bolivie, terre d’aventuriers

Découvrez Amélie et son projet solidaire en Bolivie

La Bolivie, terre baroque






















