Îles Gili en Indonésie : laquelle choisir ?

05 mai 2025

Gili Trawangan, Gili Air, Gili Meno : ce trio d’îlots situé au nord-ouest de Lombok, île voisine de Bali, fait partie des circuits touristiques classiques. Une bonne étape entre les deux, à condition toutefois de bien choisir son île…
En effet, ne croyez pas débarquer sur l’île de Robinson Crusoé : loin d’être désertes – la première est même surpeuplée ! –, elles attirent pour leurs plages de sable blanc, leurs eaux paradisiaques propices à l’exploration des fonds marins, paradis de nombreuses tortues. Sans oublier la vie nocturne : les Gili sont aussi réputées pour leurs bars de plage et la fiesta, jusqu’au petit matin…
Alors, quelle île choisir dans l’archipel des Gili ? Voici des pistes…


Gili Trawangan : festive, très fréquentée, mais proche des spots de plongée

« Gili T », comme on a la surnomme ici, est la plus proche de Bali. Des trois, c’est l’île de tous les superlatifs : la plus grande (2 h de marche, pour en faire le tour), la plus construite, la plus festive. Et donc, la plus fréquentée !
Devenue terrain de jeu des hôtels avec piscines, des bars de plage et des restaurants, Gili Trawangan est désormais plus réputée pour sa vie nocturne que pour ses plages vierges, quasiment inexistantes. Sans parler des prix, délirants, d’autant plus en juillet et août. Conclusion, elle déçoit forcément un peu les routards dans l’âme…
Gili T a toutefois quelque chose pour elle : de beaux fonds marins à proximité. L’essentiel des plongées des îles Gili a en effet lieu ici. On peut cela dit séjourner sur l’une des deux autres îles, car, en bateau, cela ne change pas grand-chose !

Autre bonne nouvelle : on est au moins épargnés par les bruits de moteurs. Sur Gili T (comme sur les deux autres), pas de route et beaucoup, beaucoup de sable, si bien que le seul moyen de transport officiel n’est autre que la charrette à cheval.
Appelée cimodo, elle seule parvient vraiment à déjouer les pièges de ce sol compliqué à rider… Soyons clairs, c’est cher – 300 000 Rp, soit 17 € (!!) pour à peine 1 km –, mais quasiment indispensable si on est chargé, avec un hébergement loin de l’embarcadère…
On salue toutefois l’habileté des cochers – et de leurs chevaux –, qui, en plus de composer avec le terrain sableux, doivent slalomer entre les foules de touristes, distraits, à pied ou à vélo… Le vélo reste d’ailleurs la meilleure solution pour se déplacer de façon autonome plus rapidement qu’à pied, mais à moindre coût. Par endroits, on sera toutefois contraint de mettre pied à terre.
Ceux qui tiennent à séjourner à Gili T auront tout intérêt, pour un peu plus de tranquillité et moins se ruiner, à s’éloigner du débarcadère. Les meilleurs rapports qualité-prix se trouvent au sud du village, près des deux mosquées. Le tout, à seulement 3 minutes de la mer. Si l’envie (et le budget) y est, restent les chics resorts les pieds dans le sable, sur les côtes nord et ouest, plus au calme.
Gili Air : le bon compromis entre fête et farniente

Plus proche de Lombok, plus petite (1 h 30 pour en faire le tour à pied), Gili Air prend clairement exemple sur Gili T. Ici aussi, on fait la fête, d’autant plus au sud-ouest de l’île. Gili Air reste toutefois moins surpeuplée et plus décontractée. Un bon compromis, donc, pour qui cherche tout de même un peu d’animation…
À part peut-être pour retirer de l’argent, les plus allergiques aux coins ultra-touristiques éviteront les environs du débarcadère. Sa grande rue commerçante, où se succèdent boutiques en tout genre et restaurants aux influences du monde entier – de la pizza italienne aux galettes bretonnes – nous ferait presque oublier qu’on est sur une île indonésienne !
Le farniente s’avère bien agréable sur la plage au niveau des restaurants Vyaana Resort et Island View, côte à côte, à l’ouest de Gili Air. On s’offre une noix de coco à siroter et… à nous les transats ! Ceux à l’ombre de la végétation – cocotiers et grands pandanus, aux racines aériennes – nous plongent dans un véritable décor exotique.

Les eaux, turquoise, translucides, promettent une baignade délicieuse, le spectre du mont Agung de Bali, à l’arrière-plan. Une balançoire, pieds dans l’eau, réjouit les adeptes des photos souvenir semblant avoir été capturées au paradis. Et quand vient l’heure du coucher de soleil, magie garantie ! Pour le lever du soleil, on bascule de l’autre côté de l’île…
Pour assister aux deux, un endroit stratégique : tout au nord (au niveau du Indah Bar & Restaurant). Aux premières lueurs, quel spectacle ! Les premiers rayons surgissent à l’arrière du volcan Rinjani sur l’île de Lombok et viennent éclairer, pile en face, le majestueux mont Agung, sur l’île de Bali.
Les Gili sont, non pas des îles aux chiens – clin d’œil à Wes Anderson –, il n’y en a aucun, mais aux chats. Et ils sont loin d’être malheureux : sur la plage, sur une terrasse de restaurant ou sur une étagère de magasin… partout, les matous excellent dans l’art du farniente. Les Gili sont aussi les îles des champignons hallucinogènes (et pas que). Le soir venu, nombreux sont les bars à sortir des pancartes indiquant qu’ils en vendent. On ne vous les recommande sous aucun prétexte. Si ces derniers font l’objet d’un vide juridique, toutes les autres drogues sont bel et bien interdites en Indonésie, et sévèrement punies, jusqu’à la prison à vie !
Gili Meno : la plus Robinson Crusoé

Située entre les deux autres, de taille identique à Gili Air, c’est la plus préservée des trois. Gili Meno comble nos envies de sable fin et de tranquillité. Pour l’explorer, on enfourche volontiers un vélo. Le Jali Café, juste en face du débarcadère, en loue. La plus belle plage (magnifique eau turquoise, sable blanc…) pour se baigner se trouve sur la même côte, au sud.
Par endroits, notamment tout au sud, on s’y sent carrément seul au monde. Aux côtés des cactus, les gigantesques pandanus déploient leurs grandes racines aériennes aux abords des plages désertes.
À l’ouest de l’île, on se requinque volontiers, les pieds dans le sable et en toute simplicité, dans une paillote de plage. Par exemple, le Café Diana ou le Sasak Café. Quelques tables, Bob Marley qui fredonne… l’ambiance est ici définitivement bien plus roots que sur Gili T ou Gili Air !
Et, surtout, ils ne proposent que des plats indonésiens emblématiques, à l’image du délicieux gado-gado, un ensemble de crudités accompagnées de sauce cacahuète.
Le tout à deux pas d’un spot de snorkeling, accessible depuis la plage. C’est également l’endroit parfait pour le coucher de soleil avec vue sur le mont Agung de Bali, pile en face !

Juste derrière, on découvre un petit lac salé, dont on peut faire le tour grâce à une passerelle en bois. Attention aux moustiques… Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à voir ! Mais c’est justement ce qu’on aime, sur Gili Meno… Croisons les doigts pour qu’elle reste ainsi et ne devienne pas comme ses voisines, où le bétonnage à outrance est venu grignoter les plages, parfois inexistantes à marée haute.
Il y a, hélas, de quoi s’inquiéter : si, jusque-là, elle n’abritait que quelques hébergements, elle a vu pousser en 2023 un grand resort de luxe (Bask).
Gili signifie « petite île » en langue sasak, parlée par la majorité des habitants de Lombok. Il en existe donc bien d’autres autour de l’île : au sud-ouest, Gili Nanggu, Gili Sudak, Gili Kedis... Au nord-est, Gili Sulat, Gili Lawang, Gili Lampu…
Plongée et snorkeling sur les îles Gili

L’exploration des fonds marins est l’activité phare des îles Gili, où l’eau, translucide, avoisine les 30 °C. Côté plongée sous-marine, il existe une petite trentaine de sites, protégés par la barrière de corail, situés entre 5 et 15 minutes en bateau. Ce, pour plongeurs de tout niveau.
L’essentiel des sorties se déroule autour de Gili T. On croisera entre autres des requins, tantôt à pointes blanches, tantôt à pointes noires, sur les spots de Shark Point (7-30 m de profondeur), Deep Turbo (6-30 m de profondeur) et Manta Point. Comme son nom l’indique, ce dernier abrite aussi des raies manta, de décembre à mars.
À proximité de Gili Air, moins de spots, mais Han’s Reef donne à voir des espèces rares (nudibranches, poisson-grenouille, anguilles minuscules) au cœur d’une luminosité incroyable. Enfin, autour de Gili Meno, les poissons grouillent sur le site de Meno Wall (mur de 20 m) et les tortues à Turtle Heaven.

Les tortues, on les côtoie également – et de très, très près ! – avec un simple kit palmes-masque-tuba, notamment à Turtle Point, à Gili T. L’idéal est de s’y rendre à marée basse, quand elles sont occupées à farfouiller dans le sable dans très peu d’eau ; on nage alors à quelques centimètres d’elles ! Pour profiter pleinement du snorkeling, l’idéal est de participer à une sortie bateau, pour voguer de spots en spots au gré des trois îles.
Sans bateau, l’île la plus propice au snorkeling reste Gili Meno, où se trouve le plus grand nombre de sites de snorkeling accessibles directement de la plage. Au large du Sasak Café, Nest est le plus connu – et donc le plus fréquenté ; s’y rendre très tôt le matin avant l’arrivée de tous les bateaux. Il dévoile 15 statues en ronde, installées en 2017 à 4 m de profondeur. Elles font la joie des coraux et des poissons.
Pour voguer d’île en île, la solution la moins coûteuse est de prendre le bateau à l’embarcadère (s’y rendre directement pour acheter son ticket au comptoir). Le bateau rapide (speed boat) coûte deux fois plus cher que le bateau classique (par exemple : Air > Meno 85 000 roupies au lieu de 42 500), mais va en revanche près de trois fois plus vite (Air > Meno : environ 7 min au lieu de 20).
Les bateaux particuliers vous proposeront volontiers de vous emmener, mais le prix ne sera pas le même ; ils proposent généralement 200 à 300 000 IDR pour un aller entre Air et Meno, par exemple. Enfin, ne vous y risquez pas à la nage ! Les îles paraissent bien plus proches qu’elles ne le sont en réalité, les courants sont forts et certains touristes y sont déjà restés, dixit les locaux…
Fiche pratique
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Comment y aller ?
En avion, Paris-Bali : liaisons avec Singapour, Kuala Lumpur et l'archipel indonésien (vol Bali-Lombok à partir de 25 €...). Kuta se trouve à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport de Praya.
Comment se rendre sur les îles Gili ?
– De nombreuses compagnies privées relient Bali aux îles Gili (Padangbai, Amed, Serangan, Sanur). Leurs bateaux sont certes plus chers, mais bien plus rapides (fastboat). On peut acheter les billets directement sur place. De Padangbai, compter 1 h 30 à 2 h de trajet et 250 000 à 300 000 Rp le billet aller (le double pour l’AR, il est inutile de le prendre à l’avance). Il faudra ensuite payer une taxe à l’arrivée (10 000 Rp).
– Au départ de (ou vers) Lombok, Bangsal est le port historique. Il est préférable de se rendre directement au bureau officiel (ticket sale serviice), juste avant le quai. Au choix, pour la traversée : un slowboat public (25-45 min/12 000-15 000 Rp) ou un fastboat public (10-20 min/85 000 Rp, 8 fois par jour).
– Entre les îles Gili, on a le choix entre le public fastboat (ci-dessus) ou les bateaux de la compagnie Islands Hopping (s’adresser directement aux bureaux officiels des débarcadères de chaque île), pour, respectivement, 25 min/10 min de trajet et 25 000-40 000 Rp/85 000 Rp.
Bonnes adresses
– Harmony Guest House : Padangbai. Tél. : +62 81 246 584 872. ekapariana616@gmail.com. Une adresse toute simple, à deux pas du débarcadère : pratique pour ensuite prendre le bateau vers les îles Gili ! En plus, ils arrangent tout pour nous. Chambres doubles 200 000-250 000 roupies.
– Lombok Indah Bungalow : au nord de Gili Air, à deux pas de la plage et dans un grand jardin, des bungalows au confort rudimentaire (et sans piscine), mais à des prix plus doux qu’ailleurs. 225 000 Rp la nuit avec petit déjeuner.
– zZz Warung : à l’écart des adresses touristiques de Gili Air, à 5 minutes de la plage dans les terres, un warung sans prétention, où déguster de grands classiques indonésiens pour pas cher, comme le nasi goreng (riz frit).
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