Espagne : en Galice, face à l’Atlantique

le 20 avril 2013
À l’extrême ouest, l’Espagne verte se fait bleue. Au pied des forêts de pins et d’eucalyptus, la Côte de la Mort dissimule dans les nappes de brouillard son littoral déchiqueté, semé de phares et chahuté par les tempêtes hivernales.
L’été, de longues plages de sable clair s’étalent, bientôt avalées par le roc, le vent et le jusant. Passé le promontoire du cap Finisterre (avec deux « r »), où l’on aimerait croire que finit l’Europe, une autre côte se dessine : plus douce, plus peuplée, entaillée de profondes rias, ces vallées fluviales reconquises par la mer, aujourd’hui consacrées à l’élevage des moules.
Là, dans les replis bien abrités, des villes ont grandi sur les routes du commerce de la sardine et du sel : Noia, Cambados, Pontevedra : autant d’escales charmantes marquées du sceau de l’architecture médiévale, Renaissance ou baroque.
Pour Saint-Jacques-de-Compostelle, lire notre idée week-end consacrée à la ville.
La Corogne et le plus vieux phare du monde

C’est à La Corogne, ou à Ferrol, que débarquaient jadis les pèlerins anglais se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Petits bras, ces British : comparés à ceux qui cheminaient des semaines pour rejoindre le tombeau de l’apôtre Jacques, eux n’avaient que 72 km à parcourir ! Restait à braver la haute mer, les pirates et les coups de vent. On imagine leur soulagement lorsque, enfin, le fanal ruiniforme de la tour d’Hercule (photo) se dressait devant leurs yeux…
Aucun phare au monde ne peut se prévaloir d’une telle continuité : voici deux millénaires qu’il a été bâti par les Romains, pour empêcher leurs navires, venus s’approvisionner en étain, de s’empaler sur la Côte de la Mort. La Torre a survécu aux invasions barbares et aux nuits noires médiévales pour retrouver son feu au XVIIe siècle ; on la dota peu après du bel appareillage de pierres qui est encore le sien.
À l’autre extrémité de la presqu’île, le vieux châtelet de San Antón, devenu musée archéologique, monte la garde devant le port moderne. Au-dessus, la vieille ville n’a plus de raison de se terrer sur les hauteurs : les pestiférés et les flibustiers ont disparu. Reste un court entrelacs de ruelles pentues, sinuant entre l’igrexa Santiago et la Colexiata Santa María do Campo – aussi joliment romanes l’une que l’autre.
À l’heure des tapas, le cœur balance… Ici, l’oasis de fraîcheur de la praza Xeneral Azcárrega, à l’ombre des platanes et des magnolias. En bas, le théâtre urbain de la très baroque praza de María Pita, envahie de terrasses
Un monde de côtes sauvages

Oubliez les playas del Orzán et du Riazor, QG balnéaire de La Corogne… À peine les hideuses banlieues ont-elles disparu du rétroviseur qu’un monde de côtes sauvages se dessine. Voici la lagune et les dunes de Baldaio, le tapis de sable et la pinède de la Praia de Baldarés, le phare et les courtes falaises chaotiques de la Punta Roncudo bercés par la lumière déclinante du jour.
La Côte de la Mort est comme ça : on ne la visite pas vraiment, on picore plutôt, d’un lieu à l’autre, une belle image, un moment de plaisir ou de solitude, une baignade, un coup de vent frais dans le nez.
À Traba, on s’oublierait bien un moment. Certains se sont laissé tenter, qui campent dans leur combi ou leur camping-car, toit bardé de planches et ailes de kite. Adossée aux champs, la plage, immense, s’étire vers l’horizon, délimité par des rouleaux replets et des sommets en échines de dragons.
À l’orée du petit port de Camelle, les improbables sculptures de granit de Manfred Gnadinger se dressent face aux flots. Routard au long cours devenu ermite, le vieil allemand vécut ici dans une cabane de fortune durant plus de 40 ans, assemblant des cailloux roulés par le ressac à la manière d’un facteur Cheval.
Les autorités locales parlent pompeusement du Museo do Alemán (photo). C’est beaucoup mieux que cela : un recoin d’art brut et éphémère qui s’en retourne à la nature depuis la mort du vieil homme.
Le Cimetière des Anglais

L’aventure commence peu après, vers le hameau d’Arou, jeté sur un flanc de côte hostile, face à une plage semée de gros rochers. Pas de port ici : les hommes doivent passer la pointe pour retrouver leurs barques, endormies sur un échantillon de grève à l’abri d’une flottille d’îlots.
Plus jolie façon de rejoindre Camariñas, la Ruta do Litoral épouse la côte, s’en éloigne, y revient, abandonnant progressivement le goudron pour la terre battue.
Fidèle à ses mythes, elle plonge soudainement dans le brouillard, opaque jusqu’à oblitérer les écueils qui, un jour de novembre 1890, envoyèrent par le fond le HMS Serpent. Malgré la proximité de la côte, seuls 3 des 175 marins à bord survécurent : ceux qui avaient enfilé leur gilet de sauvetage. C’est à la suite de cette catastrophe, dit-on, que la Royal Navy les rendit obligatoires… Des vieux murs vides de tombeaux renferment les ossements des disparus au Cimetière des Anglais.
À deux pas, le vent est si puissant qu’il a fait refluer le sable jusqu’au sommet des montagnes, dessinant l’étonnante dune « remontante » de l’Enseada do Trece (204 m).
Plus tard, trop tard, les autorités espagnoles firent ériger le phare du Cabo Vilán, qui garde l’entrée de la ría de Camariñas. Bien à l’abri des houles, le port éponyme vit encore au rythme des déchargements de sardines – qui grillent sur les trottoirs, face aux cafés du front de mer.
L’océan, au bout du pèlerinage

La tradition, remontant à l’époque médiévale, est en pleine résurrection : arrivés à Saint-Jacques-de-Compostelle, certains pèlerins continuent leur cheminement jusqu’à l’océan.
Beaucoup gagnent d’abord Padrón, une petite ville tranquille où, sous l’autel de l’église, trône un improbable témoin de la légende : la bite d’amarrage en pierre à laquelle aurait été amarrée la barque portant le corps de saint Jacques depuis la Palestine…
Certains lui préfèrent Muxía pour rendre hommage à la Virxe da Barca, abritée en son austère sanctuaire (XVIIIe s) léché l’hiver par les déferlantes des tempêtes. Puis ils s’en vont par les sentiers littoraux, passant les landes rases du cap Touriñán en chemin vers Nemiña (jolie plage) et le but ultime de leur pérégrination : le cap Finisterre.
Géographiquement parlant, le Cabo da Roca portugais est situé plus à l’ouest. Mais, aux temps anciens, on croyait que le monde se terminait ici, face au bleu grisé de l’Atlantique. La foi se mêle en ces lieux aux mythes – et surtout à celui de l’Ara Solis, cette « pierre du soleil » adorée des Celtes, à l’endroit où l’astre du jour déclinant glisse derrière l’horizon.
Arrivés au bout du bout de leurs efforts, les pèlerins brûlaient leurs vêtements sur la longue et belle praia Langosteira, à l’entrée est du port de Fisterra. Ensuite, ils se laissaient glisser à l’eau pour parachever leur rituel de purification. Lavés de leurs ultimes péchés, ils étaient prêts, enfin, à repartir en quête d’une vie nouvelle.
Cap sur les Rías Baixas

Passé le cap Finisterre, une nouvelle Galice se dessine, plus douce, plus peuplée. Le littoral est ici entaillé de cinq grandes vallées fluviales envahies par la mer, les Rías Baixas. Elles sont bordées de petits ports et de villes. Les paysages, aux teintes d’aquarelles, alternent portions sauvages, estrans vaseux et zones balnéaires un peu trop développées.
À Carnota, à Lira, deux drôles d’oiseaux se dressent sur leurs lourdes échasses : les plus longs hórreos de Galice. Si ces étonnants greniers en pierre sur pilotis, destinés à protéger les récoltes de maïs, fleurissent le long des routes de la région, aucun n’atteint de telles proportions : 34,80 m de long à Carnota, 36,50 m à Lira !
Dans le tréfonds de sa ría, le port de Noia connut une période faste au Moyen Âge. Il en reste un gentil centre historique, veillé par une armée de saints et de vieillards musiciens ornant le portail gothique de sa cathédrale. Au-delà, on remonte plus encore le temps : agrippé à un îlot promontoire, le castro de Baroña (photo) est l’un de ces villages fortifiés celtes qui parsemaient le littoral galicien.
Un peu plus loin, les jolies pinèdes s’effacent pour laisser place à des côtes nues et chaudes où s’entasse le sable. Dans le parc naturel de Corrubedo, les dunes moutonnent sans fin en direction de l’estuaire du río do Mar, où s’étale la paradisiaque Praia da Ladeira.
La plus longue dune mouvante d’Espagne s’étire ici, sur 1,3 km de long. En arrière-plan, deux lagunes dessinent des oasis pour les oiseaux migrateurs.
Cambados, capitale du vin albariño

En partie fermée par la presqu’île d’O Grove, la ría de Arousa, la plus vaste de toutes, forme comme une petite mer intérieure sur laquelle flottent plusieurs îles – et une multitude de bateas, ces plates-formes utilisées pour la mytiliculture.
Largement balnéaire, elle laisse entrevoir, au sud, d’immenses estrans et bancs de sable, où les mariscadoras s’échinent, jour après jour, à ramasser coques et palourdes.
Ancré sur le flanc oriental de la baie, Cambados ramène au Siècle d’Or espagnol. On y pénètre comme dans un théâtre sur la remarquable place de Fefiñáns (photo), encadrée sur deux côtés par le palais du même nom, à la sublime architecture plateresque (Renaissance).
Cambados est la capitale de l’albariño, un excellent petit vin blanc fruité que l’on boit sous les tonnelles galiciennes… Un musée lui est consacré et une fête lui est même dédiée, fin juillet.
Mais rien ne vaut de parcourir les celliers et les vignes du Pazo a Capitana, un fort beau manoir fortifié du XVIIe siècle au domaine entièrement clos. Aux côtés de l’albariño, on y produit un étonnant espadeiro, tiré d’un cépage noir typique de la région du Miño. On le produit encore, comme autrefois, dans un impressionnant pressoir en pierre brute vieux de… quatre siècles.
Villages hors du temps

La côte nord de la ría de Pontevedra conduit, comme un entonnoir, vers Combarro. Si boutiques et restos ont envahi la rue littorale, la bourgade garde un charme ineffable avec ses hórreos de pierre (photo) juchés au bord même de la ria.
En arrière-plan, de vieux calvaires se dressent sur autant de minuscules placettes noyées dans le rose des lauriers et des bougainvillées. Le Christ y regarde sereinement vers les terres, la Vierge, plus inquiète, vers la mer.
À peine quitté le littoral, un autre monde s’ouvre, plus serein. Pins et eucalyptus couvrent des sierras aux mamelons entremêlés, où s’éparpillent villages et hameaux. À Armenteira, à Poio, des monastères dessinent des parenthèses temporelles. Le temps s’y écoule sans sablier, rythmé par les larmes de pluie érodant peu à peu les sculptures romanes, gothiques et baroques qui fleurissent sur la pierre.
Plus loin, à Soutomaior, un fier château médiéval s’accroche au passé, ses mâchicoulis bien découpés sur le bleu du ciel galicien. Féodal par excellence, ce bastion s’est adouci d’une timide loggia néogothique, ajoutée au XIXe siècle, qui s’ouvre sur le gazon de la première enceinte. On y accède, comme autrefois, par un court pont-levis.
Vigo et Pontevedra, cités rivales

L’élégance des places et maisons blasonnées de son centre historique en témoigne : Pontevedra fut jadis la cité la plus importante du sud de la Galice. Enrichie par le commerce de la sardine au Moyen Âge, elle vit se construire la Santa María, le navire amiral de Christophe Colomb.
Ensuite, Pontevedra sombra, peu à peu, dans le marasme de l’ensablement. Mieux située à l’embouchure de sa ria, Vigo la supplanta quand les navires, de plus en plus gros, eurent besoin d’un port en eaux profondes.
Pontevedra n’en a pas pour autant perdu sa joie de vivre. Pontevedra dá de beber a quen pasa, dit le dicton, en galicien. Le soir, c’est vrai, la foule envahit les terrasses de la praza da Leña (photo) et de la toute proche praza da Verdura, où l’on vendait jadis bois de chauffage et légumes. De tapa en tapa, de bar en bar, le centre, largement piéton, ne s’endort pas avant l’aube.
Il ne faudrait pas, pour autant, négliger les grands musées, les monastères ni, surtout, la splendide basílica de Santa María la Mayor. Répondant à la façade plateresque, un rare contre-portail roman s’y orne d’une quarantaine de scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Vigo n’a certes pas le même charme. Premier port de pêche d’Europe, la cité vibre au son des grues déchargeant les chalutiers géants et les porte-conteneurs. Noyé sous une gangue de modernité plus ou moins disgracieuse, le vieux quartier d’O Berbés a conservé un petit quelque chose d’interlope, avec ses ruelles escarpées et ses vendeurs ambulants.
Mais, on s’arrête surtout pour visiter l’intéressant Museo do Mar de Galicia, installé dans une ancienne conserverie, en périphérie.
Les îles Cies

Au large des Rías Baixas, flotte une vingtaine d’îles et d’îlots de granit. Quatre de ces archipels font partie depuis 2002 du parque nacional marítimo terrestre das illas atlánticas de Galicia, étendu sur plus de 83 km2 (dont 12 km2 seulement de terres émergées). Certains sont depuis toujours restés inhabités, mais d’autres, comme Ons et Cíes, ont vu leur village petit à petit évacué de sa population.
Accessibles depuis Vigo, Baiona ou Cangas, les îles Cíes (4,3 km2) sont parmi les plus belles. On y débarque à l’extrémité de la praia das Rodas, une longue langue de sable blanc fermant une lagune aux eaux saumâtres, élue en 2007 au nombre des 10 plus belles plages du monde par le Guardian !
À droite, un sentier mène à la gentille praia das Figueiras, ombragée par de grands eucalyptus, où l’on se passe aisément de maillot de bain. À l’opposé, on se hisse avec peine vers le Faro de Cíes, juché au sommet d’un promontoire (175 m), par un sentier à découvert grimpant en épingles à cheveux. De ce nid d’aigle, une vue magnifique se découvre sur l’océan et la herse de falaises de la côte ouest.
Une branche du chemin redescend vers le plus petit Faro da Porta en traversant les zones de nidification du goéland leucophée. Ils sont des centaines à nicher ici. Infatigables, les parents se relayent pour ramener le poisson qu’exigent les jeunes mouchetés de brun. En attendant de pouvoir s’envoler à leur tour, ils bénéficient d’un panorama imprenable sur l’île du Sud et l’entrée de la ría de Vigo.
Fiche pratique

Pour préparer votre voyage, consultez notre guide en ligne Espagne
Comment y aller ?
On rejoint aisément la Galice en vol direct depuis Paris, soit avec Air France (vers Vigo), soit avec Vueling (Saint-Jacques-de-Compostelle). Un troisième aéroport dessert la région : La Corogne. Autres options depuis Bâle et Genève et de partout ailleurs, via Madrid ou Barcelone, avec Iberia.
Sur place, le train délaisse l’essentiel du littoral. Il faut alors s’en remettre au bus, tout en sachant que les liaisons sont assez peu fréquentes et/ou peu pratiques le long de la Côte de la Mort et dans les péninsules de Barbanza et du Morrazo. Au final, une voiture est bien utile pour explorer ces secteurs et gagner les plages reculées.
Quand y aller ?
Nettement plus pluvieuse que le reste de l’Espagne, la Galice côtière reçoit en moyenne environ 1 000 mm de précipitations par an, soit 80 % de plus que Paris…
Le climat, tempéré par le Gulf Stream, est typiquement océanique, avec des températures plutôt douces l’hiver (il est rare qu’il gèle) et raisonnablement chaudes l’été (il est peu fréquent que le mercure dépasse 30 °C). Un peu comme sur le littoral breton, en fait… Dès que l’on rentre davantage dans les terres, l’amplitude thermique s’accroît.
Où dormir ?
Plus encore que le reste de l’Espagne, la Galice dispose d’un grand choix d’hébergements d’un bon rapport qualité-prix. S’il vaut mieux éviter août, toujours plus cher (parfois du double !), on trouve tout un tas de petits hôtels familiaux proposant des chambres pour 2 entre 40 et 50 €. C’est parfois encore moins cher hors saison, dans les bourgades moins touristiques et dans les pensions (dès 25-30 €), surtout si l’on est prêt à partager les sanitaires.
Les campings sont nombreux, mais offrent rarement beaucoup d’intimité, surtout en bord de mer (compter 20-35 € pour 2 avec tente). Notez que l’on peut camper aux îles d’Ons et Cíes en s’y prenant assez longtemps à l’avance (www.campingislascies.com).
Signalons aussi les chambres d’hôtes à la campagne (turismo rural) : elles occupent souvent des bâtiments anciens bien (voire trop) retapés, mais les prix montent (50-70 €).
Pour un moment inoubliable, offrez-vous une nuit au parador de Cambados, occupant un beau manoir du XVIIe s, ou à celui de Baiona, installé dans une immense forteresse gardant l’entrée de la baie (promos sur www.parador.es).
Gastronomie
La Galice est le paradis des amateurs de fruits de mer ! Saviez-vous que la province produit 50 % des moules d’Europe ? On se délecte aussi de coques, palourdes, pétoncles, couteaux, langoustines et même de pouces-pieds, sans oublier les poissons, bien sûr (souvent d’élevage désormais). Impossible, aussi, de ne pas citer l’incontournable poulpe, surtout servi a feira, grillé à l’huile d’olive et saupoudré de paprika.
Au quotidien, beaucoup de plats sont frits, sauf dans les meilleurs restaurants.
Autre temps fort du voyage en Galice : l’heure des tapas. Outre les fruits de mer, on retrouve les classiques raciones espagnoles de jambon cru, empanadas (sortes de tourtes fines) et excellents petits pimientos de Padrón. Tout verts, juste grillés dans le gros sel, il sont en général totalement inoffensifs (en général…).
Liens utiles
L’office de tourisme de La Corogne
Informations touristiques sur la Côte de la Mort
Ville de Cambados (en espagnol et anglais)
Office de tourisme de Pontevedra (en espagnol et anglais)
Office de tourisme de Vigo (en espagnol et anglais)
Parc national des îles de l’Atlantique (en espagnol)
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