Drôme : les Baronnies, la Provence des montagnes

17 juin 2025

Que voir, que faire dans les Baronnies, en Drôme provençale ?
Des champs d’oliviers et de lavande, des villages perchés, des rivières sauvages sinuant au cœur de gorges verdoyantes, des vergers, des vignes et une garrigue exhalant des senteurs de genêts… Cette remarquable mosaïque compose les paysages du parc naturel régional des Baronnies provençales. Un territoire surnommé la « Provence des montagnes », à visiter dans le sud de la Drôme.
Au menu : des randonnées avec à la clé des panoramas de toute beauté, mais aussi la découverte de villages médiévaux et de savoir-faire locaux uniques, ainsi que des marchés provençaux pleins de couleurs.



Nyons, le pays des oliviers

Nyons, joli bourg provençal entouré de collines, fleure bon la Provence, avec son marché du jeudi matin, très couru, où l’on fait provision de bons produits locaux.
Ici, la grande spécialité est l’olive noire de Nyons AOP, la tanche, une variété qui pousse sur les coteaux alentour, se récolte à partir de novembre, et se prépare en saumure ou piquée. L’huile d’olive de Nyons possède aussi son AOP.

À Vignolis, la coopérative oléicole et viticole du Nyonsais, un musée (gratuit) est dédié à l’histoire des oliviers sur ce territoire. On peut y voir des presses, des meules en pierre et des outils anciens, avant de conclure la visite par une dégustation d’olives et de vin. Dans la boutique, toutes sortes de produits locaux sont en vente.
En rejoignant la digue longeant l’Eygues, au niveau du pont roman (construit entre 1341 et 1409), on découvre dans un petit musée deux moulins à huile des XVIIIe et XIXe siècles, une savonnerie datant du XVIIIe siècle et une ancienne cuisine provençale. Une visite intéressante.

Ne manquez pas la Scourtinerie, la dernière fabrique en France de scourtins, ces galettes rondes en fibres de coco qui étaient utilisées lors de l’extraction de l’huile d’olive.
Depuis les années 1950, l’entreprise familiale (la 5e génération est à l’œuvre !) s’est reconvertie dans la déco (tapis, paillassons, dessous de plat…), osant toutes sortes de couleurs. À voir : le petit musée (gratuit) et l’atelier (pour avoir une visite guidée, il faut réserver), et la boutique.

Dans le centre-ville de Nyons, la Maison des huiles d’olive, gérée par une association regroupant les structures oléicoles de la Drôme, propose une exposition sur les cinq sens, ainsi que des ateliers cuisine ou cosmétiques.
C’est d’ici que part le Sentier des Oliviers, une belle balade jalonnée par des panneaux informatifs, qui vous mènera sur les hauteurs de Nyons.
À Nyons, on célèbre l’olive tout au long de l’année. Mi-décembre, c’est la Fête de l’olive piquée. Le premier week-end de février, place à L’Alicoque, la fête de l’Huile nouvelle. Et en juillet, lors des Olivades, toutes sortes d’animations sont proposées pendant un week-end : marchés, balades, concerts, ateliers de cuisine…
Sur la route de la soie à Taulignan

À 18 km au nord-ouest de Nyons, on rejoint un autre joli village médiéval, Taulignan. Du château qui trônait jadis en son centre, il ne reste que peu de traces. En revanche, ses remparts du XIVe siècle sont encore bien visibles, onze des quatorze tours ayant survécu.
En se promenant dans les ruelles, on peut admirer de belles façades des XVe, XVIe et XVIIe siècles, témoignant de l’ancienne prospérité de la cité grâce à la fabrication de la soie.

Pour découvrir l’histoire de cette industrie à Taulignan, rendez-vous au musée de la Soie, où toutes les étapes de production de la précieuse étoffe sont détaillées, de la sériciculture (l’élevage de vers à soie) au tissage, en passant par la filature et le moulinage. Enfin, dans la boutique sont vendus des articles artisanaux en soie, venant notamment du Laos et de Madagascar (en circuit court), sélectionnés pas Gaëlle et Sébastien Moura, les gardiens du lieu, qui organisent trois expositions chaque année.
En partant du musée de la Soie (place du Onze-Novembre), on peut poursuivre la découverte en suivant le chemin de la soie, une agréable balade de 4 km (comptez entre 1 h et 1 h 30), sur les traces des anciens moulinages qui étaient en activité à Taulignan au XIXe et début du XXe siècles.
Prendre de la hauteur à Saint-May

Après avoir emprunté une étroite route montant à flanc de montagne, Saint-May, à 25 km à l’est de Nyons, se visite à pied. Ce pittoresque village de pierre aux ruelles fleuries est perché au-dessus des gorges de l’Eygues.
Son sommet est occupé par un petit cimetière, auquel on accède via un escalier avec une vue plongeante sur la rivière. De là-haut, on domine le village, encaissé entre les montagnes.

De Saint-May, une route vertigineuse – se croiser peut s’avérer délicat – conduit au parking à l’entrée du sentier menant au Rocher du Caire (780 m d’alt.). Le chemin d’1,5 km (20 à 30 minutes) grimpe au cœur de la végétation : chênes pubescents et alisiers blancs, thym, genêt scorpion, buis, genévrier, pins sylvestres, et même un champ de lavande.
Arrivé à la croix, vous profiterez d’un superbe panorama, et peut-être aurez-vous la chance d’apercevoir l’un des vautours fauves qui peuplent les falaises.
Si vous n’avez pas eu l’occasion d’observer les vautours du Rocher du Caire, vous pouvez tenter votre chance depuis le toit-terrasse de la Maison des Vautours (installée dans l’office de tourisme de Rémuzat). Vous y apprendrez quantité de choses sur les quatre espèces de vautours qui vivent aux alentours, mais aussi sur l’histoire et l’image, dans les différentes cultures, de cet animal, tantôt vénéré comme une divinité, tantôt détesté, au point de faire l’objet d’une campagne d’extermination. Entrée libre.
Pause baignade à Cornillon-sur-l’Oule

Il fait trop chaud pour randonner ? Direction le Pas-des-Ondes, sur la commune de Cornillon-sur-l’Oule (10 km de Saint-May), où deux plans d’eau artificiels, cernés de montagnes, sont une vraie oasis de fraîcheur au cœur de la nature.
Bordé par l’Oule, un sentier, tout plat, en fait le tour, donnant l’occasion d’une petite balade familiale (il est accessible aux poussettes). On peut se baigner dans le premier plan d’eau, ou louer un canoë.

Le deuxième, lui, est réservé à la pêche à la ligne. Si vous n’avez pas prévu de pique-nique, vous trouverez également un restaurant sur place. À noter que le parking est payant en haute saison (lorsque la baignade est surveillée).
Pour ceux qui préfèrent l’eau vive, il y a de jolis coins de baignade dans les gorges d’Ubrieux, près de Buis-les-Baronnies, ou dans celles de l’Ouvèze ou du Toulourenc. En été, lorsque le débit est faible, n’hésitez pas à vérifier la qualité des eaux de baignade avant d’aller piquer une tête.
Buis-les-Baronnies, patrimoine historique et marché provençal

Située à 30 km au sud-est de Nyons, Buis-les-Baronnies, l’ancienne capitale des barons de Mévouillon, possède de beaux édifices. Une balade dans les ruelles du centre historique permet d’admirer les vestiges des anciens remparts médiévaux, la tour du Safre (XIVe siècle), l’église du XIIIe siècle, la porte monumentale de l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines (XVIIe siècle) ou le cloître (en libre accès) du couvent des Dominicains.
Ses bâtiments furent confisqués à la Révolution, puis rachetés par la mairie, qui y installa un collège et la mairie, avant d’en faire un lieu de vacances en famille.

Chaque mercredi matin, la très belle place des Arcades accueille un pittoresque marché qui investit également nombre de rues adjacentes. Une bonne occasion de faire provision de bons produits locaux.
D’autres jolis villages des Baronnies valent la peine qu’on s’y arrête, comme Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, perché à 640 m d’altitude, Sainte-Jalle, doté de la très belle église romane Notre-Dame-de-Beauvert, ou encore Villeperdrix, avec son ancien rempart, son église Saint-Pierre, ses calades et ses soustets (passages couverts).
Montbrun-les-Bains, sous le signe de l’eau

C’est l’un des « Plus beaux villages de France », situé au sud des Baronnies à 27 km au sud-est de Buis. Accroché à flanc de massif, le vieux Montbrun-les-Bains, avec ses hautes maisons, domine la plaine, délimitée par les monts de Vaucluse et la chaîne du Ventoux.
Au sommet, le château médiéval, démantelé à la Révolution, garde fière allure, avec ses quatre tours toujours debout. Il ne se visite pas, mais on peut le voir de l’extérieur, sur la bien nommée place du Château.

L’eau est au cœur de l’activité du village. Son centre thermal met à profit les bienfaits des eaux sulfurées, déjà exploitées au temps des Romains. L’eau est aussi le fil conducteur du « sentier des fontaines », un itinéraire de 2,9 km proposé par l’office de tourisme.
Collectionner les nombreuses fontaines est un prétexte pour emprunter les jolies calades fleuries fréquentées par des chats flegmatiques, passer sous des porches, faire une halte rafraîchissante dans l’église Notre-Dame, et profiter d’un formidable panorama depuis la place du Grand-Soleil.
En quittant Montbrun, on s’engouffre dans les très belles gorges d’Aulan, où coule le Toulourenc, jusqu’au château d’Aulan, perché sur son piton rocheux. Depuis 1635, il est habité par la même famille, les Suarez d’Aulan, dont on découvre des portraits dans les différentes pièces et dont l’histoire vous est contée par la passionnante Laurence, dont l’humour rend la visite encore plus captivante.
Fiche pratique
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Agence d’attractivité de la Drôme
Maison du parc naturel des Baronnies provençales (575, route de Nyons, Sahune). Une expo permanente donne des clés pour découvrir ce territoire. Également des expos temporaires.
Comment y aller et se déplacer ?
– En train : de Paris, comptez 3 h de TGV pour rallier Montélimar.
– Sur place, le plus simple est de louer une voiture pour sillonner la région. Vous pouvez également vous déplacer à vélo.
Bonnes adresses
– D’un Goût à l’Autre : 21, rue des Déportés, Nyons. Formules entre 34 € et 54 €. Plat : 27 €. Une cuisine de saison, bio et durable, mais aussi créative et raffinée. On recommande !
– Les Arcades : 7, place du Marché, Buis-les-Baronnies. Chambres à partir de 95 € la nuit. Un hôtel confortable, idéalement situé sur la place des Arcades, où se tient le marché hebdomadaire, tous les mercredis matin. Accueil sympathique.
– La Mi-Saison : 17, place du Marché, Buis-les-Baronnies. Ce restaurant sert une cuisine généreuse, concoctée avec des produits locaux et de saison, et joliment présentée. Excellent rapport qualité-prix (une formule entrée-plat-dessert à 26 €), et accueil au top.
– Restaurant du Midi : 12, place du Champ-de-Mars, Rémuzat. Parfait pour un déjeuner en terrasse. Plats (salades, burgers, plats provençaux….) : 16-18 €. Très bonnes glaces aux parfums originaux (lavande, fleur d’oranger avec éclats de pistache…).
– La Clavelière : Saint-Auban-sur-L’Ouvèze. Chambres à partir de 63 € la nuit et 117 € en demi-pension (petit déj et dîner). Un hôtel-restaurant familial installé dans une bâtisse en pierre. Aux beaux jours : piscine extérieure et restaurant en terrasse, avec superbe vue sur les montagnes et la campagne.
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Où trouver de bons produits locaux ?
– La Para : 46, Promenade de la Digue, Nyons. Cela fait 20 ans que Raphaël Delaye-Reynaud fabrique avec passion (et une pêche d’enfer !) des vinaigres de manière artisanale, sans sulfite ni conservateur, confectionnés avec des plantes et vins locaux. Et c’est vraiment excellent, tout comme ses moutardes. Visites guidées toute l’année à 11 h et vente à la boutique.
– Ferme de Perdicus : 14, Le Serre, Villeperdrix. Adrien Donzet et Florent Labussière ont repris l’exploitation familiale il y a 7 ans et y cultivent entre 80 et 100 espèces différentes : oliviers, cerisiers, grenadiers, figuiers, pruniers, plantes à parfum aromatiques et médicinales… Les produits (huile, olives, sirops, confitures, macérations…) sont en vente directe à la boutique dans le village (téléphonez avant, c’est mieux). Ils proposent aussi des balades avec leurs ânes, ainsi qu’un gîte rural à la location.
– Ferme Brès : 1295, chemin de Pied de Vaux, Nyons. Dans ce domaine familial installé sur les hauteurs de Nyons depuis plus de deux siècles, la tanche est reine et se décline de l’olive de table à l’huile d’olive, en passant par la tapenade (aux câpres et tomates séchées), l’affinade (une onctueuse crème d’olive) et l’olivade (à l’ail et au basilic). C’est délicieux, et en plus, tout est bio.
– Damien Felix : 2575, route de Bramard, Sahune. Quatrième génération à cultiver les terres familiales, cet arboriculteur produit des abricots (IGP abricot des Baronnies), mais aussi des olives de Nyons AOP (bio) et des cerises. En saison, on peut acheter ses fruits à la ferme (également des nectars d’abricots, des confitures). Appelez avant de venir.
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