Chine : Kunming et le Yunnan du fleuve Rouge

30 octobre 2014

Plusieurs fois cité au Patrimoine mondial de l’Unesco, le Yunnan, province « au sud des nuages » en chinois, cumule les superlatifs : le plus grand nombre d’ethnies de Chine, des paysages spectaculaires, la biodiversité la plus importante du pays, etc.
La fascinante région du fleuve Rouge, au sud-est du Yunnan, se parcourt de la capitale Kunming jusqu’à la frontière vietnamienne. En chemin, on croise la féerique forêt de pierres de Shilin, l’ancestrale cité chinoise de Jianshui et les rizières en terrasse de Yuanyang (photo).
Un itinéraire mythique, qui fut celui d’Auguste François, consul de France et pionnier de la photographie. Il arpenta la région pour préparer l’arrivée de l’époustouflante ligne ferroviaire métrique Kunming-Haiphong, via Hanoï, inaugurée en 1910, à l’époque où l’empire colonial français rêvait de la Chine.
Grâce à l’amélioration des routes, la région se parcourt facilement malgré son relief accidenté. Sa découverte se combine avec la route du Thé et des Chevaux, l’itinéraire classique du Yunnan remontant vers le Tibet, ou une incursion au nord-Vietnam (Sapa, Hanoï, Baie d’Halong…).
Un autre visage de la Chine, à découvrir.
Itinéraire dans l'autre Yunnan

Aussitôt débarqué, aussitôt reparti, tel est le souvenir que Kunming laisse à certains voyageurs, trop pressés de la quitter. Pourtant, la capitale provinciale, surnommée « ville du Printemps Éternel » (Chuncheng ; 春城) pour son doux climat, offre l’occasion de s’imprégner d’une Chine éloignée de l’académisme pékinois et de la frénésie shanghaienne.
Ensuite, cap au sud-est, pour flirter avec le fleuve Rouge en direction du Vietnam. D’abord, pour pénétrer un espace tournant le dos à 180° aux célèbres villes de Dali, Lijiang et compagnie : le Yunnan du fleuve Rouge, comme un autre pays au cœur de la province au Sud des Nuages.
Après la magie de la Forêt de Pierres de Shilin (photo), c’est au tour de Jianshui de surprendre par sa beauté typiquement chinoise, en pleine terre de « minorités ethniques ».
S’ouvre ensuite le monde surnaturel des rizières en terrasse et marchés multicolores de la région de Yuanyang. Il surplombe le fleuve Rouge qui quitte la Chine à la frontière de Hekou-Lao Cai, 155 km plus loin et à seulement 70 m d’altitude, quand au nord du Yunnan les sommets flirtent avec les 7 000 m.
Kunming et ses environs

À 2 000 m d’altitude, près du lac Dian où prospéra une remarquable culture du bronze (12e s av. J.-C.-1er s. ap. J.-C.), Kunming est moins polluée que les autres capitales chinoises.
C’est une ville humaine (1 million d’habitants), où règne un revigorant brassage culturel. 40 % de la population est non Han (ethnie majoritaire en Chine), tandis que l’Asie du Sud-Est et l’aire culturelle tibétaine sont voisines.
Pour une belle promenade, démarrez du majestueux temple Yuantong (圆通寺), rejoignez le lac Cuihu (翠湖公园), puis le quartier du Marché aux Fleurs et aux Oiseaux (Huaniao shichang ;花鸟市场) et ses élégantes demeures en bois. Sur Nanping Jie (南屏街), axe principal d’un hyper centre plus populaire qu’élitiste, la modernité se fane et renaît par bouquets successifs.
Modestes, les musées abordent l’histoire du Yunnan, carrefour d’antiques routes commerciales et siège de royaumes, tour à tour alliés ou ennemis, de la Chine ou du Tibet. Le musée provincial (云南省博物馆) se consacre ainsi aux 26 ethnies de la province, un record dans un pays qui en compte 56 en tout.
À 12 km au nord-ouest de Kunming, le Temple des Bambous (Qiongzhu Si ; (筇竹寺) fut au 13e s le 1er sanctuaire yunnanais de l’école Chan (zen en japonais) . Il abrite l’une des plus belles collections chinoises de statues d’arhats (apôtres du bouddhisme), au style caricatural en vogue à la fin du 19e s.
Côté nature, les pitons karstiques des forêts de Pierre de Shilin (石林) et Naigu Shilin (乃古石林) orchestrent le spectacle unique du minéral travesti en végétal.
Venu de Birmanie, sa majesté le jade illumine le shopping. Pour une pièce certifiée, choisissez un magasin officiel. Négociez, même si le prix semble fixe.
Autre trésor du Yunnan, le thé. Les infusions du célébrissime Pu-Er revêtent des couleurs allant du jaune délicat au carmin. Son commerce soulève les passions ; on le devine sur le grand marché du thé.
Gourmandise au Yunnan

La cuisine du Yunnan, qui partage certaines saveurs avec celle du Sichuan, s’enrichit d’influences d’Asie centrale et du Sud-Est. Elle se distingue par l’abondance et la variété des aliments, reflet de celle de ses terroirs.
Commençons par les myriades d’étals et de gargotes. Les Chinois n’ont pas attendu la mode de la street food pour consommer ce qu’ils appellent les xiao chi (小吃) – de « petites bouchées » pas forcément frugales.
Découpés dans des pains de riz compressé, les surprenants erkuai (饵块 ; « morceaux d’oreilles ») se consomment idéalement frits avec du porc et des champignons ou des pickles.
Grande spécialité du Yunnan, les nouilles de riz mixian (米线) se consomment de multiples manières, la plus célèbre étant celle qui « traverse le pont » (guoqiao mixian ; 过桥米线). Nouilles encore, mais de blé, les lumian (卤面) ; « sucrée-acide-épicées», sont braisées dans une sauce soja.
Et le tofu(豆腐 ; doufu) ? Ce caillé de soja existe en autant de textures et préparations que ses cousins laitiers. Must local, le chou doufu (臭豆腐), une version fermentée signifiant « tofu qui pue » ! Pourtant, s’il peut « dégager » autant qu’un vieux Maroilles, certains comme celui de Jianshui ont la délicatesse d’un jeune camembert. Mariné, ces tofus parfument les condiments régionaux lufu (卤腐) ou doufuru (豆腐乳).
Dans les restos plus apprêtés, vous trouverez du huotui (火腿), un jambon sec de réputation mondiale, et du rubing (乳饼), un fromage de chèvre. À goûter aussi, le laonai yangyu (老奶洋芋), une purée parfumée au fenouil et aux épices, et les suhongdou (酥红豆), des haricots rouges croustillants, agrémentés de menthe ou de verdure amère.
Plus de 800 variétés de champignons sauvages (junzi ;菌子) sont recensées dans la province. Le quartier des fondues au champis de Kunming est un paradis pour les amateurs.
Berceau du thé et terroir de grands crus

Multiplicité des crus et des appellations, des accessoires et des rituels… Le thé occupe en Chine la place du vin en Occident.
Considéré comme le berceau de sa culture, le Yunnan est, dès l’an 800, parcouru de caravanes empruntant la Route du Thé et des Chevaux (Chama Gudao ;茶马古道) qui le relie au Tibet. Là, les feuilles compressées en briques s’échangeaient contre le sel et les destriers des hauts plateaux.
Aujourd’hui première productrice chinoise, la province est le bastion du « Camelia Sinensis Assamica » – une variété à grandes feuilles des régions tropicales d’altitude qui sert à élaborer le fameux Pu’Er (普洱茶).
Le thé et ses couleurs ? Une fois cueillies, les feuilles rougissent en quelques heures. On les en empêche pour faire du thé vert (lücha ; 绿茶). Dans le cas du thé rouge (hongcha ; 红茶), appelé noir en Occident, le processus est figé.
Quant au Pu-Er, il sèche au soleil mais conserve assez de micro-organismes pour fermenter. Cette évolution est artificiellement accélérée dans sa version shu cha (熟茶 ; « thé cuit »), à la robe rouge et au parfum d’humus. Vanté pour ses vertus amincissantes, il s’est fait une place en Occident, sous sa forme compressée de nid à émietter tuocha (沱茶 ).
Les Chinois préfèrent leur Pu-er en Shengcha (生茶, « thé cru »), qui « mûrit » naturellement. Les infusions de ce thé de garde sont plus claires et subtiles. Les vieilles galettes (bing) atteignent des prix astronomiques.
Les amateurs les plus éclairés plébiscitent les anciens plans de thés gushu (古树), atteignant 2-3 m de hauteur. Ils n’existent qu’au Xishuangbanna, une région baignée par le Mékong, à l’ouest du fleuve Rouge.
Connaisseur ou pas, le curieux découvrira un univers fascinant au marché du thé de Kunming de Beishi Qu, qui réunit plus de 1 800 enseignes.
Auguste François, le Mandarin blanc…

À Kunming, les rangées de platanes, appelés Faguo (Français) wutong ( 法国梧桐) évoquent le début du 20e s. Lorgnant alors sur le Yunnan, la France y installe les consulats de Kunming et Mengzi, et obtient la concession des postes et douanes.
Des missionnaires s’installent dans la région, donnant naissance aux fascinantes petites communautés de chrétiens tibétains subsistant aux confins nord-ouest de la province.
C’est l’époque d’Auguste François, consul de France à Kunming. Son surnom de Mandarin blanc révèle son excentricité et sa distance avec l’esprit purement conquérant de certains de ses contemporains.
Équipé par les Frères Lumière et Gaumont, ce pionnier de la photographie réalise de nombreux clichés et même quelques films, soigneusement composés et en partie conservés au Musée Guimet. À Kunming, en fouillant un peu, vous en trouverez édités en cartes postales.
Persuadé que « la province entière ne vaut pas les os d'un tirailleur annamite », le consul raillait les visées expansionnistes de Paul Doumer, qui voulait faire du Yunnan un nouvel Eldorado.
But moins avouable, il s’agissait aussi de faire main basse sur l’opium du Sud-Ouest chinois, histoire de rééquilibrer un budget colonial chancelant et de contrer le pavot anglais des Indes…
A lire pour en savoir plus : L'Iconoclaste, Auguste François, consul, photographe, explorateur, misanthrope, incorruptible et ennemi des intrigants, Boris Martin, Editions du Pacifique.
L’incroyable train « français » du Yunnan

Inaugurée en 1910, la section yunnanaise de la voie métrique (et mythique) Kunming-Haiphong, via Hanoï est désaffectée depuis 2005.
Qu’adviendra-t-il du pont en dentelle, de la centaine de tunnels parfois directement reliés par des viaducs, du célèbre pont en arbalète ? De tant d’ouvrages d’art, dont les structures métalliques de style Eiffel arrivèrent de France par voie d’eau, puis à dos d'homme et de mules à travers les montagnes ?
Ces glorieux vestiges rappellent la bataille du rail à laquelle se sont livrés Anglais et Français pour atteindre le Yunnan. Barrée par les vertigineuses gorges de la Salween, du Mékong et du Yangzi, Albion renonce mais les Français s'entêtent.
À l’ouverture de la ligne, le bilan humain de cette entreprise titanesque est désastreux : 1/5e des 70 000 coolies chinois et vietnamiens engagés pour la construction ont trouvé la mort. Seuls les bourreaux japonais du pont de la rivière Kwai battront cet effroyable record.
En mars 2013, le Yunnan et la diplomatie française ont organisé un colloque afin de proposer l’inscription de la voie à l’Unesco. Des itinéraires de randos pédestres ou cyclistes sont évoqués. Espérons qu’une solution de conservation sera trouvée, au nom du génie humain et de ses martyrs…
En partie installé dans l’ancienne gare du nord, le Musée ferroviaire de Kunming (云南铁路博物馆) rassemble du matériel roulant et des photos intéressantes. Après la visite, sachez que « La gare du Sud » abrite un bon resto…
Sur le terrain, quelques anciennes gares survivent, comme celle de Bisezhai (碧色), à 15 km de Mengzi, typiquement française, horloge du quai comprise. Quant au pont en arbalète (人字桥 ; renzi qiao), il dispose d’un accès aménagé.
Jianshui : « Tigres et Dragons » » au pays des « minorités ethniques »

Le secret du charme irrésistible de Jianshui ? La combinaison de son patrimoine culturel matériel – temples et demeures de pierre et de bois, aux toitures recourbées – et immatériel, constitué de coutumes locales toujours vivantes.
Mais que fait cette cité si chinoise de 420 000 habitants, située à 214 km au sud de Kunming, sur ces terres où les ethnies « minoritaires » dominent ?
Elle doit sa création, au 8e s, à sa position stratégique sur la route du Vietnam. Le royaume Nanzhao, indépendant de la Chine, y installe une garnison.
Bien que d’origine mongole, l’empereur Kubilai Khan (dynastie Yuan, 1279-1368) sinise ce poste avancé en y bâtissant le Temple de Confucius et y bannissant des hauts fonctionnaires et membres des dynasties qu’il a renversées.
Il encourage aussi l’installation d’artisans venus de tout l’Empire, tout comme celle de ses compagnons d’armes, les Hui musulmans. Leur quartier actuel se trouve au nord-est de la Porte Face au Soleil.
Le haut niveau d’éducation de la ville s’accompagne d’un sentiment nationaliste. Il s’illustre au début du 20es. Non contente de refuser le train des Français, la cité construit le sien en 1912, sur une voie étroite de 60 cm, entre Mengzi et Shiping.
Et, comme une revanche pour cette terre de bannis, c’est de Jianshui que Zhu De, futur chef de l’Armée Rouge, orchestre en 1911 son soutien à la révolution de Sun Yat-Sen, autrement dit à la fin de l’Empire.
Visite de Jianshui

Jianshui a conservé bon nombre de monuments, de traditions et de vieilles demeures.
Vestige des fortifications de la fin du 14e s., la majestueuse Tour Face au Soleil (Chaoyang Lou ; 朝阳楼) est surnommée la « petite Tiananmen » pour sa ressemblance avec la porte de la Cité interdite. Sa terrasse domine une place animée.
À l’opposé, l’axe principal de la vieille ville (Lin'an Lu ;临安路) mène au temple de Confucius Kong Miao (孔庙) - photo -, le 3e plus grand de Chine ! La Mer du Savoir y précède de vénérables portiques de pierre, panneaux de bois sculptés et pavillons.
La perpendiculaire Hanlin jie (翰林街) dessert la Résidence des Zhu (Zhujia Huayuan,主家花园). Construits fin 19e s par de riches négociants, ses 20 000 m2 de pavillons, cours, théâtre et jardin donnent une idée du luxe d’antan. D’autres temples jalonnent le centre historique, tandis que des bâtisses reconstruites à l’ancienne se fondent dans le décor.
Les habitants restent attachés à leurs traditions, comme celle de tirer l’eau à l’un des vieux puits, aux margelles entaillées par les cordes. Celui de Ximenjing (西门井) alimente l’une des fabriques du délicieux chou tofu de Jianshui.
Pour une excursion dépaysante, cap sur le photogénique Pont du Double Dragon (双龙桥 ; Shuanglong Qiao). Doté de 3 arches à sa naissance au 17e s, il en gagna 14 quand la rivière changea de cours.
Plus loin, le village de Tuanshan (团山), au patrimoine protégé, est comme figé dans son jus. De simples cours cachent parfois de véritables œuvres d’art. Ne pas manquer les portes du village et le temple Da Cheng Si (大成寺) pour ses superbes portes sculptées.
Quant à la fameuse poterie de Jianshui, polie au galet, elle est fabriquée dans le village de Wan Yao Cun (碗窑村), 2 km à l’ouest du centre.
Yuanyang : les plus belles rizières en terrasse du monde ?

Depuis le fleuve Rouge, la route en lacets s’élève à plus de 1 500 m vers les rizières en terrasse du district de Yuanyang (元阳). Pour nombre d’amateurs, elles seraient encore plus belles que celles de Bali ou des Philippines.
Appelées les « escaliers du ciel » (Titian ;梯田), elles deviennent « miroirs du ciel », lorsque, inondées, elles reflètent l’azur et les nuages. Très dense, le tissage curviligne des champs emmaillote les fortes déclivités. Dans les années 1990, le photographe Yan Layma contribua à faire connaître ce paradis.
On doit ces rizières aux ethnies Hani et Yi. Chassées des vallées par les Han et les Dai (une branche des Thaïs), elles durent apprivoiser les montagnes inhospitalières pour survivre.
Près de 1 000 ans de travaux herculéens sont à l’origine de leur ouvrage gigantesque, presque magique. Transcendant l’union de l’homme et de la terre, ces rizières illustrent aussi un mode d’agriculture durable avant l’heure.
Planté au début du printemps, le riz est récolté une fois l’an. Perfectionné par l’élevage (buffles, canard, poissons, etc.), ce système semi-aquatique et ses interactions avec la culture teintée d’animisme des Hani a motivé le classement par l’Unesco en 2013 d’un périmètre de 1000 km2, au-delà de seuls critères esthétiques.
Paradoxalement, ce gain de renommée met potentiellement la région en péril. Séduits par la manne touristique, des autochtones désertent leurs rizières. Un camouflage imite les murs de pisé des anciennes maisons « champignon », mais leurs toits de chaume ont disparu.
Qu’on se rassure pourtant, seul le tourisme évitera aux rizières de disparaître. Car un autre danger menace le site : l’invasion des écrevisses de Louisiane ! Importées au début des années 2000, elles forent les contreforts des terrasses, qui se vident, voire s’écroulent. Le gouvernement dépense désormais des fortunes pour contrôler leur prolifération, après l’avoir encouragée. Il ne le ferait pas ailleurs…
Voir le cahier pratique pour un mode d’emploi de la visite.
Splendides marchés et autres rizières

Outre ses rizières, la région de Yuanyang réserve une surprise réjouissante : un foisonnement de marchés traditionnels, fréquentés par 6 groupes ethniques. Côté pratique, à part Xinjiezhen-Yuanyang et Laomeng (老猛), la visite en solo des marchés implique l’utilisation de transports locaux irréguliers.
Les Hani, Yi, Miao, Yao, Dai et Zhuang peuplent à 90 % le district. Placés parfois à jour fixe, plus souvent selon le calendrier lunaire nongli (农历), les plus grands marchés sont de véritables foires où la population vient se divertir.
Les traditions ethniques ont retrouvé droit de cité avec la relative libéralisation économique et culturelle du pays remontant aux années 1980. Depuis, elles ont même connu un certain regain, amplifié par le développement du tourisme chinois, toujours avide de folklore.
Un tourbillon d’images accueille le visiteur : quartier du bétail, portées de cochons traînés en multi-laisses, vendeurs de médecine miracle et coin des fumeurs du renommé « tabac cheveux d’ange » …
Beaucoup de femmes portent leurs costumes en ces jours de marché. Jupes aux mille plis des Miao, coiffes en pagode des Yao ou en pompons pour les célibataires. Les sourcils rasés des plus âgées, les tenues élaborés des Yi ou à dominante indigo des Hani, aimantent le regard.
Quant aux rizières en terrasse, elles s’étendent bien au-delà du district de Yuanyang. Les environs de Lüchun (绿春) au sud-ouest, de Jinping (金平) au sud-est, ou de Honghe (Honghexian, 红河县) vers l’amont du Fleuve Rouge (sites de Baohuaxiang (宝华乡) et Jiayinxiang (甲寅乡) sont autant de pistes à explorer.
Atteindre les rizières, ailleurs qu’à Yuanyang, nécessite pas mal de débrouillardise. La location d’un véhicule sera un avantage, à moins d’avoir tout son temps.
Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Chine
Formalités
Pas de visa chinois aux frontières, il faut l’obtenir au préalable. Si vous passez par l’Asie du Sud-Est, de petites agences simplifient parfois les formalités. Se renseigner sur les forums.
Comment y aller ?
Aérien : pas de vol direct mais correspondances faciles depuis la Chine ou l’Asie du Sud-Est.
Frontière sino-vietnamienne de Hekou-Lao Cai : passage facile dans les 2 sens (transports fréquents, bonnes routes). Pas de visa vietnamien « on arrival », le faire avant.
Agence de voyage
Yunnanguide Tours : Tél. : (86)-(0)13888417691. 10 ans d’expérience pour cette petite agence opérant officiellement au Yunnan (c’est mieux). Itinéraires sur-mesure rodés et cohérents – on ne passe pas son temps dans les véhicules – et adaptés aux attentes occidentales. Management français, guides francophones. Tarifs indicatifs : compter à partir de 850 ¥/j./pers. (env 110 €) tt compris, sur une base 4 pers.
Acheter du thé
- Marché du thé de Kunming (Chaye Pifa Shichang ;茶叶批发市场) : Beishi Qu (北市区),4 km au nord du centre. Boutiques conseillées : Huanying Tea Shop (n° 86), (0)871-68886489 ; Xiang Cui -Li Hai (香脆 - 李海 )), n° 227, tél. : (0)871-65706097.
- Boutique en ligne Yunnan sourcing : choix remarquable de Pu-er et autres thés du Yunnan. Très bon rapport qualité-prix. Livraison possible à Kunming (achat mini 75 $, délai 48 h).
Acheter du jade
- Kunming Baihuo Dalou (昆明百货大楼) : Nanping Jie (南屏街), voisin du New Era Hotel. Dernier étage. Belles pièces certifiées. « Soldes » avant les fêtes de Chunjie (Nouvel an chinois), mi-automne et du 1er oct.
Kunming
Où dormir ?
- Cloudland Youth Hostel (Dajiashi Qingnian Lüshe ; 大脚氏青年旅社): 23, Zhuantang Lu. (0)871-64103777. À l’ouest du centre. Dortoirs 35-45 yuans, doubles avec ou sans sdb 140-180 yuans. La meilleure AJ/hostel de la ville. Petite agence de voyage, loc de vélos.
- Spring City Star Hotel (Chuncheng Zhixing;春城之星酒店) : Baita Lu, 241 (白塔路中段). Tél. : (0)871-6161666. Par une cour sur la droite, en retrait de la rue. 200-300 ¥ la double avec sdb et petit déj. Le moins cher de sa catégorie. Plus tt neuf mais correct (eau chaude, clim et chauffage).
- Green Lake Hotel (Cuihu Binguan ; 翠湖宾馆) : 6 Cuihu Nanlu. Tél. : (0)871-65158888. Le meilleur hôtel de luxe de la ville. Très bien placé. Double à partir de 1 200 ¥ avec petit déj.
Où manger ? Où prendre un verre ?
- Fuhuayuan Mixian (昆明福华园米线) : 151 Longxiang Jie(龙翔街) : dans le prolongement de Wenlin Jie, à 2 pas de Wenhua Xiang. Plats de nouilles typiques du Yunnan (lumian, erkuai, etc.). Commander au guichet, et attendre que votre numéro soit appelé. Autre branche, proche du Marché aux Fleurs et aux Oiseaux : 景星街130号(近花鸟市场)
- Quartier des fondues aux champignons : Guanxing Lu (关兴路). Suggestion de restos : Yejunyuan (野菌园) et Dianjunwang (滇菌王).
3 spots fréquentés à la fois par les Chinois et les étrangers (étudiants, expats) :
- The Hump Hostel (Tuofeng Kezhan;驼峰客栈 ) : Jinbi Lu, Jinma Biji Square (金马碧鸡坊). Tél. : (0)871-63640359. Bar-resto avec grande salle et terrasse, très bien pour les rencontres.
- Salvador’s (萨尔瓦多咖啡馆) : tél. : (0)871-65363525. 76, Wenlin Jie, Wenhua xiang (文化巷). Carte 20-50 ¥. Esprit « East meets West ». Carte variée et réussie, bonnes glaces et café. Ttes boissons. Happy hour : 16 h-20 h.
- Moondog (月亮狗) : 138 Wacang Nan Lu (瓦仓南路), proche du quartier de Kundu . Tlj 19 h-tard. Happy hour jusqu’à 20 h. Managé par des occidentaux. Concerts, barmans sympas, bar bien fourni.
Spectacle
- Dynamic Yunnan (云南艺术剧院) : « Yunnan Art Theatre » ; 132, Dongfeng Xilu (东风西路). Tél. : (0)18087118007. Ts les soirs à 20 h 30. À partir d’env 150 ¥. 2 h de danses ethniques du Yunnan interprété par leurs membres. Superbe mise en scène de la spécialiste du genre, Yang Liping. Une sortie conseillée.
Excursions
- Temple des Bambous : taxi, env 25 ¥ par trajet. Sinon, bus n° C62 et C63 ou minibus n° 6.
- Forêts de Pierre de Shilin (石林) et Naigu Shilin (乃古石林) : départs réguliers depuis la gare routière Est. Navettes régulières entre les 2 sites.
Jianshui
Comment y aller ?
Train : 2 trains/j. depuis Kunming. Compter 4 h, env 50 ¥.
Bus : 7 h-18 h env, ttes les 30 mn depuis Kunming. 4 h de trajet, env 75 ¥.
Bonnes adresses
- Lin’An Kezhan (临安客栈) : 32 Hanlin Jie. Proche de la résidence Zhu. Tél. : (0)873-7655866. Double env 200 ¥. Bon petit déj en option. Petit hôtel de charme, dans une demeure à l’ancienne avec cour.
- Lin’An Hotel (临安酒店): 2, Yongzhen Lu (永祯路2号). Double à partir de 400 ¥ env, petit déj compris. Le meilleur hôtel de la ville. Grand immeuble bien placé d’une vingtaine d’étages.
- Xiang Man Lou (香满楼) : Hanlin Jie, quasi en face de la résidence Zhu. Tél. : (0)873-7655655. À partir de 40 ¥/pers. Le meilleur resto de la ville. Vaste choix de plats alléchants en grandes portions à partager. Pas mal de spécialités du Yunnan.
- Xiaoxizhuang Nongmao Shichang (小西庄农贸市场) : entre Chaoyang Lou et la résidence Zhu. Marché le jour, congrégation de barbecues le soir. Pour déguster le fameux tofu de Jianshui et plein d’autres choses. Convivial et typique.
- Chayuan ju (茶园据) : 92, Hanlin jie. À gauche de l’entrée de la résidence Zhu. Tél. : (0)873-7660900. Belle sélection de thés du Yunnan.
Excursions
Pont du Double Dragon et Tuanshan : à partir de 150 ¥ AR depuis Jianshui, attente comprise. Faisable aussi en bus locaux (se rens auprès de son hôtel).
Yuanyang
Comment y aller ?
Depuis la gare routière sud de Kunming (南部汽车客运站) : compter 7 h-8 h de trajet. 1 seul bus direct de jour (vers 10 h), éviter les bus-couchettes. Tuyau (partir avant 14 h) : prendre le bus pour Gejiu (个旧 ; le grand hub régional) ou Jianshui, puis un autre pour Yuanyang. Départs ttes les 20-30 mn sur ttes ces sections. Pour repartir de Yuanyang-Xinjiezhen, même principe.
Attention : hormis les rares directs, ts les bus pour « Yuanyang » s’arrêtent à Nansha (南沙), au bord du fleuve Rouge. Votre destination s’appelle en fait Xinjiezhen (新街镇) : minivans réguliers, 1 h de grimpette, 15 ¥.
Liaison Xinjiezhen-village de Pugao Laozhai (voir Jacky’s GH) : fréquents minibus jusqu’à 18 h env. 1 h de trajet, 15 ¥.
Bonnes adresses
- Jacky’s Guesthouse : à Pugao Laozhai (普高老寨), voisin du site de Duoyishu (多依树). Tél : (0)13529732170 ou (0)15718737566. Dortoir 70 ¥/pers, double avec sdb 140 ¥ ; petit déj non inclus. Superbe vue sur les rizières et le village. Bons plats copieux au resto. Ambiance plaisante et familiale.
- Yunti Hotel (云梯大酒店) : au centre du bourg de Xinjiezhen. Tél. : (0)873-5624858. Double à partir de 250 ¥, petit déj inclus. Clim et chauffage. Confortable.
- Les restos du village de Dayutang (大鱼塘村) : à l’intersection entre la grand-route et celle des rizières en terrasse, proche du site de Quanfuzhang (全福庄). Plusieurs bons restos.
Les rizières : mode d’emploi
- Droit d’entrée « Unesco » : 100 ¥/j. (160 ¥, 1 j. de transports officiels compris) ; 180 ¥/sem. Inclut l’accès aux sites « officiels » (voir ci-dessous). Check point peu après Xinjiezhen (contrôle systématique des minibus en journée). Impossible d’accéder aux plateformes officielles sans billet. En logeant à Pugaozhai, balades en solo possibles sans payer plus d’un j. d’entrée.
Transport entre les sites : également des minivans privés ; 10-20 ¥ par trajet.
- Les sites « officiels » : Duoyishu (多依树) pour le lever de soleil (27 km à l’est de Xinjiezhen) ; Laohuzui (老虎嘴), pour l’ap-m (18 km au sud) ; Bada (坝达) pour le coucher de soleil (16 km au sud).
- Autres sites de rizières en terrasses (accès gratuit) : Quanfuzhuang (全福庄), le plus proche de Xinjiezhen ; Laoyingzui (superbe ;老鹰嘴), entre Bada et Duoyishu. Village de Pugao Laozhai (voir Jacky’s), très beaux panoramas en continu. Noter que toute la région abonde en spots superbes pour qui saura les rechercher.
- Quand y aller : à partir de nov., mise en eau des rizières. Janv., des lentilles d’eau ajoutent leurs rouges. Vers fév., spectacle au top mais attention : éviter la sur fréquentée (et chère…) sem. de congé du Nouvel An Chinois (20 janv-20 fév, dates glissantes). Avril, le riz pousse, toutt devient vert ; après la récolte d’automne, on passe aux ors.
- Combien de temps ? Prévoir 2-3 j. minimum pour réduire les risques météo et avoir le temps de voir un marché.
- Météo-brouillard : à 1 600 m d’altitude (temp. moy 10 °C en janv, 20 °C en juil) et accrochée aux crêtes, la région est humide et souvent plongée dans un épais brouillard. Mais sauf malchance, il est rare qu’il n’y ait pas d’éclaircie sur une longue période. Petite laine requise et, en hiver, une bonne veste (rien n’est chauffé ou bien isolé (mis à part l’hôtel Yunti).
En savoir plus sur Auguste François et le train du Yunnan
- L’œil du Consul, Auguste François en Chine (1896-1904) : Paris, éd. du Chêne, musée Guimet, 1989. Rassemble les plus belles photographies prises au tout début du 20e s par Auguste François. Un témoignage rare, fort et unique.
- Le Mandarin blanc d’Auguste François. Éd. l’Harmattan. Photos et correspondances du Consul. Une vision corrosive et de première main sur la France coloniale sino-indochinoise.
- Le consul qui en savait trop, de Désirée Lenoir, éd. Nouveau Monde.
- Un chemin de fer au Yunnan. L'aventure d'une famille française en Chine, de Pierre Marbotte. Photos et lettres de Georges-Auguste Marbotte (expert-comptable à la construction du train) et carnet de voyage de sa femme. Passionnant. À commander à : Pierre Marbotte Chemin de Beaumont du Ventoux 84410 Bedoin.
- La Voie ferrée au-dessus des nuages, de Li Kunwu, éd. Kana. Le dernier ouvrage de ce dessinateur chinois, grand observateur de son pays et francophile.
-Sites : augustefrancois.com ;
www.guimet.fr/fr/visite/archives-photographiques .
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