Istanbul par Thierry Bessou

03 janvier 2020

Thierry Bessou, enquêteur au Routard, nous parle D'Istanbul qu'il a parcouru à plusieurs reprises.
Ses origines agricoles auraient pu l’amener à cultiver la terre, finalement Thierry la sillonne. Pourtant, il a peur de prendre l’avion ! En équilibre précaire sur un éléphant, les doigts gelés au pied d’un glacier, de marchés en musées, ses antennes restent déployées. C’est dans la Ville Rose qu’il écrit, inspiré par mille lieux foulés, mille regards croisés.



Pourquoi cette ville est-elle si fascinante ?

Quel que soit le nom qu’on lui donne : Byzance, Constantinople ou Istanbul, on a tous plus ou moins une connaissance livresque ou mythique de la ville. En devenant réalité, Istanbul apparaît dans une splendeur inégalée. C’est une ville au patrimoine historique extrêmement riche, aux points de vue saisissants, où l’on respire les premiers parfums de l’Orient en regardant le ballet des bateaux sur le Bosphore. Mais en se promenant dans les rues d’Istanbul, on ressent surtout un puissant télescopage culturel. Lorsque, dans le quartier branché de Tophane, la mélopée du muezzin fend la musique des bars des jeunes hipsters, l’instant est juste… fascinant.
Une musique à écouter ?
Disko Partizani, de Shantel, sorti en 2007. Une mélodie festive sur des notes balkaniques et dont le clip a été tourné à Istanbul, le pont de Galata et le Bosphore en toile de fond. Dès les premiers accords, on s’élance immanquablement dans une folle chevauchée imaginaire à travers les rues de la ville !
Un spectacle auquel assister ?

À une cérémonie de derviches tourneurs dans un couvent. Il existe plusieurs couvents à Istanbul, mais ils ne sont pas tous ouverts au public. Celui de Galata propose un spectacle le dimanche après-midi. On a tous en tête les images de ces hommes pivotant sur leurs pieds dans un mouvement ininterrompu, la main levée vers le ciel. C’est une danse rituelle envoûtante, rythmée par une musique lancinante et incantatoire, au cours de laquelle les tuniques blanches des derviches s’ouvrent comme des corolles sous l’effet de l’accélération. Mais comment font-ils pour ne pas chavirer quand tout s’arrête ? On se le demande encore…
Une spécialité à goûter ?

Forcément, on ne fera pas l’impasse sur les loukoums, baklavas et autres friandises copieusement énergétiques. De toute façon, les rues pentues, les distances que l’on parcourt à pied font fondre les calories ! C’est du sport que de découvrir Istanbul ! Mais on avoue avoir un petit faible pour le boza, une boisson fermentée de couleur jaune pâle, d’aspect crémeux. Il faut aller la boire au bar Vefa Bozacisi, derrière la mosquée de Sehzade. Un verre de boza à la main, un sac de pois chiches grillés dans l’autre, et on vous assure que la pause est divine.
Que rapporter chez soi ?

Potentiellement, beaucoup de choses ! On ne va pas se lancer dans l’inventaire des étals du grand bazar ou du bazar égyptien. Les visiteurs curieux des nouvelles tendances iront fouiner dans le quartier de Beyoglu, en dessous du lycée de Galatasaray, non loin du quartier des antiquaires. Plusieurs créateurs y ont ouvert des boutiques. On y trouve des objets originaux et très sympas. On peut acheter un boncuk, ce petit œil bleu en pate de verre que l’on voit partout en Turquie. Ce n’est pas encombrant, pas cher et en plus ça porte bonheur !
Une playlist pour commencer votre voyage en musique
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