Deux semaines hivernales, en février 2026, pour conclure ma trilogie balte. L’hiver est exceptionnel, les locaux l’affirment. La neige, le froid, je vais être extrêmement chanceux. Une capitale sous la neige, les rivières et les lac gelés, les forêts constamment blanches… De quoi passer un séjour totalement dépaysant. Je vais mélanger histoire et nature. De Napoléon à la seconde guerre mondiale, des grands ducs de Lituanie aux sbires du KGB, je vais plonger dans le passé de ce petit pays méconnu, écartelé depuis toujours entre de grandes puissances avides de territoires. Beaucoup d’émotion devant les heures sombres de l’Holocauste. Beaucoup de nature aussi avec en point d’orgue la difficile descente de l’isthme de Courlande par les sentiers épuisants, couverts de neige épaisse et de glace. Des parcs où je serai totalement seul, des musées incroyables comme le site de lancement de missiles de Ploskiné, je vais trouver en LITUANIE l’hiver, le silence, l’éloignement et la féerie espérés. Un voyage frais, revigorant bien que parfois épuisant. Riche en émotions simples. De très beaux films mais une erreur stupide de ma part à mon retour. Il ne reste que quelques images, à mon grand dépit. Ce fut tellement beau et rare.
ATTENTION!
Je ne vais publier ici que les premiers temps à Vilnius. Pour ceux que cela intéresse, je les renvois vers mon site Les voyages de Guirdal pour la suite.
PLAN DU VOYAGE
Voyage seul , du 8 au 22 février 2026.
Arrivés en avion à Vilnius, j’y passe mes 4 premières nuits, dans un bel appartement près d’Uzupis. Je visite la Vieille Ville et pars en excursion au château de Trakai. Puis je prends le train direction Marcinkonys et le parc national de Dzukija, où je passe deux nuits. Randonnées dans les environs. Je poursuis ensuite vers Kaunas pour 2 nuits. Je file ensuite vers Klaipeda et descends l’isthme de Courlande jusqu’à Nida en 3 étapes et 3 nuits. Je pars ensuite pour le parc national de Zemaitija, à Plateliai, pour 2 nuits à la Villa Runa. Randonnées et visite du musée de la guerre froide à Plotskiné. Je rentre ensuite passer ma dernière nuit à Vilnius, profitant de ma dernière matinée pour visiter les cachots du KGB.

PERIODE :
Je crois vraiment que l’hiver est une des meilleures périodes de l’année pour visiter les Pays Baltes. Ces pays plats manquent probablement de sites naturels incroyables. Ils pourraient être un peu fades voire trop fades en été. Thierry et Luisa, mes amis qui ont visité la Lituanie en cette saison n’en gardent pas un grand souvenir. Je n’ai jamais été déçu de mes voyages baltes en hiver et celui-là confirmera mon choix. Les journées sont certes un peu courtes mais suffisantes pour affronter le froid. Je pouvais voir clair jusqu’à un peu plus de 18h.
Il fut assez facile de trouver de beaux hébergements même à la dernière minute.
Il y a quelques touristes à Vilnius sur certains sites ( musée du KGB) mais globalement j’ai été vraiment tout seul au cours de ce séjour.
Impossible aussi de pouvoir randonner sereinement sous -20°C? Et bien non. Bien équipés, j’ai passé cet hiver remarquablement froid , selon les locaux, sans vraiment souffrir du froid. Certes prendre une photo, sortir les gants coute un peu de douleur, mais, les mains dans les mouffles et les mouffles dans les poches, cela passe. Mes bottes grand froid ont tenu bon même si à la fin, elles demeureaient humides sans que j’arrive à les faire sécher.
L’hiver apporte aussi un surplus de féerie dans nos coeurs et dans nos corps, ce qui est très appréciable.
NIVEAU :
Modéré
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager dans ce pays. Le paiement est en EUROS.
Le système de bus est moderne, pratique, tant que vous avez un smartphone, la bonne application et une carte bancaire. Il est parfois un peu compliqué de se rendre sur tous les sites mais bon, il y a des taxis, pas trop chers.
Le ferry est facile à prendre pour se rendre sur l’isthme de Courlande depuis Klaipeda.
Pour trouver un hébergement , ce fut assez simple avec des sites comme Booking et AirBnb. En cette saison, dans les grandes villes, c’est assez simple. Par contre, à Marcinkonys, je n’avais qu’un choix possible, dans la maison du parc, vide. J’étais le seul client la nuit. Certains pourraient ne pas aimer, en bordure de forêt, quand les employés sont partis. Le plus dur fut sur l’isthme de Courlande. En cette saison, la plupart des locations sont fermées. Je n’avais parfois qu’un seul choix possible et ce furent mes nuits les plus chères du séjour.
Niveau physique…
Ce fut assez et parfois très difficile. Les trois jours de randonnées le long de la Baltique furent très éprouvants avec mon gros sac. Je n’avais pas autant souffert depuis des années. Il faut vraiment avoir l’habitude de marcher et un bon moral pour affronter les sentiers de neige épaisse non tassés et la glace vive.
En ville aussi j’ai beaucoup marché, dans les parcs, forcément, sur les lacs.
Bref ce fut un voyage physique, avec de la marche presque tous les jours et par grand froid . J’ai quand même perdu environ 5 kg en deux semaines!
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé. C’est l’Europe moderne, rien à ajouter. L’eau du robiner est potable.
Aucun sentiment d’insécurité. Je n’ai pas croisé de bandes de gars inquiétantes, ni bagarres, ni scènes violentes. J’ai trouvé l’ambiance très relax, y compris dans les gares routières. Des gens calmes. Après j’étais chez moi les soirs avant 20 heures…
Un voyage confortable en soirée,relaxant niveau moral mais je rentre bien fatigué .
INTRODUCTION
Les migrateurs partent vers le sud. Je dois être un drôle d’oiseau, un peu perdu. « Excusez-moi, je cherche le septentrion ? » Ma folie passagère, puisque j’écris en passager, consiste juste à refuser l’inversion. Je veux vivre l’hiver en hiver. Et Malte en automne alors ? Tout ça manque de cohérence monsieur. Mais prolonger signifie demeurer, sans rupture. J’y vois une nuance acceptable. Je le reconnais, il m’arrive d’oublier l’appel du sous-bois et des champignons, rarement. En ce mois de février je ne peux prolonger mon hiver blanc, il n’a pas existé. Je dois partir au nord pour mettre mes pulls, mes bottes et mon manteau. Je cherche la neige, rareté dans nos plaines du sud de la France. La neige en montagne, oui, mais sur les clochers des églises, sur les plages et dans les squares, difficilement.
J’avais été enthousiasmé par l’Estonie blanche, la Lettonie froide. Il me restait leur grande sœur du sud. Finir la trilogie, en savourant. Deux semaines par pays. Après quelques hésitations : Wroclaw, Vilnius… j’ai choisi la capitale baroque et son pays coincé entre Pologne, Russie et Biélorussie. Le contexte géopolitique a joué. L’ogre russe a faim. Il m’a déjà fait annuler mon voyage en Ukraine avec l’invasion de la Crimée quelques jours avant mon départ. Je ne voulais pas repousser la Lituanie aux calendes russes. Je crains l’urgence.
Le pays possède sur le papier tout pour me plaire. Un peu hors des radars, du moins en février, petit, boisé, froid, possède une façade maritime sur la Baltique et un niveau de vie moins élevé qu’en France.
Me voilà à Amsterdam, assis dans un sous-sol, en bras de chemise, à attendre mon vol bien au chaud. De fortes températures négatives m’attendent. Le pays a connu un vrai mois de janvier à l’ancienne. Je suis prêt à affronter le thermomètre à la cave. Bien en dessous du zéro. Bienvenue dans le noooorrdddd.
« En été ça va parce que tu as 0, 0-1, mais l’hiver ça descend, ça descend, ça descend. -10, -20, -20, -30. Tu dis je reste couché, ils te foutent du -40 tu vois ? »
Michel Galabru, Bienvenue chez les Chti
VILNIUS
-60°C ! Oui mais à 10 000 mètres, bien au chaud dans mon Airbus A220 tout neuf de chez Air Baltic. Quelques places de libre et une ambiance très reposante. Les clubbeurs avinés en route pour Ibiza ne me manquent pas. Le public semble être plutôt local, je ne vois et surtout n’entends aucun français. Le commandant annonce -11°C au sol, c’est bon, cela se réchauffe. L’arrivée m’enthousiasme. Jamais je n’ai atterri dans une telle ambiance. J’avais connu Helsinki blanche mais moins froide, moins richement couverte. Ici, j’ai l’impression d’arriver en Sibérie. L’aéroport se transforme en congélateur avec de gros blocs de glace poussés par les engins d’entretien. J’adore. Le hall d’arrivée est très calme voire endormi. Je trouve vite un taxi Bolt qui m’emmène dans la vieille ville. Le chauffeur est ukrainien, je le plains un peu. Je connais ces malheurs, là-bas chez lui. Il charge mon sac dans sa modeste voiture. Il y a une grosse pelle dans le coffre ! Du genre Casino de Scorcese. Trajet court mais pour moi passionnant. Je vois les quelques pistes de ski de Vilnius éclairées, un beau cimetière recouvert de neige, des maisons en bois idoines. En fait je ne m’attendais pas une ambiance si blanche. Je vais adorer. Je me fais déposer dans une rue plutôt coquette au sud du quartier d’Uzupis. J’ai un peu de mal à trouver mon appartement et sous cette température, cela devient gênant pour mes doigts. L’arrivée dans mon studio m’enchante. Une grande baie vitrée donnant sur une rue aux vieilles maisons, sur une colline. Le tout sous la neige. Mon balcon est recouvert de 40 cm de poudreuse ! Quelle atmosphère ! Je trouve ici exactement ce que je suis venu chercher. Je me sens vivant et exalté.
La vieille ville
-11°C au réveil, bien moins en ressenti. Je traîne un peu, partagé entre l’excitation de la découverte et la prudence qui me pousse à garder de l’énergie pour une journée qui sera longue. Je vais marcher 19,8 km, en ville ! En fait, comme le thon dans l’océan, je n’ai pu m’arrêter. Car s’arrêter, c’est geler. Disons qu’à peine le nez dehors, sous un grand ciel bleu, j’ai senti durcir l’intérieur de mon nez. Drôle de sensation. J’ai alors dû faire comme les locaux, avancer, avancer… J’ai eu froid certes, mais je n’ai pas eu mal. J’ai même adoré ma journée.
J’ai commencé par parcourir le quartier au sud d’Uzupis, montant vers le point de vue de Subaciaus, au-dessus du parc Kudru. Je note les dames qui promènent les enfants en poussette, certaines en chantant. Difficile de sortir les mains des poches. Mon téléphone se bloque avec le givre et l’écran tactile ne marche plus ! Il faut être rapide. Sortir les doigts des gants, sortir l’appareil, enclencher et le remettre vite au chaud. De toute façon, toute séquence dénudée prolongée se solde par un début de douleur. Le parc est magnifique avec de petits lacs pris par le gel, des roseaux, des nichoirs partout et même de la musique sortant d’une boite dans un arbre ! Je marche dans la neige, je suis là pour ça et donc heureux.
J’emprunte un joli petit pont surplombant une rivière en grande partie gelée et me voilà dans la république d’Uzupis. Repère bohème, utopiste, branché forcément. Sur les murs la constitution de cette enclave en diverses langues. « J’ai le droit de…, j’ai le droit de… ». Des phrases concises pleines de bon sens. On dirait du Wittgenstein ! Mélange de maisons anciennes et de boutiques un peu plus chics. Sur la place principale, une énorme statue d’ange. Je remonte vers le cimetière des Bernardins. Gros coup de sœur pour cet endroit désert, surplombant la rivière. Beaucoup de neige, du soleil. Quel cachet ! Je déambule entre les tombes toujours avec ces pensées pour ceux qui ont vécu, et sont oubliés ici. Ces vieux cimetières donnent le vertige. Les dates sur les pierres, la proximité charnelle avec les défunts et leurs souvenirs. Je m’invite dans l’histoire. Cela me fascine toujours, m’attriste aussi. L’anonymat, l’oubli, nous ne sommes pas, vivants, programmés pour ça.
Je pars ensuite vers l’ancien cimetière juif, marchant entre quartiers assez chics et bords de route. Rien d’extraordinaire, mais la neige change la donne. Un mémorial, fabriqué avec de vieilles pierres tombales récupérées (les Soviétiques avaient détruit ce cimetière), rien d’autre. Difficile de se projeter. L’éradication de la culture et du peuple juif fut terriblement efficace. Il ne reste rien.
Je poursuis vers l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Très grande et remarquable par ses innombrables sculptures blanches en son intérieur. Une touriste asiatique, puis une autre. Comme moi, elles se reposent et se réchauffent à l’intérieur.
Je monte ensuite vers une des collines du centre de la ville. Là commence la nature. Je me surprends à me retrouver en plein calme à 5 minutes des boulevards. Une fois le stade passé, le chemin enneigé m’emmène vers un vaste amphithéâtre en plein air. Entouré d’arbres enneigés, la perspective des gradins recouverts d’une épaisse couche albâtre, le silence urbain m’invitent à prendre mon temps. La zone est très bien balisée avec un tas de panneaux indicateurs pour évoquer le passé de ces lieux, essentiellement des histoires de châteaux et de défense. Je me retrouve sur Table Hill, une colline au sommet tout plat, magnifique en cette saison. Mais le point le plus couru reste la colline des Trois Croix, toute proche. On dirait de loin un sanctuaire genre Verdelais ou même un petit Corcovado. La vue y est magnifique sur la ville. Au loin la Tour de la télévision, impressionnante. Des usines fumantes aussi. La Tour de Gédiminas, site iconique de Vilnius, où je serai tout à l’heure.
Je redescends tout droit par un escalier raide vers la rivière Vilnia. Très peu de monde mais beaucoup de nichoirs sur les arbres. Nous sommes ici invités. Certains vraiment énormes. Pour quel animal ? La rivière est gelée, mais je n’ose pas traverser, alors je suis les berges, observant les canards profiter des rares trous d’eau. Très beau spectacle. Une passerelle, au nord d’Uzupis, mène sur l’autre rive.
Ici démarre les jardins des Bernardins, encore de la verdure, du calme et du blanc. Je les parcourrai tout à l’heure, préférant commencer par l’église et le monastère bernardins. Très grand édifice, imposant, pourtant l’intérieur ne m’émeut guère. Je m’y réchauffe avec grâce divine puis repars de l’autre côté de la rue vers l’église de l’Archange St-Michel. Devenue un musée d’art religieux, je n’y rentre pas et retourne dans les jardins en direction de la Tour de Gédiminas. Des promeneurs, des canards et de la neige. Très paisible. La tour repose sur une colline très abrupte, tellement qu’elle s’éboule un peu et doit être soutenue. La montée est raide sur un sentier de galets et de marches en bois. Quelques touristes. Il faut dire qu’il fait très beau, une rareté ces dernières semaines. La vue est forcément panoramique sur la veille ville. Je ne visiterai pas la tour. 8 euros… et puis j’ai envie de marcher et de passer du temps dehors.
Je redescends et entreprends une longue promenade le long de la rivière Neris, toute gelée. Par endroit des blocs de glace s’entrechoquent et créent des aspérités dignes d’un fleuve sibérien. Je n’avais jamais vu un fleuve aussi pris par les glaces. La promenade me ravit tellement que j’évite de voir les panneaux indiquant de ne pas marcher en bordure de rivière. Je me retrouve au fil de l’eau, tout seul. Avec 30 cm de glace, je ne crains rien.
Je file sous les ponts, face à la ville nouvelle et à ses grattes ciels. Très agréable et unique. Marcher sur une rivière dans une capitale. J’atteins un méandre et passe sur l’autre rive par un pont. J’y visite une très belle église orthodoxe, celle de l’Apparition-de-la -Vierge.
Joli petit parc et intérieur très riche. Dans l’entrée, une petite boutique avec un vieux prêtre barbu. Je ne sais pas si je dérange. Je me fais discret. Pas de photo, pas de téléphone. Odeur de ces bougies à la cire jaune, iconostases, icônes et quelques fidèles. Bien plus vivant que nos églises catholiques. À quelques dizaines de mètres, la Kenessa, une maison de prière de la communauté Karaïm, entre mosquée et synagogue. Une remarque, la minorité Karaïm subsiste par sa langue à Trakai, future étape de mon périple.
Je retraverse la Néris et retourne vers la vieille ville. Passage devant l’ancienne prison de Lukiskes. Assez glaçante avec ses miradors, barbelés et entrées condamnées.
Encore des petits parcs puis détour devant le théâtre national de l’opéra et du ballet de Lituanie. Loin de l’Opéra Garnier mais massif avec de grandes baies vitrées, des lustres immenses et quelques statues de postures très soviétiques à mon goût.
La température baisse, attention aux plaques de verglas. Le ventre toujours vide, je rejoins la Cathédrale et sa place.
Je crois qu’il est tard, il n’est que 16h30. J’en profite pour grimper au sommet du Beffroi. Musée quelconque mais vue du sommet remarquable, sous un vent glacial. Je vois quelques touristes en baskets ou mal équipés. Inconscients. Ils jettent un œil et redescendent. A 17 h, concert de cloches et à 17H15 un carillon sonne au-dessus de ma tête, me faisant sursauter. J’aime les clochers, je suis un Quasimodo je crois.
Je ne rentre pas dans la cathédrale, un mendiant à genou dans un tel froid bloque l’entrée. Mafia ? Je ne sais pas. Qui pour endurer cela ? La nuit tombe, tout est magnifique avec la neige et les lumières. Je descends la rue Pilies, charmante artère fréquentée et me retrouve dans l’Université. Quelle ambiance ! Différente d’Harvard en juillet, d’Aberdeen au printemps mais assez fascinante.
Elle est très ancienne, centrale et dans une vielle ville. Dédales de cours et de petits passages. Je n’ose pas trop fureter. Je me rappelle mon année à Birmingham, quand j’avais la clé. Ici je me sens vieux, étranger. Next. Je verrai demain si une visite officielle est possible. Bientôt le bâtiment de philosophie, donnant sur la place devant le Palais présidentiel. J’observe autant les étudiants en cours au rez-de-chaussée que les lumières vives devant le palace. Il faudrait revenir pour la relève de la garde, à cette heure absente. Tant de ruelles à explorer, mais je joue la prudence. Je commence à fatiguer, je n’ai quasiment rien dans le ventre et les sols glissent de plus en plus.
Retour à Uzupis, courses dans un Rimi près de chez moi et plaisir de retrouver mon superbe appartement.
Une magnifique journée, toute en contraste, entre nature et paysages urbains. Un vrai coup de cœur.
La neige est un bel écrin. Juste à côté de mon lit, au-delà de la grande baie vitrée. Je dors comme un bébé, dans un cocon. Ce matin, -15°C, sans le ressenti. Grand soleil. Je commence ma journée en montant vers le Bastion de l’Artillerie, fortification massive (évidemment) en demi-cercle, datant du XVIIe. J’y accède par un escalier assez pentu, tout près de mon appartement, longé par ce qui semble être une piste de luge fréquentée du secteur. Des mousses de protection identiques à celle des stations de ski étant disposés sur les obstacles en aval. L’arrivée près du bastion, dans ces conditions hivernales, impressionne. Les douves, l’épaisseur des murs, la vue sur la ville. Mon programme du jour ne me permet pas d’envisager une visite. Tout proche, la porte Subaciaus, une reconstitution du mur d’enceinte. Vilnius doit laisser les originaux du genre à sa cousine Tallinn, riche d’un passé médiéval, dans mes souvenirs.
Collé au mur d’enceinte, le petit lycée français de Vilnius. Franchement, le quartier est incroyable, je pourrais travailler ici. Tellement loin de mon lycée de province.
Je descends en direction de l’hôtel de ville vers les rues Didzioji et Ausros Vartu, pleine de cachet, avec leurs hôtels chics au luxe discret, évitant tous commerces vulgaires, riches en monuments remarquables.
L’église orthodoxe du Saint-Esprit m’accueille au fond d’une cour. Baroque, riche en couleur(beaucoup de vert). A quelques mètres de là, une porte monumentale aux teintes ocre, dite basilienne (du nom des moines suivant l’ordre de Saint-Basile), mène vers l’église et le monastère de la Sainte-Trinité. Silencieux, sous la neige, mais la porte est fermée. Peu importe, l’endroit reste magique dans de telles conditions.
Juste en face (quelle densité de richesses!) l’église Sainte-Thérèse, encore du baroque, bien restaurée au début du XXᵉ siècle. Comme souvent, on y entre par la petite porte. Quelques fidèles et toujours du chauffage. Au fait c’est quoi le baroque ? Point culture : « L’architecture baroque, comme le baroque lui-même, se caractérise par un usage opulent et tourmenté des matières, des couleurs, des jeux d’ombre et de lumière mettant l’accent notamment sur le mouvement et sur les impressions. » J’y vois plus clair.
Quelques mètres plus loin, je devrais dire quelques pas, et j’arrive à la Porte de l’Aurore, dernière des cinq portes de la ville du XVIᵉ. Remarquable aussi pour sa chapelle au-dessus, que je ne visiterai pas (en fait je ne sais pas si c’est possible). Des pèlerins de partout y venaient (viennent) voir la madone. Jean-Paul II et le pape François aussi. Le poids de l’histoire devant mes yeux. À côté, en « sortant » de la ville, petite boutique de souvenirs religieux montrant l’importance du site.
Je poursuis par le marché Halés, de 1906. Belle halle avec un tas de beaux produits. Bien loin de mes souvenirs récents des marchés asiatiques. Les rats ici semblent moins rares. Propre, encore authentique, mais attention, quelques baristas pourraient le transformer, comme bien souvent ailleurs, en lieu branché. Un marché doit rester un marché, s’il vous plaît. Les prix ne semblent pas vraiment moins élevés qu’en France, à première vue. Beaucoup de charcuterie, de gâteaux, du miel. Je pourrais m’y faire plaisir sans problème, mais mon frigo est plein.
Bon, je m’arrête ici, vous avez déjà une bonne idée du “style” de carnet.
Je vous invite à aller sur Les voyages de Guirdal pour la suite.
Tant à voir encore: la traversée de l’isthme de Courlande à pied, le site de lancement de missiles soviétiques, Kaunas et son émouvant Neuvième Fort, les parcs de Zemaitija et de Dzukija.…
A bientôt.



























