J’ai depuis plusieurs mois le projet d’orienter la suite de ma vie professionnelle à l’étranger.
J’ai 45 ans et une solide expérience dans mon activité. Par contre, cette activité est plutôt très peu recherchée.
En effet, je travaille dans le milieu de l’athlétisme (entrainement, gestions de structures d’accès au haut-niveau, formateur, depuis deux ans professeur vacataire en faculté de sport, le tout agrémenté de pas mal de missions de développement).
Je me doute bien que l’âge et le profil sont plutôt un frein au projet.
Mon objectif serait de travailler dans un premier temps, hors de mon secteur d’activité afin de me constituer un réseau relationnel, tout en intervenant bénévolement en athlétisme si l’organisation associative du pays le permet (je ne me suis fixé encore aucun pays, mais je cible plutôt l’Amérique du sud ou l’Asie)
Le gros souci est que trouver un emploi depuis la France n’est pas chose facile, mais me lancer sur place sans poste préalable me parait, peut être, trop aventureux.
Pour l’instant, je réfléchis à une solution intermédiaire: partir dans un premier temps avec une association humanitaire (j’ai contacté récemment projects aboards), mais je n’ai à ce jour engagé aucune démarche.
De plus, est ce que cela pourrait déboucher sur un projet à long terme ? j’ai quelques doutes.
Mon envie est de vivre simplement une belle aventure humaine pour la seconde partie de ma vie professionnelle.
Vous vous doutez sans doute de mes questionnements :
Mon âge et mon profile sont-ils de gros freins ?
Quels organismes me conseillez vous de contacter au vu de mon profil ?
Comment pourrait se construire un tel projet sans partir totalement à l’aventure et débarquer simplement avec mon sac à dos ?
Malgré de nombreuses recherches et prise de contact, je suis vraiment dans le flou.
N’hésitez surtout pas à me répondre, je suis preneur de toutes vos remarques et suggestions.
Merci d’avance
murielle2
Bonjour,
Dans le domaine du développement (l’humanitaire, c’est pour les actions d’urgence : famine, conflit, épidémie, etc), il est vrai que l’athlétisme n’'est pas très recherché.
Par contre, tu as forcément des “compétences transversales” à faire valoir, et je pense que tu dois miser là-dessus : animation, logistique, gestion de projet, événementiel, etc.
Et aussi des aptitudes personnelles : leadership, etc.
Je te fais part de mon expérience perso, il y a 2 ans, à 47 ans, avec le même projet que toi (en tant qu’éducatrice) :
j’avais mis de l’argent de côté pour vivre quelques mois sans revenus. J’ai postulé dans des asso au Maroc pour un stage (non rémunéré), avec un projet de me former ‘sur le tas’ aux fonctions de coordo. En échange de l’apprentissage, j’ai proposé de mener un projet dans l’asso.
Une fois sur place, j’ai pris des contacts, j’ai diffusé un CV adapté aux pratiques locales, je me suis fait connaître. J’ai fini par décrocher un emploi au bout de 4 mois… qui ne s’est pas concrétisé, du fait de lenteurs administratives avec l’employeur…
Ceci dit, cette expérience marocaine, franchement professionnelle, me sert aujourd’hui, en France.
Voici les conseils que je pense importants dans ton projet :
commence par prévoir ton retour en France !!! c’est con , hein… mais oui, il faut assurer ses arrières : combien de temps tenir avec quel budget, que se passe-t-il pour moi quand je reviens (logement, quelques deniers, statut, sécu santé).
planche sur ton CV, en mettant en valeur tes “compétences transversales”
repère les pays où les questions de visa te permettent de passer sans trop de souci du statut de touriste au statut d’expatrié salarié
va sur des sites d’infos et des sites d’expat en lien avec le pays pour prendre un peu la T°, le climat : l’actu, les sujets importants, les besoins, les thèmes du moment ; déniche des adresses “phares” (asso, organismes, entreprises)
adapte encore ton CV au pays (photo ou pas, quelle rubrique à mettre en valeur, combien de pages, etc)
renseigne-toi sur ce qui est recherché, possible, dans le pays
envoie des CV LM pour des emplois, ou/et des “stages”. Vérifie le mode de communication du pays. Par ex, au Maroc, le contact est le plus direct possible : tél ou face à face ; le mail, c’est juste une première amorce (après l’envoi d’un mail, il faut appeler !).
prendre en compte la langue de travail : c’est un prérequis (je pense qu’il faut miser au moins sur l’anglais en Asie, et l’espagnol en Amérique du sud).
Autre entrée en matière : des sites internet internationaux dédiés au sport !
Voilà quelques premières pistes de réflexion pour affiner ton projet.
En tout cas, après ma propre expérience, je t’encourage vivement à mener ton projet.
Vas-y !!!
Cordialement,
Murielle
Anonyme3
Bonjour,
Un grand merci pour ta réponse elle me permettra réellement d’affiner et de structurer mon projet.
A ce jour je me suis axé sérieusement sur l’Equateur. J’ai deux ou trois contacts perso, et après m’être renseigné sur la vie, l’acceuil, le contexte politique et social, je me suis vraiment décidé pour cette destination.
J’ai eu un contact avec une association qui souhaitait un profil éducation, sport et handicap (je travail régulièrement avec des personnes en situation de handicaps physiques et j’ai un diplôme sportif reconnu dans ce secteur).
Je dois envoyer une lettre de motivation en espagnol (c’est pas gagné !).
J’ai un peu d’argent de côté qui me permettrai de vivre plusieurs mois sur place, je pense donc me lancer dans l’aventure.
Je suis comme toi, je réfléchis aussi à mon retour en France si jamais ce projet ne fonctionne pas. N’as tu pas eu trop de mal à retrouver un emploi dans notre cher pays ?
Encore merci d’avoir pris le temps de me répondre aussi longuement.
Cordialement,
Ugo
murielle4
Bonjour Ugo,
Voilà qui est plus précis concernant tes compétences pros… et je pense que tu devrais postuler à Handicap International ! Jette un coup d’oeil sur leur site. Ce serait sans doute d’autres destinations, mais ça pourrait être un emploi rémunéré.
(Pour le coup, ce serait de l’humanitaire)
Il doit exister d’autres associations qui recherchent ton profil (en tant qu’expert ou technicien). Tu pourrais trouver un emploi en tant que salarié ou VSI (Volontaire de la Solidarité Internationale). En VSI, tu as une indemnité mensuelle, ton AR est payé, tu gardes la sécu sociale… C’est quand même pas rien !
Regarde aussi sur :
France Volontaire (plate-forme qui met en lien des volontaires et des assos)
coordinationsud (site dédié à la solidarité internationale)
développement sans frontière
douleurs sans frontière
…
Concernant mon retour en France : j’ai utilisé la chance extra d’une disponibilité (congé sabbatique), j’ai donc retrouvé mon boulot à mon retour.
Sinon, l’idéal est de partir avec un contrat de travail français (salarié ou VSI). ça ouvre des droits pour la fin de mission. Jusqu’au départ suivant… parce qu’après une 1e expérience pro à l’étranger, je pense qu’on a la bougeotte ! En tout cas, moi je l’ai, et il me tarde de repartir
Murielle
Anonyme5
Bonjour,
A nouveau merci, pour toutes ces pistes et vos précieux conseils.
J’ai effectivement revu CV et lettre de motivation et j’ai un contact avec un des organismes que vous m’avez indiqué (France Volontaire), ils seraient à priori interessés par mon profil (activité physique et handicap), je croise les doigts pour un aboutissement positif.
J’espère que vous pourrez repartir rapidement de votre côté.
Excellente fin de WE,
Ugo
antlia6
Que devrais-je dire, jeune homme, moi qui ait définitivement coupé les ponts avec l’amère patrie (laquelle m’accorde une somptueuse retaite de 81 EUR/mois), il y a 4 ans, à 64 ans.
Ton job n’est pas du tout inenvisageable, bien au contraire, car c’est à la mode dans pas mal de pays d’Amérique du sud (dont le mien actuel, le Paraguay), les salles de gym (en même temps qu’ils ne feront pas 50 m à pied pour aller acheter leur pitance.
Mais comme je l’ai dit 32767 fois (ensemble des nombres signés sur 16 bits) dans ce forum, le job il faut se le créer, inutile de rêver à un salariat (déjà que c’est en chute libre en Europe). Donc avoir le capital pour. Bon, une salle de gym, c’est un grand local, avec coin vestiaire/toilettes. A louer ce n’est pas la mort. On peut commencer avec un minimum d’ustensiles et en acheter plus tard si ça marche bien. Pas la mort non plus.
Donc réserver un capital pour cette activité.
Mais je mets la charrue avant les boeufs car, préalablement, il faut choisir le coin où on est bien et où on a de bons contacts humains (très important car ce sont eux qui prépareront le terrain professionnel et pourront être des collaborateurs salariés). Donc prévoir un an maxi de trésorerie pour vadrouiller, dans le cas de l’Amérique du sud, le nez au vent. Et apprendre l’espagnol par la même occasion (mais ça sera moins dur que le thaï)
Il y a certes de bons bus confortables et pas bien chers pour aller partout, mais j’ai pris l’habitude, depuis que j’ai eu 18 ans, le permis et que j’ai piqué la dodoche à ma moman, de préférer l’autonomie et donc d’avoir ma toto à moi. Affaire de philosophie personnelle…