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Électricité à Cuba : un privilège géographique ? Les plaintes concernant les coupures de courant disproportionnées se multiplient dans les provinces.
Une nouvelle journée de crise énergétique a une fois de plus mis en lumière un sentiment croissant au sein de la population : l’existence d’un traitement inégal entre la capitale et le reste du pays en matière de distribution – et de coupures – d’électricité.
Alors que le gouvernement provincial de La Havane a publié un communiqué de presse assurant que, tôt le matin, « le service n’avait PAS été affecté » et qu’au moment de la publication du communiqué, « il n’y avait pas de pénurie », de nombreuses localités de l’intérieur du pays – notamment des municipalités de Villa Clara, Ciego de Ávila et Camagüey – ont signalé des coupures de courant allant jusqu’à 23 heures, avec des périodes de coupure cumulées dépassant parfois plusieurs jours.
Le communiqué de La Havane, diffusé par les réseaux institutionnels, précise en outre que la coupure de courant dans la capitale la veille a duré 17 heures et 47 minutes, le service ayant été rétabli vers 20h37. Le communiqué précise que les futures coupures « dépendront des besoins du Système électrique national (SEN) ».
Cependant, cette information a suscité le mécontentement dans le reste du pays. Pour certains, le contraste est saisissant : des quartiers de la capitale ne subissent pas de coupures nocturnes, tandis que des dizaines de milliers de familles hors de La Havane sont pratiquement privées d’électricité depuis des jours, ce qui perturbe leur repos, la conservation de leurs aliments, leur accès aux soins de santé à domicile et la continuité de leur travail.
Sur les réseaux sociaux, des habitants d’autres provinces ont exprimé leur indignation, qualifiant la situation d’« abus » et de « traitement de citoyens de seconde zone ». Certains se demandent également si ce déséquilibre vise à prévenir les tensions sociales dans la capitale – où la population et le pouvoir politique sont plus importants – tandis que les provinces subissent de plein fouet le déficit énergétique. D’autres soulignent le paradoxe suivant : une grande partie de la production alimentaire provient de l’intérieur du pays, et pourtant, ce sont ces régions qui seraient – d’après leurs témoignages – les plus pénalisées dans la distribution de l’électricité disponible.
En l’absence de données officielles ventilées par province, l’ampleur réelle du phénomène repose sur les témoignages des citoyens et les alertes locales. Or, un schéma se répète depuis des semaines : des coupures de courant prolongées et fréquentes hors de La Havane, contrastant avec les périodes d’accalmie plus longues observées dans la capitale.
Cette situation survient à la fin d’une année marquée par des défaillances de production, des pannes dans les centrales thermoélectriques, des pénuries de carburant et un calendrier qui, selon les instances étatiques, « n’a pas été respecté ». Tout cela crée un climat de tension sociale, exacerbé par l’arrivée des mois les plus chauds et la nécessité de conserver les aliments au frais dans les foyers aux ressources limitées.
Tandis que La Havane publie des rapports officiels empreints de maîtrise et de stabilité, le reste du pays attend toujours des réponses, des échéanciers crédibles et, surtout, une répartition équitable des difficultés.
Le débat qui anime les réseaux sociaux ne porte pas sur l’opportunité d’affecter La Havane, mais plutôt sur le fondement même du modèle de distribution :
Pourquoi certaines zones restent-elles sans électricité pendant près de 24 heures tandis que d’autres bénéficient de périodes de stabilité ? Pourquoi le pays ne se voit-il pas présenter un plan de distribution crédible, transparent et réalisable permettant à toutes les familles, où qu’elles vivent, de se reposer, de cuisiner et de vivre dignement ?
Tant que des données officielles clarifiant les critères de distribution et les raisons techniques précises ne seront pas disponibles, le sentiment général est sans équivoque :
l’électricité, en tant que droit fondamental à la vie quotidienne, ne devrait pas devenir un privilège géographique.
Hasta pronto
Chavitomiamor