Italie : les Pouilles, au pays des trulli

Italie : les Pouilles, au pays des trulli
Ostuni © Marco Saracco - stock.adobe.com

Avec leur toit conique, les curieux trulli en pierre sèche sont l’un des symboles de la région des Pouilles. La vallée d’Itria, où ils se concentrent, est d’ailleurs devenue l’une des destinations les plus touristiques d’Italie du Sud, surtout en été. Outre les trulli, cette région, à mi-chemin entre Bari et Brindisi, donne à voir de superbes villages perchés au cœur d’une campagne verdoyante où prospèrent les oliveraies, les vignobles et les vergers. Le tout, à quelques kilomètres seulement des plages de l’Adriatique et d’adorables ports de pêche comme Monopoli ou Polignano a Mare, et sous le soleil exactement…

Les trulli d’Alberobello

Les trulli d’Alberobello
Trulli d’Alberobello © Jean-Philippe Damiani

De drôles d’édifices ronds en pierre sèche, chaulés et coiffés d’un toit en forme de chapeau pointu, sont devenus la carte postale, voire le symbole, des Pouilles. Les trulli – c’est leur nom – sont des bâtisses typiques de cette région du sud de l’Italie, et plus particulièrement de la vallée d’Itria, située dans l’arrière-pays entre Bari et Brindisi.

Ces huttes de pierre ont été construites sans mortier à partir du 16e s selon une technique qui remonte à la préhistoire. Semblables à d’autres constructions traditionnelles du bassin méditerranéen (comme les bories dans le Luberon), les trulli étaient utilisés comme des abris temporaires, des entrepôts ou des habitations par les agriculteurs de la région. Leurs toits sont souvent décorés de marques mythologiques ou religieuses en cendre blanche et d’un pinacle porte-bonheur, censé éloigner le mauvais sort.

Alberobello © tanialerro - stock.adobe.com

Servant aujourd’hui d'entrepôts, d'habitations, voire transformés en chambres d’hôtes, les trulli sont disséminés dans la vallée d’Itria, mais se concentrent dans la bourgade d’Alberobello où l’on en compte plus de 1 500… d’où son classement au patrimoine mondial de l’Unesco !

Ne vous attendez pas à déambuler en solitaire dans la zona monumentale dei trulli, regroupant deux quartiers à flanc de colline sur lesquels ont poussé ces curieuses maisons-champignons. Alberobello, surtout l’été, est l’une des destinations de prédilection des cars de touristes et, d’ailleurs, nombre de trulli ont été transformés en échoppes de souvenirs un peu kitsch. Mais que fait l’Unesco ?

Arrivez tôt pour profiter du site et préférez le quartier plus tranquille d’Aia Picola, à droite de la rue qui grimpe vers l’église Sant’Antonio, elle-même coiffée d’un toit conique ! Pour en savoir plus, le museo del Territorio, aménagé dans une quinzaine de trulli reliés entre eux, fait le point sur les traditions locales et cet habitat unique au monde.

Vallée d’Itria : les villes perchées des Pouilles

Vallée d’Itria : les villes perchées des Pouilles
Basilique San Martino à Martina Franca © cge2010 - stock.adobe.com

Si Alberobello présente la plus forte concentration de trulli, on peut en voir également dans la région environnante, en étant un peu plus au calme. La vallée d’Itria est, en effet, parsemée de trulli, comme le long des routes SP 58 et SS 172, entre Alberobello et Martina Franca. Recouverte d’oliviers, de vignes et d’arbres fruitiers, cette riante vallée, digne d’un pays de cocagne, est également ponctuée de belles petites villes perchées, qui méritent largement le détour.

Martina Franca, juchée sur le mont San Martino qui lui a donné son nom, est l’une d’entre elles. Loin d’être muséifiée, elle se révèle vivante et attachante. Son centro storico, dominé par l’imposant palais ducal du 17e s, regorge de palais, d’églises et de monuments baroques. Un festival de façades blanches richement décorées, de balcons en fer forgé, de frontons sculptés, dont l’apothéose n’est autre que la basilique San Martino flanquée de son campanile gothique.

À quelques kilomètres de là, la ville blanche fortifiée de Cisternino, d’où l’on aperçoit Martina Franca, fait penser, avec ses ruelles étroites bordées de maisons chaulées, à une médina. Mais l’église San Nicola, de style roman, et les palais Renaissance de la ville nous ramènent en Italie. Faites une halte au square Garibaldi, face à la villa communale, pour contempler un très beau panorama sur la vallée d’Itria.

Locorotondo © ValerioMei - stock.adobe.com

Autre village perché à ne pas manquer au cœur de la région des trulli, Locorotondo possède également son lot de palazzi et d’églises, dont la chiesa della Madonna Greca qui abrite un polyptyque sculpté du 15e s représentant une Vierge à l’Enfant. À l’orée de la vallée d’Itria, l’itinéraire se conclut en beauté avec Ostuni. Surnommée la « ville blanche », elle évoque un magnifique vaisseau de craie échoué au sommet d’une colline surgissant d’une marée d’oliviers.

Tour à tour byzantine, angevine et aragonaise, Ostuni a hérité nombre de vestiges défensifs, mais aussi de tortueuses ruelles bordées de blanches demeures et d’une cathédrale du 15e s, qui compte parmi les plus belles des Pouilles. Magnifique panorama sur la plaine et la côte Adriatique depuis la ville.

En redescendant vers la mer, Fasano, avec ses belles demeures bourgeoises, sa piazza centrale, son pavé lustré et ses rues à arcades, mérite le détour. L’une de ces cités de charme méconnues, dont l’Italie a le secret.

Polignano a Mare et Monopoli, au bord de l’Adriatique

Polignano a Mare et Monopoli, au bord de l’Adriatique
Polignano a Mare © Jean-Philippe Damiani

Profitez de votre séjour dans la vallée des trulli pour aller piquer une tête dans l’Adriatique. Dans les Pouilles, en effet, la mer et les plages ne sont jamais bien loin.

Tout près de la vallée d’Itria et à 35 km de Bari, Polignano a Mare, ville aux origines grecques, est également l’une des plus belles cartes postales des Pouilles. Difficile de ne pas succomber, en effet, à ses maisons blanches perchées sur des falaises aux soubassements rongés par les vagues de l'Adriatique...

Après avoir pris votre photo souvenir, faites une balade dans les ruelles du centro storico gardées par une arche de pierre monumentale pour admirer l’adorable piazza V. Emanuele II, son palais à l’horloge et la chiesa Matrice, une église du 13e s. Plusieurs balcons du centro storico offrent de magnifiques échappées sur le bleu de la mer, tandis qu’au pied de la falaise, la gravina (le ravin) forme une petite calanque de galets où l’on peut se baigner !

Port de Monopoli © Vladimir Sazonov - stock.adobe.com

À 10 km à l’est de Polignano, Monopoli possède une superbe vieille ville où l’on ne manquera pas l’église romane Santa Maria Amalfitana. Le petit port, avec ses barques bleues, ses maisons blanches aux volets verts et son palais vénitien, compose un tableau des plus exquis. Le château, construit stratégiquement face à l’Adriatique, offre un large panorama marin.

Enfin, après les visites, direction la plage, autour de Savelletri par exemple, un petit village de pêcheurs plutôt calme. Autour du port et face à la plage, des restos invitent à déguster du poisson et des fruits de mer fraîchement pêchés. Tout au long de la côte, des kilomètres de plages aménagées (lido) ou non invitent à poser sa serviette.

La grande plage de sable de Torre Canne, à 7 km de là, jouit d’une atmosphère familiale. Plus loin, en direction de Brindisi, Torre Guaceto et Guna Beach raviront les amateurs de nature, de liberté et d’étendues sauvages.

Fiche pratique

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Office national du tourisme italien

Office de tourisme des Pouilles

Comment y aller ?

Vols directs vers Bari avec Air France depuis Paris CDG ou Brindisi depuis Paris-Beauvais. Vols avec correspondance à Milan ou Rome avec Alitalia depuis plusieurs aéroports français (Paris-CDG, Orly, Marseille, Toulouse, Nice…). Trouvez votre billet d’avion.

Location de voiture indispensable pour explorer la région.

Quand y aller ?        

Le printemps (mai-juin) et l’automne (septembre-octobre) sont les meilleures saisons pour visiter les Pouilles, les températures étant plus douces et la fréquentation touristique moindre.

Bonnes adresses

- Masseria Alchimia : Contrada Fascianello 50, à Fasano. Entre la vallée d’Itria et l’Adriatique, Fasano constitue une bonne base pour explorer la région. Voilà une très belle adresse au cœur d’un paysage méditerranéen où l’olivier règne en maître… même si c’est un chemin planté de cyprès aux airs de Toscane qui conduit à la masseria Alchimia. L’endroit porte bien son nom : l’alchimie des lieux fonctionne à merveille et il est difficile de résister au charme de cette ancienne ferme fortifiée toute blanche, reconvertie en boutique-hôtel à la déco épurée entre vintage champêtre et design contemporain. La maîtresse des lieux, Caroline, a décoré avec un goût sûr et très personnel les chambres et les studios, dont certains possèdent terrasse et cuisine. Son accueil est adorable et l’on a rapidement l’impression d’être chez une amie. Le plus dur, c’est de repartir…  Doubles 69-119 € selon confort ; d'avril à octobre, minimum 3 jours 115-275 € selon confort et saison. Pas de petit déjeuner.

- B&B Villagio In : via Arco Grassi 8 à Martina Franca. Pour passer la nuit dans la plus belle cité perchée de la vallée, une trentaine de studios et d’appartements disséminés au cœur de la vieille ville, dans des ruelles piétonnes tranquilles. Équipés d’une kitchenette, ils conjuguent, pour la plupart, le charme baroque des vieilles pierres et le confort moderne. Studios 75-85 €, appartements 90-170 €.

- Cremeria Vignola & Bar History : via S. Quirico 28 à Cisternino. Un bar avec une terrasse offrant une superbe vue sur la vallée des trulli. Idéal pour prendre un verre ou faire une pause gourmande avec de bonnes pâtisseries ou des amuse-gueules (taralli, sandwichs, pizzette…). À noter, toujours à Cisternino, la boucherie Al Vecchio Fornello (via Basiliani 18), réputée dans toute la région pour ses viandes que l’on peut déguster sur place à bon prix.

- Silvè : via Tinella 18, à Fasano. Tél. : +39 331 722 6444. Ni carte, ni menu chez Silvè, tout simplement les copieux plats du jour concoctés par la mamma selon le marché et l’inspiration. Allez-y les yeux fermés et demandez des conseils pour le vin au fils en salle. Point fort de la maison, les antipasti, d’une fraîcheur épatante, sont parfaits, les pâtes « comme à la maison », les viandes et les poissons remarquables. Service diligent et cadre agréable. Compter 25 € pour une belle expérience culinaire.

- Cibando : piazza Roma 18, à Martina Franca. Des panini et des salades à base de produits locaux à accompagner de bons petits vins au verre ou d’une bière. Pour une pause déjeuner avant de visiter Martina Franca ou prendre l’aperitivo. Compter 6-10 €.

Pashà : via Morgantini 2 à Conversano. Dans l’un des joyaux architecturaux de Conversano, le Seminario Vescovile, ce restaurant chic, au cadre contemporain, revisite avec talent les grands classiques de la cuisine locale. Produits excellents et parfaite maîtrise des cuissons. L’une des tables les plus réputées et étoilées de la région, aux prix élevés toutefois. Plats 23-28 €. Menu 5 services 70 €.

- Osteria dei Mulini : via Mulini 2, à Polignano à Mare. Une agréable terrasse ombragée et des salles voûtées juste à l’entrée de la vieille ville. Poisson frais, pâtes à l’encre de seiche et prix corrects. Compter 20-25 € pour un repas.

- Pescheria 2 Mari : piazza Amati 1 à Savelletri. Dans un petit village de pêcheurs, une terrasse assez chic avec vue sur mer pour déguster un carpaccio de poisson ou de fruits de mer accompagné d’un verre de vin blanc frais à l’aperitivo.

Voyages Italie

Voyages - Italie, 360 pages, 29.90 €

 

Texte : Jean-Philippe Damiani

Mise en ligne :

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