Le Palais idéal du Facteur Cheval

L’univers de Ferdinand Cheval surprend au détour d’une rue du village de Hauterives, dans la Drôme.  Dans un jardin luxuriant, le facteur Cheval (1836-1924) a imaginé son Palais peuplé d’un incroyable bestiaire (pieuvre, biche, léopard, éléphant, oiseaux, etc.), mais aussi trois géants, des fées, des personnages mythologiques, parmi une végétation exotique et des architectures de tous les continents. Tout un monde mariant l’Orient et l’Occident, résultat d'un travail titanesque pour un chef-d'oeuvre de l'architecture naïve.

Un monument unique au monde

Un monument unique au monde
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

Considéré comme une œuvre majeure par les plus grands peintres et sculpteurs, depuis plus d’un siècle, ce palais accueille de prestigieux visiteurs comme d’illustres inconnus. Aujourd’hui, ses admirateurs viennent de tout l’Hexagone et du monde entier pour découvrir ce labyrinthe de pierre à nul autre pareil. Le Palais idéal a été classé Monument Historique en 1969 par André Malraux, alors Ministre de la Culture, au titre de l’art naïf.

« Travail d’un seul homme »

« Travail d’un seul homme »
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

Avril 1879 : Ferdinand Cheval, facteur rural alors âgé de 43 ans, bute sur une pierre si bizarre, lors de sa tournée, qu’elle réveille un rêve. Autodidacte, il va consacrer 33 ans de sa vie à bâtir seul, un Palais de rêve dans son potager, inspiré par la nature, les cartes postales et les premiers magazines illustrés qu’il distribue. Parcourant chaque jour plus d’une trentaine de kilomètres à pied pour ses tournées, il va ramasser sur son chemin des pierres, aidé de sa fidèle brouette. «Travail d’un seul homme », son Palais de rêve est achevé en 1912.

La façade Est du Palais idéal

La façade Est du Palais idéal
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

C’est par la façade Est que tout commence. Au centre, une fontaine « La Source de Vie », entourée par un lion et un chien, sera la première construction réalisée par le Facteur Cheval. Avec frénésie, il ajoute fontaines, grottes, temples en accumulant pierres, coquillages et mortier de chaux. A droite, il construit un tombeau égyptien avec la volonté d’y être enterré avec son épouse, ce qui lui sera refusé. A gauche, les trois géants qu’il termine en 1899, après 20 ans de labeur sur cette façade.

Les Trois Géants

Les Trois Géants
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

Le Facteur Cheval veut des gardiens à son Palais, il fait alors trois géants impressionnant de hauteur qui deviendront l’un des emblèmes du monument. Ces trois géants représentent des personnages de l’Antiquité qu’admire Ferdinand Cheval : César, le grand conquérant romain – Vercingétorix, le défenseur de la Gaule – Archimède, le grand savant grec.

La façade Sud du Palais idéal

La façade Sud du Palais idéal
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

C’est à la façade Sud que Ferdinand Cheval décide de placer son Musée antédiluvien, une grotte dans laquelle le Facteur Cheval amoncelle les pierres en attente de trouver une utilité dans l’œuvre en construction.

La façade Nord du Palais idéal

La façade Nord du Palais idéal
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

La façade Nord est l’aboutissement de 33 ans de travail. La pieuvre sculptée à l’angle Ouest est le point final de l’œuvre. A l’opposé Est, il en écrit le bilan : « 10 000 journées, 93 000 heures, 33 ans d’épreuves, plus opiniâtre que moi se mette à l’œuvre ». D’une grande richesse ornementale, la façade Nord fait la transition avec la dernière œuvre du Facteur Cheval, son Tombeau du silence et du repos sans fin, au cimetière de Hauterives.

La façade Ouest du Palais idéal

La façade Ouest du Palais idéal
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

La façade Ouest invite au voyage. Grâce aux illustrations de son époque, Ferdinand Cheval reproduit dans des niches un chalet suisse, un temple Hindou, la maison blanche, la maison Carrée d’Alger, un château au Moyen-Age. Une mosquée ouvre sur la partie intérieure du Palais idéal, la Galerie.

Sur les colonnes de style classique, il écrit les lettres : C H E V A L, en guise de signature de son œuvre.

La Tour de Barbarie et ses palmiers de pierre

La Tour de Barbarie et ses palmiers de pierre
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

Au sommet du Palais, entre figuiers de Barbarie et aloès, s’élève la Tour de Barbarie. Un réservoir d’eau permettait en son temps d’alimenter le Palais et sa fontaine « la Source de Vie » en eau. Seuls quelques visiteurs au temps de Ferdinand Cheval ont pu assister à ce spectacle. L’eau endommageant trop l’édifice, le système a dû être condamné.

La galerie intérieure du Palais idéal

La galerie intérieure du Palais idéal
© Palais idéal / Photo : Origins Studio

La Galerie, long couloir intérieur, est peuplé d’un bestiaire extraordinaire : éléphant, dromadaire, ours, chat, loup, flamant sont modelés en bas-reliefs.

Le poème « Ton idéal, ton Palais » de Emile Roux Parassac, inspirant le nom du monument au facteur Cheval, est inscrit à l’entrée de cette Galerie.

« Ce rocher dira un jour bien des choses »

« Ce rocher dira un jour bien des choses »
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

La galerie de vingt mètres de long s'enfonce dans le palais et le traverse. C’est dans ce lieu intemporel que le Facteur Cheval inscrit : « Ce rocher dira un jour bien des choses ».

La façade Nord du Palais idéal de nuit

La façade Nord du Palais idéal de nuit
© Palais idéal / Photo : Origins Studio

Le Tombeau du Silence et du repos sans fin

Le Tombeau du Silence et du repos sans fin
© Palais idéal / Photo : Frédéric Jouhanin

En cumulant toutes ses tournées, c'est comme si le Facteur Cheval avait fait 5 fois le tour de la Terre. Aujourd’hui, il repose avec toute sa famille dans son tombeau à Hauterives qu’il a mis 8 années à construire après les 33 ans de labeur qu’a nécessité le Palais idéal.

Le Facteur Cheval sur la terrasse du Palais idéal

Le Facteur Cheval sur la terrasse du Palais idéal
© Palais idéal

Le Facteur Cheval prend la pose devant son Palais idéal et en fait des cartes postales qu’il vend à ses visiteurs qui arrivent dès 1905. Sur celle-ci, il prend la pose sur la Terrasse où il installe également sa « Pierre d’achoppement », la première pierre sur laquelle il trébuche et lui inspire le Palais idéal.

Pour en savoir plus, visitez le site du Palais idéal du Facteur Cheval.

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