Bruxelles multiculturelle

Bruxelles multiculturelle
OPT - Jean-Luc Flémal

Du 24 au 26 juin, le festival Couleur café fait vibrer Bruxelles sur les rythmes africains et caribéens. L’occasion de découvrir le visage multiculturel de la capitale de l’Europe où pas moins de 45 nationalités se côtoient. Un petit tour du monde, sans quitter la Belgique ? Suivez le guide.

Bruxelles, capitale gigogne

Capitale du duché de Brabant, puis des Pays-Bas espagnols, et en 1830, celle de l'Etat belge, Bruxelles se pare du titre envié de capitale de l'Union Européenne. Au point de rencontre des mondes latin, germanique et anglo-saxon, cette ville est depuis mille ans au cœur des flux migratoires qui ont façonné l'histoire du vieux continent.

Une situation pas exempte de paradoxes : historiquement ville flamande, enclavée géographiquement dans la Flandre - dont elle est la capitale -, elle est aussi région fédérale à part entière dans le système belge, alors qu’à peine 15% de sa population y parlent la langue du nord du pays. Vous suivez ?

Une ville, 45 nationalités

La statistiques nous révèlent que plus de 30 % des Bruxellois – soit plus de 300 000 personnes - ne sont pas nés en Belgique et que 45 nationalités y sont représentées par au moins un millier de ressortissants.

Une disparité qui présente de gros écarts : si les quartiers huppés sont peuplés d’une population étrangère aisée (fonctionnaires internationaux, employés de multinationales), les quartiers en bordure du centre historique sont occupés par des émigrés venus de l’Europe méditerranéenne pour les plus anciens (Espagne, Portugal), mais surtout Turcs et Marocains pour les plus récents.

Une petite colonie africaine originaire de l’ex-colonie, le Congo, se concentre dans le haut de la commune d’Ixelles à Matongé, du nom d’un faubourg de Kinshasa. Au sein de ce brassage des nationalités, on ne peut passer sous silence les nombreux Français en mal d’ISF, ainsi que les 30 000 fonctionnaires européens et leurs familles. Par contre, aucun Chinatown à Bruxelles !

Tout cela fait que Bruxelles, un peu à l’instar de Londres ou New York, se présente comme un laboratoire du multiculturalisme.

Un reflet de l’Europe moderne

En empruntant le réseau de transports en commun, on ne peut qu’être frappé du nombre de langues différentes que l'on y entend parler autour de soi. Si seuls le français et le néerlandais ont le statut de langues officielles de la ville-région, les bus, les trams et métros n'en sont pas moins de véritables tours de Babel ambulantes. Cette réalité offre au visiteur l'image d'une ville cosmopolite, reflet peut-être de l'Europe moderne dont elle entend être la vitrine.

Ville bâtarde par excellence, Bruxelles s’est trouvé un magnifique symbole : le zinneke, un chien avec un petit "z", un corniaud malin né du croisement de deux races. Le zinneke parle le brusseleir, une langue savoureuse des quartiers populaires née d’un mélange de flamand et de français, mâtiné d’espagnol depuis le XVIe siècle.

Dans le quartier des Marolles, depuis longtemps lieu emblématique du melting-pot bruxellois, les plaques de rues sont rédigées en trois langues : le français, le néerlandais et le marollien. Les familiers du monde d’Hergé savent depuis longtemps que les Syldaves ou les Amérindiens de l’Oreille cassée, ne parlent rien d’autre que le marollien.

Les lieux du multiculturalisme

Outre Matongé, le multiculturalisme bruxellois se manifeste dans d’autres lieux :

- BIP Expo : rue Royale, 2. Tlj 10h-18h. Située à l’étage du bureau d’informations touristiques de la pl. Royale. Gratuit. Cette petite expo vraiment peut constituer une bonne introduction aux réalités de la capitale. Elle présente la région de Bruxelles-Capitale sous toutes ses coutures dont les composantes du melting-pot bruxellois.

- Le quartier des Marolles : certainement le quartier où l’on retrouve le plus l’esprit populaire de Bruxelles, et où l'on peut encore entendre des vieux Marolliens converser en dialecte brabançon. Ne pas manquer le marché aux puces de la place du Jeu-de-Balle.

- Le parvis de Saint-Gilles emblématique de la multiculturalité de Bruxelles, de plus en plus en vogue, constitue un point de chute pour prendre un verre ou s’attabler dans un resto qui mitonne de fameux couscous. Un marché s’y tient tous les matins sauf le lundi.

Le Marché du Midi : le dim mat, autour de la gare du Midi. Vaste marché de denrées exotiques où l’Afrique du Nord côtoie la Sicile et l’Anatolie sur fond de raï et de flamenco.

- La Rue de Brabant : près de la gare du Nord. Un peu l’équivalent de la rue Barbès à Paris, beaucoup de commerces turcs et marocains. De bonnes affaires en perspective à condition d’aimer l’ambiance très colorée des souks.

Couleur Café, du 24 au 26 juin

Depuis 1990, Couleur Café, festival convivial et métissé, s'ancre dans le tissu social de Bruxelles. Sa programmation est axée sur les musiques africaines et afro-cubaines. Mais Couleur Café ne se limite pas à la musique. Souks, artisans, stands de cuisines exotiques, fanfares et animations complètent le festival.

Depuis 1994, le festival se déroule à Tours et Taxis, un vaste site industriel désaffecté (aujourd’hui restauré), le long du canal, à quelques minutes à peine du centre, et qui comprend plusieurs grands bâtiments et entrepôts de brique, verre et fer forgé.

Au fil des années, le côté festif du festival et l’aspect pluridisciplinaire se renforcent, avec notamment l’exposition Cool Art Café consacrée aux arts plastiques et la multiplication des prestations extramusicales : cours de danse, démonstrations de free style…

Avec quelque 75 000 spectateurs attendus, Couleur Café se déroule sur trois jours. Au programme, 40 concerts sous trois chapiteaux, dans tous les genres : R&B, hip-hop, funk, afro, reggae, ragga, dub, dancehall, latin, salsa, raï, rock et, nouveauté de l’année, musiques électroniques.

le festival inclut un marché artisanal avec des artisans au travail et des dizaines d’échoppes qui présentent des spécialités culinaires venues du monde entier. Sans oublier de nombreuses animations, ateliers pour enfants, cours de danse ou de musique, et des expos artistiques allant de l’art traditionnel à l’art contemporain.

Pour en savoir plus

Consulter nos fiches Bruxelles et Belgique.

Office de tourisme Wallonie-Bruxelles

Office de tourisme ville de Bruxelles

Aller à Bruxelles

Paris Nord-Bruxelles, en 1h22 avec Thalys, à partir de 50 € l’aller-retour. Il existe aussi des formules A/R à la journée, les « thalys day », à partir de 40 € du lundi au jeudi en classe comfort 2 et 80 € le week-end en comfort 1.

- Liaisons aériennes avec Brussels Airlines depuis Nice, Lyon, Marseille, Toulouse et Strasbourg.

Où dormir ?

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Où manger ?

- Fin de Siècle : rue des Chartreux, 9. Pas de réservation. Tlj 16h30-1h. Plats 13-17 €. Atmosphère populaire et joyeuse de stamcafé.
- Hémisphères : rue Léopold, 29. Tél : 02-513-93-70. Tlj sf sam midi et dim. Très à la mode, la déco « Mille et Une Nuits » tout comme les plats qui couvrent le Bassin méditerranéen et s’aventurent même jusqu’en Chine ou aux Indes.
- Kokob : rue des Grands-Carmes. Tél : 02-511-19-50. Lun-mer 18h-23h, jeu-dim 12h30-23h30. Résa conseillée. Il faut venir à Bruxelles pour découvrir la cuisine éthiopienne ! Grande salle en longueur décorée de belles photos de voyage.

La Zinneke Parade

La Zinneke Parade organisée la première fois en 2000 a voulu rendre compte du caractère métissé de la ville : des associations des quartiers populaires, des artistes, des jeunes, des femmes, des immigrés, des comédiens, des danseurs, des échassiers ont unis leurs efforts pour élaborer ce défilé coloré.
Le succès fut au rendez-vous de la première édition (4.000 participants et 300.000 spectateurs), à un point tel que les organisateurs décidèrent de faire de cette fête un rendez-vous biennal. Prochaine édition en 2012.

Texte : André Poncelet

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