Le Doubs, côté nature : 5 sites à visiter

Saut du Doubs
Saut du Doubs © bill_17 - stock.adobe.com

Des cascades tourmentées, des gorges abyssales, de fiers châteaux sur leur éperon rocheux, des forêts profondes, des sources raboteuses qui font parade de mille teintes… Tout ça au départ de Besançon-Viotte, à seulement 2 h 30 de Paris en TGV !

Le département du Doubs, qui joue à touche-touche avec la Suisse, s’étend en grande partie sur le massif du Jura. Résultat : du dénivelé, des promontoires par dizaines et, surtout, un paradis pour les randonneurs et les amoureux de grands espaces.

En effet, ce coin de Franche-Comté est loin d’être avare en beautés minérales et sentiers aussi exigeants que spectaculaires. De quoi en prendre plein les guiboles et les yeux !

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La vallée de la Loue : randonnées au pays de Gustave Courbet

Gorges de Nouailles
Gorges de Nouailles © Florent Oumehdi

Le département du Doubs doit une fière chandelle à la Loue, un affluent de la rivière qui lui a donné son nom. Entre Ouhans, où elle prend sa source (en fait une résurgence du Doubs) et Parcey, son embouchure dans le Jura, cette rivière de 122 km a, durant des centaines de milliers d’années, fait son petit bonhomme de chemin et buriné le visage du Doubs.

Elle traverse les gorges de Nouailles, un canyon, classé « site pittoresque », qui oscille entre 150 et 350 m de profondeur. Plusieurs belvédères permettent d’apprécier la splendeur de cette vallée de la Loue, barbouillée d’érables, de hêtres et de sapins. Celui du Moine de la Vallée, près de 800 m de hauteur, effeuille les rochers du Capucin et plonge dans les gorges de Nouailles tout comme les belvédères de Renédale et de la Roche de Hautepierre (881 m).

Lods
Lods © Boris Stroujko - stock.adobe.com

La Loue arrose également de superbes villages, souvent classés, comme, à 45 min en voiture de Besançon, Lods, l’un des « plus beaux villages de France », tout en inclinaison avec ses maisons vigneronnes et ses fontaines.

Ornans, quant à lui, n’a pas volé son surnom de petite Venise comtoise. Ses habitations, se jouant de la Loue, semblent jaillir de ses flots. Pas étonnant qu’il fasse partie des « Cités de Caractère » de Bourgogne-Franche-Comté alors que Gustave Courbet, longtemps fasciné par la source de la Loue, y a vu le jour (voir Le + du Routard).

Sur la rive gauche, Cléron tient, avec son château et ses tours vaillantes, un bien joli atout qui lui a permis de conserver son cachet « médiéval » en lui ajoutant, certains matins brumeux, une aura écossaise.

Sources Loue Franche Comte
Source de la Loue © rochagneux - Adobe Stock

Une chouette balade relie la source de la Loue à celle du Pontet. Au départ du parking de la Source (vous ne serez pas tout seul), à Ouhans, elle plonge dans le vif du sujet puisqu’il ne faut marcher que quelques mètres pour pénétrer dans cet amphithéâtre rocheux et toiser la rivière, dévalant hors de sa falaise de 150 m.

On comprend sans mal pourquoi son débit et sa force sont exploités depuis le haut Moyen Âge (moulins à moudre, à broyer, actionnement de machines industrielles et, depuis 1925, centrale hydroélectrique de Mouthier-Haute-Pierre).

On s’engouffre alors dans les gorges de Nouailles, un œil sur le saut de la Loue qu’on longe sur 3 km avant d’atteindre la grotte des Faux-Monnayeurs (équipement et lumière frontale obligatoires pour l’explorer) et la plus confidentielle source du Pontet, planquée dans sa caverne.

Lire aussi En Franche-Comté, au fil de la Loue et Dans le Doubs, au pays de Gustave Courbet

Le + de routard.com

Si Gustave Courbet a peint l’Origine du monde, c’est à Ornans qu’on localise l’origine de Courbet. La ville ne s’y est pas trompée et honore de mille façons son enfant prodigue. Sa maison natale héberge le musée Courbet (6/8€). L’ancienne ferme familiale est ouverte gratuitement au public et fait tourner les expositions. Tout comme son atelier, au plafond ennuagé d’hirondelles, le seul décor ripoliné par le peintre réaliste. Et puis on ne compte plus les « sentiers Courbet » qui chassent les sources… de son inspiration cette fois.

La vallée du Lison : la belle voisine de la Loue

Source du Lison
Source du Lison © Florent Oumehdi

Proche de celle de la Loue, la reculée du Lison n’a rien à lui envier. À peine est-on embarqué dans le sous-bois menant à la source du Lison, que les histoires de forêts magiques et d’elfes nous piquent l’imagination, déjà titillée par le murmure de la rivière.

Comme la Loue, sa grande sœur qu’elle rejoint au bout d’un périple de 26 km, le Lison joue à cache-cache avant de repointer le bout de son nez, en cascade, hors d’une falaise et dans un écrin végétal merveilleux. Grimpez jusqu’à la vasque supérieure (quelques marches dans la paroi rocheuse) pour pister ses reflets émeraude.

Gouffre de Poudrey
Gouffre de Poudrey © Maxime Naegely

Tant qu’à être sur ce site, il ne faut pas rater, à 300 m de la source, le Creux Billard, constellé de grottes et cavités qui, par temps de pluie et lors de la fonte des neiges, peuvent cracher des torrents. En parlant de grotte, celle dite Sarrazine, surmontée d’un porche de 80 m de haut, ne passe pas inaperçue. Elle cache dans ses entrailles un réseau dense et vaste de galeries, sculpté par le Bief Sarrazin, qui prête le flanc aux spéléologues confirmés.

Le + de routard.com

Des gouffres et des grottes, le massif jurassien, essentiellement calcaire donc propice à la karstification, n’en manque pas. L’immense gouffre de Poudrey (11,50 €), à 70 m sous la ville d’Étalans (250 marches), arbore stalactites, stalagmites et fables autour de la vouivre, une créature légendaire mi-femme, mi-serpent. La grotte de la Glacière a, longtemps, joué sur un autre terrain… glacé toute l’année grâce à son orientation et malgré ses 525 petits mètres d’altitude. Depuis 2005, nulle trace de glace, mais on la visite toujours (8 €) pour se rafraîchir (4 °C) et traquer les fossiles du Jurassique.

Le cirque de Consolation : une reculée jurassienne à arpenter

Cirque de Consolation
Cirque de Consolation © heiwa - stock.adobe.com

Dans la vallée du Dessoubre, encore un affluent (33 km) du Doubs, s’incurve le cirque de Consolation (aussi appelé val de Consolation). Située à 54 km à l’est de Besançon, cette reculée typique de la chaîne du Jura étrenne des falaises semi-circulaires saisissantes de 350 m.

Elle est l’un des points saillants du parc naturel régional du Doubs Horloger. Pourquoi horloger ? Car au XVIIIe siècle, les paysans du coin ont commencé à diversifier leurs activités et à produire des pièces horlogères qu’ils exportaient en Suisse. Avant de se prendre au jeu et de confectionner des montres de A à Z, occupation qui perdure de manière plus industrielle : le Doubs Horloger représenterait 40 % du chiffre d’affaires de l’horlogerie française.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt aux chamois et aux faucons pèlerins que vous pourriez croiser au cirque de Consolation. Et ils ne seront pas les seuls à taquiner vos pupilles.

Cirque de Consolation - cascade
Cirque de Consolation - cascade © Florent Oumehdi

Le cirque de Consolation, 80 km de sentiers de randonnée, se révèle au départ de Consolation-Maisonnettes où avaient élu domicile des moines de l’ordre des Minimes au XVIIe siècle. Le monastère, devenu séminaire au XXe siècle, le jardin botanique (plantes médicinales) et la chapelle de 1682 se découvrent gratuitement.

Monts et merveilles naturelles vous en mettront ensuite plein la vue : des sentiers fendant des parois gigantesques, des sources, des ruisseaux et des cascades comme s’il en pleuvait (et s’il a plu surtout, comme Lançot, sortant de sa grotte, Tabourot parfois écrit Taboureau, Dessoubre, la cascade noire, etc.).

Partout, des rochers moussus, des ponts de pierre, des passerelles, des escaliers à ne pas mettre sous les pieds des étourdis, complètent ce prodigieux tableau. Ceux qui veulent prendre de la hauteur et dominer cette arène minérale crapahuteront jusqu’au belvédère de la Roche du Prêtre, nommé ainsi après qu’un religieux s’y est cassé la pipe au XVIIe siècle. La légende comme le panorama font sensation. Allergique au vert s’abstenir.

Le + de routard.com

Ceux qui n’ont pas eu leur dose d’adrénaline peuvent poursuivre jusqu’à Charquemont, à 30 min de là en voiture, et partir à la conquête des échelles de la mort (hier en bois, aujourd’hui trois escaliers métalliques) qui portent jusqu’à un belvédère au-dessus de la vallée de la… Mort, un lieu historique de la contrebande des XVIIIe et XIXe siècles.

Le Saut du Doubs : attention à la chute !

Bassins du Doubs
Bassins du Doubs © Photophil - stock.adobe.com

Situé à la frontière franco-suisse à 70 km de Besançon, le Saut du Doubs, classé Grand Site de France, est l’un des joyaux du département. Même si on se croit, parfois, au Canada ou en Norvège à l’assaut des fjords.

Imaginez une chute de 27 m de haut que l’on doit à un éboulement il y a plus de 12 000 ans, une rivière qui enroule la frontière entre la France et la Suisse et dont les méandres esquissent des bassins (les bassins du Doubs), larges de 100 à 200 m et profonds de 30 à 40 m. Tout ça à portée de gambettes. Vous ne rêvez pas, vous êtes bien dans le Doubs !

En direction du belvédère de Châtelard
En direction du belvédère de Châtelard © Florent Oumehdi

Si beaucoup de visiteurs se contentent, et ce n’est déjà pas mal, des belvédères du bas et du haut du Saut du Doubs, les audacieux, prolongeant jusqu’à celui du Châtelard, parfois à flanc de falaise, seront récompensés de leurs efforts par des points de vue imparables et verdoyants sur la combe. Mais attention, ça grimpe sec et en épingle.

Sinon, une alternative moins fastidieuse, à 15 min à pied du parking des Vions, consiste à rejoindre le belvédère des Taillards. Ça monte un peu, pas longtemps, mais on ne connaît pas meilleur panorama sur les serpentins de la rivière.

Le + de routard.com

Impossible de rater les bateaux-promenades qui patrouillent les ondulations de la rivière sur des parcours d’une heure aller-retour (14 km, au départ de Villers-le-Lac) auquel il faut ajouter 1 h d’escale pour bigler le Saut du Doubs. Entre 15 € et 18 € selon les compagnies. Certaines croisières proposent également des formules repas (plusieurs menus, entre 38 € et 69 € selon les opérateurs). Enfin, ne soyez pas surpris si des calèches tractées par des chevaux comtois vous dépassent. Une autre façon d’explorer les fermes du Haut-Doubs et la cascade (18 € la balade simple).

Le château de Joux : un nid d’aigle dans le Jura

Château de Joux
Château de Joux © clemMTravel - stock.adobe.com

À 6 km de Pontarlier, le château de Joux est crânement posé sur son piton rocheux, à 100 m au-dessus du passage de la Cluse : une position stratégique dont il a tiré habilement profit tout au long de son millénaire d’existence.

Fort de ce cocon imprenable, ce nid d’aigle a attiré les convoitises et est passé entre des mains illustres : Philippe le Bon, le duc de Bourgogne, au XVe siècle mais aussi Louis XIV qui le reprit à l’Espagne et chargea Vauban d’en cuirasser les fortifications.

C’est à ce dernier que le château de Joux doit ses 5 enceintes. Et le reste est à l’avenant : 250 pièces, 3 fossés, 3 pont-levis, un vertigineux escalier à vis, des locataires prestigieux (Mirabeau et Toussaint Louverture… quand le château était une prison d’État)…

Larmont - Fort Malher
Vue depuis le Fort Malher © Florent Oumehdi

Et un parcours pour le mater sous toutes ses coutures, qui apprivoise la montagne lui faisant face, le Larmont, blindé par le Fort Malher depuis le XIXe siècle. Les courageux persévéreront 6 km sur le chemin du Larmont jusqu’au complexe de Gounefay, à 1 200 m.

7,50 € la visite libre, 9 € la visite guidée. Ouvert à certaines périodes de l’année.

Le + de routard.com

Les attractions, à moins de 30 min en voiture du château, ne manquent pas. Vous pourrez tremper vos petons dans la Source bleue, près de Malbuisson. Des eaux turquoise que semblent refouler les parois rocheuses. Une légende lie cette source aux larmes de Berthe de Joux (qui fut, elle aussi, coffrée au château) pleurant son amant. Aux Gras, les cascades des Chaudières, féeries bucoliques qui dégringolent en terrasses sur 120 m, ne devraient pas vous laisser insensible non plus.

Fiche pratique

Retrouvez tous les bons plans, adresses et infos utiles dans le Routard Franche-Comté en librairie 

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Franche-Comté

Site de l’office du tourisme du Doubs

Comment y aller ?

Besançon est reliée plusieurs fois par jour à Paris-Gare de Lyon et à d’autres villes de France par le TGV.

De Besançon, N67 et D67 jusqu’à Ornans. Location de voiture conseillée.

Bonnes adresses

– Hôtel de France : 51-53, rue Pierre-Vernier, à Ornans. Doubles 105-115 €. Cette coquette hôtellerie au cœur du bourg existe depuis le XVIe siècle. Charmante et cosy, elle a élégamment été rénovée depuis.

– L’Absinthe : chemin du Saut du Doubs, à Villers-le-Lac. Une adresse qui fait toujours le plein. Un peu facile quand on bénéficie d’une telle situation, au pied du Saut du Doubs. Alors pourquoi se compliquer la tâche ? Hop, des produits du terroir avec la saucisse de Morteau (16,90 € la saucisse entière avec frites) qui règne en maîtresse sur la carte même si l’assiette comtoise (18,90 €), très charcutière, lui tire la bourre. Et avec un nom pareil, vous n’échapperez pas à une tournée d’absinthe locale.

– La Bousse : 8, place de la Halle à Morteau. Interdiction de quitter le Doubs sans avoir goûté la saucisse de Morteau, délicieusement fumée et aux teintes fauves. Réservation conseillée dans cette institution locale. Bonne ambiance et service agréable. Demi-saucisse de Morteau, frites et salade à 15 €.

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