Cherbourg, cité de la mer

Cherbourg, cité de la mer
© Marc Lerouge - PAT du Cotentin

À la pointe de la presqu’île du Cotentin, figure de proue de la Normandie, Cherbourg est à la fois ancrée dans son terroir et tournée vers la mer. Fraîchement rebaptisée « Cherbourg-en-Cotentin », elle se dessine après les cultures maraîchères du Val de Saire, comme une transition entre bocage et Manche. Ses façades en schiste bleu, la pierre locale, déclinent toute une palette de coloris, du gris à l’orangé. Dans les boëls du vieux Cherbourg planent encore les mélodies du célèbre film musical Les Parapluies de Cherbourg. La ville s’affirme plus que jamais sur la scène culturelle avec des musées, une programmation théâtrale et des résidences d’artistes propices aux expérimentations. Cap sur une Normandie à la fois maritime et férue d’art.

Balade dans le vieux Cherbourg

Balade dans le vieux Cherbourg
Vieux Cherbourg © Marie Borgers

La flânerie dans les rues médiévales du vieux Cherbourg promet de belles découvertes architecturales. Derrière des hôtels particuliers et des belles demeures aux façades de schiste bleu se cachent quelques havres de paix et autres petits coins de paradis hors du temps. Il faut s’engager dans les boëls, ces petites rues médiévales, pour découvrir des trésors de charme et de sérénité : passages et courettes, tourelles et encorbellements, escaliers à vis et autres maisons coquettement fleuries.

À l’image de la ville, le vieux Cherbourg est hanté par le tournage du film Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964). Des lieux comme la quincaillerie du 13, rue du Port (une boutique restée dans son jus), la cour Marie et la basilique de la Trinité sont signalés par des claps de cinéma attachés aux façades, évoquant les scènes qui furent tournées en ces lieux.

Il pleut ? Direction la manufacture des Parapluies de Cherbourg. Dans un bâtiment haussmannien, elle présente l’éventail (si l’on peut dire) des séries, retrace l’histoire du parapluie comme accessoire de mode et support de communication pour les marques de luxe. La manufacture permet d’appréhender les étapes de fabrication d’un Véritable Cherbourg, ses déclinaisons et la technicité de ce savoir-faire.

Cherbourg, ville de culture

Cherbourg, ville de culture
Théâtre à l'italienne © Marie Borgers

Si Cherbourg figure, avec ses parapluies, sur le podium de l’élégance à la française, la ville s’affirme aussi sur la scène culturelle. Ses espaces d’exposition et de création élaborent leurs programmations dans le souci de démocratiser la culture et les arts. Ils enrichissent leurs affiches de programmes « off », de rencontres et d’animations, notamment à destination des familles.

Conçu pour être le fer de lance du rayonnement culturel de Cherbourg, le nouveau centre culturel Quasar fédère les actions d’un musée des beaux-arts et d’une bibliothèque, mais aussi de 3 théâtres et d’une « artothèque ».

Au sein du Quasar, le musée Thomas-Henry, l’un des plus grands musées des beaux-arts de Normandie, vient de rouvrir ses portes. Le cœur historique du fonds est issu de la donation de Thomas Henry, mécène et philanthrope local. Dans un tout nouvel écrin de verre et de bois, le musée conserve dans des salles feutrées des collections illustrant les courants picturaux majeurs qui ont éclos en Europe entre le 15e et le 19e siècle : peintures françaises, peintures italiennes et Renaissance, écoles du Nord, Siècle d’or espagnol... On y retrouve portraits, scènes de genre et natures mortes signés de grands noms : Fra Angelico, Lippi, Poussin, David, Signac... Parmi les richesses notoires des collections, la série de toiles de jeunesse de Jean-François Millet constitue la 2e plus grande collection Millet de France après le Louvre.

Dans le cadre du festival Normandie Impressionniste, le musée présente l’exposition « Félix Buhot, peintre d’atmosphères » (du 24 juin au 25 septembre 2016).

Devant l’entrée du Quasar, en préambule ou en prolongement de la visite, « Le Mur » est un espace dédié au street art sur la façade d’un immeuble d’habitations. Il est régulièrement réinventé par les artistes de renommée nationale.

Un peu plus loin, émerveillement assuré devant les décors éternels du théâtre à l’italienne, une salle inaugurée en 1882 et classée aux Monuments historiques. Son répertoire décoratif en fait une rareté dans l’Hexagone : lustre de cristal, coupole peinte, balcons et baignoires décorés. Le théâtre joint sa programmation à celles de deux autres théâtres (le Vox et le théâtre de la Butte) pour former une entité nommée « Le Trident ».

Labellisé « Scène nationale », le Trident travaille lui aussi sur des temps de convivialité et de partage entre artistes et public. Au programme hors la scène : animations, ateliers de sensibilisation et de pratique artistique, cafés éphémères et résidences d’artistes. Autant de temps forts qui viennent compléter la programmation sur scène.

Autre belle initiative artistique, l’Artothèque propose aux habitants le prêt d’œuvres contemporaines, pour faire vivre dans les salons des particuliers des toiles non exposées.

Quant aux amateurs d’équilibrisme et d’expérimentations artistiques, ils s’engouffreront dans La Brèche. Labellisé « Pôle national des arts du cirque de Normandie », ce lieu de création positionne Cherbourg comme une place forte du cirque contemporain. La Brèche accueille ainsi une trentaine de résidences d’artistes chaque année, et le bouillonnement artistique y est palpable. Sous un ravissant chapiteau traditionnel en bois et toile, La Brèche présente des maquettes et extraits de spectacles, et organise des temps d’échanges avec le public.

Cherbourg, tournée vers la mer

Cherbourg, tournée vers la mer
© La Cité de la Mer - B. Almodovar

Ports de plaisance, de commerce, de pêche, port de croisière, port militaire... autant d’activités qui confirment le caractère maritime et portuaire de Cherbourg. La rade, l’une des plus grandes rades artificielles du monde, est fermée par 6 km de digues datant du 18e siècle, alors qu’il s’agissait de faire de la ville une place défensive.

Le port de plaisance Chantereyne est le premier de France en nombre de visiteurs. Bercé par les cris des mouettes et le tintement des mâts, ce port en eaux profondes accueille essentiellement des voiliers. Le port de plaisance de Cherbourg reste aussi fidèle à sa tradition d’accueil des paquebots en escale.

Cherbourg est donc une ville de « voileux ». Sa rade, formidable spot pour apprendre la voile à l’abri des vents et des courants, a vu naître de grands marins et skippers. La rade de Cherbourg, ainsi que la presqu’île de la Hague et la côte des Isles sont propices à tout un panel d’activités nautiques et liées au vent : surf (notamment sur la houle de la Hague), optimist, char à voile, catamaran, aviron, paddle, kayak de mer, mais aussi char à voile et kitesurf.

Signe tangible d’une ville ancrée dans son histoire et son patrimoine maritimes, la Cité de la Mer a pris ses quartiers dans l’ancienne gare maritime transatlantique inaugurée en 1933. Dans ce fleuron de l'Art déco français ont mouillé les plus grands paquebots de prestigieuses compagnies.

Ce parc à thème dédié à l’aventure de l’homme sous la mer et à l’océanographie s’organise en plusieurs pôles : l’aquarium (plus grande colonne d’eau d’Europe, bassins thématiques et bassin tactile), l’exploration des fonds sous-marins, la galerie des engins et des hommes, et l’attraction « On a marché sous la mer », une aventure virtuelle de 50 min.

Après l’émouvante salle des bagages, l’espace « Titanic, retour à Cherbourg » évoque la dernière escale continentale du paquebot et son naufrage. Un film immersif retraçant la chronologie des événements se synchronise avec les espaces reconstitués du navire, cabines et coursives. On s’y croirait tant qu’on en frissonne…

Rappelons que Cherbourg est aussi un port militaire. L’arsenal est spécialisé dans la construction et l’assemblage de sous-marins. L’attraction majeure de la Cité de la Mer reste ainsi la visite du sous-marin nucléaire Le Redoutable, le plus grand sous-marin visitable du monde.

Et pour prendre le vent du large (ou presque), la vedette L’Adèle fait le tour de la rade de Cherbourg (balade commentée d’environ 1h-1h15 en eaux abritées).

Et dans les environs de Cherbourg…

Et dans les environs de Cherbourg…
Île Tatihou © Jérôme Houyvet - CDT 50

Cherbourg peut également servir de base pour explorer la partie nord du département de la Manche, et découvrir de superbes coins du Cotentin :

- Barfleur : l’un des plus beaux villages de France et le plus beau petit port de la Manche. Paul Signac vécut longtemps dans ce site pittoresque, avec ses nobles demeures de granit aux toits de lauze et sa ravissante petite église tournée vers la mer.

- Saint-Vaast la Hougue et l’île Tatihou, classés au patrimoine mondial de l’Unesco pour leurs fortifications de Vauban.

- La pointe de la Hague : sublime, une Irlande en miniature, une terre déchirée entourée d’écueils, un bout du monde tombant abruptement dans le raz Blanchard (le courant le plus violent de la Manche). En prime, des villages de cartes postales à découvrir le long de sauvages sentiers des douaniers… et le nez de Jobourg, avec les falaises les plus hautes d’Europe continentale.

- Barneville-Carteret et la Côte des Isles : de belles balades à faire le long de la plage ou à vélo à travers la campagne.

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre destination Normandie.

Lire également notre idée week-end sur la côte des Isles.

Office de tourisme de Cherbourg-Cotentin

Manche Tourisme

Office de tourisme de la Côte des Isles

Comment y aller ?

- En voiture : via l’A13 puis la N13 depuis Paris.

- Par le train : liaison directe en Intercités Paris-Saint-Lazare – Cherbourg en 3h.

Où dormir ?

- Hôtel Mercure Cherbourg Centre Port : 13, quai de l’Entrepôt. Tél. : 02 33 44 01 11. Un hôtel tout nouveau tout beau, au cœur d’un quartier en pleine mutation, à 400 m de la gare et sur le bassin du Commerce. Chambres tout confort, déco moderne. Restaurant et bar, salle de fitness et parking privé gratuit. L’hôtel et son quartier seront prochainement reliés au centre-ville par une passerelle inaugurée en octobre 2016.

- Hôtel Le Louvre : 28, rue de la Paix – 2, rue Henri-Dunant. Tél. : 02 33 53 02 28. À quelques mètres de la piste cyclable, un sympathique hôtel labellisé « Accueil Vélo » : garage fermé avec point d’eau, kit de réparation, classeur avec toutes les infos utiles au cyclotouriste : cartes des itinéraires cyclables, adresses de loueurs, réparateurs, transporteurs et autres structures labellisées (hôtels, musées et offices de tourisme). Chambres proprettes et coquettes, récemment rénovées.

Où manger ?

- L’Apple Garden Café  : 60, rue Gambetta. Tél. : 09 81 86 21 09. Tenu par un Anglais tout aussi affable que son accent british, ce sympathique café est spécialisé dans la pomme de terre gratinée dans un four spécial, agrémentée de produits locaux : légumes du Val de Saire produits en agriculture raisonnée (parfois biologique), camembert, crème d’Isigny, et, pour la touche anglaise, cheddar. En dessert, touche anglaise toujours avec de savoureux cheesecakes. Ambiance salon de thé. Les habitués ne s’y trompent pas : le bouche à oreille fonctionne et on y revient.

- Restaurant La Régence : 42, quai de Caligny. Tél. : 02 33 43 05 16. Une institution locale, face au port de pêche. Esprit brasserie parisienne et décor cosy : banquettes moelleuses, tentures et boiseries. Produits de la mer (poissons des côtes et fruits de mer) et du terroir, le tout cuisiné maison.

- La Satrouille : 26, quai Caligny. Tél. : 02 33 43 13 76. Bistrot de la mer face au port de pêche. Cuisine faite maison à base de produits du marché et de saison, frais, bio et/ou locaux, préparés et cuisinés sur place dans une cuisine ouverte. La carte laisse une large place aux produits de la mer proposés selon les arrivages.

 Où trouver de bons produits régionaux ?

- L’Armoire à Délices : Port Chantereyne. Tél. : 02 33 95 23 02. Une épicerie fine aux étals remplis de produits du terroir, qui fait aussi salon de thé et restaurant, le tout dans un joyeux bric-à-brac. Pâtisseries d’un très bon niveau culinaire.

- Au Café Pompon : 1, rue du Maréchal-Foch. Tél. : 02 33 53 08 75. Pâtisserie, salon de thé et crêperie. Une adresse renommée à travers toute la ville, notamment pour son fameux cake au citron, une spécialité cherbourgeoise sans colorant ni conservateurs, à base de citrons non traités après récolte. Une recette jalousement conservée, souvent imitée par les Cherbourgeois, jamais égalée !

- Pâtisserie Foucher : 12, rue au Fourdray. Tél. : 02 33 94 82 35. Pâtisserie, chocolatier et salon de thé. Pâtisserie innovante, inspirée des voyages du pâtissier, du marché ou du verger, réinventée au fil des saisons ; dressages créatifs. Aussi des chocolats, macarons, nougats, confitures et glaces maison. Foucher a été élu parmi les 10 meilleurs pâtissiers par le Gault & Millau.

Avec qui partir en excursion dans la rade de Cherbourg ?

- Hague à Part : tél. : 06 61 14 03 32. Avec la vedette L’Adèle, promenades en mer au départ de la Cité de la Mer ou du pont tournant situé sur le bassin du Commerce. De début avril à fin septembre, 1 à 4 départs par jour. Tarif : 14,50 € (9,90 € pour les enfants de 4 à 12 ans). Réservation conseillée.

Texte : Marie Borgers

Mise en ligne :

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