Versailles, au-delà du château

Versailles, au-delà du château
Office du Tourisme de Versailles

Doré à cœur sur les grilles et les toits du château, sur les panneaux de la ville et les enseignes des commerces, le Roi règne toujours sur Versailles. Plus de quatre millions de touristes visitent chaque année le château. Mais connaît-on vraiment la ville qui fut la capitale de la France de 1682 à 1782 et de 1871 à 1879 ?

Versailles urbain

Le « Trident » est le surnom des trois avenues qui mènent depuis Paris vers le château. Les avenues de Saint-Cloud, de Paris et de Sceaux délimitent ainsi le cœur de ville de Versailles, tourné vers son monument royal. Une volonté de Louis XIV lorsqu’il décide en 1671 de créer sa ville nouvelle aux alignements rectilignes.

Deux quartiers, Notre-Dame rive droite, créé sous Louis XIV, et Saint-Louis rive gauche développé sous Louis XV, rivalisent d’attraits touristiques autour de l’Hôtel de Ville.

Longtemps occultée par le château, domaine de l’État, la ville ne détient que les deux tiers de la surface urbaine et de ses revenus, supportant l’entretien coûteux de ses monuments classés.

Vivant principalement des impôts locaux, elle ne lésine pas pour séduire les flots de touristes et les Versaillais eux-mêmes en multipliant ses aménagements. Un effort d’autant plus méritoire qu’il reste peu de traces des hôtels particuliers de l’Ancien Régime.

Depuis la Révolution, l’administration et l’armée se sont emparées d’une grande partie des bâtiments nobles, les transformant en bureaux.

Versailles, c’est avant tout une ambiance, le regard tourné vers le passé, mais aussi vers l’avenir. Presque désuet lors de la Fête-Dieu, où les petites filles enrubannées jettent des pétales de fleurs de leurs corbeilles en suivant la procession « comme autrefois », ultra-moderne pour une urbanisation et une informatique à la pointe du progrès.

Les Versaillais, toujours de bon ton, en ont pris conscience et s’activent…

Le quartier Notre-Dame

Le quartier Notre-Dame se veut authentique. Suivant les édits de Louis XIV, les constructions obéissent à un strict urbanisme, encore préservé de nos jours.

Au-delà de l’avenue de Saint-Cloud, le quadrilataire vintage de la place du Marché Notre-Dame s’anime les jours de marché aux meilleurs prix. Remarquer les appellations des carrés à la Farine, aux Herbes, à la Marée et à la Viande sur les frontons.

Dans le Village des Antiquaires, une quarantaine de vitrines plutôt onéreuses occupe des courettes où les cafés ajoutent au charme de l’ancien temps.

La très chic cour du Baillage, ancienne Maison de Justice, s’ouvre en contrebas sur le passage des Geôles et ses cachots accessibles en soirée par la porte des Caves du roi Soleil.

Rue Rameau, la curieuse façade art Déco du cinéma Cyrano conduit au musée Lambinet. Des collections de toutes époques s’y succèdent dans l’ambiance raffinée du 18e siècle.

Non loin, l’hôpital Richaud, construit par Louis XVI, renaît de ses cendres avec des expositions autour d’un superbe jardin contemporain.

Revenir par l’église royale Notre-Dame, et rejoindre par la rue de la Paroisse la rue des Réservoirs qui longe le bassin de Neptune.

Dépassant le théâtre Montansier, n’hésitez pas à entrer dans la cour de l’hôtel de la Pompadour surélevé au 19e siècle par un promoteur immobilier. On devine les lambris de son salon dans cet espace devenu bureaucratique.

Ouvert sur le parc du château, un porche permettait à la marquise de retrouver discrètement le roi, à l’abri d’une galerie en bois aujourd’hui disparue.

Le quartier Saint-Louis

Le quartier Saint-Louis garde tout le chic du siècle des Lumières.

À gauche de la place d’Armes, près du passage des Recollets, poussez la porte de la discrète Cour des Senteurs et son espace muséologique sur les parfums. Chaque époque a son odeur, telle la puissante tubéreuse de l’Ancien-Régime.

Dans la cour plantée d’iris et d’œillets, les créations exclusives de Guerlain, les gourmandises de Le Nôtre, les gants Fabre et autres enseignes témoignent de la noblesse des produits français. Ce cadre raffiné mène au paisible jardin des Senteurs où s’alignent les roses et les sauges.

Noms de rues gravés, persiennes coupées et fenêtres en trompe-l’œil accrochent le regard sur les façades en fausse brique et pierre de taille des vieilles rues.

La salle du Jeu de Paume est devenue le musée de la Révolution. La devise Terrasser les géants enlumine le balcon des Chevau-Légers. En face, des mascarons ornent la maison natale du général Hoche.

Poursuivre par la cathédrale Saint-Louis surmontée de clochetons à la polonaise en hommage à Marie Leszczynska, épouse de Louis XV. Dans le chœur, 1 200 députés se sont assis en 1789 sur les modestes banquettes en velours bleu que l’on voit encore, en écoutant retentir les quelque 3 000 tuyaux des orgues Clicquot.

Voisin, le potager du Roi, créé par La Quintinie pour la table du gourmand Louis XIV, demande une demi-journée pour admirer les fruitiers en espaliers et les parterres de légumes.

Voisins aussi, les Carrés Saint-Louis sont un havre de paix avant de frôler la petite Porte des Plaisirs de Louis XV, au Parc-aux-Cerfs. Sa Majesté s’y rendait pour retrouver la grassouillette Marie-Louise O’Murphy, alors âgée de 14 ans… no comment !

Et le château dans tout ça ?

Face au château, la place d’Armes dont la surface est au moins égale à celle de la Concorde, se rétrécit sur un vaste parking, rentable mais dommageable pour la perspective.

Elle est encadrée des Grandes et Petites Écuries du Roi, dessinées en hémicycles par Mansart et destinées autrefois aux chevaux de selle et de traits.

Grille d’honneur redorée, grille royale, l’accès au château de Versailles se fait sur des pavés qui devaient être encore plus sournois aux pieds des belles dames de la cour… Les Pink Floyd y attirèrent pourtant 160 000 spectateurs en 1988 !

Les statues qui entourent la grille d’honneur ne sont qu’allégories. La France écrase de sa puissance l’aigle germanique et le lion de Castille. Vous l’avez compris, tout ici est symbole du pouvoir royal.

Remarquer les lyres de la grille, emblèmes d’Apollon, modèle du roi-soleil. Et cela ne fait que commencer…

La visite du château mérite plusieurs jours, avec un must, les Grands appartements du roi et de la reine et la Galerie des Glaces. Surtout si l’on rajoute la visite du parc et des jardins du château et des Trianons.

Nos coups de cœur pour ceux-ci : l’Orangerie et les Cent Marches. Le bassin de Latone, déesse-mère d’Apollon protégeant ses enfants des injures des crapauds. Il vient d’être redoré et mis en eau.

Mystérieux, le bosquet de l’Encelade caché au fond des charmilles. Moderne, le Théâtre d’Eau dessiné par Louis Benech.

Intrigant, le bassin des Trois-Fontaines de Le Nôtre, restauré à l’identique avec des concrétions gréseuses, ou gogottes. Romantique, la grotte du jardin anglo-chinois du Petit Trianon, refuge de Marie-Antoinette.

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Île-de-France

Tourisme Yvelines

Versailles Tourisme Visites guidées du Patrimoine. Très bon mini-plan (gratuit) avec les monuments à voir. Mois Molière en juin.

Comment y aller ?

- Deux gares SNCF-RER, rive gauche et rive droite, portent le nom de leur gare de départ sur la Seine parisienne. Ne vous étonnez donc pas de cette appellation en cherchant une rivière versaillaise…

- Bus (171, pont de Sèvres) et RER complètent les moyens d’accès publiques vers l’ancienne capitale de la France.

- Difficulté de parking oblige, du quitte au double en s’approchant de sa Majesté le château. Le moins cher, le parking de Sceau avec forfait journée.

Adresses utiles

Château  

- Château de Versailles. Se renseigner pour les horaires d’ouverture, notamment des bosquets, et les visites guidées.

- Grandes Eaux musicales et Fêtes de Versailles. www.chateauversailes-spectacles.fr

- Visites du parc et jardins du château : en petit train, vélo, véhicule électrique. Voiture pour les Trianons par la porte de la Reine.

Nouveau : visite du parc pour les groupes, en Segway pour les plus de 12 ans. www.versaillessevents.fr

Versailles

- Centre de Musique Baroque de Versailles : jeudis musicaux gratuits dans la Chapelle royale et autres concerts.

- Académie du Spectacle équestre. Spectacles de dressage.

Quartier Notre-Dame :

- Cinéma Le Cyrano : 7, rue  Rameau

- Musée Lambinet : 54, bd de la Reine

-  Osmothèque des Parfums : 36, rue du Parc-de-Clagny

Quartier Saint-Louis :

- Bibliothèque centrale : 5, rue de l’Indépendance Américaine

- Chevau-Légers : 17, rue de Satory

- Potager du Roi : 10, rue du Maréchal-Joffre

- Bibliothèque municipale ouverte lors des Journées du Patrimoine avec de curieuses têtes sculptées, dont une femme aux oreilles d’éléphant représentant l’Afrique.

 Conseils

- Prévoir des chaussures de marche.

- Repérer les codes historiques sur les monuments : des lys pour l’Ancien Régime et des abeilles pour la période impériale.

- Prévoir des haltes « toilettes » pas toujours évidentes.

- Grand Marché : mardi, vendredi et dimanche matin.

Les fruits et légumes du Potager du Roi sont en vente sur place, le matin dès leur récolte, ainsi que des confiseries et du jus de poire… royal.

Hébergement, restauration

Hôtels de charme :

- Hôtel d’Angleterre : 2,bis rue de Fontenay. Le QG idéal pour découvrir la ville et le château. Doubles à partir de 90 €.

- A l’Hôtel des Roys : 14, av. de Paris. Excellent accueil, près de la Place d’Armes. Doubles à partir de 90 €

- Home Saint-Louis : 28, rue Saint-Louis. Hôtel tranquille et confortable. Doubles à partir de 63 €.

- Huttopia : campings-nature en forêt à 5 min du château. Location de cabanes en bois, roulottes et tentes équipées.  

- La Flotille, au bord du Grand Canal dans le parc du château.

Idée rando 

La visite du château, de ses parcs et de la ville sont des randonnées en elles-même.

L’agréable chemin des Rigoles de Vieille- Église (1 h), permet de longer l’ancienne rigole et ses ponts de pierre qui menaient l’eau nécessaire aux jeux d’eau du château.

Texte : Anne-Marie Minvielle

Mise en ligne :

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