Culture et arts Porto Rico

Un melting-pot

Dès le début de la colonisation, les Espagnols ont jeté leur dévolu sur les femmes taínos, « si bien proportionnées » - dixit Christophe Colomb. Rapidement, l’esclavage a vu l’arrivée de dizaines de milliers d’Africains arrachés à leur continent.

Mais les plantations, voraces, et le développement du commerce, ont continué d’exiger de la main-d’œuvre : immigrants chinois, italiens, français, allemands, libanais et vénézuéliens se sont succédé tout au long du XIXe siècle. On aurait pu penser que, après la guerre hispano-américaine de 1898, l’île serait devenue une chasse gardée yankee. Que nenni : la période vit un nouvel afflux d’immigrants espagnols.

Ajoutons encore les Cubains qui fuirent le régime castriste dans les années 1960, puis les Dominicains en quête d’un mieux-vivre - les plus nombreux à s’être installés récemment. Bref, un sacré mélange d’origines !

Muñoz Marín (Luis)

Parmi les rares Portoricains connus à l’étranger, Muñoz Marín (1898-1980) est un bon exemple de cette génération née espagnole et devenue américaine. Poète et journaliste dans sa jeunesse, rédacteur en chef du journal La Democracia, sénateur à partir de 1932, il se fit d’abord le porte-parole de l’indépendance de son île. Exclu du Parti libéral pour cette raison, il participa à la fondation du Parti démocrate portoricain et devint président du Sénat.

Retournant sa veste, ou simplement pragmatique, il adopta au fur et à mesure une position de plus en plus favorable au rapprochement institutionnel avec les États-Unis.
Il lança parallèlement deux campagnes d’envergure : l’une destinée à éradiquer la pauvreté grâce à une réforme agraire, l’autre pour attirer des investisseurs sur l’île. Un double succès, qui lui valut d’être plusieurs fois réélu au poste de gouverneur (1949-65). Il a largement contribué à l’obtention du statut de Commonwealth, en 1952.

Reconnaissants, les Portoricains ont nommé l’aéroport de San Juan en son honneur.

Musique

Comme tous les Antillais, les Portoricains ne sauraient vivre sans musique. L’île est l'un des berceaux des rythmes latinos nés de la rencontre des traditions espagnoles et des rythmes africains. Parmi les instruments fétiches figurent les percussions (bongos, congas, timbales) - indissociables de la salsa -, mais aussi les maracas, le güiro (calebasse ciselée à « gratter ») et la guitare. Mais pas n’importe quelle guitare : la cuatro qui, malgré son nom, possède en fait dix cordes ! Mêlée aux tambours, elle donne le jíbaro paysan, sur un air de nostalgie puertoriqueña

Souvent associées bien qu’elles soient très différentes, la bomba et la plena font partie des premières formes musicales apparues sur l’île. La plena a été peu à peu façonnée par les esclaves africains dans les plantations de canne à sucre à partir du XVII e siècle. Avant tout improvisée (et répétée en chœur), elle est rythmée par les maracas et les échos montants des tambours - un grand et un petit, se répondant. Elle est indissociable de la danse. La plena, plus métissée, est aussi plus tardive. Née vers 1900, elle s’appuie sur des textes à messages, plus revendicatifs et souvent satiriques. Ses instruments sont le güiro, le cuatro et le tambourin.

Côté traditions, la danza est l’image même de la musique portoricaine d’antan, mélange de classicisme et d’influences caraïbes. L’hymne « national », La Borinqueña, est d’ailleurs composé sur le rythme d’une danza. Ce style, apparu vers le milieu du XIX e siècle, peut être à la fois chanté et dansé, d’où son nom.

Parmi les gloires musicales portoricaines, figure aussi en bonne position le chanteur et chef d’orchestre Tito Rodríguez (1923-73), réputé pour ses cha-cha-cha endiablés et le sentimentalisme de ses boléros. Et plus encore : Mr. Tito, Tito Puente, né la même année que Rodríguez (1923-2000), mais à New York, chef de file du mambo et du cha-cha, récipiendaire de cinq Grammy Awards.

Mentionnons aussi, dans un autre genre, le violoncelliste espagnol Pablo Casals, qui finit sa vie à Puerto Rico et y lança un Festival de musique de chambre portant son nom. Que reste-t-il aujourd’hui de cet âge d’or ? Beaucoup de nostalgie et la voix de Ricky Martín, le dernier grand chanteur portoricain en date à avoir acquis une renommée internationale.

Salsa

Mais que serait une rubrique musique sans parler de salsa ? C’est à l’initiative de musiciens portoricains et cubains que ce style s’est développé à New York dans les années 1960. On y trouve un peu de tout ce qui fait les traditions musicales afro-caraïbes : montuno cubain, bomba et plena portoricaines, merengue dominicain, mais aussi jazz, mambo, rumba, cha-cha…

Un sacré cocktail de sons, combinaison de guitare basse, instruments à vent, maracas, percussions, güiros, claves, clochette à vache et on en oublie sans doute. De grands noms locaux ont marqué l’histoire de la salsa, comme Héctor Lavoe (aux faux airs d’Elvis Presley), à la voix presque aussi haute que celle d’un castrat, associé au tromboniste Willie Colón, Pete « El Conde » Rodríguez ou encore Cheo Feliciano, alias El Señor sentimiento...

Taínos

Statistiquement, les premiers habitants de Boriquén (Porto Rico) sont devenus invisibles : leurs descendants ne représentent aujourd’hui que 0,2 % de la population de l’île.
On a longtemps cru que, décimés par l’esclavage et les maladies nouvelles, ce peuple arawak avait disparu dès la première moitié du XVI e siècle. Des tests ADN réalisés en 2003 ont démontré le contraire : ils ont révélé que 61 % des Portoricains résidant sur l’île possèdent du sang taíno - contre seulement 27 % du sang africain et 12 % du sang européen !

Les mêmes recherches estiment la population totale de l’île à la veille de la Conquête entre 200 000 et 400 000 habitants. Pour essayer d’entrer en communication avec ce pan perdu de l’identité locale, allez visiter le Centro Ceremonial Indígena de Tibes, aux portes de Ponce. Un guide amérindien vous y fera découvrir avec passion le savoir oublié de ses ancêtres.

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