Voyage en cargo, sur la route des Antilles

07 février 2014

Voyager en cargo sur les mers du monde pour répondre à l’appel du large. Un rêve de voyageur adepte de la lenteur, pour lequel le voyage importe tout autant, sinon plus, que la destination.
L’un de nos journalistes est monté à bord du Fort Saint-Louis, qui dessert la ligne des Antilles vers la Guadeloupe et la Martinique. Un périple de 15 jours en mer, au cours duquel il a pu partager la vie de l’équipage.
Comment un voyage en cargo se déroule-t-il ? Quels sont les préparatifs ? Avec qui va-t-on voyager ? Quels sont les différents itinéraires et formules proposés ? Une enquête à lire avant de lever l’ancre…



Cargo trip

À une époque où tout va si vite, trop vite… le voyage en cargo impose à ses adeptes la lenteur, sans leur laisser l’opportunité de se défiler.
Entraînés dans la perpétuelle course contre la montre du quotidien, combien sommes-nous à rêver d’une parenthèse où l’on enverrait le chrono aux oubliettes ?
Voyager, dit-on, voilà le moyen idéal de s’abstraire de nos rythmes effrénés. Mais confondant souvent le voyage, littéralement le déplacement, et la destination, l’homme moderne privilégie plutôt la seconde.
Le passager d’un cargo jouit d’un plaisir rare, né de la combinaison d’un pur moyen de transport avec l’hédonisme du loisir et du séjour, sans les chichis des paquebots de croisières. Aux voyages en train de prestige, comparables dans l’esprit, il ajoute la riche expérience de l’immersion dans un monde professionnel, des tarifs bien plus abordables et… les énigmes de l’océan.
Escales prolongées ou respectées à la lettre, fidélité à une rotation ou tentation des combinaisons, transferts terrestres ou aériens, peu importe la version : le voyage en cargo, c’est LA LIBERTÉ !
Qui voyage en cargo ?

Mais qui est donc ce mystérieux voyageur en cargo ? Froidement, les statistiques le voient majoritairement croisiériste. Un jour lassé des paquebots contemporains et de leurs concentrations humaines, il se désolidarise, pour mieux se cantonner à l’océan et à lui-même.
Évidemment, ce passager de la marine marchande dispose d’un peu de temps et d’argent. Voilà pourquoi beaucoup de retraités sont de la partie. Mais aussi des actifs de profession indépendante et des artistes attirés par une expérience de voyage atypique, génératrice d’inspiration.
Et les jeunes, alors ? Embarquer sur un géant des mers éveille leur enthousiasme. Un manque de fonds les retient souvent, ou la préférence pour les vacances-fiesta. Pourtant, de jeunes diplômés marquent régulièrement « le coup » d’une belle traversée. Et il en va de même plus tard, à l’occasion de changements de cap, toujours propices aux belles parenthèses.
L’expérience n’est pas toujours solitaire, puisque 10 % des passagers la vivent en couple. Enfin, n’oublions pas les allergiques à l’avion et ceux qui déménagent, profitant des 100 kg voire plus de bagages autorisés sans supplément !
Revenons sur les conditions de temps et les moyens. Le nombre maximum de passagers-voyageurs sur un conteneur est fixé à 12. De nombreuses traversées ne dépassent guère la semaine.
Quant au tarif, la question demeure éminemment subjective…. Il faut compter 100-120 €/jour pour une formule tout compris, nourri, blanchi et logé de quai à quai. Pas forcément plus onéreux qu’un week-end prolongé dans une grande capitale ou qu’une semaine dans une région touristique. À vous de voir…
Pourquoi en cargo ?

Oui, pourquoi embarquer sur un navire, bien traité, mais moins important que la cargaison ? Se contenter d’équipements de loisirs parcimonieux, au mieux… Pourquoi souscrire à des escales éclairs dans les ports ? Et comment s’accommoder d’un environnement aussi brut et industriel ?
La grande majorité des passagers a pour dénominateur commun le désir de se retrouver soi-même, dans le miroir changeant des flots. Tout comme celui de larguer « ses » amarres, de mesurer l’infini des océans. Et puis, ne mésestimons pas les attraits de la chaise longue : les cargos s’accordent au farniente.
Mais il y a autant de motivations que de candidats. Le tour du monde, voyage de rêve par excellence, figure en bonne position… Les désirs se déclinent aussi selon les mers : riche Méditerranée, glamour de la mer de Chine, parfums de l’océan Indien… Et la puissance de l’Atlantique Nord ? À terre déjà, elle suscite l’interrogation, synonyme du challenge à venir : « Vais-je avoir le pied marin ? ».
Mention spéciale pour l’amateur d’atmosphère « industrielle ». Le lego motorisé des conteneurs rythmera sa fête. Griffes des portiques, automatisation rampante, transporteurs-échassiers, les machines impressionnent !
Pourtant, avec l’océan, c’est bien l’humain qui donne tout son sel aux voyages en cargo. Mélangeant nations et parcours, l’équipage compose un microcosme fascinant. Les passagers sont des « caractères », comme vous… Les peuples et cultures des escales complètent le tableau.
Enfin, voyager en cargo, c’est également tourner le dos à la logique consumériste du « low » (cost) et se rapprocher d’un « slow», plus enrichissant.
Sur la ligne des Antilles, avec le Fort Saint-Louis (CMA-CGM)

La « série des Forts » (Fort St-Louis, St Georges, St Pierre et Ste Marie) appartient à la CMA-CGM. Cette compagnie française occupe le 3e rang mondial des armateurs de la marine marchande. Ces 4 porte-conteneurs desservent la ligne des Antilles. Également surnommée « route de la banane », elle est vitale pour l’économie de la Martinique et de la Guadeloupe.
La quasi-totalité de la production de « l’or jaune » rejoint la métropole dans les conteneurs des « Forts », qui accostent hebdomadairement à Pointe-à-Pitre et Fort-de-France. Avec elle, voyagent également l’or blanc ou ambré des rhums. En sens inverse, l’Hexagone fournit les denrées qui garnissent les rayons des commerces des îles.
Baptisé il y a une dizaine d’années, tout comme ses sister-ships, le Fort St-Louis conserve une taille encore humaine. Avec une capacité de 2 200 EVP (conteneurs de 20 pieds) pour environ 200 m de long, il est 2 fois plus court et embarque presque 10 fois moins de conteneurs que les géants les plus récents.
Futurs « nains des mers » peut-être, les Forts arborent un bel équilibre, rythmé par les grues embarquées et le placement de la passerelle au trois-quarts arrière.
Remontant aux « bananiers », vraquiers spécialisés d’avant l’ère du conteneur, l’amusante tradition du « contrôle banane » illustre le petit côté rétro des « Forts ». Régulièrement, l’équipage fait un tour du pont et des cales en humant l’air à la recherche d’odeurs trop prononcées, trahissant d’éventuelles défaillances de réfrigération !
La vie à bord

Avec un petit millier de voyageurs annuels sur une cinquantaine de navires, la CMA-CGM est officieusement n° 1 en termes de passagers embarqués. Ainsi, la présence de cabines dédiées aux voyageurs est prise en compte dès la conception des futurs navires. Lors de la traversée, nous étions 6 voyageurs à bord.
Parmi les multiples routes proposées par la CMA-CGM, la ligne des Antilles est à la fois synonyme d’initiation pour les novices et de passion entretenue pour les habitués.
Sous pavillon RIF (Registre international français), l’équipage comporte une majorité d’officiers français. L’hospitalité et la convivialité ne sont pas oubliées. Le couvert, soigné et généreux (entrée, plat, fromage et dessert à chaque repas), est accompagné de vin servi à discrétion.
La passerelle est toujours ouverte aux passagers, qui doivent demeurer discrets et respectueux des règles usuelles. Grand moment, la visite des machines est systématiquement organisée. Il en va de même pour les pots de bienvenue et repas dominicaux, partagés avec l’équipage. La présence régulière sur cette ligne des élèves officiers ajoute un zeste d’enthousiasme à l’atmosphère.
Autre particularité, les rotations incluent des escales en Martinique et en Guadeloupe, durant chacune environ 3 jours. Une exception, quand la rentabilité impose des arrêts toujours plus courts dans des ports en activité 24h/24 !
Ces respirations suffisent à une rapide découverte des îles (aidé par les tuyaux fournis par l’équipage). Toutefois, on voyage en cargo à son gré, selon son temps et ses envies. Rien n’empêche de prolonger le plaisir en récupérant le « Fort » suivant...
L’itinéraire Métropole-Antilles

Des eaux froides septentrionales aux chaleurs tropicales, de l’industriel à la douceur et la nonchalance des Caraïbes, c’est cet « aller » de la rotation des Antilles que nous allons suivre.
Pour commencer, la belle surprise : un cabotage le long des côtes françaises, de Dunkerque, à l’entrée de la mer du Nord, à Montoir de Bretagne, dans l’estuaire de la Loire !
Parmi les réjouissances, la navigation sur la Seine jusqu’à Rouen occupe une place à part. La géométrie sans concession du porte-conteneurs s’enveloppe alors de la grâce et des errements du fleuve, au gré des méandres, falaises, prairies et petites villes traversées.
Autre point d’orgue pour les amateurs de navigation, le « Rail d’Ouessant ». Il organise la navigation dans la Manche, l’une des zones maritimes les plus congestionnées du monde, avec 150 navires/jour.
L’escale au Havre est assez longue pour s’y balader. La vie marine anime le passage de la pointe de Bretagne. Les dauphins aiment flirter avec le bulbe de la proue ou le sillage des navires. Les chanceux croiseront la course des baleines.
Dernier arrêt, Montoir de Bretagne précède l’entrée dorénavant attendue de « pied ferme » en pleine mer. Après le pont de Saint-Nazaire, aux haubans striés de rouge et blanc pour défier la brume, une semaine d’Atlantique Nord se profile à l’horizon.
Son rayon, d'environ 30 km, englobe bientôt le navire dans sa solitude. Seules les Açores feront diversion, ces abonnées du bulletin météo, où comme le dit le second Erwann : « les habitants prennent grave ».
À l’approche des tropiques, l’océan semble changer d’odeur et de consistance. Des heures passent à essayer de suspendre, le temps d’un cliché, les trajectoires des poissons volants. La perspective des escales à venir, Guadeloupe puis Martinique, commence à occuper l’esprit de l’équipage et des passagers…
Les différents itinéraires et navires

Bien entendu, il est possible de voyager en cargo sur d’autres mers et d’autres navires.
Les différents itinéraires et ports d'embarquement
- En Europe, embarquement à Hambourg, Rotterdam, Zeebrugge, Southampton, Le Havre, Dunkerque, Marseille, Malte, etc. Mention particulière à Hambourg, pour la remontée de l'Elbe et les installations portuaires géantes. Rotterdam (pas mal non plus), c’est déjà demain, les opérations portuaires y sont largement automatisées.
- Ligne Transatlantique : compter 10 j. env. de traversée depuis les ports français. Parmi les options, la « ligne des Antilles » constitue à la fois une bonne initiation et un grand classique. D’autres lignes filent vers l’Amérique du Sud (Brésil, Guyane) ou du Nord (États-Unis, Canada).
- Europe-Asie par le canal de Suez : env. 40 j. au départ des ports européens. Menu somptueux et varié pour ceux que tente le long cours : Atlantique, Méditerranée, océan Indien et mer de Chine ; canal de Suez, détroits de Gibraltar et de Malacca. C’est sur cette ligne qu’on trouve les plus gros porte-conteneurs et les ports les plus trépidants.
- Europe-Inde : une alternative à la route asiatique.
- Méditerranée : l’avantage de navigations courtes, conjuguées à la richesse de ce creuset de civilisations.
- Europe du Nord, Scandinavie : les grands ports scandinaves, les pays Baltes, l'Islande via les îles Féroé. Certaines lignes sont saisonnières.
- Tour du monde : en cargo, compter à partir de 80 j., mon cher Philéas ! L’itinéraire proposé par la CMA-CGM est particulièrement séduisant : Europe, New York, Caraïbes, canal de Panama, Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis et retour. Il est judicieux de réserver jusqu’à 1 an à l’avance.
Les autres types de navires
- Croisière de positionnement : correspond aux navigations des paquebots vers leurs zones de croisière. Les prestations et animations réduites attirent paradoxalement certains passagers !
Compter 80-120 €/jour, soit un prix comparable aux voyages en cargos.
- Bateau d’exploration : destination l’Arctique et l’Antarctique pour ces navires mixtes qui transportent également marchandises et voyageurs en plus des océanographes et autres scientifiques. Possibilité de conférences, de se joindre à des explorations.
Compter 300-500 €/j., plus les vols d’acheminement, souvent chers. Exception : la croisière avec le Lisboa pour le Groenland, 2 500 €/pers. avec les vols pour 12 j. de navigation ; renseignements auprès de Mer et Voyages.
- Une légende, le Marion-Dufresne. Armé par la CMA-CGM au départ de l'île de La Réunion, pour des tournées de plusieurs semaines vers les îles Australes et Antarctiques françaises (Saint-Paul, Amsterdam, Tromelin, Crozet, Kerguelen). Pour ceux qui rêvent de 40e rugissants.
Fiche pratique

Les agences spécialisées
- CMA-CGM (service passager) :. tél. : 04 88 66 65 02 ; contact@voyagesencargo.com.
– Mer et voyages : 75, rue de Richelieu, 75002 Paris. Tél. : 01 49 26 93 33. LE spécialiste français du voyage en cargo depuis de nombreuses années. Propose aussi des croisières classiques ou de positionnement, des cabines sur des navires d’exploration.
Tuyaux, documentation
- Librairie Ulysse : 26, rue Saint-Louis-en-l'Île, 75004 Paris. Mar-ven 14 h-20 h. Tél. : 01 43 25 17 35. Consultation libre des ouvrages impossible. Conseil : ne vous déplacez que si vous recherchez un ouvrage particulier ou, mieux encore, téléphonez d’abord. L’un des plus grands fonds de livres consacrés au voyage.
- Club des voyageurs en cargo : à la librairie Ulysse, fév-déc, ts les 1er mer du mois sf mauvais temps, à partir de 18 h 30. Pour rencontrer ceux qui ont déjà embarqué ou rêvent de le faire. Accès libre, à condition d’apporter boisson, gobelets et amuse-gueules.
Formalités, documents à réunir
Passeport valide ou carte d’identité sur certaines navigations intra-européennes. Selon les destinations et escales envisagées, l’obtention préalable de visas peut être obligatoire.
À fournir au préalable à la compagnie :
- Certificat de santé. L’absence de médecin à bord (juste une infirmerie pour les petits soins) implique de s’assurer de sa bonne condition physique.
- Décharge de responsabilité. À ce sujet, précisons que la compagnie n’est pas tenue de respecter les dates de départ et d’arrivée indiquées. Ce sont les impératifs techniques et commerciaux qui prévalent.
- Attestation d’assurance personnelle de voyage.
Réglementations douanières
Variables selon les lignes et pays, et passablement compliquées ! Comme c’est toujours le douanier qui a raison, se renseigner impérativement auprès du commandant.
Langues parlées à bord
L’anglais par principe. Sauf pavillon français ou RIF ou d’autres pavillons nationaux (rare).
Escales
De nos jours, les escales sont aussi brèves que possible et autant nocturnes que diurnes puisque les grands ports internationaux fonctionnent 24/24 h.
Lieux et horaires peuvent être modifiés au gré des aléas de la marine marchande. D’autre part, les ports sont rarement proches du centre-ville ou des sites touristiques.
Conséquence : pour profiter de la terre, il vaut mieux composer avec les rotations (rembarquer sur le bateau suivant) ou changer de ligne.
Communiquer avec la Terre…
Tous les navires sont équipés du téléphone (compter env. 1 $/min). L’accès Internet est souvent limité à l’envoi et la réception d’email. Le web au complet et la téléphonie VOID de type Skype se répandent de plus en plus mais demeurent onéreux. Rappelons que couper le contact le temps d’une traversée fait partie de l’expérience…
Qu’emporter ? (non exhaustif)
- De bonnes chaussures, avec semelle adhérente.
- Des vêtements chauds et une veste, il peut faire frisquet la nuit, même sous les tropiques.
- Un ordinateur, chargé de musique et de films.
- Des bouquins.
- Des bracelets anti-mal de mer. Pas cher et d’une efficacité étonnante.
Faire, ne pas faire
- Saluer régulièrement ceux qu’on croise, c’est la coutume.
- Attendre que le capitaine ait commencé son plat pour entamer le sien.
- S’excuser si on doit quitter la table avant les autres convives.
- Se faire discret sur la passerelle, surtout quand il y a le pilote. Ne pas s’y servir du flash la nuit.
- Ne pas siffler, ne pas prononcer le mot lapin.
- Demander l’autorisation avant d’aller sur le pont, qui reste interdit pendant les manœuvres portuaires et par gros temps.
Pourboire
Il est d’usage pour le maître d’hôtel et le garçon de chambre. Compter à partir d’1 € /j.
Lectures
Le guide des voyages en cargo et autres navires de Hugo Verlomme et Marc Bombail, (Éditions des Équateurs, 2011, 20 €). Seul ouvrage entièrement consacré au sujet, il rassemble tout ce que vous devez ou avez envie de savoir. Présentation des différents types de navires (ferries et navires spéciaux inclus), listing très complet de toutes les lignes disponibles, témoignages, interlocuteurs et contacts utiles.
- Tour du monde en cargo, sous la direction de Jérôme Laurent (Éditions de Conti, 2008). Ce carnet de voyage retrace l'embarquement en 2008 d'équipes de Thalassa sur un porte-conteneurs de la CMA-CGM, pour un voyage autour du monde de 84 jours.
- Journal de Gand aux Aléoutiennes, de Jean Rolin (Éditions Table Ronde, collection Petite Vermillon, poche, 2010). Quand un réel voyage en cargo inspire à son auteur un récit décalé et extravaguant.
- Le Tour du monde en porte-conteneurs, d’Emmelene Landon (Éditions Gallimard, 2003). Une centaine de pages de peintures illustrant les aventures maritimes et humaines vécues pendant un tour du monde en porte-conteneurs.
- Marion Dufresne, ravitailleur du bout du monde, de Caroline Britz et François Lepage, (Marines Éditions, 2012). Une journaliste du « Marin » et un photographe vous invitent à bord de ce navire d’exception.
Presse, sites Internet, autres liens
- www.marine-marchande.net Tout, vous saurez tout sur la Mar Mar*. Navires, marins, métiers de la mer, visites de navires, récits de passagers, biblio, peintures, BD. Site similaire : www.cargos-paquebots.net.
- Le marin : l’hebdomadaire de l’économie maritime. Pêche, shipping, économie, environnement.
- www.marinetraffic.com Pour consulter en temps réel la position et la route des navires de commerce. Ceux restés à terre pourront suivre votre navigation !
- L'École nationale supérieure maritime (ENSM) forme les officiers de la Marine marchande sur ses 4 sites du Havre, de Nantes, Marseille et Saint-Malo. Surnommée « hydro », ses élèves sont appelés les « zeph ».
Remerciements
- Merci à la CMA-CGM, sans laquelle ce voyage n’aurait pas été possible. Mention particulière à Anthony Escurat, mon interlocuteur, pour sa réactivité et sa patience…
- À Frédéric Sauvadet de Mer et Voyages, pour avoir partagé ses connaissances et sa passion.
- À Stéphanie.
- À tout l’équipage du Fort St-Louis (rotation d’octobre 2013) : au Commandant Dibon et bon retour en retraite après ce come-back sur la ligne de vos débuts, quand voguaient bananiers et autres pinardiers ! Second Salliot, toujours busy mais en même temps accessible aux passagers, et avec le sourire, chapeau ! Chef Porcher, trésor d’histoires océanes, Julien, Vincent et Marius, ses lieutenants. Mihail, quand compétence rime avec modestie, à ta Roumanie que tu donnes envie de découvrir ! Salut les zephs D’Épinay et Colucci, tout est encore devant vous, il n’y a qu’à garder le cap. M. Landerneau, on ne vous en voudra pas pour les kilos gagnés, puisqu’on s’est régalé de vos plats servis avec efficacité et gentillesse par M. Coulibaly. La liste serait encore longue, merci à tous !
Vocabulaire marin, anecdotes et notions de navigation

- AIS (ou SIA) : acronyme d’Automated Identification System. Système d’échange d’informations entre les bateaux utilisant la VHF. Interconnecté avec les autres instruments de bord (GPS, compas, etc.) il complète l’usage du radar et a considérablement augmenté la sécurité maritime.
- Assistance météo-marine : comme pour la course au large, permet de choisir la route optimale en fonction de la météo, du chargement et de la consommation.
- Babord (anglais : port side) : à gauche en regardant la proue.
- Ballasts : réservoirs permettant d’ajuster le tirant d’eau et la répartition du chargement sur le bateau.
- Boîtes : voir « conteneurs ».
- Bollard : est au quai ce que la bite d’amarrage est au navire.
- Cape (aller à la) : aller quasiment face à la houle. Permet de minimiser le roulis et le tangage et même de faire du sur-place quand c’est nécessaire.
- Carburant, pollution : quelques litres de carburant ou d’huile échappés à quai ou dans les zones protégées et les amendes pleuvent. C’est la grosse angoisse des équipages et des compagnies.
Si l’historique des dégazages et marées noires justifie amplement la rigueur, les marins estiment parfois que les réglementations ne sont pas toujours en phase avec la réalité et, paradoxalement, avec la sécurité des navigants.
- Cargoiste : adepte du « culte du cargo » (voir plus loin). À prendre au figuré dans le texte…
- Clinomètre : mesure le roulis (oscillation latérale), plus dangereux pour le navire que le tangage. Au-dessus de 45°, ça craint !
- Conteneur (container ou « boîte ») : 1 conteneur de 20 pieds (env 40 m3) = 1 EVP (TEU) = unité de mesure des porte-conteneurs. Les énormes capacités des derniers géants des mers sont un poil trompeuses, puisque le fret maritime utilise beaucoup de boîtes de 40 pieds (= 2 EVP). Conclusion : les milliers d’EVP annoncés sont supérieurs au nombre de boîtes embarquées.
- Culte du cargo : définissons-la par une de ses manifestations les plus parlantes.
Pensant que l’arrivée des ravitaillements était déclenchée par l’appel des opérateurs radios, comme on danse pour faire tomber la pluie, des tribus mélanésiennes conçurent des lieux et accessoires de culte imitant ces postes « techniques » : fausses cabines radio, fausses pistes d’atterrissage, etc. !
Cargo culte ponctue l’Histoire de Melody Nelson. Ce concept album issu de la collaboration entre Serge Gainsbourg et Jean-Claude Vannier (1971) est un monument du rock français toujours d’actualité et ayant inspiré une multitude d’artistes.
- Défenses : amortissent les éventuels chocs entre les navires et le quai.
- Déformation (de la coque) : comme les ailes d’un avion battent dans les turbulences, les coques des porte-conteneurs se déforment sous la contrainte de la houle. Par gros temps, les coursives intérieures des navires les plus longs se tordent au point de boucher l’horizon à ceux qui les empruntent !
- Dockers et marine marchande : fatalement liés, ils entretiennent pourtant des relations compliquées et parfois conflictuelles. Demandez à l’équipage quelques anecdotes…
- EVP : voir « conteneurs ».
- Femmes à bord : bien qu’encore peu nombreuses, elles ont accès à tous les métiers de la Mar Mar.
Quant aux passagères, elles sont accueillies avec respect. Sachez qu’un marin peut demander à embarquer avec sa femme une fois l’an (et réciproquement bien sûr), sous réserve de l’approbation du capitaine.
- Garde-rats : ustensile (disque de métal en général) fixé sur les haussières (cordages d’amarrage) pour empêcher les rongeurs de monter à bord. Ou de descendre quand le navire est en quarantaine !
- Haussières : cordage de marine.
- Lapin : prononcer ce mot est proscrit, et il est peu probable que vous en mangiez à bord ! À remplacer par le poétique « langoustine des prés ».
Ce bannissement serait dû à la gourmandise du rongeur pour les cordages et calfatages d’autrefois, à base de chanvre.
- Louvoyer : mode de navigation en zigzag parfois utilisé pendant les tempêtes ou par les voiliers pour remonter le vent. Les Anglais l’utilisèrent pour déjouer le système de prévision de cap, utilisé par les Allemands avant la généralisation du radar.
- Mar Mar : surnom de la marine marchande.
- Pare-vague : bouclier situé sur la proue pour protéger les conteneurs.
- Peau d’éléphant (Elephant Skin) : revêtement anti-glissements.
- Pin-up : à moins qu’il n’y ait une femme dans l’équipage, elles ornent traditionnellement les menus, sauf ceux des passagers.
- Pirates : habitués des côtes africaines, ils sont dorénavant présents dans certaines zones de l'océan Indien.
Rassurez-vous : les compagnies sont vigilantes et assistées par des mesures de prévention. Par ailleurs, il est très difficile d’accoster un gros porte-conteneurs filant à près de 19 nœuds.
- Plan de chargement : établi dans les bureaux de la compagnie, il est soumis à l’approbation du second au nom du capitaine. On surveille particulièrement le poids des conteneurs, donné par les transitaires, il est vérifiable globalement avec le tirant d’eau. S’il est mal chargé, un bateau peut théoriquement casser en deux.
- « Posh » : chic, tendance snob. Surnom de la femme de David Beckham. Datant des traversées maritimes de la fin du XIXe s, il s’agit en fait d’un acronyme : « Port Out, Starboard Home » (« bâbord aller, tribord retour ») faisant référence à cette habitude de modifier sa réservation selon la route du navire, pour (selon les sources), conserver un sabord avec vue sur les côtes ou une cabine à l’ombre.
- Reefers : containers frigorifiques faisant l’objet de toutes les attentions de l’équipage.
- RIF : acronyme de « Registre international français ». Cette forme d’immatriculation administrative se situe à mi-chemin entre le pavillon national et ceux dit « de complaisance ».
- Ségrégation : règles de séparation s’appliquant aux marchandises dangereuses, afin d’éviter leurs interactions potentielles.
- Siffler : proscrit à bord ! Pourtant, au temps de la voile, on envoyait les mousses et élèves siffler à la proue pour attirer les vents…
- « Slow » : épithète accompagnant plusieurs mouvements (« Slow travel », « slow living », etc.) d’orientation épicurienne et respectueux des rythmes naturels. Le plus célèbre est assurément « Slow Food », né en 1980 en Italie.
Remarque : il est paradoxal d’assimiler le voyage en porte-conteneurs au « Slow Travel », alors que la grande valse des boîtes personnifie la standardisation, l’accélération et la mondialisation de l’économie. Morale de l’histoire: « à slow, slow et demi ».
- Stabilité, tenue en mer : la longueur des navires actuels excède la distance maximale entre 2 trains de houle. Cela permet de glisser sur le haut des vagues, mais induit également de très fortes contraintes en cas de mer très agitée, quand le milieu de la coque ne repose plus sur rien (rare, pas de parano).
Plus le bateau est lourd, meilleure est sa tenue en mer. Par contre, si un navire est trop stable, son volant de retour à l’horizontale est d’autant plus violent (attention aux chocs pour la cargaison et l’équipage). Il s’agit donc de trouver le juste milieu.
- Tribord : à droite en regardant la proue.
- Vague scélérate : phénomène encore mystérieux donnant naissance à des vagues géantes pouvant atteindre jusqu’à 30 m. Un porte-conteneurs standard est fait pour supporter 15 m… Survient principalement au large des côtes sud-africaines. Rare, heureusement…
- « Zeph » : surnom des élèves officiers de l’ENSM (Hydro).
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les derniers reportages sur le meilleur en Guadeloupe

La Désirade : l’île naturelle de la Guadeloupe

Guadeloupe : la Riviera, du Gosier à la Pointe des Châteaux

Le meilleur de la Guadeloupe

Les Saintes, perles de la Guadeloupe

La Guadeloupe, version nature
Infos pratiques
Bons plans voyage Guadeloupe





















