Tours et détours en Sardaigne

par Anne-Marie Minvielle
05 juin 2009

Anne-Marie Minvielle
Sardaigne oubliée, Sardaigne hors du temps… Pourquoi parle-t-on si peu de cette île italienne ? Pourquoi une île de la Méditerranée, grande comme trois fois la Corse, a pour seul renom, ses plages et son archéologie ?
Avant de partir à l’aventure sur cette île mystérieuse, nous disposions de quelques données chiffrées sur la Sardaigne : 1,65 million de Sardes, aimables et accueillants, pour plus de 5 millions de brebis, 10 000 sites archéologiques, des milliers de kilomètres de sable blanc, entre une mer translucide et des sommets culminant à 1 834 mètres d’altitude. De quoi éveiller bien des envies de voyage…
Région autonome depuis 1948, la Sardaigne se partage aujourd’hui en huit provinces, autour de Cagliari son chef-lieu. Suivant les époques, processions saintes, fêtes de carnaval mémorables et baignades font courir tout le continent… Mer ou montagne ? On a le choix tous les jours en Sardaigne. Alors, allons-y !
Avant de partir à l’aventure sur cette île mystérieuse, nous disposions de quelques données chiffrées sur la Sardaigne : 1,65 million de Sardes, aimables et accueillants, pour plus de 5 millions de brebis, 10 000 sites archéologiques, des milliers de kilomètres de sable blanc, entre une mer translucide et des sommets culminant à 1 834 mètres d’altitude. De quoi éveiller bien des envies de voyage…
Région autonome depuis 1948, la Sardaigne se partage aujourd’hui en huit provinces, autour de Cagliari son chef-lieu. Suivant les époques, processions saintes, fêtes de carnaval mémorables et baignades font courir tout le continent… Mer ou montagne ? On a le choix tous les jours en Sardaigne. Alors, allons-y !
Un brin d’archéologie
Cagliari, la capitale sarde
À l’ouest, le pays minier
Romains, argent et carnaval
Chevaux sardes et églises en trachyte
La Gallura, un paysage biblique
Montagnes et traditions en Barbagia
Bandits et bergers à Orgosolo
Côte Est, Ogliastra la belle
Sud-Est : porphyre, grottes et cascades
Une vie de Sarde
Infos pratiques
Préparez votre voyage en Sardaigne avec nos partenaires



Un brin d’archéologie

Anne-Marie Minvielle
La Sardaigne est réputée pour ses sites nuragiques : il en existe plus de 7 000 reconnus sur l’île. Petit conseil : si vous les recherchez avec votre documentation restreinte, attendez-vous à des détours. Les sites portent souvent le nom de la commune ou leur propre surnom et la signalisation est plutôt indigente. Vous vous rabattrez bien vite sur les sites indiqués… par une billetterie d’entrée (de 3 à 5 €) !
Remontons dans le temps. Les vestiges du Néolithique (5 000 av. J.-C.) sont la marque des premières civilisations sardes. Les domus de janas, baptisées « demeures des fées » par la croyance populaire, sont de petites cavités funéraires creusées à même la roche et riches en objets de fouilles. De même les très particuliers tombeaux de géants, situés dans des paysages naturels de toute beauté. Les Anciens croyaient y voir quelque site funéraire pour un chef gigantesque. Il s’agit en fait d’allées couvertes fermées par une mince dalle verticale de près de deux mètres de haut, percée à la base pour les offrandes. Donnant sur un tertre en forme d’exèdre, encerclé de pierres, elles servaient de cimetière et de lieu sacré à toute la tribu.
Avec la civilisation nuragique (1800-500 av. J.-C.), dont on connaît peu de choses, des villages et des tours de défense (les fameux nuraghi en pierre et à ouverture sommitale) furent édifiés. Ensuite, les marchands Phéniciens, les Carthaginois, Romains, Arabes, Pisans, Génois, Espagnols, la Maison de Savoie et l’armée napoléonienne prendront tour à tour possession de l’île, y laissant leurs empreintes, notamment les tours de guet du littoral face aux autres envahisseurs et aux pirates. La Sardaigne se révèle un gigantesque musée archéologique à ciel ouvert.
Remontons dans le temps. Les vestiges du Néolithique (5 000 av. J.-C.) sont la marque des premières civilisations sardes. Les domus de janas, baptisées « demeures des fées » par la croyance populaire, sont de petites cavités funéraires creusées à même la roche et riches en objets de fouilles. De même les très particuliers tombeaux de géants, situés dans des paysages naturels de toute beauté. Les Anciens croyaient y voir quelque site funéraire pour un chef gigantesque. Il s’agit en fait d’allées couvertes fermées par une mince dalle verticale de près de deux mètres de haut, percée à la base pour les offrandes. Donnant sur un tertre en forme d’exèdre, encerclé de pierres, elles servaient de cimetière et de lieu sacré à toute la tribu.
Avec la civilisation nuragique (1800-500 av. J.-C.), dont on connaît peu de choses, des villages et des tours de défense (les fameux nuraghi en pierre et à ouverture sommitale) furent édifiés. Ensuite, les marchands Phéniciens, les Carthaginois, Romains, Arabes, Pisans, Génois, Espagnols, la Maison de Savoie et l’armée napoléonienne prendront tour à tour possession de l’île, y laissant leurs empreintes, notamment les tours de guet du littoral face aux autres envahisseurs et aux pirates. La Sardaigne se révèle un gigantesque musée archéologique à ciel ouvert.
Cagliari, la capitale sarde

Anne-Marie Minvielle
En débarquant de l’aéroport de Cagliari en fin d’après-midi, il nous reste juste le temps de monter courageusement à l’assaut de la citadelle. Les derniers rayons du soleil nous accompagnent sous la tour de l’Éléphant où les Espagnols accrochaient à la herse les têtes des criminels... Fermé ! En évitant de monter par le tape-cul du petit train touristique, il nous faudra revenir le lendemain pour admirer les merveilleux bronzes et les céramiques à décors géométriques du musée archéologique ainsi que l’étrange galerie des cires anatomiques.
La pinacothèque laisse sur une faim artistique qui sera vite comblée en descendant vers le palais XVIIIe de la Galerie Communale d’Art(photo), environnée de ficus séculaires et de jacarandas. Le musée abrite une intéressante collection de peintres sardes.
Cagliari se visite à pied. Le dédale de ses ruelles commerçantes révèle des herboristeries — la flore sarde est l’une des plus riches de la Méditerranée —, des bijouteries de rosaires, coraux et filigranes, des pâtisseries au miel, aux figues et aux amandes — chaque ville a sa spécialité —, des boulangeries aux différents pains sardes. Un arrêt à la sublime gelateria centrale et ses monceaux de glaces colorées — tant pis pour la ligne ! — et nous continuons vers le quartier des églises, dont la belle façade baroque de San Michele. Sant’Efisio est le patron de Cagliari et la procession nous mène d’églises en églises, en ce dimanche des Rameaux, pour finir par les très intéressants jardins botaniques et les vestiges du temple romain. Ouf !
La pinacothèque laisse sur une faim artistique qui sera vite comblée en descendant vers le palais XVIIIe de la Galerie Communale d’Art(photo), environnée de ficus séculaires et de jacarandas. Le musée abrite une intéressante collection de peintres sardes.
Cagliari se visite à pied. Le dédale de ses ruelles commerçantes révèle des herboristeries — la flore sarde est l’une des plus riches de la Méditerranée —, des bijouteries de rosaires, coraux et filigranes, des pâtisseries au miel, aux figues et aux amandes — chaque ville a sa spécialité —, des boulangeries aux différents pains sardes. Un arrêt à la sublime gelateria centrale et ses monceaux de glaces colorées — tant pis pour la ligne ! — et nous continuons vers le quartier des églises, dont la belle façade baroque de San Michele. Sant’Efisio est le patron de Cagliari et la procession nous mène d’églises en églises, en ce dimanche des Rameaux, pour finir par les très intéressants jardins botaniques et les vestiges du temple romain. Ouf !
À l’ouest, le pays minier

Anne-Marie Minvielle
Décidant de remonter vers le Nord par la côte ouest (photo) pour faire le tour de l’île en auto, nous partons par la SS 195 vers Pula. Les flamants roses, surnommés ici les « barons rouges », nous regardent passer, impassibles depuis les étangs à anguilles qui environnent Cagliari. La route panoramique monte par la tour de Chia et la mer. Le jaune domine, entre les mimosas, les genêts de Corse en fleurs, le fenouil et les astérisques maritimes ou Odontospermum, sorte de marguerites jaunes. Les innombrables asphodèles, si répandues qu’elles servent de blason à un club de foot sarde, attendent quelques ânes gloutons.
Le sable blanc explique le succès des plages de Sardaigne qui attirent chaque année les adorateurs du soleil et de la plongée sous-marine. Trois parcs nationaux, plus d’une dizaine de parcs et réserves régionaux, un littoral inconstructible par endroits, des villas basses et cachées dans une végétation luxuriante préservent le capital naturel, véritable richesse de la Sardaigne. Il y a peu de villages, l’habitat est éparpillé et l’architecture rurale décevante. Mais les paysages nous comblent et nous écouterons même le chant de la petite fauvette sarde, sylvia sarda, grise et noire sous les pinèdes.
Dépassant la zone archéologique de Montessu, nous atteignons le pays minier d’Iglesias. Le Conseil de l’Europe a bon dos pour restaurer les innombrables mines de fer, de plomb et d’argent de la région et en faire une attraction touristique qui nous laisse un peu déçus.
Le sable blanc explique le succès des plages de Sardaigne qui attirent chaque année les adorateurs du soleil et de la plongée sous-marine. Trois parcs nationaux, plus d’une dizaine de parcs et réserves régionaux, un littoral inconstructible par endroits, des villas basses et cachées dans une végétation luxuriante préservent le capital naturel, véritable richesse de la Sardaigne. Il y a peu de villages, l’habitat est éparpillé et l’architecture rurale décevante. Mais les paysages nous comblent et nous écouterons même le chant de la petite fauvette sarde, sylvia sarda, grise et noire sous les pinèdes.
Dépassant la zone archéologique de Montessu, nous atteignons le pays minier d’Iglesias. Le Conseil de l’Europe a bon dos pour restaurer les innombrables mines de fer, de plomb et d’argent de la région et en faire une attraction touristique qui nous laisse un peu déçus.
Romains, argent et carnaval

Anne-Marie Minvielle
La route en lacets S 126 nous mène, à 15 kilomètres au nord d’Iglesias, au magnifique temple romain d’Antas : le guide sous nos yeux… Difficile de concilier kilomètres et horaires en pleine nature, sur des routes souvent mal indiquées, où manque le kilométrage ! Une foire artisanale à Fluminimaggiore permettra de voir paniers, châles et masques en bois sous une fresque murale racontant les grèves des mineurs.
La descente vers la Costa Verde et le petit port de Portixeddu se fait sous les palmiers et les roches rouges. Mer, puis montagne : toujours en pays minier, traversant de fortes pentes de pinèdes et de chênes-lièges, notre S 126 rentre dans les terres. L’ancienne mine de Montevecchio (photo), à Guspini, vaut le détour pour son ampleur. Traversant les cultures de safran de la plaine du Campidano, nous arrivons à Oristano pendant la sieste. Seuls des masques gravés dans la pierre évoquent le fameux carnaval, la Sartiglia, sorte de cavalcade dirigée par un chevalier masqué, le Compoidori.
Toute proche, la péninsule de Sinis nous attire, comme elle a séduit Honoré de Balzac en 1838. Il vint y acheter une mine d’argent pour refaire sa fortune, sans succès, et se contenta d’observer le pillage en règle des tombes romaines de Tharros. Dans une brume toute marine, les ruines dominent le paysage, non loin de l’île du Mal de Ventre. Un repas de spaghetti à la Bottarga, œufs de mulet pressés et fumés, nous fera connaître encore une spécialité tipico, avant de visiter le site d’Is Cirquittus, petit Stonehenge sarde.
La descente vers la Costa Verde et le petit port de Portixeddu se fait sous les palmiers et les roches rouges. Mer, puis montagne : toujours en pays minier, traversant de fortes pentes de pinèdes et de chênes-lièges, notre S 126 rentre dans les terres. L’ancienne mine de Montevecchio (photo), à Guspini, vaut le détour pour son ampleur. Traversant les cultures de safran de la plaine du Campidano, nous arrivons à Oristano pendant la sieste. Seuls des masques gravés dans la pierre évoquent le fameux carnaval, la Sartiglia, sorte de cavalcade dirigée par un chevalier masqué, le Compoidori.
Toute proche, la péninsule de Sinis nous attire, comme elle a séduit Honoré de Balzac en 1838. Il vint y acheter une mine d’argent pour refaire sa fortune, sans succès, et se contenta d’observer le pillage en règle des tombes romaines de Tharros. Dans une brume toute marine, les ruines dominent le paysage, non loin de l’île du Mal de Ventre. Un repas de spaghetti à la Bottarga, œufs de mulet pressés et fumés, nous fera connaître encore une spécialité tipico, avant de visiter le site d’Is Cirquittus, petit Stonehenge sarde.
Chevaux sardes et églises en trachyte

Anne-Marie Minvielle
Droit vers les montagnes du centre, nous arrivons sur les pentes du Monte Urtigu (1 060 mètres). Dès le matin, le brouillard se lève sur un paysage de plateaux sauvages où s’ébattent d’élégants pur-sang sardes. La région de Santu Lussurgiu est réputée pour cet élevage racé, ce qui explique bonne table et bonne chère ! Montaigne y serait venu prendre les eaux au XVIe siècle. Notre hôtesse nous indique quelques nuraghi faciles à trouver, que l’on rejoint à travers de magnifiques estives bordés de murets. Près de la S 131, le puits sacré de Santa Cristina à Paulilatino, ne laisse pas d’étonner. Sorte de trou aztèque, le puits est illuminé deux fois l’an, par le solstice.
Il est temps de reprendre vers le Nord et Macomer où les étranges menhirs féminins ou bétyles de Tamuli (photo), se dressent sur l’arrière-plateau. Quelques églises romanes et rayées en trachyte, calcaire et granite, évoquent leurs voisines corses et changent de notre ordinaire. La magnifique église de Santa Trinita di Saccargia et ses fresques, à 10 kilomètres au sud-ouest de Sassari, et à côté, celle de San Michele di Salvènero à Ploaghe en sont les plus beaux exemples.
À Sassari, le musée archéologique est fermé le lundi — ô déception ! Nous nous contenterons d’admirer la façade baroque espagnole du Duomo San Nicola. La mer est toute proche et nous invite à remonter vers le cap de Falcone, réputé pour ses eaux turquoise translucides. Seules les tours pétrolières de Porto Torres font tache sur cette côte où s’enchaînent les plages blanches de sable fin… Un rêve pour les opérations immobilières touristiques.
Il est temps de reprendre vers le Nord et Macomer où les étranges menhirs féminins ou bétyles de Tamuli (photo), se dressent sur l’arrière-plateau. Quelques églises romanes et rayées en trachyte, calcaire et granite, évoquent leurs voisines corses et changent de notre ordinaire. La magnifique église de Santa Trinita di Saccargia et ses fresques, à 10 kilomètres au sud-ouest de Sassari, et à côté, celle de San Michele di Salvènero à Ploaghe en sont les plus beaux exemples.
À Sassari, le musée archéologique est fermé le lundi — ô déception ! Nous nous contenterons d’admirer la façade baroque espagnole du Duomo San Nicola. La mer est toute proche et nous invite à remonter vers le cap de Falcone, réputé pour ses eaux turquoise translucides. Seules les tours pétrolières de Porto Torres font tache sur cette côte où s’enchaînent les plages blanches de sable fin… Un rêve pour les opérations immobilières touristiques.
La Gallura, un paysage biblique

Anne-Marie Minvielle
Nous regrettons qu’il ne fasse pas encore assez chaud pour se baigner en avril, comme le confirme le dicton… Depuis Stintino, la vision de l’île de l’Asinara, protégée sévèrement par un parc national, nous fait rêver à ses habitants privilégiés, des ânes albinos aux yeux bleus… Après la visite de la basilique romane de Porto Torres, tamaris et mimosas nous accompagnent le long d’une côte de plus en plus aménagée. Dans les marais salants, une tortue, comme il y en a tant sur l’île, traverse sagement notre chemin. Mer ou montagne ? Facile en Sardaigne.
Nous repartons donc vers les terres de la Gallura qui restera l’une de mes régions préférées. Surprise : la petite église romane de San Pietro di Simbranos (photo) dévoile tous ses charmes, au détour d’un virage. Les montagnes se font granitiques à Tempio Pausania où l’on nous indique un hôtel rural de rêve à 10 kilomètres de Luras, isolé dans les vignobles, face au lac de Liscia. De quoi se perdre dans la nature à la recherche d’oliviers millénaires, mais où — incroyable ! — une guérite et deux jeunes filles nous attendent malgré tout pour 2 €.
Tout proche, le bourg de Calangianus vit de l’exploitation du chêne-liège et du miel amer que l’on retrouve dans la confection de délicieux gâteaux, les seadas, fourrés au pecorino, au citron et frits dans l’huile. Le paysage biblique est le cadre d’une petite balade à ne pas manquer pour atteindre le tombeau de géant de Pascaredda, sous les chênes et les oliviers et… c’est gratuit ! À 5 kilomètres à l’ouest d’Arzachena, le tombeau du Coddu Vecchju, le plus beau de tous, vient d’ouvrir rien que pour nous.
Nous repartons donc vers les terres de la Gallura qui restera l’une de mes régions préférées. Surprise : la petite église romane de San Pietro di Simbranos (photo) dévoile tous ses charmes, au détour d’un virage. Les montagnes se font granitiques à Tempio Pausania où l’on nous indique un hôtel rural de rêve à 10 kilomètres de Luras, isolé dans les vignobles, face au lac de Liscia. De quoi se perdre dans la nature à la recherche d’oliviers millénaires, mais où — incroyable ! — une guérite et deux jeunes filles nous attendent malgré tout pour 2 €.
Tout proche, le bourg de Calangianus vit de l’exploitation du chêne-liège et du miel amer que l’on retrouve dans la confection de délicieux gâteaux, les seadas, fourrés au pecorino, au citron et frits dans l’huile. Le paysage biblique est le cadre d’une petite balade à ne pas manquer pour atteindre le tombeau de géant de Pascaredda, sous les chênes et les oliviers et… c’est gratuit ! À 5 kilomètres à l’ouest d’Arzachena, le tombeau du Coddu Vecchju, le plus beau de tous, vient d’ouvrir rien que pour nous.
Montagnes et traditions en Barbagia

Anne-Marie Minvielle
L’esprit reposé par ce paradis, la tentation nous vient de descendre de nos montagnes pour jeter un coup d’œil au luxe de la côte d’Émeraude, au diable quoi… Ce sera pour apprécier malgré tout, l’architecture ocre et rouge discrètement sarde de Porto Cervo et de Porto Rotondo, rendez-vous de la jet-set internationale. Hors saison, les gros yachts semblent comme assoupis dans les marinas. Sans pouvoir malheureusement visiter l’archipel de la Maddalena, réputé pour ses paysages, notre descente de la côte Est débute par la traversée d’Olbia. Ayant quelque peu une indigestion archéologique, nous rejoignons Nuoro et le massif montagneux du Gennargentu, dont les cimes sont encore enneigées à 1 834 mètres.
Nuoro, au cœur de la Barbagia, garde ses coutumes. Dans cette ville de montagne, étrangement vallonnée autour d’un ravin dépotoir où paissent vaches et moutons, le musée des Traditions sardes passionne par la reconstitution du très curieux carnaval des Mamuthones (photo) à Mamoiada. Une épaisse cape en poils d’animaux et d’énormes cloches pesant jusqu’à 50 kilos recouvrent des hommes aux masques noirs réalisés par des artisans locaux. Ils avancent en dansant lentement, en une sorte de rite païen, pour affronter les fouets des Issocadores aux masques blancs, sorte de chasseurs divins. Inutile de préciser qu’il vaut mieux retenir son hôtel à l’avance.
À Nuoro, ce seront des gnocchis sardes malloreddus à la farine de son et des tripes rôties, sa cordedda avec un verre de nepente, le vin préféré du poète d’Annunzio, qui nous réconforteront d’un temps incertain.
Nuoro, au cœur de la Barbagia, garde ses coutumes. Dans cette ville de montagne, étrangement vallonnée autour d’un ravin dépotoir où paissent vaches et moutons, le musée des Traditions sardes passionne par la reconstitution du très curieux carnaval des Mamuthones (photo) à Mamoiada. Une épaisse cape en poils d’animaux et d’énormes cloches pesant jusqu’à 50 kilos recouvrent des hommes aux masques noirs réalisés par des artisans locaux. Ils avancent en dansant lentement, en une sorte de rite païen, pour affronter les fouets des Issocadores aux masques blancs, sorte de chasseurs divins. Inutile de préciser qu’il vaut mieux retenir son hôtel à l’avance.
À Nuoro, ce seront des gnocchis sardes malloreddus à la farine de son et des tripes rôties, sa cordedda avec un verre de nepente, le vin préféré du poète d’Annunzio, qui nous réconforteront d’un temps incertain.
Bandits et bergers à Orgosolo

Anne-Marie Minvielle
Je craque enfin pour l’achat d’un couteau sarde, avant de repartir pour le parc naturel du Gennargentu et les montagnes du Supramonte perdues dans les brumes. Dommage. Il y a même une station de ski — la seule de Sardaigne — sur les hauteurs de ce massif, paradis de la randonnée et de l’alpinisme. Tout le terroir de la Barbagia est intéressant malgré le handicap du conducteur dans les ruelles étroites des villages perchés qui se terminent parfois en escaliers, sans prévenir.
Ainsi Orgosolo(photo), véritable musée en plein air, attire pour ses fresques murales de qualité, lancées dès 1960. Ces messages politiques, populaires et colorés, fréquents en Sardaigne, sont l’attraction principale de ce village connu du grand public par le film Bandits à Orgosolo de Vittorio de Seta (1961). N’ayez crainte, seuls les yeux de braise des Sardes, peut-être un peu agacés par les foules de la rue principale, peuvent encore effrayer, mais le sourire est toujours là.
Fonni, bourg voisin le plus élevé de l’île à 1 000 mètres d’altitude, possède aussi des fresques relatant la pittoresque cavalcade qui a lieu le premier dimanche de juin, en l’honneur de la Madone. Orani, autre village à visiter, abrite le musée du sculpteur moderne Constantin Nivola, reflétant ainsi le particularisme sarde « d’un homme pour un village » que ce soit pour l’art, l’artisanat ou encore les spécialités locales comme à Oliena et son vin cannonau. Bien entendu, entre cabanes de bergers et fresques, les sites archéologiques sont toujours présents pour les amateurs.
Ainsi Orgosolo(photo), véritable musée en plein air, attire pour ses fresques murales de qualité, lancées dès 1960. Ces messages politiques, populaires et colorés, fréquents en Sardaigne, sont l’attraction principale de ce village connu du grand public par le film Bandits à Orgosolo de Vittorio de Seta (1961). N’ayez crainte, seuls les yeux de braise des Sardes, peut-être un peu agacés par les foules de la rue principale, peuvent encore effrayer, mais le sourire est toujours là.
Fonni, bourg voisin le plus élevé de l’île à 1 000 mètres d’altitude, possède aussi des fresques relatant la pittoresque cavalcade qui a lieu le premier dimanche de juin, en l’honneur de la Madone. Orani, autre village à visiter, abrite le musée du sculpteur moderne Constantin Nivola, reflétant ainsi le particularisme sarde « d’un homme pour un village » que ce soit pour l’art, l’artisanat ou encore les spécialités locales comme à Oliena et son vin cannonau. Bien entendu, entre cabanes de bergers et fresques, les sites archéologiques sont toujours présents pour les amateurs.
Côte Est, Ogliastra la belle

Anne-Marie Minvielle
Suivant notre rythme, nous atteignons à nouveau la côte du golfe d’Orosei (photo), considérée comme l’une des plus intéressantes du pays. Elle méritera deux jours de repos dans le même hôtel d’agrotourisme, à Talana, près de l’ermitage de Sant’Efisio, encore lui. Cela permet de rayonner autour du golfe d’Orosei, avec un cocktail de domus de janas, puis un peu de roches rouges en porphyre à Arbatax et au magnifique cap de Perdalonga, un zeste de tombeau de géant à Triei, une pincée de nature sur le plateau karstique du Golgo et l’ermitage de San Pietro depuis Baunei. S’il fait beau, il faut prendre une journée de plus pour se rendre à pied à la cala ou crique de Goloritzi, au milieu de la lavande aspic, des petits cochons noirs sauvages, et des oliviers, un régal.
La superbe route panoramique S 125 nous mène à Dorgali avec vues inoubliables sur le Gola du Goruppu. Là encore cette région mérite plusieurs jours pour randonner, notamment vers le canyon du Goruppu baptisé ici comme le plus beau d’Europe. L’archéologie nous entraîne encore sans regrets vers Santa Ena e’Thomes et serra Orrios où l’environnement rivalise de beauté avec les monuments. On peut, si le temps le permet, faire en boucle toute cette région du Gennargentu en quelques jours. En saison, de magnifiques balades en bateau, depuis Arbatax ou la station balnéaire de Santa Maria Navarrese permettent d’apprécier dans la journée ces criques, rochers et grottes de porphyre rouge difficiles d’accès qui font toute la gloire du golfe d’Orosei.
La superbe route panoramique S 125 nous mène à Dorgali avec vues inoubliables sur le Gola du Goruppu. Là encore cette région mérite plusieurs jours pour randonner, notamment vers le canyon du Goruppu baptisé ici comme le plus beau d’Europe. L’archéologie nous entraîne encore sans regrets vers Santa Ena e’Thomes et serra Orrios où l’environnement rivalise de beauté avec les monuments. On peut, si le temps le permet, faire en boucle toute cette région du Gennargentu en quelques jours. En saison, de magnifiques balades en bateau, depuis Arbatax ou la station balnéaire de Santa Maria Navarrese permettent d’apprécier dans la journée ces criques, rochers et grottes de porphyre rouge difficiles d’accès qui font toute la gloire du golfe d’Orosei.
Sud-Est : porphyre, grottes et cascades

Anne-Marie Minvielle
Le détour montagneux par Ulassai offre quelques sites d’intérêt géologique. La Sardaigne est une véritable palette de roches où se succèdent basalte, calcaire, granite et autres reliefs érodés par l’eau et le vent. Si la grotte Su Marmuri est l’une des nombreuses richesses du souterrain sarde à visiter, la magnifique cascade de Santa Barbara, à sept kilomètres à l’ouest d’Ulassai, mérite un détour et nous regretterons de ne pouvoir continuer par cette belle route de montagne vers Ussassai et les lacs du centre… La prochaine fois, peut-être ?
Le temps nous presse pour le retour et nous suivons le littoral vers le Sud jusqu’aux rochers jumeaux de Cea : deux dents de porphyre sortant de la mer. Rouge encore pour cette côte jusqu’à Cocco Rocci et ses plages idylliques (photo), sans doute un peu trop envahies en saison… car déjà Allemands et Hollandais sont sur place.
La S 125 doublant la prochaine autoroute , nous arrivons sans encombre à Villasimius, station balnéaire réputée au milieu des cultures d’oliviers et de tomates. En saison, des excursions en bateau rejoignent facilement les îles granitiques qui lui font face. Un clin d’œil au parc géo-marin du cap Carbonara permet de faire nos adieux sous les derniers rayons du soleil, près de la Fortezza Vecchia, bastion de guet contre les pirates. Encore quelques orchidées sauvages violettes, et encore quelques griffes de sorcières roses… Ce seront mes dernières photos avant le retour à l’aéroport de Cagliari par la corniche du littoral.
Le temps nous presse pour le retour et nous suivons le littoral vers le Sud jusqu’aux rochers jumeaux de Cea : deux dents de porphyre sortant de la mer. Rouge encore pour cette côte jusqu’à Cocco Rocci et ses plages idylliques (photo), sans doute un peu trop envahies en saison… car déjà Allemands et Hollandais sont sur place.
La S 125 doublant la prochaine autoroute , nous arrivons sans encombre à Villasimius, station balnéaire réputée au milieu des cultures d’oliviers et de tomates. En saison, des excursions en bateau rejoignent facilement les îles granitiques qui lui font face. Un clin d’œil au parc géo-marin du cap Carbonara permet de faire nos adieux sous les derniers rayons du soleil, près de la Fortezza Vecchia, bastion de guet contre les pirates. Encore quelques orchidées sauvages violettes, et encore quelques griffes de sorcières roses… Ce seront mes dernières photos avant le retour à l’aéroport de Cagliari par la corniche du littoral.
Une vie de Sarde

Anne-Marie Minvielle
Après 2 000 kilomètres par les friches, les quelques vignobles et les mines abandonnées, constatant le peu de bateaux de pêches dans les ports et une industrie bien modeste, les questions fusent au bar du coin quand on trouve quelqu’un parlant le français — et il y en a beaucoup ! Oui, de quoi vivent-ils ?
« Nous sommes peu nombreux», répondent-ils en souriant. Seulement 68 habitants au kilomètre carré. Ils vivent essentiellement de l’élevage, des brebis qui paissent en toute liberté, des cochons et des chèvres sauvages, de ces élégants chevaux de race sarde dans le centre, du chêne-liège vers l’est, de la culture des arbres fruitiers, des oliviers et des artichauts, mais surtout et avant tout du tourisme !
L’arrivée financière du Consorzio Costa Esmeralda fondé par le prince Aga Khan en 1962 sur la côte nord-est et l’aide du Conseil de l’Europe, notamment pour des routes en parfait état, apportent beaucoup au développement touristique essentiellement côtier. La malaria a été éradiquée au début du XXe siècle, même si les zanzare, moustiques en italien, sont présents près des étangs. Mais le niveau de vie, surtout dans les montagnes sujettes à l’émigration, reste encore bas. Un bon moyen pour s’en sortir est d’ouvrir un hôtel, un restaurant ou quelques chambres d’hôtes : les agriturismi, sortes de fermes-auberges, sont à recommander à tout point de vue.
Mon meilleur souvenir de ce bref survol de la Sardaigne ? Un arrêt avec des pâtisseries sardes et un verre de myrte, au pied d’un tombeau de géant, près d’un olivier centenaire et d’une chèvre, face à la mer turquoise et au sable blanc… Pas mal, non ?
« Nous sommes peu nombreux», répondent-ils en souriant. Seulement 68 habitants au kilomètre carré. Ils vivent essentiellement de l’élevage, des brebis qui paissent en toute liberté, des cochons et des chèvres sauvages, de ces élégants chevaux de race sarde dans le centre, du chêne-liège vers l’est, de la culture des arbres fruitiers, des oliviers et des artichauts, mais surtout et avant tout du tourisme !
L’arrivée financière du Consorzio Costa Esmeralda fondé par le prince Aga Khan en 1962 sur la côte nord-est et l’aide du Conseil de l’Europe, notamment pour des routes en parfait état, apportent beaucoup au développement touristique essentiellement côtier. La malaria a été éradiquée au début du XXe siècle, même si les zanzare, moustiques en italien, sont présents près des étangs. Mais le niveau de vie, surtout dans les montagnes sujettes à l’émigration, reste encore bas. Un bon moyen pour s’en sortir est d’ouvrir un hôtel, un restaurant ou quelques chambres d’hôtes : les agriturismi, sortes de fermes-auberges, sont à recommander à tout point de vue.
Mon meilleur souvenir de ce bref survol de la Sardaigne ? Un arrêt avec des pâtisseries sardes et un verre de myrte, au pied d’un tombeau de géant, près d’un olivier centenaire et d’une chèvre, face à la mer turquoise et au sable blanc… Pas mal, non ?
Infos pratiques

Anne-Marie Minvielle
Accès
Aéroports : Cagliari (Meridiana depuis Paris-CDG, un vol par jour, 2 h 30). Comptez 230 € A/R environ.
Olbia : Transavia.com depuis Paris-Orly, à partir de 50 € l’aller simple.
Bateaux : depuis Marseille, la Corse et l’Italie.
Adresses utiles
- Office national italien du tourisme (ENIT) : 23, rue de la Paix, 75002 Paris. Tél. : 01-42-66-66-68. www.enit.it
- Institut culturel italien : 50, rue de Varenne, 75007 Paris. Tél. : 01-44-39-49-39.
- Les offices de tourisme locaux sont très accueillants et ferment vers 20 h. Ils sont prêts à téléphoner pour réserver une chambre. Malheureusement, sur place, il est souvent trop tard pour se retourner…
Où dormir ? Où manger ?
À Cagliari : Hôtel Due Colonne : via Sardegna 4, hotelduecolonne@libero.it. 95 € la chambre double. Au calme, en centre-ville. Idéal pour rayonner.
Flora (via Sassari 45), fermé en août. Un véritable délice d’accueil, de plats et de décor. Le patron collectionne les vases de Gallé. Fritto misto (13 €) .
Trattoria da Lillicu (via Sardegna 78) pour son ambiance sympa et sa cuisine sarde, tels l’anguille marinée et le risotto, 10 €.
Gelateria Isola del Gelato, piazza Yenne. Cornet à partir de 1,50 €.
Antico Caffe, piazza Constituzione et Café Svizzero dans un ancien palais, à côté de l’hôtel de ville, pour leur décor.
À Portixeddu : hôtel-restaurant Golfo del Leone. www.golfodelleone.it. Chambre double à 80 €.
À Santu Lussurgu : albergo diffuso Antica Dimora del Gruccione, 80 € la chambre double. Dans une superbe demeure. www.anticadimora.com. Restaurant Bella Vista, sur la place, pour son « maiale » de porc à la ricotta (13 €).
À Luras, San Leonardo (Gallura) : Hôtel-restaurant rural Funtana Abbas, à partir de 90 € la chambre double en bungalow, dans un cadre magnifique, avec piscine. Produits de la ferme. www.funtanaabbas.it
À Nuoro : hôtel La Pineta, via Verdi près de l’hôpital. Chambre double à 90 €. Tél. : 0784 39499.
À Talana (golfe d’Orosei) : Hôtel-restaurant Sant’ Efisio. Chambre double à 90 €. Menu : 30 €. Au milieu des orangers, à 5 kilomètres de la mer. Cuisine sarde. www.santefisio.com.
À Villasimius : Agriturismo Gli Ulivi à San Pietro. À partir de 60 € pour une chambre double suivant la saison. Don Cesare parle le français. www.agriturismo-gli-ulivi.com.
À voir
Attention aux horaires à l’italienne fluctuant et à l’arrêt incontournable entre 13 h et 16 h.
Cagliari : musées de la Citadelle (archéologie 9 h à 19 h, pinacothèque, cires) : www.museodomunosta.it.
Galleria communale d’Arte : www.collezioneingrao.it.
Jardins botaniques (3 €) : viale San Ignazio, 11.
Fluminimaggiore : temple romain d’Antas : 9 h 30-7 h 30, 3 €.
Guspini, mine de Montevecchio : Tél. : 335-53-14-198. Colonnes de basalte.
Tharros (et musée de Cabras) : 9 h-17 h 30, 4 €.
Santa Cristina, village nuraghe à Paulilatino, 5 .€
Sassari : musée archéologique, 9 h-19 h 30, fermé le lundi, 2 €.
Porto Torres : basilique romane San Gavino, 1 €.
Arzachena : tombe de géant Coddu Vecchju, 3 €.
Nuoro : musée des traditions sardes, via Mereu 56. 9 h-13 h et 15 h-19 h, 3 €. Fabrique de couteaux sardes : Coltelli, piazza Crispi. www.coltellisardi.it (à partir de 20 €).
Mamoiada : musée des masques méditerranéens. Du mardi au dimanche, 4 €. www.museodellemaschere.it et www.mamuthonesmamoiada.it.
Le Petit train Vert : 160 km, durée 5 heures, entre Arbatax et Mandas par Lanusei, sur la côte Est à travers les montagnes de la Barbagia. www.treninoverde.com.
Ulassai : grotte Su Marmuri, de Pâques à octobre, heures fixes, 6,5 €. Tél. : 0782-79-859.
Achats, artisanat, gastronomie
Attention, tout est bien plus cher à l’aéroport, faites vos achats avant de partir.
L’artisanat est principalement populaire, avec les fameux couteaux sardes reconnaissables à leur lame arrondie pour décoller la peau des moutons et à leur manche en corne, à partir de 30 € suivant la taille. Pour les pots en liège, paniers tressés, tapis tissés monochromes, nous avons préféré la visite du musée du costume à Nuoro !
Les bijoux sont souvent plus chers qu’ailleurs, notamment pour les coraux (interdits à la vente, mais les étiquettes contournent la provenance…). Peut-être un tee-shirt avec le drapeau sarde et ces fameuses quatre têtes de maures, autrefois les yeux bandés, et vaincus par les Espagnols au XIe siècle ?
La gastronomie sarde évoque les délices de la Méditerranée : miel, fruits, olives, amandes sont délicieux sur place. Nous avons bien aimé les carta da musica ou pain carasau, galettes croustillantes servies tièdes et arrosées d’huile d’olive d’Alghero. Les pâtisseries, pour la plupart aux amandes, varient suivant les régions et les époques de l’année.
. Une bouteille d’alcool de feuilles de myrte (30°), véritable breuvage national, ou de fil’e ferru, distillat d’arbousier parfumé au fenouil (40° ou plus, 10 € chacune) avec quelques suspirus, boulettes d’amandes et de fleurs d’oranger, sont faciles à ramener. Cette eau-de-vie sarde doit son nom au fait que les paysans cachaient leur production en terre et marquaient cet emplacement par du fil de fer. Il serait ainsi de mauvais ton de refuser un verre offert par un Sarde : cela fait digérer et les menus sardes sont copieux…
Pour ma part, mes photos seront les plus beaux souvenirs, sinon un herbier de la flore méditerranéenne pour les passionnés, comme en témoignent les pages de mon guide qui ont servi à les conserver.
Aéroports : Cagliari (Meridiana depuis Paris-CDG, un vol par jour, 2 h 30). Comptez 230 € A/R environ.
Olbia : Transavia.com depuis Paris-Orly, à partir de 50 € l’aller simple.
Bateaux : depuis Marseille, la Corse et l’Italie.
Adresses utiles
- Office national italien du tourisme (ENIT) : 23, rue de la Paix, 75002 Paris. Tél. : 01-42-66-66-68. www.enit.it
- Institut culturel italien : 50, rue de Varenne, 75007 Paris. Tél. : 01-44-39-49-39.
- Les offices de tourisme locaux sont très accueillants et ferment vers 20 h. Ils sont prêts à téléphoner pour réserver une chambre. Malheureusement, sur place, il est souvent trop tard pour se retourner…
Où dormir ? Où manger ?
À Cagliari : Hôtel Due Colonne : via Sardegna 4, hotelduecolonne@libero.it. 95 € la chambre double. Au calme, en centre-ville. Idéal pour rayonner.
Flora (via Sassari 45), fermé en août. Un véritable délice d’accueil, de plats et de décor. Le patron collectionne les vases de Gallé. Fritto misto (13 €) .
Trattoria da Lillicu (via Sardegna 78) pour son ambiance sympa et sa cuisine sarde, tels l’anguille marinée et le risotto, 10 €.
Gelateria Isola del Gelato, piazza Yenne. Cornet à partir de 1,50 €.
Antico Caffe, piazza Constituzione et Café Svizzero dans un ancien palais, à côté de l’hôtel de ville, pour leur décor.
À Portixeddu : hôtel-restaurant Golfo del Leone. www.golfodelleone.it. Chambre double à 80 €.
À Santu Lussurgu : albergo diffuso Antica Dimora del Gruccione, 80 € la chambre double. Dans une superbe demeure. www.anticadimora.com. Restaurant Bella Vista, sur la place, pour son « maiale » de porc à la ricotta (13 €).
À Luras, San Leonardo (Gallura) : Hôtel-restaurant rural Funtana Abbas, à partir de 90 € la chambre double en bungalow, dans un cadre magnifique, avec piscine. Produits de la ferme. www.funtanaabbas.it
À Nuoro : hôtel La Pineta, via Verdi près de l’hôpital. Chambre double à 90 €. Tél. : 0784 39499.
À Talana (golfe d’Orosei) : Hôtel-restaurant Sant’ Efisio. Chambre double à 90 €. Menu : 30 €. Au milieu des orangers, à 5 kilomètres de la mer. Cuisine sarde. www.santefisio.com.
À Villasimius : Agriturismo Gli Ulivi à San Pietro. À partir de 60 € pour une chambre double suivant la saison. Don Cesare parle le français. www.agriturismo-gli-ulivi.com.
À voir
Attention aux horaires à l’italienne fluctuant et à l’arrêt incontournable entre 13 h et 16 h.
Cagliari : musées de la Citadelle (archéologie 9 h à 19 h, pinacothèque, cires) : www.museodomunosta.it.
Galleria communale d’Arte : www.collezioneingrao.it.
Jardins botaniques (3 €) : viale San Ignazio, 11.
Fluminimaggiore : temple romain d’Antas : 9 h 30-7 h 30, 3 €.
Guspini, mine de Montevecchio : Tél. : 335-53-14-198. Colonnes de basalte.
Tharros (et musée de Cabras) : 9 h-17 h 30, 4 €.
Santa Cristina, village nuraghe à Paulilatino, 5 .€
Sassari : musée archéologique, 9 h-19 h 30, fermé le lundi, 2 €.
Porto Torres : basilique romane San Gavino, 1 €.
Arzachena : tombe de géant Coddu Vecchju, 3 €.
Nuoro : musée des traditions sardes, via Mereu 56. 9 h-13 h et 15 h-19 h, 3 €. Fabrique de couteaux sardes : Coltelli, piazza Crispi. www.coltellisardi.it (à partir de 20 €).
Mamoiada : musée des masques méditerranéens. Du mardi au dimanche, 4 €. www.museodellemaschere.it et www.mamuthonesmamoiada.it.
Le Petit train Vert : 160 km, durée 5 heures, entre Arbatax et Mandas par Lanusei, sur la côte Est à travers les montagnes de la Barbagia. www.treninoverde.com.
Ulassai : grotte Su Marmuri, de Pâques à octobre, heures fixes, 6,5 €. Tél. : 0782-79-859.
Achats, artisanat, gastronomie
Attention, tout est bien plus cher à l’aéroport, faites vos achats avant de partir.
L’artisanat est principalement populaire, avec les fameux couteaux sardes reconnaissables à leur lame arrondie pour décoller la peau des moutons et à leur manche en corne, à partir de 30 € suivant la taille. Pour les pots en liège, paniers tressés, tapis tissés monochromes, nous avons préféré la visite du musée du costume à Nuoro !
Les bijoux sont souvent plus chers qu’ailleurs, notamment pour les coraux (interdits à la vente, mais les étiquettes contournent la provenance…). Peut-être un tee-shirt avec le drapeau sarde et ces fameuses quatre têtes de maures, autrefois les yeux bandés, et vaincus par les Espagnols au XIe siècle ?
La gastronomie sarde évoque les délices de la Méditerranée : miel, fruits, olives, amandes sont délicieux sur place. Nous avons bien aimé les carta da musica ou pain carasau, galettes croustillantes servies tièdes et arrosées d’huile d’olive d’Alghero. Les pâtisseries, pour la plupart aux amandes, varient suivant les régions et les époques de l’année.
. Une bouteille d’alcool de feuilles de myrte (30°), véritable breuvage national, ou de fil’e ferru, distillat d’arbousier parfumé au fenouil (40° ou plus, 10 € chacune) avec quelques suspirus, boulettes d’amandes et de fleurs d’oranger, sont faciles à ramener. Cette eau-de-vie sarde doit son nom au fait que les paysans cachaient leur production en terre et marquaient cet emplacement par du fil de fer. Il serait ainsi de mauvais ton de refuser un verre offert par un Sarde : cela fait digérer et les menus sardes sont copieux…
Pour ma part, mes photos seront les plus beaux souvenirs, sinon un herbier de la flore méditerranéenne pour les passionnés, comme en témoignent les pages de mon guide qui ont servi à les conserver.
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