Phnom Penh : la perle de l’Orient, d’hier et d'aujourd’hui

Phnom Penh
Dominique Roland et Stéphanie Déro

Seule véritable cité du pays, Phnom Penh a souffert en première ligne des tourments contemporains du Cambodge. En 1959, Khieu Sampan, l’un des futurs leaders des Khmers Rouges annonçait déjà la couleur : "les villes cambodgiennes sont des parasites […]", concluant qu’il faudra "procéder à des déplacements massifs de population vers les campagnes". Mais qui aurait pu alors prédire que, 15 ans plus tard, les Khmers Rouges allaient vider, en une journée, Phnom Penh de ses 2 millions d’habitants !

Sorti d’Angkor, le tourisme, en plein essor au Cambodge, déborde vers les recoins et les côtes d’un territoire dont Phnom Penh est la clé de voûte. Se contenter d’un simple transit dans la capitale serait dommage. Car, sans se renier, l’ancienne "Perle de l’Asie du Sud-Est" est remontée en haut de l’affiche.

Longtemps à la recherche du temps perdu, convalescente troublée et affaiblie par l’austérité, Phnom Penh est de retour, plus forte que jamais et pourtant encore fragile. Telle l’actrice principale, sexy et sauvage, d’un "Plus belle la vie" boosté par la chaleur, les contrastes et les fourmillements du sud-est asiatique.

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Des Quatre-Bras au Petit Paris

Phnom Penh
Dominique Roland

C'est à une certaine Mme Penh que la capitale du Cambodge doit son nom. Selon la légende, elle aurait construit une colline ("Phnom" en cambodgien) articifielle pour y abriter quatre statues de bronze. Sur cette colline, un temple fut érigé en 1373.

Aujourd’hui, le Wat Phnom s’élève toujours sur le site stratégique de "Chaktomouk" (Quatre-Bras), au confluent de quatre "bras liquides" : le Mékong (amont et aval), la rivière Tonlé Sap, déversoir du grand lac nourricier du pays, et le Bassac, l’un des bras du Mékong, coulant vers un même delta. 

Chassée d’Angkor par les Thaïs, la cour royale s’installe à ce carrefour stratégique au XVe siècle. En 1834, elle est à nouveau frappée par l’armée siamoise qui détruit la ville. Quand le siège du protectorat français s’y établit, en 1863, Phnom Penh compte à peine 10 000 habitants.

Les Français rêvent d’y établir Hong-Kong-sur-Mékong, mais Saigon est choisie comme capitale de l’Indochine et la voie fluviale vers l’Empire du Milieu s’avère impraticable. Profitant de la présence royale et du protectorat, Phnom Penh s’épanouit pourtant et sa population augmente rapidement.

La Grand’rue (le quai Sisowath) et les quartiers "ethniques" apparaissent, ainsi que la concession française, entre le Wat Phnom et la rivière. Comme ailleurs dans la région, les "compartiments chinois" (shop-houses) imposent leur pragmatisme : commerces au rez-de-chaussée, passages sous arcade et logements aux étages.

 À la fin du XIXe s., l’administrateur De Verneville conçoit un plan d’urbanisme moderne, quadrillé d’avenues arborées et de canaux. Il dessine également l’emblématique place de la Poste. Père du style indochinois illustré par ses nombreuses réalisations à Hanoï, Hébrard, architecte de formation passé par la Villa Médicis, peaufine l’ouvrage dans les années 1920. On lui doit l’hôtel Royal. En un demi-siècle, le frêle comptoir fluvial devient une capitale aux airs de petit Paris oriental.

L'âge d'or de Sihanouk

Phnom Penh
Dominique Roland

En 1955, un an après avoir conduit son pays vers l’indépendance, Norodom Sihanouk abandonne la couronne à son père. Derrière son apparente dispersion, Sihanouk n’a qu’une obsession : garantir la survie du Cambodge, en neutralisant les communistes et l’influence des dépeceurs historiques du royaume, la Thaïlande et le Sud-Vietnam, alors soutenus par les Américains.

Dans ce but, il lance le mouvement politique Sangkum Reastr Niyum, qu’il lie au sort de son pays, comme en atteste l’un de ses slogans : "La société préférée de la population". Devenu Premier Ministre en 1955, il gouverne en autocrate.

En dépit de ses parts d’ombre, comme la répression brutale des opposants, l’ère du Sangkum Reastr Niyum reste dans les mémoires comme un âge d’or. Sihanouk concentre toutes les administrations dans la capitale et en fait un carrefour culturel et artistique.

La ville se mue en une métropole cosmopolite où beaucoup d’Occidentaux se mêlent aux Asiatiques. Les résidents français y sont même bien plus nombreux qu’au temps du protectorat. Le million d’habitants est atteint à l’aube des années 70.

Malgré de petits moyens, les travaux d’amélioration et d’embellissement sont nombreux : construction de nouveaux marchés, terrains récupérés sur le confluent et, surtout, plusieurs projets majeurs confiés à Vann Molyvann, le maître de la Nouvelle Architecture Khmère.

Années sombres, lendemains difficiles

Phnom Penh
Dominique Roland

Quels que soient les moyens controversés qu’il employa, Sihanouk désirait indéniablement la paix pour son pays. Kissinger, maître d’œuvre de la guerre secrète et du putsch du maréchal Lon Nol en 1970, ne lui laisse pas cette chance.  Un demi-million de morts et une corruption galopante font alors grossir les rangs des Khmers Rouges.

Entrés en vainqueurs à Phnom Penh le 17 avril 1975, les Khmers Rouges vident la ville en une journée. Elle le restera 3 ans et 8 mois. Du jamais vu. Le dogmatisme khmer rouge perpètre un monstrueux crime contre l’humanité qui emportera de 1,5 à 2,5 millions de Cambodgiens, selon les estimations.

En décembre 1979, les Vietnamiens lancent leurs divisions contre les Khmers Rouges qui les harcèlent et entretiennent la haine raciale. Ils resteront au Cambodge une décennie, au cours de laquelle la capitale reprend péniblement des couleurs.

En 1991, les accords de Paris installent les forces de l’Apronuc, pilotées par l’ONU, pour accompagner le pays vers la démocratie. Une transition aux airs de "Far-West". Fusils et grenades se déposent au vestiaire des karaokés et autres saloons… Les dollars affluent et déstabilisent la capitale, la prostitution explose.

En 1997, Hun Sen devient Premier Ministre suite à un violent coup d'Etat. Sous cette "démocrature", Phnom Penh se "normalise" aux yeux du  visiteur, qui profite de son séjour en toute quiétude. Mais la corruption et le népotisme maintiennent des niveaux record, tandis que les inégalités sont toujours criantes.

Sinistre écho à l’évacuation de Phnom Penh de 1975, ce sont aujourd’hui projets immobiliers et ventes de concession qui entraînent des expulsions musclées. L’une des plus retentissantes a frappé les résidents de Boeng Kak, l’ancien quartier routard de Phnom Penh.

Un patrimoine architectural menacé

Phnom Penh
Dominique Roland

Rien n’illustre mieux la fragilité du patrimoine colonial que la Place de la Poste. Comme l’ancienne banque d’Indochine, reconvertie en restaurant luxueux, la poste y exhibe fièrement sa façade ravalée face à des édifices en pleine décrépitude, comme le commissariat de police (1892) et l’ancien Hôtel Manolis.

En 1924, André et Clara Malraux y passèrent 4 mois de résidence surveillée après avoir dérobé des bas-reliefs au temple de Banteay Srei ! Ils partirent sans payer la note ; quant aux objets du délit, ils se trouvent maintenant au musée Guimet…

Dans un autre style, impossible de louper le marché central, stupéfiant ovni moderniste de 1937. Étalé comme une étoile de mer en plein cœur de la ville, il profite pleinement de sa rénovation.

Si l’héritage colonial est menacé, la Nouvelle Architecture Khmère des années 50-60 l’est plus encore. Un comble pour ce courant incarné par Vann Molyvann. Influencé par Le Corbusier, cet architecte génial fut choisi par Sihanouk pour ajouter un supplément d’âme cambodgienne aux modernisations.

En 13 ans, Vann Molyvann réalisa une centaine de projets privilégiant la fonctionnalité et la simplicité des formes, remarquables par leur élégance et leur adaptation aux conditions locales : ventilation naturelle, prise en compte de l’ensoleillement et des risques d’inondation, etc.

Malheureusement, l’avidité des promoteurs immobiliers a déjà sonné le glas du Théâtre national et du Conseil des ministres et menace même le Stade olympique. En l’absence de lois de protection et d’une volonté municipale clairement affichée, il est difficile de prédire l’avenir du patrimoine architectural local, menacé par la spéculation immobilière.

S-21, l'enfer des Khmers rouges

Phnom Penh S21
Dominique Roland

Créées en 2003, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), n’ont ouvert qu’en 2009. Elles n’ont pour l’heure abouti, en 2012, qu’à la condamnation à perpétuité de Douch, l’ex-responsable de la prison S-21. Si ce tribunal fait régulièrement la une des médias, c’est plus pour ses dysfonctionnements que pour ses avancées.  

Dans sa remarquable biographie de Pol Pot, Philip Short résume ainsi la situation des anciens Khmers Rouges au Cambodge : "Imaginez qu’après la chute d’Hitler et le procès de Nuremberg, les gardes des camps nazis continuent à courir librement dans la nature".

Ainsi, Hun Sen, l’homme fort du pays, est un ancien Khmer Rouge, tout comme les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, le chef de l’armée et le ministre des Finances, qui firent défection entre décembre 77 et… 1992.

Témoin incontournable de l’horreur totalitaire, le musée Tuol Sleng (photo) est l’occasion pour chacun d’accomplir son devoir de mémoire. Au cœur de Phnom Penh déserté, cet ancien lycée devint, de 1975 à 1979, la sinistre prison S-21, dirigée avec un soin maniaque par Douch.

Chacun des quelque 16 000 détenus fut fiché et photographié, avant d’être torturé pour avouer lors d’un simulacre de procès, puis exécuté. Les galeries de photos éveillent une compassion profonde, accompagnée d'un cri sourd : "plus jamais ça" !

Héritier de la tradition des peintures bouddhistes didactiques, Vann Nath a retranscrit dans ses œuvres naïves toute l’inhumanité du lieu. Décédé en 2011, il fut un des rares survivants de S-21,  les Khmers Rouges l'ayant choisi pour tirer leurs portraits.

Fascination cambodgienne, héritage français

Phnom Penh Musée national
Dominique Roland

La fascination de la France pour le Cambodge remonte aux explorations d’Henri Mouhot, "découvreur" d’Angkor, et de Francis Garnier, dans la 2e moitié du XIXe s. Elle se nourrit des travaux réalisés sur les sites khmers par l’École Française d’Extrême-Orient.

Parallèlement, le protectorat préserve les traditions bouddhistes et la culture locale en ouvrant des écoles, un institut, une librairie et un musée national des Beaux-Arts (photo) à Phnom Penh. En 1906, les danseuses du ballet royal accompagnant le roi Sisowath font sensation à l’exposition coloniale de Marseille.

L’indépendance, en 1953, ne rompt pas les liens. Incarnant un véritable métissage des cultures, Sihanouk manie le français avec truculence. La langue de Molière reste longtemps omniprésente sur les enseignes et panneaux de la ville.

Privilégiée, la classe cambodgienne francophone est décimée par le génocide khmer rouge. Aujourd’hui, le pays s’est résolument tourné vers l’anglais : à peine 1 % de la population parle français. Et l’influence hexagonale se réduit, comme les budgets, dans une zone qui glisse sous l’ombrelle chinoise.

Mais, que les Français se rassurent, la cuisine reste leur fidèle alliée ! Nulle part en Asie, on ne trouve autant de restos d’inspiration hexagonale. Sans oublier le vin et le pain, dont la consommation a explosé en passant de la ville aux campagnes avec les travailleurs migrants. D’ailleurs, il remplace souvent le riz pour accompagner le curry. À goûter absolument !

Les rapatriés franco-khmers contribuent au maintien des liens. De retour dans un pays d’origine qu’ils n’avaient parfois jamais foulé, ils forment une part importante des milliers d’expats français au Cambodge. Forts d’une double culture, ils savent mieux que quiconque traduire en mots et en images évocatrices la richesse de leur culture retrouvée. 

Une ville tout en paradoxes

Phnom Penh
Dominique Roland

Ville composite en pleine mutation, Phnom Penh frappe par la force de ses contrastes.

La ville est douce et violente. Douceur des sourires d’une fraîcheur plus communicative qu’ailleurs, comme pour atténuer le souvenir des violences passées. Douceur aussi du rythme de vie et des sacro-saintes siestes aux heures les plus chaudes. Violents, la pauvreté qui affleure partout et le trafic qui transforme toute rue en 4 voies et chaque carrefour en un redoutable échangeur.

Phnom Penh est à la fois brute et raffinée, comme la sculpture khmère et ses apsaras. Les lounges, cafés-pâtisseries, magasins et galeries d’art s’égrènent le long de rues aux trottoirs parfois défoncés, ou encombrés de véhicules.

C’est une métropole fine comme la texture de l’amok, le plat national, épicé juste comme il faut et servi dans une feuille de bananier ou une noix de coco. Mais brute comme le prahoc, condiment à base de poisson fermenté qui ferait passer le nuoc-mâm pour de l’eau de rose…

La capitale combine le moderne et le vintage. L’Orient rétro y coule encore des jours tranquilles, avec ses cyclos et motos attelées, ses armadas de vendeurs de rue aux étals précaires. Associée à l’âge d’or khmer, la vogue vintage influence les artistes, recycle les chanteurs et les looks.

Pendant ce temps, les classes moyennes adoptent toutes les références de la globalisation : tablettes, smartphones et cafés à l’américaine. Arrosés par la manne des investissements étrangers, les immeubles et tours poussent comme des champignons au-dessus de la ville.

Chaotique mais facile à vivre. Passée la 1ère impression d’anarchie, Phnom Penh se vit comme un gros village. Rien n’est vraiment éloigné. Professionnels des sinusoïdes, les tuk-tuk (motos attelées) mènent à bon port leurs barang (étrangers), confortablement installés pour jouir d’un spectacle à 360°.

Une journée à Phnom Penh

Phnom Penh Tai Chi
Dominique Roland

La liste des classiques "à voir" n’est peut-être pas infinie, mais bien des expériences attendent le voyageur, après la visite du Palais royal, de la Pagode d’argent ou du musée des Beaux-Arts.

Dans toute l’Asie empreinte de culture chinoise, le tai-chi (photo) est une activité sociale et hygiénique incontournable. Dès le lever du soleil, filez vers le quai Sisowath, bordant le confluent des Quatre-Bras qu’on suppose débordant de feng-shui. Des groupes y reproduisent des chorégraphies millénaires avec plus ou moins de fluidité.

10-11 h, l’heure idéale pour affronter le mastodonte "O Russey" dans toute sa puissance. Organe vital de la capitale, au cœur de sa zone la plus densément peuplée, ce marché, où tout se vend et s’achète, est bien plus sauvage que son célèbre voisin, le central.

Il est facile de se perdre dans ce spectaculaire labyrinthe de marchandises. Pas de flip, les sorties sont nombreuses. Des galeries extérieures, beau point de vue sur de grands compartiments chinois.

Vers 16 h, il est temps de rejoindre l’étonnant Stade olympique, œuvre majeure de Vann Molyvann, où De Gaulle prononça un discours remarqué en 1966. Les gradins servent de piste aux joggers, un cas unique au monde ! Dans une ville avare en parcs, il faut faire preuve d’imagination…

Ce n’est pas la fin des surprises. Bientôt, de multiples clubs improvisés déploient enceintes et sonos de fortune sur le haut du stade. La foule se réunit par affinités pour une séance géante d’aérobic, rythmée par des MC sur-vitaminés, en compétition de décibels. Rien ne manque, pas même la buvette.

Si vous en voulez encore, rejoignez l’esplanade du Wat Botum, pour d’autres chorégraphies, tirant à l’occasion vers le hip hop et le break dance.

Cultures actuelles à Phnom Penh

Affiche Rock Cambodia
Cambodian Space Project

Phnom Penh surprend par son dynamisme culturel et artistique. Si la puissance de l’esthétique angkorienne irradie encore les créations, les traumatismes récents génèrent toujours questionnements et inspiration.

Aspirées par la vie, les générations de l’après- Khmers Rouges réinventent leurs racines. Elles s’enrichissent d’une foule d’influences apportées par les nombreux expats et rapatriés venus des États-Unis, de France ou d’Australie.

Cette énergie créatrice transparaît notamment au travers de la scène musicale, encore modeste mais attachante, gaie et débridée. De nombreux groupes comme Cambodia Space Project, les raggamuffin Dub Addiction, Durian, roi du funk, ou encore le big band fusion à la sauce khmère, Kok Thlok, écument la scène locale.

Ils se produisent dans plusieurs bars-salles de concert tels que le Sharky, se vantant d’être le plus vieux bar rock’n’roll d’Indochine et d’avoir maintenu, à l’époque héroïque, un stock de roquettes à bord. Autre lieu : l'Equinox, bar ultra-cool et polyvalent. On trouve toutes les adresses dans la pléthore de gratuits locaux.

 Au rayon art, photo, cinéma et documentaires, lInstitut Français et Meta-House, soutenu par l’Institut Goethe, assurent des projections, expositions et festivals de qualité.

Artistes et stylistes du cru sont dorénavant nombreux et reconnus. Parmi les têtes d’affiche, citons le peintre designer Em Riem et la styliste Romida Keth.

Plusieurs troupes de théâtre et de cirque sont basées ou viennent régulièrement dans la capitale, telle Phare Ponleu Selpak, qui donne une chance aux artistes les plus démunis. D’autres s’investissent dans la préservation des arts traditionnels, comme Cambodia Living Arts.

Fiche pratique

Phnom Penh
Dominique Roland

Pour préparer votre voyage, consultez notre guide en ligne Cambodge.


Comment y aller ?

L’aéroport de Phnom Penh est desservi par les principales compagnies asiatiques (Thai, Singapore, Malaysia…), européennes (Lufthansa, KLM, Swiss) et Qatar Airways. Pas de vol direct depuis la France, correspondances via les principaux aéroports asiatiques (Bangkok, Kuala Lumpur, Hanoi, Singapour, Hong Kong...). Compter au minimum 750 € l’aller-retour.
On peut obtenir son visa à l’arrivée.

Quand y aller ?

Toute l’année, mais idéalement en novembre-mars, pendant la saison sèche et (relativement !) fraîche. La température grimpe en avril-mai, la mousson dure de mai à novembre (pic de pluviosité en septembre).

Se déplacer

Tuk-tuk (motos attelées) et motodop (motos-taxis) abondent. Compter 1-3 $ en ville selon la distance, le nombre de passagers et l’heure (légèrement plus cher la nuit). Également des taxis, très abordables.

Où dormir ?

La capitale abonde en hébergements pour tous les budgets et dans tous les styles. En voici une petite sélection, absolument pas exhaustive…

Guesthouses, hôtels pour routard : la plupart des GH et hôtels du lac Boeng Kak se sont installés rue 172. Difficile de vous conseiller, ça évolue vite. On peut débarquer sans résa dans ce "Khao San" cambodgien. Rien de mieux que choisir de visu !

Les boutique hôtels : très tendance. Une nouvelle adresse semble ouvrir tous les mois, qu’il s’agisse d’une reconversion de villa coloniale, d’un petit immeuble des années 50-60 ou d’une construction récente.

- The Pavilion : 227, Street 19. Le top dans le style colonial. Environ 20 chambres de plusieurs catégories à partir de 60 $ la double. Service ultra-soigné, piscine et jardin.

- The Plantation : 28, rue 184. Double 70-130 $. L’ancien ministère du travail a été converti en établissement plutôt resort que boutique-hotel. 70 chambres, dont 20 avec vue sur la grande piscine, entourée de day beds. Combine un bâtiment des années 30 doté d’un patio avec espace expo et la section hôtelière, année 60 revisitée dans les années 80. Un hit depuis son ouverture.

Autres pistes :

- White Mansion : 26, rue 240 . À partir de 74 $. Ancienne demeure consulaire, beaucoup plus cosy que son look extérieur ne le laisse présager. Chambres de 30 à 60 m2. Petit déj soigné.

- Monsoon  : 55, rue 130. À partir de 40 $. Mélange de design cambodgien classique et contemporain. 18 belles chambres.

- La Maison d’Ambre : 123, rue 110. Dans un bel immeuble en coin typique de Phnom Penh. Appartements 1 et 2 chambres à partir de 100 $ env. Design contemporain, terrasse avec vue panoramique.

Lire les avis des routarnautes sur les hôtel au Cambodge.

Où manger ?

L’embarras du choix ! Quelques suggestions :

Cuisine cambodgienne et fusion :

- Malis : 136, street 41, Norodom Blvd. Cuisine khmère de haute qualité, réinterprétée et préparée avec une rigueur à la française. Reste abordable.

- Friends : 15, rue 13. Antenne d’une remarquable et très active ONG. Excellents plats cambodgiens, asiatiques et occidentaux, dont un choix végétarien.

- Romdeng : 74, rue 174. Également géré par Friends. Cette fois-ci dans une belle villa avec piscine et entièrement dédié aux plats cambodgiens. Cuisine fine, jusqu’aux tarentules grillées !

Cuisine française :

- The Corner Restaurant : quai Sisowath, angle rue 144. Tél.: +855-(0)12-23-15-43. Une cantine très bien située sur le quai Sisowath. Cuisine bonne franquette. Très bien, sauf les pizzas.

- La Marmite : à l’angle des rues 108 et 51. Tél. : +855-(0)12-39-17-46. Un classique, une institution même, pour sa cuisine soignée et bien présentée, tout en restant à des prix très raisonnables.

Quelques autres pistes :

- Tom Yum Kung : rue 278. Tél. : +855-(0)23-35-92-93. Dans ce quartier expat très animé, c’est la cantine de la communauté thaïe. Grande terrasse couverte. Simple et propre.

- Mother-in-Law : 38, rue 240, angle 63. Un sino-viet-cambodgien confortable et climatisé. Une myriade de plats, toujours bien exécutés. Bien pour midi.

Salon de thé-pâtisseries

- Blue Pumpkin : quai Sisowath et rue 278. Qualité un peu en baisse mais reste un incontournable pour les pâtisseries, glaces et son cadre, moderne, d’une blancheur immaculée. - The Shop : rue 140 ; tél. : +855-(0)92-95-59-63. Le temple de la vie bobo-phnompenhoise certes, mais des boissons, sandwichs et petits plats impec et frais, dans un cadre élégant.

Où boire un verre ? Où sortir ?

- Equinox Bar  (rue 278 ; demander Wat Langka à votre tuk-tuk), Sharky (126, rue 130) : les meilleures salles-bars de concert de Phnom Penh.

- Pontoon : 80, rue 172. Le ponton est bien au sec maintenant (il faillit couler autrefois), puisque bien calé, tout proche de l’endiablée rue 51. Ambiance décadente, programmation musicale de qualité (DJ réputés, soirées spéciales etc.).

- Eclipse Sky Bar : 445, avenue Monivong. Happy hours 17 h 30-18 h 30. Vue panoramique sur la ville depuis cette terrasse posée sur le sommet de la Phnom Penh Tower (22e étage). S’y contenter d’une boisson, la cuisine est sans intérêt.

- L’Absinthe Bar : intersection rue 51 et 174. Tél. : +855 (0)97-28-53-217. Tlj 18 h-tard. Thibault vous y accueille avec son caractère d’énervé sympathique. Belle sélection d’absinthe, un vrai troquet.

- FCC : 363, quai Sisowath. Le Club des Correspondants est un incontournable de la capitale, notamment pour ses happy hours (17 h-18 h). Sur 2 étages, dans une superbe demeure coloniale. Panorama superbe sur le quai et le Tonlé Sap. Cuisine moyenne.

À voir ? À faire ?

- Khmer Architecture Tour : créé par un groupe d’architectes qui se battent pour la protection du patrimoine phnompenhois. Plusieurs formules de tours réguliers ou sur-mesure. Nous conseillons le "Central Phnom Penh by cyclo", pour son caractère généraliste. C’est aussi l’occasion de participer à la survie des cyclos dans la capitale.

- Centre culturel français et Meta House : projections, expositions et festivals de qualité, organisés par l’Institut Français et le Goethe Institut.

- Cinéma Flicks :  un collectif bénévole gère plusieurs petites salles de cinéma établies dans des restos. Assis sur des sofas ou de grands coussins, on peut manger et boire pendant la projection ! Programmation éclectique de qualité, documentaires.

- Phnom Penh Photo : festival annuel de photo, organisé par l’Institut Français. Son directeur artistique est l’infatigable Christian Caujolle, créateur de l’agence Vu.

Presse, gratuits et sites

- Phnom Penh Post : le grand quotidien indépendant et généraliste de langue anglo-saxonne du pays. Supplément "7 days" le vendredi.

- Cambodia Daily : présentation minimaliste pour ce quotidien dont la devise est "toutes les nouvelles sans peur ou favoritisme".

- Ladypenh : site simplissime mais ultra-efficace, il recense de manière immédiate tout ce qu’il y a à faire et à voir à Phnom Penh, jour après jour.

- Asialife Magazine :  magazine mensuel. Style de vie, évènements, hôtels, restos etc.

- Wupp (What’s up in Phnom Penh) :  petit magazine mensuel branché (culture, société, évènements, artistes, etc.) avec des coupons de réduc.

- Pocket Guide Cambodia :  3 petits guides gratuits trimestriels : Drinking and Dining, Out and About et After Dark. Très pratique pour ses listings exhaustifs et son plan, mais pas pour les critiques, car sponsorisé…

Livres

- Kampuchéa de Patrick Deville (Points-Seuil, 2011). Un "roman d'aventures sans fiction", où Deville ponctue ses pérégrinations régionales par l’étude de la presse locale et l’évocation des grands voyageurs. Une brillante et vivante mise en perspective de l’histoire et du présent.

- Le Silence du bourreau de François Bizot (Flammarion, 2011) : "à mesure que l'on observe sans feindre la monstruosité des autres, on finit tôt ou tard par la reconnaître en soi...". Ancien captif de Douch (voir aussi "Le Portail"), Bizot s’interroge au sujet du "point de basculement où les choses se détraquent".

- L’Élimination de Rithy Panh et Christophe Bataille (Grasset, 2012) : le plus grand réalisateur de documentaire et cinéaste cambodgien perdit toute sa famille sous le régime Khmer Rouge. Voici le récit de sa confrontation avec Douch.

- Le Portail de François Bizot (Folio, 2002) : dans son œuvre majeure, l'ethnologue François Bizot narre son extraordinaire aventure khmère (prisonnier des Khmers Rouges mais libéré par Douch, évacuation de l’ambassade française) en l’émaillant de questionnements multiples. Aux antipodes du manichéisme.

- La Voie Royale d’André Malraux (Livre de poche ; n°86, 1976) : en partie autobiographique, sur les mésaventures de Malraux au Cambodge, dont la fameuse affaire du temple de Banteay Srei.

- Tu vivras mon fils de Pin Yathay (L’archipel, 2000) : l’un des meilleurs récits du genre. Un véritable manuel de survie sous les Khmers Rouges.

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