Milos, bijou volcanique des Cyclades

25 mai 2026

A 40 minutes d’avion d’Athènes, Milos est l’île habitée la plus à l’ouest de l’archipel des Cyclades. Moins prisé que ses lointaines voisines, Santorin ou Mykonos, ce joli caillou de 150 km2, aussi appelé « l’île aux couleurs », fait étalage, dès son survol, de son caractère volcanique avec ses courbes en fer à cheval dues à l’effondrement d’une ancienne caldeira.
Ce qu’on vient chercher à Milos ? Ses villages chaulés et colorés, et ses côtes défendues par de prodigieuses falaises quand ce ne sont pas ses plages ou ses fonds marins qui en mettent plein la vue.
Les villages de Milos

A Plaka, chef-lieu de l’île, nous voici en terrain cycladique connu : de replètes maisons marmoréennes, d’étroites rues sans voiture où se prélassent de plaintifs félins et, encore plus haut, le Kastro vénitien du XIIIe siècle, écrin en ruines de l’église Panagia Thalassitra. Cela n’étonnera personne qu’à plus de 200 m d’altitude, la vue à 360° attire de nombreux curieux, surtout au coucher du soleil.
Si Plaka est la capitale de Milos, Adamas, le port principal, plus quelconque, en a davantage le visage à la tombée du jour. C’est autour de ce golfe que l’île s’anime tandis que son front de mer aligne bateaux, restaurants et bars où coulent les cocktails-signatures teintés de mastiha et de tsipouro.

Ce ne sont pourtant pas ces deux villages présents sur les cartes postales de l’île. Klima leur vole ainsi la vedette. La raison ? Ses cabanes de pêcheurs sur deux niveaux (les « syrmata »), des constructions troglodytes et colorées (du bleu pastel au jaune en passant par le rouge) qui narguent la Méditerranée. Ces anciens hangars à bateaux (certains sont devenus des logements saisonniers) rehaussés d’un étage avec balcon carminent plusieurs baies et villages de pêcheurs comme Mandrakia, Fyripotamos (sublimé par l’église Agios Nikolaos) ou Kaminia (14 localités en tout).
A Tripiti, à 10 minutes de marche de Plaka, vous aurez beau creuser partout, peu de chances que vous retrouviez les bras de la Vénus de Milo (sans -S selon l’ancienne orthographe francisée de Milos), découverte par un paysan du coin en 1820. Une réplique rappelle la belle captive du musée du Louvre (depuis 1821). En revanche, vous tomberez, sans difficulté et en contrebas, sur le théâtre antique (entrée libre) et les catacombes (4€, fermé le mardi, les autres jours de 9h à 18h45).
Les plages de Milos

Au nord-ouest, Plathiena, échancrure de sable, chasse sur ses pourtours les falaises de Milos, pas rancunières pour un sou puisqu’elles la protègent en retour du fameux Meltemi (vent du Nord). De l’autre côté, à l’est, il se passe quelque chose de similaire avec la plage de Tourkothalassa, plus farouche, plus étroite, plus venteuse aux promontoires fatigués et menaçants (nombreux éboulements).

Au sud, Milos déroule ses atouts : des plages et des criques aux airs de bout du monde qui bravent les à-pics alentours. Il y a l’aplatie Agia Kiriaki et l’élancée Paleochori, défroissant ses eaux cristallines (et plus chaudes qu’ailleurs) le long de sa muraille ocre. On abandonne les reflets pourpres pour le vernis opalin des falaises de Firiplaka, plage arrachée à cette banquise figée, comme en sursis dans cette étreinte de pierres.
Non loin, la photogénique Tsigrado : rivage-confetti, idéal-type du repaire de pirates, auquel on accède par deux échelles en bois fatiguées (faites attention, certains barreaux branlaient quand on y était).
Les plages, délaissées, de l’ouest de Milos (Agios Ioannis, Ammoudaraki, Triades, Agathia) restent difficilement accessibles (en 4x4 si vous tentez le coup + courte balade), d’autant plus que les loueurs n’assurent presque jamais leurs véhicules au-delà d’Agia Marina et Psathadika. Reste le bateau ou la marche, copieuse, pour rejoindre, par exemple, le belvédère de Kleftiko (25km A/R : Psathadika/Xylokeratia/Cap de Psalida). Regardez où vous mettez les pieds, la zone regorge de vipères de Milos.
Sarakiniko, Kleftiko et Papafragas, les curiosités géologiques de l’île

Au nord, Sarakiniko, palais d’ivoire et de dépôts volcaniques cimentés, est l’attraction de Milos. Ce Grand Canyon des Cyclades, résultat de l’érosion par le vent et la mer, se compose des dizaines de parois et rochers laiteux, blancs, aux formes excentriques. Un horizon extraterrestre qui lui vaut le surnom de « plage de la lune » et son énorme cote. En rôdant vers l’est, ne manquez pas l’épave rouillée du pétrolier Africa, affleurant depuis son naufrage en 2003.

Au sud-ouest, Kleftiko est à l’inverse moins domestiqué. Cette cathédrale d’arches, de grottes et de stacks donne toute sa splendeur – brillante - depuis la mer, en bateau. Pas étonnant que les pirates (kleftis en grec) aient vu dans cette architecture de falaises et de piliers la cachette rêvée.
Pas très loin de Sarakiniko, les Papafragas caves, un genre de mini-fjord méditerranéen, étire une langue d’eau turquoise parmi les grottes de tuf volcanique. Un paysage moins déconcertant et blanc que sa riveraine et dont le riquiqui cordon de sable était inaccessible quand on le visitait (affaissement).
Avec un tel profil découpé, impossible de quitter Milos sans l’avoir découverte par la mer. Plusieurs raisons à cela : toiser ses falaises en contre-plongée, apprécier sa diversité géologique, jeter l’ancre dans des criques impénétrables par la terre, sonder ses fonds marins, s’approcher au plus près des plages du sud-ouest (Gerontas, Katergo, Kipos, Provatas)… On continue ?
Comptez 210€ (160€ la location + 50€ d’essence) la demi-journée pour un bateau sans skipper.
Une journée sur l’île de Kimolos

A 30 minutes en bac du joli village de Pollonia (au nord-est), Kimolos est l’alter-ego ramassé (36 km2), compact (tout en rondeurs) et tranquille de Milos (1,6 km les sépare au plus près). De ses origines pareillement volcaniques, l’île en a tiré des paysages certes moins cyclopéens, mais tout aussi découpés et poreux. Son littoral oriental englobe ainsi des criques, quelques hameaux (Karas, Goupa Kara), un adorable port XS, Agias Minas (une fois dépassé, la route cesse d’être goudronnée), avant de cracher une plage idyllique, Prassa. Ici, les Caraïbes sont à portée de serviette avec ce bleu hypnotique et ce sable blanc.
Ses acolytes à l’ouest ont en commun avec Prassa leur beauté minérale et naturelle, dans une version moins policée. Quelques habitations sortant des tamaris et du maquis méditerranéen. Une dizaine de stacks pointant hors de l’eau. Longiligne ruban doré, Mavrospilia devrait vous ravir, surtout au crépuscule. Les trotteurs peuvent s’embarquer pour une randonnée au plus près de la côte à la découverte de calanques désertes ou même, davantage dans les terres, jusqu’à Skiadi, un rocher en forme de champignon qui a son petit succès. Attention, les chemins sont rocailleux.

Avant de revenir à Psathi, le port de Kimolos, il faut flâner à Chorio, le village-capitale perché de l’île à 1,5 km de là. Placettes immaculées où il fait bon siroter un dernier café, lacis de ruelles fardées de bougainvilliers menant à l’ancien Kastro… On a beau connaître la chanson, on ne s’en lasse pas. Ah, et si vous n’avez pas eu l’occasion de vous en repaître dans une taverne, dégustez, dans une boulangerie, une ladenia. Cette focaccia/pizza (les avis divergent) grecque très généreuse en huile et en oignons devrait vous tenir le ventre pour le retour.
2,30€ la traversée pour un adulte. 1,90€ pour un scooter (vérifiez auprès de votre loueur si vous pouvez l’embarquer, mais ce sera à vos risques et périls). Les horaires changent tous les jours, attention.
Polyegos (18 km2) est la plus grande île inhabitée des Cyclades, à 2-3 km minimum des côtes de Milos. Cette zone Natura 2 000, site archéologique protégé depuis fin 2025, est accessible en bateau à la journée ou demi-journée. Entre 100€ et 190€ par personne la virée journée à Polyegos (parfois couplée à Kleftiko ou Kimolos)
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Office de tourisme de Milos
Carte des plages (Milos en compte plus de 70)
Comment y aller ?
Vols quotidiens via Athènes depuis Paris-Orly et d’autres aéroports français. Trouvez votre billet d’avion.
Milos est reliée quotidiennement par ferry au Pirée (5h en moyenne) et à l’aéroport d’Athènes (40 minutes).
Location de scooter conseillée pour explorer l’île.
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Où manger ?
Sardis (Kimolos) : à Kimolos, une taverne, ouverte en 1995, tout ce qu’il y a de plus familiale avec la jeune (même très jeune) génération qui se charge du service. L’impression d’être chez mamma (mia !). Les plats sont copieux et généreux. Et la ladenia à tomber. Ne manquez pas les spaghettis au saganaki, ni même le poulpe grillé. Comptez 60€ à deux (deux plats, trois entrées, une ladenia et des boissons).
Mikros Apoplous (Adamas, Milos) : si l’attente peut être un peu longue mais « normale » en Grèce comme nous l’a affirmé le serveur, « 45 minutes pour des plats frais, c’est la moyenne ici », ça vaut le coup. A Adamas, Mikros Apoplous est un incontournable, et les grandes tablées d’Helléniques nous l’ont confirmé. Les linguines d’oursins de mer (23€) nous ont agréablement sortis de notre zone de confort culinaire avant de retomber sur un classique du genre par ici, le gâteau à l’orange (8€). Délicieux.
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