La Franche-Comté, au fil de l'eau

12 juin 2013

Pleine de ressources avec ses 5 550 km de cours d’eau et plus de 80 lacs, la Franche-Comté arbore des paysages où l’eau s’invite partout. Elle découle des mers qui recouvraient le Jura il y a 65 millions d’années, ainsi que de la fonte des glaciers.
L’eau irrigue le territoire, détermine son aménagement, ses activités industrielles et artisanales, mais aussi son offre de loisirs. Sources, cascades, lacs et rivières s’accordent au nuancier de vert des forêts, qui recouvrent ici près de la moitié du territoire.
Du Haut-Doubs aux portes du Jura, les routes serpentent dans des étendues doucement vallonnées, dévoilant villages de caractère et sites de villégiature comme le lac Saint-Point ou la vallée du Lison (photo). La Franche-Comté au fil de l’eau, une bonne idée pour des vacances au vert…



Besançon, au bord du Doubs

Capitale régionale lovée dans un méandre du Doubs, Besançon est classée "Ville d’art et d’histoire". Sa topographie marquée par l’eau et les reliefs a valu au site les faveurs de Jules César, qui y fonda l’oppidum de Vesontio. De cette époque subsistent des vestiges gallo-romains, comme la Porte Noire, un arc de triomphe, ou encore le square Castan, avec ses colonnes corinthiennes qui se perdent dans les feuillages. Romantique à souhait !
Marque de fabrique de l’architecture bisontine, la pierre calcaire bichrome conjugue ses nuances blondes et bleutées sur les façades des hôtels particuliers qui font la renommée de la ville. Le palais Granvelle (photo), d’une inspiration Renaissance interprétée par un architecte flamand, et l’hôtel de Champagney sont parmi les plus beaux.
Il faut pousser les portes de ces hôtels particuliers pour découvrir une curiosité bisontine : les trages, cousins locaux des traboules lyonnaises, et leurs superbes escaliers desservant plusieurs bâtiments.
Aux portes de la vieille ville, c’est déjà la campagne sur les quais verdoyants du Doubs, au parc Micaud, sur la promenade Chamars… Le chemin piéton des berges fait le tour de la boucle. Idéal pour découvrir la ville forte et ses tours bastionnées. Besançon se découvre aussi depuis l’eau : des vedettes panoramiques permettent de faire le tour du méandre.
Ville étudiante, Besançon bouge. Au-delà du pont Battant, emblématique de la ville (nouveau pont inauguré en juin 2013), la rue homonyme égrène boutiques branchées et bars sympas. Elle est à l’image d’un quartier de tout temps populaire et cosmopolite.
La Loue et le Lison : retour aux sources

L’eau qui abreuve Besançon et ses environs trouve ses sources dans un écrin de verdure. Elle a joué un rôle fondamental dans la géologie tourmentée de la région. Elle a sculpté et érodé la pierre. Aujourd’hui encore, elle nourrit la terre et fait de ces paysages remarquables un terrain propice à la randonnée. Il y en a pour tous les niveaux.
Entre sous-bois traversés par l’eau et plateaux calcaires habillés de verdure, la vallée de la Loue offre une soixantaine de parcours pédestres balisés. En pleine forêt, l’eau rythme les pas du marcheur. Presque mystique !
Le sentier de la Loue (1 h 30 à 2 h), à Ornans, donne une idée de l’importance de l’eau dans la cité comtoise : utilisée pour la tannerie et les moulins, terrains de canoë, de pêche… Le sentier de la source de la Loue (photo) est un peu plus sportif (13,5 km, 5 h). Nichée au fond de la reculée, la célèbre source jaillit d’une cavité.
Tout aussi réputée, la promenade de la source du Lison (5 km, 1 h), affluent de la Loue aux eaux cristallines, traverse des paysages bucoliques. La balade mène à la grotte Sarrazine, un porche naturel creusé dans la falaise. Spectaculaire ! Plus loin, le Creux Billard est une sorte de gouffre de 80 m de profondeur. Un puits de lumière dans lequel se jettent les eaux du Lison.
Ces sources de toute beauté ont été des sites privilégiés de Gustave Courbet, enfant du pays et chef de file des peintres réalistes. Elles lui ont en effet inspiré des dizaines de toiles. Plusieurs balades thématiques sont d’ailleurs estampillées "sentiers de Courbet".
Reculées et grottes

Spécificités géologiques du relief jurassien, les reculées forment des vallées encaissées dominées par des falaises. Ce phénomène est le fruit d’un travail d’érosion, notamment dû à l’eau : le lit des rivières s’est infiltré dans le massif calcaire.
Parmi les sites les plus visités de Franche-Comté, la reculée de Baume-les-Messieurs est sans doute la plus impressionnante. Elle arbore une ramification qui la rend unique, puisqu’elle s’ouvre sur la reculée de Blois-sur-Seille.
Baume-les-Messieurs (photo), "Petite Cité comtoise de caractère", qui est aussi l’un des "Plus beaux villages de France", est niché au creux de la reculée. Quelques hameaux silencieux y recèlent encore de vieux moulins. Signe que l’eau n’est jamais loin… Ne pas manquer l’abbaye de Baume-les-Messieurs, ne serait-ce que pour son retable flamand décoré à la feuille d'or.
La reculée de Baume offre de belles curiosités naturelles. Un peu après la cascade des tufs, tapissée de mousse, les grottes de Baume sont une succession de galeries, de salles et de lacs souterrains. Dans ce royaume des chauves-souris mis en lumière par des globes de couleur, on entend résonner l’eau qui goutte et qui ruisselle. Les grottes de Baume, à l’instar du réseau du Verneau, sont un paradis pour les spéléologues.
Ces paysages façonnés par l’eau et le temps offrent un éventail d’activités de pleine nature. Vous aimez prendre de la hauteur ? Les férus d’escalade grimperont sur les falaises calcaires des vallées de la Loue et du Lison. La via ferrata, quant à elle, offre des spots aménagés dans des sites naturels sauvages : roche du Mont, cirque du Verneau… Panoramas époustouflants garantis !
Des sources d’énergie

Présente dans les cascades, lacs et rivières, l’eau a permis l’implantation d’activités artisanales. Tanneries, draperies, papeteries ont fleuri sur les rives. Et la tradition artisanale perdure : potiers, sculpteurs…
Le potentiel énergétique de l’eau a joué un rôle déterminant dans l’industrialisation de la Franche-Comté. Son énergie motrice a été exploitée le long des rives du Doubs, de la Loue et de leurs affluents, qui se sont hérissées de moulins et d’usines. L’eau a alimenté forges, scieries, cristalleries… Outre son énergie motrice, les propriétés de l’eau ont donné naissance à un tissu industriel : verreries, salines…
Signe tangible de l’exploitation de la force hydraulique, la taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne fabriquait faux et taillants. C’est l’eau de la montagne, acheminée par un aqueduc, qui enclenchait le mouvement des roues. Mais la fierté de la taillanderie demeure sa mécanique des soufflets, destinés à refroidir les forges. Unique en Europe, elle lui vaut son classement aux Monuments historiques.
Autre exemple d’industrialisation née de l’eau, Salins-les-Bains et ses eaux salées. L’"or blanc" était indispensable à la conservation des aliments, en particulier des fromages et des salaisons. Jusqu’en 1962, cette "Petite Cité comtoise de caractère" a travaillé à l’exploitation du sel dans ses salines (photo), désormais classées à l’Unesco. Ses galeries souterraines du XIIIe siècle sont un lieu historique de l’industrie comtoise.
En surface, le musée du Sel présente la dernière poêle à sel de France et d’émouvants témoignages audio de sauniers. Aujourd’hui, le sel est principalement utilisé pour le thermalisme. Une visite passionnante, que l’on peut coupler avec celle de la saline royale d’Arc-et-Senans.
Des loisirs au bord de l’eau

Besoin de vous relaxer dans le clapotis de l’eau ? Séjour obligé aux thermes de Salins-les-Bains. Les eaux salées, riches en oligo-éléments, sont réputées pour leurs vertus curatives. Balnéothérapie, massages, piscine, hammam, sauna… tout est là pour buller en bonne santé !
Pour les marins d’eau douce, le Pays d’Ornans se prête au canoë-kayak, et en particulier la "petite Venise comtoise". La Loue (photo) y fait office de rue principale dans un cadre pittoresque. Rivière vive navigable sur 170 km, elle offre des conditions de navigation optimales pour le canoë. Les virées avec accompagnateur font traverser de charmants villages.
Troisième lac naturel de France, d’origine glaciaire, le lac Saint-Point est emblématique des lacs du Jura. Il propose un panel d’activités nautiques : canoë, kayak, catamaran, aviron, planche à voile, embarcation à pédales… Le must : aviron le matin, et voile l’après-midi, quand le vent se lève.
Pour ceux qui veulent garder le pied sec, une voie verte fait le tour du lac. Les marcheurs sillonneront les marais de la réserve naturelle autour du lac de Remoray, voisin du lac Saint-Point. Ne pas manquer le panorama du belvédère des deux lacs. Quant aux cyclistes, ils glisseront sur des sentiers et des routes forestières goudronnés. Pour mesurer la richesse de la biodiversité locale, rendez-vous à la maison de la Réserve. Après tout ça, on peut se baigner à la plage des Grangettes ou à Malbuisson.
Petit éden des pêcheurs, le Doubs est connu pour ses coins poissonneux. Direction aussi la Loue, réputée pour la pêche à la mouche. Sur le lac Saint-Point aussi, la pêche est bonne : corégones, brochets et perches mordent à l’hameçon.
La table franc-comtoise

Les hivers rigoureux, les pâturages et les terres fertiles donnent lieu à une cuisine gourmande. Star des menus régionaux, la poularde au vin jaune et aux morilles. Les cartes affichent aussi la croûte aux morilles, une cassolette à la crème accompagnée de pain grillé. Enfin, les grenouilles font dès le printemps leur apparition sur les menus !
Institution du rayon fromages, le comté est produit dans des "fruitières". Parsemant le Jura, les fruitières sont de petites coopératives fromagères ou vinicoles. Les Francs-Comtois, en "œnologues du fromage", vous le diront : le comté offre une variété de terroirs et d’arômes digne des grands vins. Dans les caves d’affinage du fort Lucotte (photo), les étagères sont remplies de meules de 40 kg. Impressionnant !
Fierté locale, la cancoillotte est un fromage presque liquide, obtenu à partir de lait caillé. Elle nappe allègrement pommes de terre et saucisses. Autres spécialités fromagères, le morbier, avec sa ligne cendrée, le mont-d’or, dans sa boîte d'épicéa, l’emmental… Ces fromages se retrouvent en fondues, raclettes ou morbiflettes (tartiflettes au morbier).
Les vignobles et leurs cépages sont des marqueurs de l’identité régionale. Le petit vignoble d'Arbois est un terroir de qualité. On déguste aussi le vin jaune, à la coloration dorée. Une spécialité locale issue du savagnin, un raisin franc-comtois pur jus. Citons aussi le macvin, le vin de paille, les côtes-du-jura, le crémant du Jura…
Côté douceurs, les mirabelliers, pruniers et cerisiers donnent de succulentes tartes et confitures. On se régale aussi de miels aux parfums délicats. À Salins-les-Bains, le repas se termine par des caramels au beurre salé. Ici, on a coutume de dire que ce sont les meilleurs qui soient…
Fiche pratique

Préparez votre voyage avec notre guide en ligne Franche-Comté
Comité régional de tourisme de Franche-Comté
Comment y aller ?
Au départ de Paris-Gare de Lyon, liaisons TGV Rhin-Rhône quotidiennes jusqu’à Besançon : 2 h 15 de trajet. Infos sur voyages-sncf.com.
En savoir plus sur le TGV Rhin-Rhône.
Où dormir ?
- La Maison de Verre : 26, rue Bersot, 25000 Besançon. Au fond d’une cour cachée dans le centre historique, cette maison d’hôtes installée dans une ancienne verrerie a été réaménagée par un architecte. Ambiance design et lumineuse, accueil chaleureux.
- La Grange à Nicolas : 5, rue Saint-Jean, 39290 Baume-les-Messieurs. Maison d’hôtes dans une bâtisse du XVIIIe siècle, entourée par un parc en bordure de Seille. Elle a conservé ses matériaux d’origine (tommettes, parquets, enduits à la chaux, four à pain…), tout en adoptant le confort moderne.
Trouvez votre hôtel en Franche-Comté
Où manger ?
- À Besançon : L’Affineur comtois : 84, rue Battant, 25000 Besançon. Cuisine traditionnelle franc-comtoise. Au menu : croûte aux morilles, poêlée comtoise et sa cancoillotte, crème brûlée au vin jaune… Décoration aux couleurs locales.
- À Salins-les-Bains : Restaurant des Bains : 1, place des Alliés, 39110 Salins-les-Bains. Le resto gastronomique de l’Hôtel des Bains. Découverte des terroirs locaux dans une carte de saison.
- Au bord du lac Saint-Point : Le Chaudron : 2, rue du Monceau, 25160 Chaudron. Vue panoramique exceptionnelle sur le lac. Fondues, croûte forestière, assiette du Haut-Doubs, poissons de la région, et grenouilles en saison.
Où naviguer ?
- À la sortie d’Ornans : Évolution 2 : tél. : 03-81-57-10-82. Randos accompagnées sur la Loue en canoës-kayaks, via ferrata, escalade, spéléo, VTT…
- Au bord du lac Saint-Point : cercle de voile de Malbuisson : tél. : 03-81-69-38-30. Optimiste, catamaran, planche à voile, dériveur, canoë/kayak… 26 € les 2 h de location de dériveur, 45 € pour un catamaran.
- Au bord du lac Saint-Point : Aviron pontissalien lac Saint-Point : tél. : 03-81-69-61-11. Spécialiste de l’aviron.
Où louer un vélo électrique ?
- Au camping de Labergement-Saint-Marie, au bord du lac de Remoray. Location de vélos à assistance électrique d’une autonomie de 80 km, 15 € la demi-journée, 25 € la journée. GPS et remorque enfants à dispo sur demande.
Où profiter des vertus des eaux ?
Aux thermes de Salins-les-Bains. L’entrée (9,50 €) donne accès à l’espace relaxation : piscine de détente, hammam, sauna, jacuzzi.
Jura Tourisme propose des formules tout compris : hébergement + restauration en Logis de France + accès aux thermes, de 2 à 7 jours (1 à 6 nuits) : de 139 à 674 € par personne. Réservation au 03-84-87-08-88.
Où faire le plein de comté ?
- Maison du Comté : avenue de la Résistance, 39800 Poligny. Expérience didactique et sensorielle dans la capitale du comté.
- Fruitière des coteaux de Seille : chemin du Sorbier, 39210 Lavigny (à côté de Baume-les-Messieurs). Comté, morbier, tomme du Jura, fromage à raclette et autres produits gastronomiques régionaux.
Comment pêcher ?
Cartes de pêche à la journée disponibles à l’office de tourisme de Malbuisson.
Location de matériel de pêche auprès de Pêche Nautisme Pontarlier, y compris pour les enfants à partir de 4 ans.
La vallée de la Loue, pays de Courbet
En savoir plus sur le tourisme culturel dans la vallée de la Loue avec l’idée week-end "Dans le Doubs, au pays de Courbet".
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les idées Week-ends, les derniers reportages en Franche-Comté

Escapade à Dole, joyau du Jura

Le Doubs, côté nature : 5 sites à visiter

Besançon : 5 expériences « nature » à vivre

Belfort : une ville et un Territoire à (re)découvrir













