Équateur : à la poursuite des rêves

par Olivier Page
le 18 novembre 2011
De tous les pays d’Amérique latine, l’Équateur est celui qui résume le mieux la beauté, le caractère et l’âme de ce continent sud-américain. Hormis la pampa patagonienne, il contient en résumé les paysages fondateurs : la forêt amazonienne, verte et immense, mystérieuse et menacée, la côte pacifique tropicale, aux eaux turquoise, la cordillère des Andes hérissée de volcans actifs et habitée par de nombreuses communautés indiennes.
Celles-ci retrouvent petit à petit leur dignité sous l’impulsion de Rafael Correa, président de la République, un humaniste socialisant qui tente d’arracher son pays à ses mauvais démons. Rédacteur au Guide du Routard, Olivier Page nous raconte quelques belles histoires sur ce pays étonnant qui tire son nom de la fameuse ligne de l’équateur, découverte par des savants français au XVIIIe siècle. « Qui n’aime pas les nuages, qu’il ne vienne pas en Équateur » disait déjà Henri Michaux. Qui n’aime pas les rêves, qu’il ne vienne pas en Équateur…
Celles-ci retrouvent petit à petit leur dignité sous l’impulsion de Rafael Correa, président de la République, un humaniste socialisant qui tente d’arracher son pays à ses mauvais démons. Rédacteur au Guide du Routard, Olivier Page nous raconte quelques belles histoires sur ce pays étonnant qui tire son nom de la fameuse ligne de l’équateur, découverte par des savants français au XVIIIe siècle. « Qui n’aime pas les nuages, qu’il ne vienne pas en Équateur » disait déjà Henri Michaux. Qui n’aime pas les rêves, qu’il ne vienne pas en Équateur…
Puyo : l’homme qui murmure à l’oreille des singes
Hakuna Matata : le rêve de Rudy et Marcellina
Omaere : parlez-vous Jivaro ?
Parc de Yasuni : le goût amer de l'or noir
Inti Raymi : nouvel an Inca à Otavalo
Cristobal crée sa propre ligne… d’équateur
Les chevaux de feu de Don Gabriel
Haciendas : les demeures inspirées des Andes
Fiche pratique
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Plus de servicesPuyo : l’homme qui murmure à l’oreille des singes

Olivier Page
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Les hommes descendent du singe, selon Darwin. À Puyo (Amazonie équatorienne) les singes ne descendent pas mais montent sur les hommes ! Au sein du refuge pour animaux (centro de rescate) « Los Monos », les Chorongos vivent par dizaines, en liberté, dans un beau morceau de jungle amazonienne. Ils ont été maltraités ou abandonnés un jour par leurs propriétaires, avant d’être recueillis dans cet orphelinat pour animaux. On les appelle les singes laineux en raison de leur fourrure de couleur brune. Leur petit corps est terminé par une longue queue tactile enroulée en spirale. Ils l’utilisent comme une sorte de troisième bras, s’accrochant aux branches, se balançant d’arbre en arbre, comme d’agiles acrobates de la forêt tropicale.
Très recherchés pour leur viande par les chasseurs, les Chorongos sont une des sept espèces menacées d’Amazonie avec les singes araignées aux membres allongés et démesurés, les tamarins à dos rouge, les capucins blancs, les singes Saki, les singes Ecureuil… Un jeune chorongo fait un bond et se jette sur mes épaules, rejoint aussitôt par son compère qui commence à fouiller dans mes cheveux à la recherche de poux, une manie des singes.
Le responsable du refuge, Yvan Bouvier (photo), me dit que je n’ai rien à craindre. « Ils sont pacifiques, mais gare à tes lunettes et à ton téléphone portable… ». Ancien métallurgiste, la quarantaine, Yvan a quitté sa Suisse natale pour se dévouer à la cause des animaux. Son travail est reconnu par les autorités équatoriennes. Les singes le sentent et l’aiment comme des enfants.
« On récupère les individus, on leur réapprend la vie normale, et puis on les relâche. Ce n’est pas facile du tout car certains sont devenus agressifs et dépendants, comme celui-ci qui a passé quarante ans attaché. On nous l’a remis. Il n’est pas social car encore rejeté par les autres. Il vit seul dans la maison ». La maison ? Une sorte de villa en briques naguère habitée par une famille, aujourd’hui « squattée » par des bandes de singes. Des volontaires venus du monde entier aident Yvan. Le refuge reçoit parfois la visite des anciens propriétaires qui ont abandonné leurs singes, car ils ne voulaient plus les garder. En les reconnaissant, certains singes hurlent comme s’ils leur reprochaient d’avoir été si mal traités par eux dans le passé…
Très recherchés pour leur viande par les chasseurs, les Chorongos sont une des sept espèces menacées d’Amazonie avec les singes araignées aux membres allongés et démesurés, les tamarins à dos rouge, les capucins blancs, les singes Saki, les singes Ecureuil… Un jeune chorongo fait un bond et se jette sur mes épaules, rejoint aussitôt par son compère qui commence à fouiller dans mes cheveux à la recherche de poux, une manie des singes.
Le responsable du refuge, Yvan Bouvier (photo), me dit que je n’ai rien à craindre. « Ils sont pacifiques, mais gare à tes lunettes et à ton téléphone portable… ». Ancien métallurgiste, la quarantaine, Yvan a quitté sa Suisse natale pour se dévouer à la cause des animaux. Son travail est reconnu par les autorités équatoriennes. Les singes le sentent et l’aiment comme des enfants.
« On récupère les individus, on leur réapprend la vie normale, et puis on les relâche. Ce n’est pas facile du tout car certains sont devenus agressifs et dépendants, comme celui-ci qui a passé quarante ans attaché. On nous l’a remis. Il n’est pas social car encore rejeté par les autres. Il vit seul dans la maison ». La maison ? Une sorte de villa en briques naguère habitée par une famille, aujourd’hui « squattée » par des bandes de singes. Des volontaires venus du monde entier aident Yvan. Le refuge reçoit parfois la visite des anciens propriétaires qui ont abandonné leurs singes, car ils ne voulaient plus les garder. En les reconnaissant, certains singes hurlent comme s’ils leur reprochaient d’avoir été si mal traités par eux dans le passé…
Hakuna Matata : le rêve de Rudy et Marcellina

Olivier Page
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L’histoire de Rudy et de Marcellina prouve que les songes peuvent parfois changer la vie. Rudolf Hoeberigs et Marcellina Braem (photo) menaient une petite vie pépère dans les Flandres belges. Elle était couturière, il était professeur d’auto-école. Ces grands voyageurs s’en allaient chaque année explorer le monde pour sortir de leur vie routinière.
À la fin des années 90, lors d’un séjour en Amazonie équatorienne, ils découvrent avec ravissement la jungle autour de Tena. Coup de foudre pour le site privilégié d’Archidona, au pied des Andes, dans un piémont entre 700 et 900 mètres d’altitude. Ils vendent tous leurs biens, et empruntent de l’argent pour l’achat d’un domaine de 245 hectares où ils s’installent en janvier 1998. Tels des pionniers du nouveau monde, les voilà devenus éleveurs de taureaux et de vaches laitières ! En 1999, avec l’argent de la vente des taureaux, ils construisent des bungalows, première ébauche d’un hôtel (hosteria) isolé en pleine jungle amazonienne, au bout d’une piste défoncée.
En 2004, le couple belge se lance dans le tourisme. Leur lodge s’appelle Hakuna Matata (« pas de problème » en swahili). Aujourd’hui encore, le long chemin de terre sinue sous la voûte des arbres pour atteindre leur petit royaume caché sur un flanc de montagne. Les pavillons en bois, décorés avec originalité, sont enfouis dans la végétation luxuriante. Une rivière caracole entre des blocs rocheux et des rives sablonneuses. On entend les cris des oiseaux dans les couches de feuillages superposés.
Rudy et Marcellina pratiquent le tourisme responsable et équitable, respectueux des communautés indigènes et de l’environnement. La majorité des employés de leur hosteria sont des femmes venant des villages voisins. Tout y est à taille humaine, y compris les tarifs. Rudy et Marcellina y vivent à longueur d’année, attentifs au quotidien et au moindre détail.
Surprise, un beau jour, le président équatorien Rafael Correa et sa famille débarquent à Hakuna Matata. Ils passent quelques jours de vacances dans ce lodge à prix modérés où l’on peut marcher en forêt, se baigner dans la rivière, faire du canoë ou du rafting. Conquis, Rafael Correa a même cité à la télé Hakuna Matata comme un modèle de tourisme hôtelier respectueux de la nature et des habitants d’Amazonie équatorienne. Un sacré coup de pub !
À la fin des années 90, lors d’un séjour en Amazonie équatorienne, ils découvrent avec ravissement la jungle autour de Tena. Coup de foudre pour le site privilégié d’Archidona, au pied des Andes, dans un piémont entre 700 et 900 mètres d’altitude. Ils vendent tous leurs biens, et empruntent de l’argent pour l’achat d’un domaine de 245 hectares où ils s’installent en janvier 1998. Tels des pionniers du nouveau monde, les voilà devenus éleveurs de taureaux et de vaches laitières ! En 1999, avec l’argent de la vente des taureaux, ils construisent des bungalows, première ébauche d’un hôtel (hosteria) isolé en pleine jungle amazonienne, au bout d’une piste défoncée.
En 2004, le couple belge se lance dans le tourisme. Leur lodge s’appelle Hakuna Matata (« pas de problème » en swahili). Aujourd’hui encore, le long chemin de terre sinue sous la voûte des arbres pour atteindre leur petit royaume caché sur un flanc de montagne. Les pavillons en bois, décorés avec originalité, sont enfouis dans la végétation luxuriante. Une rivière caracole entre des blocs rocheux et des rives sablonneuses. On entend les cris des oiseaux dans les couches de feuillages superposés.
Rudy et Marcellina pratiquent le tourisme responsable et équitable, respectueux des communautés indigènes et de l’environnement. La majorité des employés de leur hosteria sont des femmes venant des villages voisins. Tout y est à taille humaine, y compris les tarifs. Rudy et Marcellina y vivent à longueur d’année, attentifs au quotidien et au moindre détail.
Surprise, un beau jour, le président équatorien Rafael Correa et sa famille débarquent à Hakuna Matata. Ils passent quelques jours de vacances dans ce lodge à prix modérés où l’on peut marcher en forêt, se baigner dans la rivière, faire du canoë ou du rafting. Conquis, Rafael Correa a même cité à la télé Hakuna Matata comme un modèle de tourisme hôtelier respectueux de la nature et des habitants d’Amazonie équatorienne. Un sacré coup de pub !
Omaere : parlez-vous Jivaro ?

Olivier Page
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Ce sont bien des têtes d’homme, réduites, prêtes à être exposées au musée de l’Homme. Une boule de cheveux noirs effilés, une chair desséchée par la mort et le temps, des yeux clos et mornes, une bouche édentée. Dans une hutte Shuar, j’observe ces têtes d’Indiens Jivaros décapitées autrefois par leur adversaire au terme de combats meurtriers. Des reliques pour touristes écolo.
Le rituel des têtes coupées puis réduites ne se pratique plus. Jivaro est un terme péjoratif qui n’est plus employé aujourd’hui. Pour désigner cette ethnie d’Amazonie, on préfère le nom Shuar. « Les Shuar (ex-Jivaros) n’avaient pas de contacts pacifiques avec les autres hommes seulement guerriers » précise Chris Canaday (photo), biologiste et ornithologue californien, marié à une femme Shuar, et animateur du parc ethno-botanique Omaere, à Puyo. « Pour dire bonjour, certains poussaient des hurlements féroces et menaçaient de mort l’intrus. Il y avait beaucoup d’assassinats chez eux ». Du temps des Espagnols, les Jivaros donnèrent du souci aux conquistadors qui n’arrivèrent jamais à les soumettre.
En vivant avec une Shuar, Chris a surtout épousé la cause indienne Shuar dont il connaît parfaitement la culture et la langue. Lui même est un oiseau rare. Un physique de hippie new age à longue barbe, métamorphosé en savant protecteur des lieux et des gens. Il accompagne les visiteurs dans la forêt, raconte l’histoire et les mœurs des Shuar, dévoile aux curieux une partie des secrets de la médecine traditionnelle amazonienne.
L’Amazonie n’est-elle pas considérée comme une des plus grandes pharmacies en plein air du monde ? Une gigantesque armoire à médicaments où la cannelle combat la constipation, le cholestérol et l’excès de poids. Chris me montre des plantes et des feuilles : le « Sangre de Dragon » qui guérit les ulcères, le Yutso efficace contre les hépatites, ou encore cet arbre « Le Cruz Caspi » qui grandit voûté et se redresse en vieillissant, le contraire des hommes en somme... Cet arbre remarquable aurait des vertus contraceptives.
Chris est un transfuge culturel qui a quitté la Californie, pour migrer vers sa culture d’adoption où il se sent chez lui. Ni tout à fait le même qu’avant, ni tout à fait un autre. Plus vraiment américain du Nord, et pas complètement non plus Shuar. Un oiseau à deux têtes ?
Le rituel des têtes coupées puis réduites ne se pratique plus. Jivaro est un terme péjoratif qui n’est plus employé aujourd’hui. Pour désigner cette ethnie d’Amazonie, on préfère le nom Shuar. « Les Shuar (ex-Jivaros) n’avaient pas de contacts pacifiques avec les autres hommes seulement guerriers » précise Chris Canaday (photo), biologiste et ornithologue californien, marié à une femme Shuar, et animateur du parc ethno-botanique Omaere, à Puyo. « Pour dire bonjour, certains poussaient des hurlements féroces et menaçaient de mort l’intrus. Il y avait beaucoup d’assassinats chez eux ». Du temps des Espagnols, les Jivaros donnèrent du souci aux conquistadors qui n’arrivèrent jamais à les soumettre.
En vivant avec une Shuar, Chris a surtout épousé la cause indienne Shuar dont il connaît parfaitement la culture et la langue. Lui même est un oiseau rare. Un physique de hippie new age à longue barbe, métamorphosé en savant protecteur des lieux et des gens. Il accompagne les visiteurs dans la forêt, raconte l’histoire et les mœurs des Shuar, dévoile aux curieux une partie des secrets de la médecine traditionnelle amazonienne.
L’Amazonie n’est-elle pas considérée comme une des plus grandes pharmacies en plein air du monde ? Une gigantesque armoire à médicaments où la cannelle combat la constipation, le cholestérol et l’excès de poids. Chris me montre des plantes et des feuilles : le « Sangre de Dragon » qui guérit les ulcères, le Yutso efficace contre les hépatites, ou encore cet arbre « Le Cruz Caspi » qui grandit voûté et se redresse en vieillissant, le contraire des hommes en somme... Cet arbre remarquable aurait des vertus contraceptives.
Chris est un transfuge culturel qui a quitté la Californie, pour migrer vers sa culture d’adoption où il se sent chez lui. Ni tout à fait le même qu’avant, ni tout à fait un autre. Plus vraiment américain du Nord, et pas complètement non plus Shuar. Un oiseau à deux têtes ?
Parc de Yasuni : le goût amer de l'or noir

Olivier Page
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Voilà l’histoire : un pays pauvre découvre du pétrole dans son sous-sol et hésite à l’exploiter par respect pour la forêt et ses habitants. Non, ce n’est pas un conte de fée, mais l’actualité de l’Equateur.
Petit rappel des faits. En 2010, l’Equateur reste le plus petit membre de l’Opep (Organisation des Pays Producteurs de Pétrole). Sous l’égide du gouvernement socialisant de Rafael Correa, il contrôle l’ensemble de la production d’or noir sur son territoire. De nouvelles réformes obligent désormais les multinationales présentes dans le pays à devenir de simples prestataires au service du pays et non de leurs propres intérêts. La gestion des richesses pétrolières est passée ainsi sous le contrôle de l’État équatorien. C’est nouveau.
Ce qui est encore plus nouveau (et qui fait polémique) vient de la découverte d’un énorme gisement de pétrole dans le parc de Yasuni (Amazonie, photo). Selon la presse locale, il pourrait produire 840 millions de barils soit l’équivalent du cinquième des réserves de l’Equateur, et mieux encore l’équivalent de 47 % du budget national. Six milliards d’euros !
Mais voilà : ce gisement nommé ITT se trouve au cœur d’un secteur protégé, habité par des milliers d’Indiens Waorani, et des communautés indigènes Tagaeri et Taromenane. Pour rompre avec la politique énergétique de ses prédécesseurs, le président Rafaël Correa affirme que son gouvernement renoncera à l’exploitation de cet or noir situé sur des terres indiennes, à condition que la communauté internationale compense cette perte financière. L’Equateur fait de son renoncement un exemple en matière de protection de la terre.
Le gouvernement a fait appel en 2010 à la communauté internationale demandant aux pays riches de payer pour ne pas exploiter ce pétrole amazonien. Il réclame 100 millions de dollars US à l’ONU, pour sauver l’environnement. Si fin 2011, le pays n’a pas cet argent, l’exploitation commencera. L’Allemagne a répondu oui. La France, l’Italie et la Belgique souhaitent aussi aider l’Equateur dans son utopie écolo-économique.
C’est une première mondiale. Jamais un pays n’a renoncé à de telles richesses. Jamais non plus un pays a fait un tel marchandage pour sauver l’environnement. Affaire à suivre… Sur le terrain, à défaut d’exploiter plus, on raffinera mieux. Une grande raffinerie sera donc construite sur la côte Pacifique pour que le pétrole équatorien déjà exploité soit raffiné sur place. Les belles pensées écologiques, les vœux utopiques, se coucheront-ils devant le veau d’or de la réalité économique ?
Petit rappel des faits. En 2010, l’Equateur reste le plus petit membre de l’Opep (Organisation des Pays Producteurs de Pétrole). Sous l’égide du gouvernement socialisant de Rafael Correa, il contrôle l’ensemble de la production d’or noir sur son territoire. De nouvelles réformes obligent désormais les multinationales présentes dans le pays à devenir de simples prestataires au service du pays et non de leurs propres intérêts. La gestion des richesses pétrolières est passée ainsi sous le contrôle de l’État équatorien. C’est nouveau.
Ce qui est encore plus nouveau (et qui fait polémique) vient de la découverte d’un énorme gisement de pétrole dans le parc de Yasuni (Amazonie, photo). Selon la presse locale, il pourrait produire 840 millions de barils soit l’équivalent du cinquième des réserves de l’Equateur, et mieux encore l’équivalent de 47 % du budget national. Six milliards d’euros !
Mais voilà : ce gisement nommé ITT se trouve au cœur d’un secteur protégé, habité par des milliers d’Indiens Waorani, et des communautés indigènes Tagaeri et Taromenane. Pour rompre avec la politique énergétique de ses prédécesseurs, le président Rafaël Correa affirme que son gouvernement renoncera à l’exploitation de cet or noir situé sur des terres indiennes, à condition que la communauté internationale compense cette perte financière. L’Equateur fait de son renoncement un exemple en matière de protection de la terre.
Le gouvernement a fait appel en 2010 à la communauté internationale demandant aux pays riches de payer pour ne pas exploiter ce pétrole amazonien. Il réclame 100 millions de dollars US à l’ONU, pour sauver l’environnement. Si fin 2011, le pays n’a pas cet argent, l’exploitation commencera. L’Allemagne a répondu oui. La France, l’Italie et la Belgique souhaitent aussi aider l’Equateur dans son utopie écolo-économique.
C’est une première mondiale. Jamais un pays n’a renoncé à de telles richesses. Jamais non plus un pays a fait un tel marchandage pour sauver l’environnement. Affaire à suivre… Sur le terrain, à défaut d’exploiter plus, on raffinera mieux. Une grande raffinerie sera donc construite sur la côte Pacifique pour que le pétrole équatorien déjà exploité soit raffiné sur place. Les belles pensées écologiques, les vœux utopiques, se coucheront-ils devant le veau d’or de la réalité économique ?
Inti Raymi : nouvel an Inca à Otavalo

Olivier Page
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Les rues et les places d’Otavalo, ville de 90 000 habitants, à 90 kilomètres au nord de Quito, sont noires de monde. Otavalo est en liesse. On célèbre le Nouvel An Inca (Inti Raymi, photo) qui coïncide avec le retour de l’été, et avec la réapparition du dieu Soleil (la date officielle est le 21 juin, fête de la saint Juan, fête importée au XVIe siècle par les missionnaires espagnols). Explosion d’allégresse, frénésie populaire, l’exaltation et la fierté se lisent sur tous les visages.
Ces milliers d’hommes et de femmes à la peau mate (comme les Asiatiques) viennent des villages environnants. Ils portent les costumes et vêtements traditionnels du peuple Otavalo. Les Indiens Otavalos forment une des branches du grand peuple Quechua d’Equateur. Ils vivent en majorité dans la région autour d’Otavalo, un exemple de réussite sociale et de dynamisme économique indigène.
Les femmes portent de longues jupes bleu marine, fendues sur un côté, laissant apparaître une étoffe blanche. Un corsage de dentelle couvre leur buste, tandis que leur cou est enserré dans une série de colliers de perles. Les hommes ont de longs cheveux noirs et lisses, jusqu’à la moitié du dos, terminés par une belle natte. Ils arborent un poncho sur les épaules, un grand chapeau de couleur sombre et un pantalon blanc auquel certains ajoutent des tabliers de longs poils de chèvre ou de lama (piernas de chivo).
Tout a commencé par une grande feria le 23 juin. On honore d’abord le Soleil, astre vénéré naguère par les Incas, qui symbolise la vie, la fertilité, le temps immortel. On honore aussi l’eau des Andes. Un des éléments du rituel consiste à se baigner la nuit dans les eaux de la cascade de Peguche, à quelques kilomètres d’Otavalo, afin de se purifier, une tradition qui remonte aux Incas. La fête commence ainsi dans la joie, se continue par des danses rituelles… et se termine dans la violence des affrontements.
Me voici au cœur de la bagarre rituelle. Nous ne pouvons pas approcher de la place centrale de la bourgade de Cotocachi, car la police vient de lancer des bombes lacrymogènes. Les jeunes (souvent bien ivres) des différentes communautés se battent à coups de pierre, à coups de poings, à coups de bâtons. Les bagarres font des victimes. Là aussi, il s’agit d’un rituel, m’explique Anibal, mon guide équatorien. Un rituel très ancien qui consiste à s’affronter comme l’avaient fait les ancêtres combattants pour marquer les limites de leur territoire. Les bagarres cesseront dès que tomberont les premiers blessés graves…
Étrange coutume où le soleil chauffe les cervelles, tandis que le sang versé agit dans l’ombre de l’inconscient humain : une réassurance annuelle et symbolique d’un vieux pacte d’appartenance indigène à la terre de la Pachamama…
Ces milliers d’hommes et de femmes à la peau mate (comme les Asiatiques) viennent des villages environnants. Ils portent les costumes et vêtements traditionnels du peuple Otavalo. Les Indiens Otavalos forment une des branches du grand peuple Quechua d’Equateur. Ils vivent en majorité dans la région autour d’Otavalo, un exemple de réussite sociale et de dynamisme économique indigène.
Les femmes portent de longues jupes bleu marine, fendues sur un côté, laissant apparaître une étoffe blanche. Un corsage de dentelle couvre leur buste, tandis que leur cou est enserré dans une série de colliers de perles. Les hommes ont de longs cheveux noirs et lisses, jusqu’à la moitié du dos, terminés par une belle natte. Ils arborent un poncho sur les épaules, un grand chapeau de couleur sombre et un pantalon blanc auquel certains ajoutent des tabliers de longs poils de chèvre ou de lama (piernas de chivo).
Tout a commencé par une grande feria le 23 juin. On honore d’abord le Soleil, astre vénéré naguère par les Incas, qui symbolise la vie, la fertilité, le temps immortel. On honore aussi l’eau des Andes. Un des éléments du rituel consiste à se baigner la nuit dans les eaux de la cascade de Peguche, à quelques kilomètres d’Otavalo, afin de se purifier, une tradition qui remonte aux Incas. La fête commence ainsi dans la joie, se continue par des danses rituelles… et se termine dans la violence des affrontements.
Me voici au cœur de la bagarre rituelle. Nous ne pouvons pas approcher de la place centrale de la bourgade de Cotocachi, car la police vient de lancer des bombes lacrymogènes. Les jeunes (souvent bien ivres) des différentes communautés se battent à coups de pierre, à coups de poings, à coups de bâtons. Les bagarres font des victimes. Là aussi, il s’agit d’un rituel, m’explique Anibal, mon guide équatorien. Un rituel très ancien qui consiste à s’affronter comme l’avaient fait les ancêtres combattants pour marquer les limites de leur territoire. Les bagarres cesseront dès que tomberont les premiers blessés graves…
Étrange coutume où le soleil chauffe les cervelles, tandis que le sang versé agit dans l’ombre de l’inconscient humain : une réassurance annuelle et symbolique d’un vieux pacte d’appartenance indigène à la terre de la Pachamama…
Cristobal crée sa propre ligne… d’équateur

Olivier Page
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Clin d’œil de l’histoire, Cristobal Cobo (photo) porte le même prénom que le grand découvreur de l’Amérique, Cristobal Colon (Christophe Colomb). Ingénieur de formation, archéologue autodidacte, Cristobal Cobo est un esprit insatisfait des résultats de la science officielle. Il savait que la mission géodésique française du XVIIIe siècle s’était trompée de plusieurs centaines de mètres en établissant la ligne de l’équateur à l’endroit où elle passe toujours aujourd’hui. À l’époque le GPS n’existait pas.
Sur le site officiel de la Mitad del Mundo (Milieu du Monde, site public de passage de la ligne), le GPS de Cristobal n’indiquait pas les mesures exactes. Alors ce têtu est parti en quête de la vérité. Il a sillonné à pied la campagne et survolé en parapente la région pendant des années, à la recherche de la vraie ligne de l’équateur. En 2006, on m’avait déjà parlé de lui.
Cet été 2010, je l’ai rencontré où je devais le trouver, à savoir au bord de la route Panamericana, à huit kilomètres au sud de la ville de Cayambe, sur le site de Quitsato plus connu sous le nom de Musée Culturel et Solaire (Museo Cultural Solar). Voici le maître des lieux : Cristobal, un homme au regard bleu et rêveur, avec sa petite barbe en collier, sa casquette et son blouson orange. Il affiche le nom et le logo de son site-musée Quitsato comme un pionnier heureux de ses découvertes.
Une étoile à huit branches, symbolisant le cycle solaire de la mythologie Inca, a été peinte sur une vaste plate-forme circulaire de 54 mètres de diamètre. Cristobal Cobo dédie toute son énergie à la ligne, au soleil et aux astres. Une tour métallique se dresse au centre de ce grand cercle pavé sur lequel se dessinent les ombres du soleil selon sa rotation annuelle. Des bénévoles de l’association Quitsato assurent le commentaire (en espagnol ou en anglais).
Cristobal m’indique au loin le mont Catequilla, dominant le paysage de sa silhouette imposante. Il m’invite à le suivre jusqu’au sommet de cette montagne sacrée pour me faire découvrir les secrets enfouis depuis des siècles dans les entrailles de la terre. Cristobal a prouvé que ce mont Catequilla est le lieu exact où passe la vraie ligne de l’équateur.
Au sommet de cette montagne, un muretin de pierre semi-circulaire, daté de 3 000 à 1 500 av. J.-C., suit le tracé exact de l’ombre du soleil au moment du solstice. Ceci apporte la preuve que les Indiens Caras, avant les Incas, connaissaient déjà l’emplacement exact de la ligne de l’équateur. Le jour où je monterai sur la montagne, mon GPS indiquera donc la vraie longitude : 78° 27’ 08’’ et la vraie latitude : 0°0’’0’’’. Cristobal, tu es un personnage de roman de Jules Verne !
Sur le site officiel de la Mitad del Mundo (Milieu du Monde, site public de passage de la ligne), le GPS de Cristobal n’indiquait pas les mesures exactes. Alors ce têtu est parti en quête de la vérité. Il a sillonné à pied la campagne et survolé en parapente la région pendant des années, à la recherche de la vraie ligne de l’équateur. En 2006, on m’avait déjà parlé de lui.
Cet été 2010, je l’ai rencontré où je devais le trouver, à savoir au bord de la route Panamericana, à huit kilomètres au sud de la ville de Cayambe, sur le site de Quitsato plus connu sous le nom de Musée Culturel et Solaire (Museo Cultural Solar). Voici le maître des lieux : Cristobal, un homme au regard bleu et rêveur, avec sa petite barbe en collier, sa casquette et son blouson orange. Il affiche le nom et le logo de son site-musée Quitsato comme un pionnier heureux de ses découvertes.
Une étoile à huit branches, symbolisant le cycle solaire de la mythologie Inca, a été peinte sur une vaste plate-forme circulaire de 54 mètres de diamètre. Cristobal Cobo dédie toute son énergie à la ligne, au soleil et aux astres. Une tour métallique se dresse au centre de ce grand cercle pavé sur lequel se dessinent les ombres du soleil selon sa rotation annuelle. Des bénévoles de l’association Quitsato assurent le commentaire (en espagnol ou en anglais).
Cristobal m’indique au loin le mont Catequilla, dominant le paysage de sa silhouette imposante. Il m’invite à le suivre jusqu’au sommet de cette montagne sacrée pour me faire découvrir les secrets enfouis depuis des siècles dans les entrailles de la terre. Cristobal a prouvé que ce mont Catequilla est le lieu exact où passe la vraie ligne de l’équateur.
Au sommet de cette montagne, un muretin de pierre semi-circulaire, daté de 3 000 à 1 500 av. J.-C., suit le tracé exact de l’ombre du soleil au moment du solstice. Ceci apporte la preuve que les Indiens Caras, avant les Incas, connaissaient déjà l’emplacement exact de la ligne de l’équateur. Le jour où je monterai sur la montagne, mon GPS indiquera donc la vraie longitude : 78° 27’ 08’’ et la vraie latitude : 0°0’’0’’’. Cristobal, tu es un personnage de roman de Jules Verne !
Les chevaux de feu de Don Gabriel

Olivier Page
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Le lieu-dit s’appelle La Libertad (la Liberté) et le domaine La Alegria (la Joie, l’Allégresse). Je retrouve d’abord Paul Salazar, mon guide francophone et ami. Chaussé de bottes de jardinier, il creuse des trous à l’aide d’une bèche, pour y planter des arbustes. Au cœur d’un superbe paysage frais et verdoyant, composé de sept silhouettes de volcans, il m’invite à planter un calistemo, arbuste latino-américain ressemblant à un olivier. C’est la première fois que je plante un arbre en terre d’Amérique.
Nous allons rendre visite à leurs voisins de l’hacienda La Alegria, un grand domaine de 130 hectares, niché dans le fond de la vallée. Paysage magnifique où alternent vergers, prés, prairies à herbages. Des bosquets vert sombre ponctuent la moquette végétale des flancs des montagnes et des volcans aux cimes enneigées. Impossible de se croire à 2 800 mètres d’altitude soit à la même altitude que Quito, la capitale. Sous le soleil ardent des Andes, l’endroit jouit d’un micro climat d’une douceur exquise dans un site protégé du vent, des tempêtes et des excès de la météo.
Le maître des lieux, Don Gabriel Espinosa (photo), une cinquantaine d’années, nous reçoit tel un jovial gentleman-farmer équatorien. Chapeau de gaucho, petit foulard autour du cou, ce cow-boy latin a des manières douces et civilisées d’hidalgo du nouveau monde. Le domaine appartient à la même famille depuis trois générations. Vieille famille bourgeoise équatorienne, d’origine judéo-espagnole, les Espinosa ont émigré en Amérique du Sud au XVIIIe siècle après avoir été chassés d’Espagne par l’Inquisition.
Don Gabriel dirige une exploitation laitière de 200 vaches, son lait est réputé comme un des meilleurs du pays. Sa passion : organiser des randonnées à cheval dans tout le pays (de 3 à 21 jours). Il est réputé comme étant un guide-cavalier hors-pair et s’est lancé dans le tourisme vert, catégorie « équestre ». Gabriel Espinosa est un des rares cavaliers qui a traversé le pays du nord au sud, à cheval sur des sentiers et des chemins de traverse, soit de la frontière de la Colombie jusqu’à la frontière du Pérou.
La vieille maison familiale, de style français XIXe siècle, a été agrandie pour abriter de grandes chambres à la déco soignée, jouissant d’une vue étonnante sur la vallée et les montagnes. Le soir, à la table d’hôte, on oublie l’agitation de la capitale. Loin du brouhaha des villes on savoure des plats mitonnés avec savoir-faire, arrosés de quelques très bons vins chiliens ou argentins tandis que le feu crépite dans la cheminée. N’en va-t-il pas des maisons comme des hommes ? « Liberté et Joie », ce pourrait être le mot de passe de ce charmant manoir andin où le cheval est roi, et l’homme son humble écuyer.
Nous allons rendre visite à leurs voisins de l’hacienda La Alegria, un grand domaine de 130 hectares, niché dans le fond de la vallée. Paysage magnifique où alternent vergers, prés, prairies à herbages. Des bosquets vert sombre ponctuent la moquette végétale des flancs des montagnes et des volcans aux cimes enneigées. Impossible de se croire à 2 800 mètres d’altitude soit à la même altitude que Quito, la capitale. Sous le soleil ardent des Andes, l’endroit jouit d’un micro climat d’une douceur exquise dans un site protégé du vent, des tempêtes et des excès de la météo.
Le maître des lieux, Don Gabriel Espinosa (photo), une cinquantaine d’années, nous reçoit tel un jovial gentleman-farmer équatorien. Chapeau de gaucho, petit foulard autour du cou, ce cow-boy latin a des manières douces et civilisées d’hidalgo du nouveau monde. Le domaine appartient à la même famille depuis trois générations. Vieille famille bourgeoise équatorienne, d’origine judéo-espagnole, les Espinosa ont émigré en Amérique du Sud au XVIIIe siècle après avoir été chassés d’Espagne par l’Inquisition.
Don Gabriel dirige une exploitation laitière de 200 vaches, son lait est réputé comme un des meilleurs du pays. Sa passion : organiser des randonnées à cheval dans tout le pays (de 3 à 21 jours). Il est réputé comme étant un guide-cavalier hors-pair et s’est lancé dans le tourisme vert, catégorie « équestre ». Gabriel Espinosa est un des rares cavaliers qui a traversé le pays du nord au sud, à cheval sur des sentiers et des chemins de traverse, soit de la frontière de la Colombie jusqu’à la frontière du Pérou.
La vieille maison familiale, de style français XIXe siècle, a été agrandie pour abriter de grandes chambres à la déco soignée, jouissant d’une vue étonnante sur la vallée et les montagnes. Le soir, à la table d’hôte, on oublie l’agitation de la capitale. Loin du brouhaha des villes on savoure des plats mitonnés avec savoir-faire, arrosés de quelques très bons vins chiliens ou argentins tandis que le feu crépite dans la cheminée. N’en va-t-il pas des maisons comme des hommes ? « Liberté et Joie », ce pourrait être le mot de passe de ce charmant manoir andin où le cheval est roi, et l’homme son humble écuyer.
Haciendas : les demeures inspirées des Andes

Olivier Page
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Dans le dictionnaire espagnol-français, le mot hacienda a deux sens : sens premier, une propriété agricole. Deuxième sens : fortune. Les haciendas d’Equateur ont toutes été et sont encore de vastes domaines agricoles, appartenant à des familles riches et fortunées. De plus en plus, sous l’effet des contraintes économiques, beaucoup se convertissent en hosterias de luxe, ou hôtels de charme, sans perdre leur âme ni leur caractère.
La plus émouvante de toutes est l’hacienda San Agustin de Callo (photo) près du volcan Cotopaxi. Dans un paysage qui évoque l’Ecosse, elle a été construite sur le lieu même d’un palais Inca. Après la conquête, les Espagnols en firent un de leurs relais. Elle abrite encore aujourd’hui un petit temple inca transformé en chapelle chrétienne devant laquelle broutent de gentils lamas. Les grosses pierres composant les murs de cet oratoire rappellent celles de Cuzco, coupées en oblique, de forme trapézoïdale, et assemblées quasiment sans joint.
Parmi les plus vieilles du pays, l’hacienda Guachala, se trouve près de Cayambe. En 1495, elle servait encore de garnison aux Incas. À la conquête en 1534, on y créa une encomienda pour les colons. En 1736, La Condamine et la mission géodésique française y séjournèrent, à la recherche de la ligne de l’équateur… La chapelle actuelle a été construite en 1580 sur l’emplacement d’un temple Inca, comme à l’hacienda San Agustin de Callo.
La Condamine séjourna aussi à l’hacienda La Cienega. Au pied du volcan Cotopaxi, ce grand domaine agricole transformé en hosteria vit dans le souvenir d’illustres explorateurs et scientifiques. Bâti au XVIe siècle au tout début de la conquête de l’Equateur par les Espagnols, ce manoir andin classé Monument historique a conservé intacte la chambre de La Condamine, l’explorateur français qui parvint à découvrir le tracé de la ligne de l’équateur. En 1802, l’hacienda hébergea le célèbre scientifique Alexander Von Humboldt, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Amérique du Sud. Sa suite est toujours là.
À Peguche, près d’Otavalo, l’hacienda Pinsaqui a été construite en 1790, en pleine époque coloniale. Elle fut reconvertie en fabrique de textile avant de devenir un hôtel chic. Le libertador Simon Bolivar séjourna dans la suite n°1. Près de Baños, au pied du volcan Tungurahua, l’hacienda La Guadalupe, grosse ferme à vaches et à moutons, est la plus littéraire de toutes ces demeures. Le poète Henri Michaux y séjourna en 1928. Il en parle dans son récit de voyage intitulé Ecuador.
Plus au nord, près d’Ibarra, l’hacienda Chorlavi ressemble à une antique maison romaine autour d’un patio ouvert sur le ciel et les nuages. En langue quechua Chorlavi signifie « nid d’amour ». Selon la légende, l’empereur Inca Huyna Capac y vécut une idylle amoureuse avec une belle princesse Caranqui… Si les murs de cette hacienda pouvaient parler, il en sortirait encore des fantômes et des rêves ! Certaines demeures d’Equateur ont parfois gardé plus de mémoire que les cœurs humains.
La plus émouvante de toutes est l’hacienda San Agustin de Callo (photo) près du volcan Cotopaxi. Dans un paysage qui évoque l’Ecosse, elle a été construite sur le lieu même d’un palais Inca. Après la conquête, les Espagnols en firent un de leurs relais. Elle abrite encore aujourd’hui un petit temple inca transformé en chapelle chrétienne devant laquelle broutent de gentils lamas. Les grosses pierres composant les murs de cet oratoire rappellent celles de Cuzco, coupées en oblique, de forme trapézoïdale, et assemblées quasiment sans joint.
Parmi les plus vieilles du pays, l’hacienda Guachala, se trouve près de Cayambe. En 1495, elle servait encore de garnison aux Incas. À la conquête en 1534, on y créa une encomienda pour les colons. En 1736, La Condamine et la mission géodésique française y séjournèrent, à la recherche de la ligne de l’équateur… La chapelle actuelle a été construite en 1580 sur l’emplacement d’un temple Inca, comme à l’hacienda San Agustin de Callo.
La Condamine séjourna aussi à l’hacienda La Cienega. Au pied du volcan Cotopaxi, ce grand domaine agricole transformé en hosteria vit dans le souvenir d’illustres explorateurs et scientifiques. Bâti au XVIe siècle au tout début de la conquête de l’Equateur par les Espagnols, ce manoir andin classé Monument historique a conservé intacte la chambre de La Condamine, l’explorateur français qui parvint à découvrir le tracé de la ligne de l’équateur. En 1802, l’hacienda hébergea le célèbre scientifique Alexander Von Humboldt, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Amérique du Sud. Sa suite est toujours là.
À Peguche, près d’Otavalo, l’hacienda Pinsaqui a été construite en 1790, en pleine époque coloniale. Elle fut reconvertie en fabrique de textile avant de devenir un hôtel chic. Le libertador Simon Bolivar séjourna dans la suite n°1. Près de Baños, au pied du volcan Tungurahua, l’hacienda La Guadalupe, grosse ferme à vaches et à moutons, est la plus littéraire de toutes ces demeures. Le poète Henri Michaux y séjourna en 1928. Il en parle dans son récit de voyage intitulé Ecuador.
Plus au nord, près d’Ibarra, l’hacienda Chorlavi ressemble à une antique maison romaine autour d’un patio ouvert sur le ciel et les nuages. En langue quechua Chorlavi signifie « nid d’amour ». Selon la légende, l’empereur Inca Huyna Capac y vécut une idylle amoureuse avec une belle princesse Caranqui… Si les murs de cette hacienda pouvaient parler, il en sortirait encore des fantômes et des rêves ! Certaines demeures d’Equateur ont parfois gardé plus de mémoire que les cœurs humains.
Fiche pratique

Olivier Page
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Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Equateur
Amazonie équatorienne
À Puyo
- Centro de Rescate « Los Monos » : 10 de Agosto, à 6 kilomètres du centre de Puyo (compter 3 US$ en taxi). Tél. Portable : 088-10-53-24. , paseoecologicolosmonos@yahoo.es. Tous les jours de 9h à 17h. Entrée : 2 US$.
- Le parc ethnobotanique OMAERE www.fundacionomaere.org : en bordure du río Puyo et de la forêt. Tél. : 288-31-74. . Au nord de la ville, à deux pas de l’hôtel El Jardín. Il suffit de franchir le 2e pont suspendu sur le río Puyo. Tous les jours de 9h à 17h. Entrée : 3 US$ ; réductions. Prévenir si vous êtes en groupe.
À Tena
- Hakuna Matata : à environ 9 kilomètres au nord de Tena. À 3 kilomètres avant le village d’Archidona, prendre à gauche (panneau) une piste de terre (4x4 nécessaire) qui monte jusqu’à l’hôtel isolé dans la montagne. Tél. : 288-96-17. E-mail : info@hakunamat.com. En taxi de Tena : 8 US$. Chambre 35-45 US$ la nuit par pers avec petit déj. Chambres confortables, bien équipées (douche-WC) et décorées avec soin et originalité. Déjeuner et dîner (10 et 18 US$) dans une belle salle à manger qui domine la mer des arbres. Savoureuse cuisine, sans doute la meilleure de la région (ne pas manquer les viandes). Randonnées à pied ou à cheval dans la forêt, baignade dans la rivière ou la piscine, balades en canoë, rafting…Notre coup de cœur !
Ligne de l’équateur
- Museo Cultural Solar (ligne de l’équateur) : à 8 kilomètres au sud de Cayambe, sur la route Panamericana. Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h30. Entrée : 1 US$/personne.
Haciendas d’Equateur
- Hacienda Pinsaqui : à Peguche, à 5 kilomètres au nord d’Otavalo, dans le nord de l’Equateur. Fait hosteria.
- Hacienda-Hosteria Chorlavi : Panamericana Sur, à 4 kilomètres au sud d’Ibarra (nord de l’Equateur). Fait hosteria et table d’hôte.
- Hacienda Guachala : à 8 kilomètres au sud de Cayambe, non loin de la ligne de l’équateur. Fait hosteria.
- Hacienda La Alegria : village de la Libertad. À une quarantaine de kilomètres au sud de Quito. Prendre la route Panamericana, sortir à Aloag, à droite puis continuer jusqu’à la Libertad. Centre équestre et hôtel.
- Hacienda La Cienega : à 1 kilomètre au sud de Lasso en allant vers Latacunga, dans la région du volcan Cotopaxi. Fait aussi hosteria.
- Hacienda San Agustin de Callo (Cotopaxi) : entre Quito et le volcan Cotopaxi.
- Hacienda La Guadalupe : dans les environs de Banos. Propriété privée (ferme). Ne se visite pas.
Amazonie équatorienne
À Puyo
- Centro de Rescate « Los Monos » : 10 de Agosto, à 6 kilomètres du centre de Puyo (compter 3 US$ en taxi). Tél. Portable : 088-10-53-24. , paseoecologicolosmonos@yahoo.es. Tous les jours de 9h à 17h. Entrée : 2 US$.
- Le parc ethnobotanique OMAERE www.fundacionomaere.org : en bordure du río Puyo et de la forêt. Tél. : 288-31-74. . Au nord de la ville, à deux pas de l’hôtel El Jardín. Il suffit de franchir le 2e pont suspendu sur le río Puyo. Tous les jours de 9h à 17h. Entrée : 3 US$ ; réductions. Prévenir si vous êtes en groupe.
À Tena
- Hakuna Matata : à environ 9 kilomètres au nord de Tena. À 3 kilomètres avant le village d’Archidona, prendre à gauche (panneau) une piste de terre (4x4 nécessaire) qui monte jusqu’à l’hôtel isolé dans la montagne. Tél. : 288-96-17. E-mail : info@hakunamat.com. En taxi de Tena : 8 US$. Chambre 35-45 US$ la nuit par pers avec petit déj. Chambres confortables, bien équipées (douche-WC) et décorées avec soin et originalité. Déjeuner et dîner (10 et 18 US$) dans une belle salle à manger qui domine la mer des arbres. Savoureuse cuisine, sans doute la meilleure de la région (ne pas manquer les viandes). Randonnées à pied ou à cheval dans la forêt, baignade dans la rivière ou la piscine, balades en canoë, rafting…Notre coup de cœur !
Ligne de l’équateur
- Museo Cultural Solar (ligne de l’équateur) : à 8 kilomètres au sud de Cayambe, sur la route Panamericana. Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h30. Entrée : 1 US$/personne.
Haciendas d’Equateur
- Hacienda Pinsaqui : à Peguche, à 5 kilomètres au nord d’Otavalo, dans le nord de l’Equateur. Fait hosteria.
- Hacienda-Hosteria Chorlavi : Panamericana Sur, à 4 kilomètres au sud d’Ibarra (nord de l’Equateur). Fait hosteria et table d’hôte.
- Hacienda Guachala : à 8 kilomètres au sud de Cayambe, non loin de la ligne de l’équateur. Fait hosteria.
- Hacienda La Alegria : village de la Libertad. À une quarantaine de kilomètres au sud de Quito. Prendre la route Panamericana, sortir à Aloag, à droite puis continuer jusqu’à la Libertad. Centre équestre et hôtel.
- Hacienda La Cienega : à 1 kilomètre au sud de Lasso en allant vers Latacunga, dans la région du volcan Cotopaxi. Fait aussi hosteria.
- Hacienda San Agustin de Callo (Cotopaxi) : entre Quito et le volcan Cotopaxi.
- Hacienda La Guadalupe : dans les environs de Banos. Propriété privée (ferme). Ne se visite pas.
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