Au Kenya, sur la route des safaris

par Béatrice Leproux
le 27 février 2009
Une fois posé dans la moiteur de Mombasa, on imagine difficilement les kilomètres de sable blanc le long de l’océan Indien et le lagon à l’eau transparente, qui font de la côte une escale d’autant plus incontournable. Seules la chaleur et la poussière donnent un avant-goût de la savane et de ses fameux safaris, deuxième attraction du Kenya. Irrésistible. Depuis l’interdiction de la chasse en 1977, les animaux se laissent étonnamment approcher par les 4x4 à toit ouvrant. Adulte redevenu enfant, on reste béat devant ce spectacle inépuisable. Vie sauvage et lodges grande classe pour une ambiance Out of Africa garantie.
Préparez votre voyage au Kenya avec nos partenaires



Culture musulmane, influence british

Agnès Boutteville
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Le touriste de s’arrête pas à Mombasa. À tort.
Loin (à tous points de vue, 530 km) de la tumultueuse Nairobi et de ses bidonvilles, le principal port du pays est la porte d’accès aux plages comme à la savane. Nichée dans une baie de l’océan Indien et reliée au continent et à une zone métropolitaine dénuée de charme par une digue et un pont, la vieille ville reste tranquillement plantée sur son île avec ses 30 000 âmes.
Bâties par les Portugais à la fin du XVIe siècle, les façades ocres et noircies par l’humidité de Fort Jesus dominent le petit port. À l’époque envahi par les marchands arabes, il vit désormais au rythme d’une activité réduite. Deux vieux bateaux de bois attendent le chargement de thé (première ressource économique du pays), de café, de bois ou de savon qu’ils emporteront vers Zanzibar, Dar es-Salaam ou la Somalie voisine. À leurs pieds, des boutres aux voiles triangulaires et quelques pirogues se reposent de la pêche matinale.
Beaucoup de Kenyans d’origine arabe vivent encore ici, dans ce petit quartier d’un autre temps qui rappelle les villes de Zanzibar ou de Lamu. Tout de noir vêtues, de jeunes musulmanes (50 % de la population de Mombasa contre 30% dans le reste du pays) se promènent par petits groupes, leurs lunettes dépassant à peine du tchador. Portant des foulards colorés et affichant des mines réjouies, des gamines sautillent au rythme d’une comptine improvisée et disparaissent au détour d’une ruelle. À l’entrée du port, c’est un dédale sombre et humide, ponctué de portes somptueuses et de vieux bâtiments coloniaux.
Incongru au pied du Fort, entre une demeure coloniale et une guérite de fortune où l’on sert cafés et beignets, un bâtiment au blanc impeccable exhibe sa toiture de tôle verte toute neuve ; il abrite un club anglais, très privé. Un autre monde, reliquat de la fin du XIXe siècle, quand le Kenya était sous protection britannique. Depuis l’indépendance gagnée en 1963, l’anglais est resté la langue officielle. Subsiste de cette période une minorité blanche, Kenyans de la deuxième génération, et toute une série de détails griffés british : le sacro-saint rite du thé à 10 heures et à 16 heures, les enseignes et les panneaux publicitaires rédigés exclusivement en anglais, les vieux taxis noirs recyclés en limousine, la jelly fluo dans les plats cuisinés, les cabines téléphoniques rouges et, toujours, la conduite à gauche.
Bâties par les Portugais à la fin du XVIe siècle, les façades ocres et noircies par l’humidité de Fort Jesus dominent le petit port. À l’époque envahi par les marchands arabes, il vit désormais au rythme d’une activité réduite. Deux vieux bateaux de bois attendent le chargement de thé (première ressource économique du pays), de café, de bois ou de savon qu’ils emporteront vers Zanzibar, Dar es-Salaam ou la Somalie voisine. À leurs pieds, des boutres aux voiles triangulaires et quelques pirogues se reposent de la pêche matinale.
Beaucoup de Kenyans d’origine arabe vivent encore ici, dans ce petit quartier d’un autre temps qui rappelle les villes de Zanzibar ou de Lamu. Tout de noir vêtues, de jeunes musulmanes (50 % de la population de Mombasa contre 30% dans le reste du pays) se promènent par petits groupes, leurs lunettes dépassant à peine du tchador. Portant des foulards colorés et affichant des mines réjouies, des gamines sautillent au rythme d’une comptine improvisée et disparaissent au détour d’une ruelle. À l’entrée du port, c’est un dédale sombre et humide, ponctué de portes somptueuses et de vieux bâtiments coloniaux.
Incongru au pied du Fort, entre une demeure coloniale et une guérite de fortune où l’on sert cafés et beignets, un bâtiment au blanc impeccable exhibe sa toiture de tôle verte toute neuve ; il abrite un club anglais, très privé. Un autre monde, reliquat de la fin du XIXe siècle, quand le Kenya était sous protection britannique. Depuis l’indépendance gagnée en 1963, l’anglais est resté la langue officielle. Subsiste de cette période une minorité blanche, Kenyans de la deuxième génération, et toute une série de détails griffés british : le sacro-saint rite du thé à 10 heures et à 16 heures, les enseignes et les panneaux publicitaires rédigés exclusivement en anglais, les vieux taxis noirs recyclés en limousine, la jelly fluo dans les plats cuisinés, les cabines téléphoniques rouges et, toujours, la conduite à gauche.
Jardin de corail et trafic d’ébène

Patrick de Franqueville
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À trente minutes de Mombasa en bateau, le Kisite Marine Park abrite les plus beaux fonds de l’océan Indien. Il suffit d’un masque et d’un tuba pour reluquer les poissons-perroquets, chirurgiens, clowns et autres anges-empereurs. Les plus aventuriers préfèrent la plongée en bouteille ou s’adonnent à la pêche au gros : baracuda, thon, espadon et autres marlins…
Sur l’île Wasini, toute proche, caillou aride néanmoins fleuri de frangipaniers jaunes, de bougainvilliers roses et blancs et de manguiers, 2 000 habitants vivent de la pêche et du tourisme : on s’y régale de langoustes, de poissons frais et de fruits de toutes sortes. Après une sieste à l’ombre d’un baobab, il est temps de découvrir, incrédule, le jardin de corail.
Recouvert par la mer seulement deux fois par mois, ce petit paradis aquatique dévoile le reste du temps d’immenses rochers coralliens. Presque noirs et sculptés par le sel, ils semblent posés sur un lit d’herbes grasses. Derrière, la mangrove, et au-delà, l’océan turquoise sous son ciel bleu marine.
De retour sur la côte, l’Histoire nous rattrape à Shimoni : une cave profonde et humide retenait les esclaves avant qu’ils n’embarquent vers Zanzibar et son sinistre marché, où ils étaient achetés et revendus à prix d’or. Porte d’entrée de l’Afrique de l’Est sur la route des épices, dominé pendant près d’un siècle par les Arabes, le Kenya a vu plus d'un million et demi d'esclaves transiter par Zanzibar avant d’être expédiés vers les Mascareignes, livrés aux colons espagnols d’Amérique du Sud puis vendus en Inde et en Arabie. Le trafic d’ivoire – au profit de la Chine notamment – a depuis longtemps remplacé celui de l’ébène.
Sur l’île Wasini, toute proche, caillou aride néanmoins fleuri de frangipaniers jaunes, de bougainvilliers roses et blancs et de manguiers, 2 000 habitants vivent de la pêche et du tourisme : on s’y régale de langoustes, de poissons frais et de fruits de toutes sortes. Après une sieste à l’ombre d’un baobab, il est temps de découvrir, incrédule, le jardin de corail.
Recouvert par la mer seulement deux fois par mois, ce petit paradis aquatique dévoile le reste du temps d’immenses rochers coralliens. Presque noirs et sculptés par le sel, ils semblent posés sur un lit d’herbes grasses. Derrière, la mangrove, et au-delà, l’océan turquoise sous son ciel bleu marine.
De retour sur la côte, l’Histoire nous rattrape à Shimoni : une cave profonde et humide retenait les esclaves avant qu’ils n’embarquent vers Zanzibar et son sinistre marché, où ils étaient achetés et revendus à prix d’or. Porte d’entrée de l’Afrique de l’Est sur la route des épices, dominé pendant près d’un siècle par les Arabes, le Kenya a vu plus d'un million et demi d'esclaves transiter par Zanzibar avant d’être expédiés vers les Mascareignes, livrés aux colons espagnols d’Amérique du Sud puis vendus en Inde et en Arabie. Le trafic d’ivoire – au profit de la Chine notamment – a depuis longtemps remplacé celui de l’ébène.
Tsavo West, la terre des éléphants rouges

Agnès Boutteville
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On accède au Tsavo West, le plus grand parc national du Kenya, à quatre heures de Mombasa en voiture, en longeant plantations de sisal, amandiers, acacias parasol et baobabs en fleurs. Dans la région, la sécheresse sévit depuis une quinzaine d’années et les paysans doivent creuser la terre pour atteindre l’eau des rivières.
Le 4x4 cahote inconfortablement sur les pistes, suivi de sa traîne poussiéreuse. Contrairement au Tsavo Est – vaste plaine aride traversée de pistes rectilignes – celui-ci est beaucoup plus vallonné. Ses pistes serpentent entre de petites collines qui bouchent la visibilité, offrant des surprises à chaque virage. Parsemées d’épineux et de baobabs, les collines s’adossent aux superbes Chyulu Hills, chaîne volcanique recouverte d’une végétation d’un vert très vif. Elle fournit l’eau de Mombasa et alimente au passage les sources de Mzima Springs. Incontournable est l’incursion dans cette véritable oasis joyeusement squattée par les hippopotames et les crocodiles.
Des pintades au cou turquoise se dandinent autour d’énormes termitières sculptées année après année dans la terre rouge. Un babouin galope avec désinvolture le long de la piste. Ici, un couple de dik-dik, la plus petite espèce d’antilopes, s’échappe d’un buisson, et, là, prêts à bondir, des impalas hument le danger tandis qu’un aigle muschel somnole sur son arbre mort…
Les paysages relativement secs et le type de végétation qui les recouvre n’empêchent pas près de soixante espèces de mammifères et 400 variétés d’oiseaux d’y vivre, dissimulés entre savane, collines rocheuses, ravines et amoncellements de sable ocre. Tsavo est célèbre pour ses paysages sauvages et ses « éléphants rouges » au cuir déteint à force de se rouler dans la terre. Un perroquet vert et orange s’envole : c’est un guépard qui rôde dans les broussailles.
Le 4x4 cahote inconfortablement sur les pistes, suivi de sa traîne poussiéreuse. Contrairement au Tsavo Est – vaste plaine aride traversée de pistes rectilignes – celui-ci est beaucoup plus vallonné. Ses pistes serpentent entre de petites collines qui bouchent la visibilité, offrant des surprises à chaque virage. Parsemées d’épineux et de baobabs, les collines s’adossent aux superbes Chyulu Hills, chaîne volcanique recouverte d’une végétation d’un vert très vif. Elle fournit l’eau de Mombasa et alimente au passage les sources de Mzima Springs. Incontournable est l’incursion dans cette véritable oasis joyeusement squattée par les hippopotames et les crocodiles.
Des pintades au cou turquoise se dandinent autour d’énormes termitières sculptées année après année dans la terre rouge. Un babouin galope avec désinvolture le long de la piste. Ici, un couple de dik-dik, la plus petite espèce d’antilopes, s’échappe d’un buisson, et, là, prêts à bondir, des impalas hument le danger tandis qu’un aigle muschel somnole sur son arbre mort…
Les paysages relativement secs et le type de végétation qui les recouvre n’empêchent pas près de soixante espèces de mammifères et 400 variétés d’oiseaux d’y vivre, dissimulés entre savane, collines rocheuses, ravines et amoncellements de sable ocre. Tsavo est célèbre pour ses paysages sauvages et ses « éléphants rouges » au cuir déteint à force de se rouler dans la terre. Un perroquet vert et orange s’envole : c’est un guépard qui rôde dans les broussailles.
Amboseli : au pied du Kilimandjaro, le pays des Massaï

Agnès Boutteville
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En poursuivant la route vers l’ouest et le parc Amboseli, on cahote sur la coulée de lave du volcan Shaitani (« diable » en swahili) : comme un serpent noir, elle forme depuis 200 ans une croûte rocheuse vierge de toute végétation. Au loin, le Kilimandjaro dont on dit qu’il est impossible de le photographier sans nuage. Au pied du plus haut sommet d’Afrique (5 895 mètres), voilà le parc national d’Amboseli, vaste plaine parsemée d’acacias. Savanes, palmeraies, marécages…
Très visité, le plus vieux parc du Kenya, accessible également en avion depuis Mombasa, est le pays des Masaï. Alors que leurs troupeaux déséquilibraient dangereusement l’écosystème en paissant dans la réserve, le gouvernement a dû les écarter ; également à Amboseli, des zones de protection furent créées dans les années 70. La révolte fut immédiate : les Masaï massacrèrent les lions et, profitant de la pagaille, les braconniers exterminèrent les rhinos noirs. Tant et si bien que le gouvernement dû céder : c’est ainsi que ce parc, entre autres régions grignotées par la puissance des Masaïs, est passé de 3 000 à 400 km².
Sur ce terrain plat et dégagé mais à la végétation dense de bosquets de papyrus, de palmiers nains, de roseaux et d’ajoncs, on compte peu de lions ou de guépards mais des hyènes tachetées, des gnous à barbichettes, des buffles et leur cortège d’aigrettes, des zèbres, des gazelles et des éléphants qui s’abreuvent aux petits lacs et marécages alimentés par la fonte des neiges. En dehors de la saison des pluies, le lac est totalement asséché. Et s’il vous arrivait, en pleine saison sèche, d’apercevoir de loin les arbres s’y reflétant, sachez que ce n’est qu’un mirage…
Suspendues aux branches des acacias jaunes aux innombrables vertus médicinales, voilà de drôles des petites ruches façonnées avec des brindilles : ce sont les nids d’oiseaux-tisserands. Malgré sa beauté, Amboseli est un parc en danger : les éléphants détruisent arbres et bosquets sur leur passage et la montée des eaux alcalines à la surface de la terre beige assèche la végétation en l’empêchant de s’abreuver. Sans compter les phénomènes d’érosion dus au va-et-vient des 4x4 encombrés de touristes, désormais interdits en dehors des pistes.
Très visité, le plus vieux parc du Kenya, accessible également en avion depuis Mombasa, est le pays des Masaï. Alors que leurs troupeaux déséquilibraient dangereusement l’écosystème en paissant dans la réserve, le gouvernement a dû les écarter ; également à Amboseli, des zones de protection furent créées dans les années 70. La révolte fut immédiate : les Masaï massacrèrent les lions et, profitant de la pagaille, les braconniers exterminèrent les rhinos noirs. Tant et si bien que le gouvernement dû céder : c’est ainsi que ce parc, entre autres régions grignotées par la puissance des Masaïs, est passé de 3 000 à 400 km².
Sur ce terrain plat et dégagé mais à la végétation dense de bosquets de papyrus, de palmiers nains, de roseaux et d’ajoncs, on compte peu de lions ou de guépards mais des hyènes tachetées, des gnous à barbichettes, des buffles et leur cortège d’aigrettes, des zèbres, des gazelles et des éléphants qui s’abreuvent aux petits lacs et marécages alimentés par la fonte des neiges. En dehors de la saison des pluies, le lac est totalement asséché. Et s’il vous arrivait, en pleine saison sèche, d’apercevoir de loin les arbres s’y reflétant, sachez que ce n’est qu’un mirage…
Suspendues aux branches des acacias jaunes aux innombrables vertus médicinales, voilà de drôles des petites ruches façonnées avec des brindilles : ce sont les nids d’oiseaux-tisserands. Malgré sa beauté, Amboseli est un parc en danger : les éléphants détruisent arbres et bosquets sur leur passage et la montée des eaux alcalines à la surface de la terre beige assèche la végétation en l’empêchant de s’abreuver. Sans compter les phénomènes d’érosion dus au va-et-vient des 4x4 encombrés de touristes, désormais interdits en dehors des pistes.
Nakuru, le royaume des rhinos

Sbo
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Gigantesque cicatrice de l’écorce terrestre, la vallée du Rift s’étire du nord au sud du pays. Savane arborescente, forêt dense des montagnes, volcans éteints, lacs, plaines et collines, le berceau de l’Humanité, de tout temps terre de migration, foisonne de reliefs et de couleurs.
Au nord-ouest de Nairobi, 200 km² entièrement clôturés maintiennent à distance les éléphants et protègent la réintroduction du rhinocéros noir. Nakuru, le parc le plus vert et le plus arboré du Kenya abrite oiseaux à profusion, babouins chamailleurs et criards, rhinos blancs d’Afrique du Sud, girafes Rothschild importées, elles, du lac Baringo au nord du pays – on les appelle les chaussettes blanches –, petits phacochères aux allures préhistoriques et d’immenses troupeaux de buffles, les plus dangereux des animaux sauvages. Lions et léopards se prélassent dans les arbres quand au plus profond des bois vivent des pythons géants.
Enserré dans le parc en contrebas des plaines herbeuses, le lac alcalin est le lieu de prédilection des oiseaux, dont on dénombre de 400 à 500 variétés dont des pélicans et des marabouts. Il est menacé d’assèchement, et son niveau baisse d’année en année mais il attire encore énormément de flamands roses. Posés comme une nappe à l’écart de la colonie de pélicans, ils colorent le lac de bout en bout. Ne pas s’aventurer trop près du lac où la voiture risquerait de s’enliser. Et gare à la forêt d’euphorbes : le latex est extrêmement irritant.
Au nord-ouest de Nairobi, 200 km² entièrement clôturés maintiennent à distance les éléphants et protègent la réintroduction du rhinocéros noir. Nakuru, le parc le plus vert et le plus arboré du Kenya abrite oiseaux à profusion, babouins chamailleurs et criards, rhinos blancs d’Afrique du Sud, girafes Rothschild importées, elles, du lac Baringo au nord du pays – on les appelle les chaussettes blanches –, petits phacochères aux allures préhistoriques et d’immenses troupeaux de buffles, les plus dangereux des animaux sauvages. Lions et léopards se prélassent dans les arbres quand au plus profond des bois vivent des pythons géants.
Enserré dans le parc en contrebas des plaines herbeuses, le lac alcalin est le lieu de prédilection des oiseaux, dont on dénombre de 400 à 500 variétés dont des pélicans et des marabouts. Il est menacé d’assèchement, et son niveau baisse d’année en année mais il attire encore énormément de flamands roses. Posés comme une nappe à l’écart de la colonie de pélicans, ils colorent le lac de bout en bout. Ne pas s’aventurer trop près du lac où la voiture risquerait de s’enliser. Et gare à la forêt d’euphorbes : le latex est extrêmement irritant.
Masaï-Mara : les Big Five, la fierté du Kenya

Patrick de Franqueville
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Prolongement naturel du parc de Serengeti, de l’autre côté de la frontière avec la Tanzanie, Masaï-Mara est le fleuron des parcs animaliers du pays. À 1600 m d’altitude en moyenne, sur 1 200 km², il présente un relief de plaines et de collines qui ondulent mollement à perte de vue. On repère les rares cours d’eau, asséchés la plupart du temps, à la verdure qui les borde.
La proximité du lac Victoria, la rivière Mara et la présence des Big Five caractérisent la réserve la plus fameuse du Kenya. Une renommée non dénuée de risques tant pour les animaux que pour les habitants, les Masaï. Par-delà les bijoux et les costumes, les rites et les coutumes, leur culture s’est occidentalisée au contact du touriste avec son lot d’artifices et de corruption. Droit d’entrée au parc, visites de villages ou simples prises de vue – réglementées – font l’objet de négociations ardues… Et les enfants ne sont pas en reste.
La sécheresse a forcé les hommes en rouge à emmener leurs vaches efflanquées paître beaucoup plus loin. Pendant ce temps, les femmes poursuivent les corvées d’eau et de cuisine au village : derrière une barrière de broussailles, de 10 à 20 huttes rondes et basses, faites de fumier et de terre, sont disposées en cercle. Chacune abrite une mère et ses enfants. Les hommes – un pour 10 femmes – changent d’abri selon leur humeur.
Les Masaï ne chassent pas mais poursuivent progressivement leur avancée à l’intérieur de la réserve, repoussant toujours plus loin la faune africaine, tout entière représentée dans le Mara. Les animaux sauvages possèdent leurs territoires, s’y répartissant de façon très précise. Et si des zèbres paissent tranquillement à quelques dizaines de mètres de leurs prédateurs, c’est que les distances sont respectées. On peut passer de grandes étendues vides à d’autres très peuplées. Des lions partout, des léopards aussi, mais de moins en moins de guépards, chassés par les touristes qui s’adonnent au hors piste. À la lisière des zones boisées et de la savane, des girafes dégingandées. Les grandes plaines centrales sont quant à elles le royaume des zèbres, gnous, gazelles, phacochères, autruches et antilopes. Et aussi des groupes d’éléphants, migrant d’une zone boisée à l’autre.
La proximité du lac Victoria, la rivière Mara et la présence des Big Five caractérisent la réserve la plus fameuse du Kenya. Une renommée non dénuée de risques tant pour les animaux que pour les habitants, les Masaï. Par-delà les bijoux et les costumes, les rites et les coutumes, leur culture s’est occidentalisée au contact du touriste avec son lot d’artifices et de corruption. Droit d’entrée au parc, visites de villages ou simples prises de vue – réglementées – font l’objet de négociations ardues… Et les enfants ne sont pas en reste.
La sécheresse a forcé les hommes en rouge à emmener leurs vaches efflanquées paître beaucoup plus loin. Pendant ce temps, les femmes poursuivent les corvées d’eau et de cuisine au village : derrière une barrière de broussailles, de 10 à 20 huttes rondes et basses, faites de fumier et de terre, sont disposées en cercle. Chacune abrite une mère et ses enfants. Les hommes – un pour 10 femmes – changent d’abri selon leur humeur.
Les Masaï ne chassent pas mais poursuivent progressivement leur avancée à l’intérieur de la réserve, repoussant toujours plus loin la faune africaine, tout entière représentée dans le Mara. Les animaux sauvages possèdent leurs territoires, s’y répartissant de façon très précise. Et si des zèbres paissent tranquillement à quelques dizaines de mètres de leurs prédateurs, c’est que les distances sont respectées. On peut passer de grandes étendues vides à d’autres très peuplées. Des lions partout, des léopards aussi, mais de moins en moins de guépards, chassés par les touristes qui s’adonnent au hors piste. À la lisière des zones boisées et de la savane, des girafes dégingandées. Les grandes plaines centrales sont quant à elles le royaume des zèbres, gnous, gazelles, phacochères, autruches et antilopes. Et aussi des groupes d’éléphants, migrant d’une zone boisée à l’autre.
La plus grande migration de mammifères

Marie-Lou Van Dooren
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Entre juillet et octobre, plus d’un million de gnous, escortés de centaines de milliers de gazelles et de zèbres, transhument du Serengeti au Mara : sur des dizaines de kilomètres, une folle ruée vers de nouvelles pâtures. Et quand l’herbe du Mara aura été bien tondue, les gnous repartiront vers le Sud et pour la saison des pluies.
Trace de la migration ou signe de sécheresse : ça et là, des carcasses décapées par des vautours, marabouts et autres chacals ajoutent mystère et inquiétude à ce paysage très dégagé, parsemé de bosquets d’acacias siffleurs et d’arbres isolés (peut-être une image à l’origine du nom « Mara » qui, en langage Masaï, signifie « tacheté »).
La nuit tombe. Tandis que des hippos surveillent la berge en soufflant bruyamment des naseaux, de jeunes lionnes, accompagnées d’un mâle, se sont postées le long de la rivière à intervalle régulier. C’est l’heure de la chasse : elles savent que la soif l’emportera sur la vigilance des plus faibles ou des plus jeunes. Plus loin, deux mères et leurs sept petits se préparent déjà au festin. Aucune ne s’est risquée à attaquer ce petit girafon, à quelques centaines de mètres de là : le coup de sabot de la girafe est d’une précision mortelle. Dans la brousse, tout prédateur trouve son maître.
Trace de la migration ou signe de sécheresse : ça et là, des carcasses décapées par des vautours, marabouts et autres chacals ajoutent mystère et inquiétude à ce paysage très dégagé, parsemé de bosquets d’acacias siffleurs et d’arbres isolés (peut-être une image à l’origine du nom « Mara » qui, en langage Masaï, signifie « tacheté »).
La nuit tombe. Tandis que des hippos surveillent la berge en soufflant bruyamment des naseaux, de jeunes lionnes, accompagnées d’un mâle, se sont postées le long de la rivière à intervalle régulier. C’est l’heure de la chasse : elles savent que la soif l’emportera sur la vigilance des plus faibles ou des plus jeunes. Plus loin, deux mères et leurs sept petits se préparent déjà au festin. Aucune ne s’est risquée à attaquer ce petit girafon, à quelques centaines de mètres de là : le coup de sabot de la girafe est d’une précision mortelle. Dans la brousse, tout prédateur trouve son maître.
Infos pratiques
Pour préparer votre voyage, consultez notre fiche Kenya
Quand y aller
- L’été pour ses températures agréables (18°C en savane, 26° sur la côte), les faibles précipitations et la migration des gnous.
- En fin d’année quand les touristes se font rares, peu importe la moiteur et les averses.
- Novembre, c’est aussi le carnaval de Mombasa, idéal pour s’imprégner de la culture locale.
Imaginez 3 000 participants costumés pour une cinquantaine de chars qui se succèdent en musique dans une joyeuse confusion : de la remorque recyclée en salon d’un palais arabe à l’heure du thé au camion-théâtre où des écoliers modèles scandent en chœur l’hymne de leur établissement, il y en a pour toutes les cultures.
Avec 44 ethnies noires au Kenya plus 15 émigrantes – Arabes, Indiens de Goa, Seychellois, Japonais, Cantonais et Portugais… –, on pouvait s’attendre à un véritable festival. C’est gagné, à la mode africaine : les chars sont griffés de la marque du sponsor et décorés selon l’inspiration de ses occupants du jour : décor de savane habité par une nuée d’enfants, orchestre de world-music avec danseurs en pantalon baggy et arborant des casquettes à l’envers, voiture publicitaire où sont juchés des guerriers masaï, tout de rouge et de perles vêtus mais, sponsor oblige… un portable scotché à l’oreille.
Sur une remorque, le centre culturel exhibe ses jeunes beautés, superbement imperturbables sous le soleil et la poussière. La plus belle sera élue Reine du carnaval et remportera le prix tant attendu : un aller-retour pour deux à Paris. Même les éboueurs de Mombasa défilent, entre l’équipe de foot locale et les employés de la coopérative de lait.
Avec qui ?
Safaris répertoriés dans la brochure en ligne de l’office de tourisme
Où dormir ?
Mombasa : Southern Palms Beach Resort, Ukunda
www.southernpalmskenya.com
Tsavo West : Kilaguni Lodge
www.africanmeccasafaris.com/kenya/safaris/lodges/kilangunilodge.asp
Amboseli Serena Hotel
www.serenahotels.com/kenya/amboseli
Camp de toile : Fig Tree Camp, Masaï Mara
www.africanmeccasafaris.com/kenya/safaris/lodges/figtreecamp.asp
Bonne adresse : Wasini Island Restaurant
www.wasini-island.com/charlie_claws.htm
À emporter / à rapporter :
-emporter : produits anti-moustiques, bandana à tout faire et pour se protéger de la poussière, lingettes rafraîchissantes, ceinture lombaire contre les secousses sur les pistes.
- rapporter : Bracelets et colliers en perle, paniers en sisal, sculptures et objets en bois exotique…
Quand y aller
- L’été pour ses températures agréables (18°C en savane, 26° sur la côte), les faibles précipitations et la migration des gnous.
- En fin d’année quand les touristes se font rares, peu importe la moiteur et les averses.
- Novembre, c’est aussi le carnaval de Mombasa, idéal pour s’imprégner de la culture locale.
Imaginez 3 000 participants costumés pour une cinquantaine de chars qui se succèdent en musique dans une joyeuse confusion : de la remorque recyclée en salon d’un palais arabe à l’heure du thé au camion-théâtre où des écoliers modèles scandent en chœur l’hymne de leur établissement, il y en a pour toutes les cultures.
Avec 44 ethnies noires au Kenya plus 15 émigrantes – Arabes, Indiens de Goa, Seychellois, Japonais, Cantonais et Portugais… –, on pouvait s’attendre à un véritable festival. C’est gagné, à la mode africaine : les chars sont griffés de la marque du sponsor et décorés selon l’inspiration de ses occupants du jour : décor de savane habité par une nuée d’enfants, orchestre de world-music avec danseurs en pantalon baggy et arborant des casquettes à l’envers, voiture publicitaire où sont juchés des guerriers masaï, tout de rouge et de perles vêtus mais, sponsor oblige… un portable scotché à l’oreille.
Sur une remorque, le centre culturel exhibe ses jeunes beautés, superbement imperturbables sous le soleil et la poussière. La plus belle sera élue Reine du carnaval et remportera le prix tant attendu : un aller-retour pour deux à Paris. Même les éboueurs de Mombasa défilent, entre l’équipe de foot locale et les employés de la coopérative de lait.
Avec qui ?
Safaris répertoriés dans la brochure en ligne de l’office de tourisme
Où dormir ?
Mombasa : Southern Palms Beach Resort, Ukunda
www.southernpalmskenya.com
Tsavo West : Kilaguni Lodge
www.africanmeccasafaris.com/kenya/safaris/lodges/kilangunilodge.asp
Amboseli Serena Hotel
www.serenahotels.com/kenya/amboseli
Camp de toile : Fig Tree Camp, Masaï Mara
www.africanmeccasafaris.com/kenya/safaris/lodges/figtreecamp.asp
Bonne adresse : Wasini Island Restaurant
www.wasini-island.com/charlie_claws.htm
À emporter / à rapporter :
-emporter : produits anti-moustiques, bandana à tout faire et pour se protéger de la poussière, lingettes rafraîchissantes, ceinture lombaire contre les secousses sur les pistes.
- rapporter : Bracelets et colliers en perle, paniers en sisal, sculptures et objets en bois exotique…
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Le Kenya est célèbre à travers le monde pour ses sites naturels époustouflants où l’on peut notamment admirer des animaux sauvages. Ce n’est évidemment pas son seul attrait…
L’accueil dans ce pays de...



