Le meilleur du Danemark

12 juin 2019

Il n’y a pas qu’un seul « plat pays » en Europe. Si la Belgique culmine à 694 m dans les Ardennes et les Pays-Bas à 321 m, le Danemark, lui, ne dépasse pas 171 m au Møllehøj, sur la longue péninsule du Jutland : record bas du continent !
Le Danemark ? Un attachant patchwork de mer, d’îles par centaines, de champs piquetés d’éoliennes, de paysages d’aquarelles et de falaises blanches dressant de rares verticalités.
Son âme presque méridionale (pour la Scandinavie), sa passion du vélo par tous les temps, sa joie de vivre à la terrasse des cafés (les Danois se déclarent les plus heureux au monde), sa relative discrétion intriguent.
De vieux châteaux médiévaux ou Renaissance enchantent la campagne tranquille et de multiples bourgades aux belles maisons à colombages invitent à des promenades dans l’or du soleil qui tarde à se coucher. Cap sur le Danemark !



Le meilleur du Danemark : Copenhague

Il émane quelque chose de presque provincial de cette capitale de seulement 600 000 habitants (2 millions pour toute l’agglomération). Bâtie sur deux « îles », sillonnée de canaux, Copenhague est une ville agréable à vivre, où le vélo détrône la voiture et les (petites) sirènes montent la garde.
On la parcourt donc à deux roues ou à pied, butinant entre le vieux port très photogénique de Nyhavn, collectionnant terrasses de cafés et vieux gréements, et le quartier de Christianhavn, la « Petite Amsterdam » danoise, construite les pieds dans l’eau de l’Øresund. C’est là, dans un recoin, que s’étend le plus grand squat pérenne du monde : la « ville libre » de Christiania, temple du street art, de la musique et… du cannabis. Un coin à découvrir aussi de haut depuis le sommet de l’insolite tour en spirale de l’église Saint-Sauveur.

Le cœur animé de Copenhague est balisé par l’artère commerçante de Strøget et par la haute tour en brique (105 m) du Rådhus (Hôtel de Ville) – panorama garanti. Le quartier latin entourant l’université et la cathédrale ne manque pas de charme, notamment place Gråbrødretorv, pavée, entre fières demeures pastel et unique grand platane. À voir aussi : la Rundetårn, un observatoire du 17e s accessible par une rampe en spirale.
La ville croule littéralement sous les palais et les châteaux : Christiansborg (1745) sur Slotsholmen, « l’îlot du Château », où les appartements royaux (ouverts à la visite) voisinent avec le Parlement et la Cour Suprême ; le palais d’Amalienborg occupant une splendide place 18e aux parfaites symétries (résidence royale et musée) ; et encore le château Renaissance de Rosenborg, aux intérieurs d’une richesse assez époustouflante.
Mais Copenhague, c’est aussi bien sûr la Petite Sirène, le parc d’attractions du Tivoli, très rétro, et une multitude de beaux musées – à commencer par le gigantesque Musée national, la splendide Ny Carlsberg Glyptotek et le très riche Musée des Beaux-Arts.
Le meilleur du Danemark : île de Seeland (Sjælland)
Copenhague s’implante au nord-est de la plus grande île du pays, Seeland, étendue sur 7 031 km2 (la taille d’un gros département français). Côté est, elle se tourne vers la Suède et le détroit de l’Øresund, qui l’en sépare – sorte de sas entre la mer du Nord et la Baltique.
Deux musées à ne pas manquer

À 25 km au nord de la capitale, à Rungstedlund, on visite la maison-musée de Karen Blixen, auteure de la célèbre Ferme africaine, encombrée de souvenirs. Un peu plus avant, à Humlebæk, le Musée d’art moderne de Louisiana, parmi les plus riches d’Europe, occupe un édifice contemporain très lumineux superbement tourné vers le détroit.
Helsingør, Fredensborg et Frederiksborg

On atteint ensuite Helsingør – Elseneur, dit Hamlet sous la plume de Shakespeare –, d’où les ferries cinglent constamment vers la Suède (à 4 km). On y parcourt l’attachant centre aux maisons des 17e et 18e siècles, on y visite le très moderne Musée maritime et l’incontournable château Renaissance de Kronborg, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Dans les terres, le château de Fredensborg (visites guidées, jardins en accès libre) accueille la reine en résidence chaque printemps et automne. Quant au splendide château de Frederiksborg, Renaissance flamande, il s’amarre majestueusement sur trois îlots, à Hillerød.
Roskilde

Autre étape essentielle à Seeland, Roskilde fut la capitale du Danemark du 10e au 15e siècle. Sa splendide cathédrale médiévale (Unesco), témoin de nombreux couronnements, renferme les tombeaux de tous les souverains du pays. Autre temps fort : le Musée des (5) bateaux vikings, du 9e siècle, et les reproductions de vieux gréements de son île-musée (drakkar inclus). Pour prolonger le voyage dans le passé : les villages de l’âge de la pierre et du fer de Sognlandet, où des volontaires costumés tentent de se réapproprier les techniques de l’époque.
Le meilleur du Danemark : îles du sud du Sjælland
Il y a l’île de Seeland et la province de Sjælland, qui l’intègre en grande partie (région de Copenhague exceptée) et lui ajoute les îles flottant au sud, en direction de l’Allemagne.
Île de Møn

Notre île favorite ? Møn, sans aucun doute. Pas très grande (615 km2), cette île classée en 2017 réserve de biosphère par l’Unesco réserve bien des surprises, à commencer par un paysage moins plat qu’à l’accoutumée.
Tout à l’est, les célèbres falaises de craie de Møns Klint se dressent au-dessus d’une belle plage de galets – à laquelle on accède par un escalier de 497 marches. Mais Møn, c’est aussi la promesse de belles balades à vélo ou en forêt et une campagne charmante, piquetée, de loin en loin, de cerisiers et d’églises médiévales chaulées (9e-13e), aux hauts pignons crénelés et aux murs recouverts de fresques naïves et attachantes.
Les plus belles se trouvent à Keldby, Elmelunde (la plus ancienne : 1080), Magleby (splendide baptistère) et Fanejord (un vrai livre d’images). Ceux qui ont le temps partiront aussi en quête des monuments mégalithiques (dont un tumulus de 102 m).
Îles de Falster et Lolland

À l’ouest, l’île de Falster est à la fois plus plate et plus vaste. On y trouve la station balnéaire de Marlelyst, un musée de la Moto, le joli petit port de Hesnæs aux chaumières couvertes d’osier et la ville de Nykøbing, qui s’amarre de part et d’autre du chenal séparant Falster de l’île de Lolland.
Plus grande, plus plate encore (une vraie crêpe), Lolland est devenue un vrai laboratoire des énergies renouvelables, avec ses éoliennes flottant à tous vents, ses usines de biogaz et ses expériences sur l’hydrogène. On y visite le Middelaldercentret, un centre de recherches sur le Moyen Âge où l’on s’ingénie à vivre comme en 1408 !
Le meilleur du Danemark : la Fionie
L’archipel, formant une sorte de pont naturel entre la Sjælland (à l’est) et le Jutland (à l’ouest), regroupe quatre îles principales : Langeland, Tåsinge, l’attachante Ærø et la grande Fyn (Fionie), où se trouve la dynamique ville d’Odense, la troisième du pays par la taille.
Les îles Langeland, Tåsinge et Ærø

Parti de l’île de Lolland, le ferry débarque sur Langeland, une île campagnarde aussi longue qu’étroite, piquetée de bois, de vieux moulins à vent et d’églises chaulées. Son chef-lieu, Rudkøbing, exsude un certain charme tranquille. La petite île de Tåsinge, qui suit, lui ressemble ; on y visite surtout le château de Valdemar (17e).
Pas de pont pour rejoindre la douce Ærø, mais un ferry : une garantie de charme et de sérénité supplémentaires, renforcés par le choix de l’île en faveur d’une énergie 100 % renouvelable.
On adore la bourgade d’Ærøskøbing et ses petites maisons à colombages aux couleurs pimpantes des 17e et 18e siècles, avec rétroviseurs aux fenêtres pour observer discrètement! À voir aussi : le vieux port de Marstal (à l’église encombrée d’ex-voto), les quelques églises médiévales dissémeniées dans la campagne, les plages et les courtes dunes.
L’île de Fyn (Fionie) et Odense

L’île de Fyn (Fionie) est grande : près de 3 000 km2. Elle est reliée à Seeland par un étonnant pont de 18 km qui se pose en douceur à Nyborg, dont le château témoigne de l’ancienne importance stratégique.
Fyn propose deux escales majeures : le beau château Renaissance d’Egeskov (1554), entouré d’eau et d’un parc aux jardins baroques (avec différents musées à thème plus ou moins intéressants), et la ville d’Odense, marquée par l’empreinte de Hans Christian Andersen (avec sa maison d’enfance et sa maison-musée).
Le centre historique, veillé par la cathédrale gothique Saint-Knud (superbe tryptique de Claus Berg) ne manque pas de belles batisses, à commencer par les demeures à colombages de Møntergarden. Il y a aussi pas mal de musées, dont celui du Chemin de fer (avec une vingtaine de vrais locos et wagons) et l’attachant village fionien, à 4 km, un musée en plein air vivant très bien fait. Un peu plus loin : le musée viking de Ladby, englobant un tombeau-drakkar de l’an 950.
Le meilleur du Danemark : le Jutland

Le Jutland, c’est le Danemark continental : une immense et corpulente péninsule rattachée au nord de l’Allemagne (29 775 km2, soit 70 % du territoire national), baignée à l’ouest par la mer du Nord et tournée, à l’est, vers les îles centrales et les détroits menant à la Baltique.
Le Jutland est lui aussi largement campagnard et n’est pas beaucoup plus accidenté que le reste du pays, même si on y trouve son point culminant, le Møllehøj (171 m)… Sa façade ouest est, en revanche, remarquable par ses longues plages et cordons littoraux.
Le Jutland du Sud

Au sud de la péninsule, dans la région dite de Danemark-du-Sud, on privilégiera une escale à Ribe, la plus belle petite ville médiévale du pays, fondée au 9e siècle, qui déborde de charme et de gentilles maisons à colombages jaune, vert ou rose, adossées à des jardins ou à la rivière. La cathédrale romane (à cinq nefs) est splendide et offre une belle vue depuis sa tour. Le Musée des Beaux-Arts est immanquable, tout comme le Ribe VikingeCenter. Rigolo : le marché aux fromages le mercredi en été et… la ronde du veilleur de nuit, comme jadis !

Ribe s’amarre en léger retrait de la mer du Nord, connue ici sous le nom de mer des Wadden. Très peu profonde, elle est semée de halligen, des îles basses tantôt reliées au continent, tantôt isolées par la marée haute (et plus encore lors des grandes marées) – où, souvent, une unique ferme se perche sur un précieux petit tertre de tourbe artificiel…
En toile de fond : prés salés, estrans interminables, moulières, dunes, phoques et marsouins, un vrai paradis naturel où, au printemps et à l’automne, font escale des millions d’oiseaux migrateurs. Pour un joli avant-goût, prenez la chaussée submersible menant à Mandø (50 habitants) ou le pont de Fanø.
Mais le Jutland du Sud, c’est aussi l’incontournable parc d’attractions Legoland ; les tumulus de Jellingstenene, les plus grands du pays (pierres runiques), classés au Patrimoine mondial ; les superbes plages et forêts sauvages éparpillées entre Skallingen et Nymindegab ; et, plus à l’est, le château fort de Kolding. Horsens possède d’intéressants musées.
Aarhus

Aarhus est la seconde ville du pays (265 000 habitants), un ex-grand port viking devenu centre universitaire – et très animé à ce titre.
L’ancien et le récent se mêlent autour de la très belle cathédrale Saint-Clément (12e-14e), en brique, à la nef interminable (93 m, record du Danemark) ornée de fresques. L’église Notre-Dame, qui conserve la plus ancienne crypte romane de Scandinavie, abrite aussi un précieux triptyque de Claus Berg. Den Gamle By, le musée en plein air de la vieille ville (75 édifices !), prolonge l’excursion dans le passé.
Ajoutons un bel assortiment de musées, la forêt de Marselisborg et son parc à daims pour prendre l’air, et l’intéressant musée de la préhistoire et d’ethnographie de Moesgård (avec sa momie de l’homme de Grauballe, tiré en fort bon état d’une tourbière…).
Le Jutland du Centre

Dans l’arrière-pays d’Aarhus, Silkeborg, ville papetière, se trouve au cœur d’une région de lacs et de forêts. Son musée possède ses propres momies exhumées d’une tourbière et le Museum Jorn d’art moderne rappelle qu’Asger Jorn, l’un des fondateurs du mouvement Cobra, vécut ici. Randers, au joli vieux centre, est apprécié des familles pour son Tropical Zoo.
Tournée vers les eaux du détroit du Cattégat, la péninsule du Djursland conjugue campagne, collines semées de monuments mégalithiques de la belle région de Mols, églises et manoirs ruraux, bourgades aux maisons à colombages, plages et dunes.
Aussi touristique qu’il soit, le port d’Ebeltoft est charmant (hôtel de ville, frégate du 19e, etc.). La plage et l’aquarium du Cattégat à Grenå, le Parc de la faune scandinave et le parc d’attractions Sommerland attirent en été de nombreuses familles scandinaves. En venant d’Århus, on fera halte au beau château Renaissance de Rosenholm, construit sur un lac.
Tout à l’ouest, côté mer du Nord, les cordons littoraux de Holmsland (long de 35 km !) et de Bøvling Klint (13 km) délimitent de grands « fjords » très peu profonds aux airs de lagunes. Sur le versant ouest s’étendent de larges et interminables plages de sable fin.
Le Jutland du Nord

Le nord du Jutland s’annonce par un fjord. Rien de grandiose, mais un long trait d’eau pénétrant de 43 km dans les terres, délimité ici et là par quelques collines. Ce fjord de Mariager a gagné le surnom de vallée de l’Hydrogène – rapport aux recherches en cours dans le coin.
Cela étant, on vient surtout se balader dans la jolie petite ville médiévale de Mariager, entre rues pavées de galets et maisons à colombages. Classique ? Oui, mais bien joli. Le Danmarks Saltcenter y restitue l’ambiance d’une mine de sel gemme et lui ajoute une piscine hyper salée ! Et la forteresse viking de Fyrkat est l’une des plus importantes du pays.
Plus au nord, le Himmerland, pays de landes et de collines couvertes de bruyère (ça change !), abrite aussi l’une des plus belles forêts du pays, Rold Skov, en partie protégée par le parc national de Rebild. On atteint ensuite Aalborg, la plus septentrionale des grandes villes du pays, pas inoubliable en dehors de son petit centre ancien entourant la cathédrale et de son Musée d’art moderne, dessiné par l’architecte finlandais Alvar Aalto.
L’extrémité nord du Jutland forme une très grande île, séparée du continent par le Limfjord et baptisée Vendsyssel. Voilà un pays attachant, où les collines sableuses se multiplient et se couvrent de pins.

Skagen, tout au nord du territoire, lieu de villégiature des artistes à la fin du 19e siècle, est aujourd’hui une station chic doublée d’un port actif. De là, on rejoint l’extrémité de la longue et belle pointe sableuse de Grenen, qui sépare les eaux de la mer du Nord des prémices de la Baltique (Cattégat).
En chemin, il ne faut pas manquer le château Renaissance de Vœrgård, parmi les plus beaux du pays, ni l’attachant port-station de Sæby, aux vieilles maisons fleuries. De Frederikshavn, on embarque pour la Suède, la Norvège… ou la petite île de Læsø, très carte postale, avec ses maisons de pêcheurs au toit recouvert de… goémon !
À voir encore, côté mer du Nord : le superbe Nordsøen Oceanarium de Hirtshals, le plus grand aquarium de Scandinavie et l’un des rares au monde à montrer les gigantesques poissons-lunes, et les dunes géantes de Rubjerg Knude et Råbjerg Mile. Pas de doute : la région est vraiment belle.
Lire aussi Le Jutland du Nord : au bout de la route
Le meilleur du Danemark : île de Bornholm

Elle n’apparaît souvent même pas sur les cartes du Danemark. Et pour cause : cette île de 589 km2 est exilée à l’extrémité sud-est de la Suède, plus près de l’Allemagne et de la Pologne (auxquelles elle est reliée par ferry) que de Copenhague !
Bornholm, ce sont des bourgades aux maisons à colombages colorées où se sont établis de nombreux artistes et artisans, ce sont des forêts de feuillus, des paysages verts et vallonnés, d’inhabituelles côtes soulignées de falaises et, surtout, d’immenses étendues de dunes et plages de sable clair extrêmement fin – recevant davantage d’heures d’ensoleillement que tout le reste du pays.

Les plus belles s’étalent sur 30 km, à Dueodde, au sud-est, au pied du plus haut phare d’Europe du Nord. Du côté diamétralement opposé de l’île, les ruines évocatrices du château d’Hammershus (13e), accueillant en été concerts et manifestations, dominent la mer Baltique de 74 m.
On parcourt aussi l’attachant port de Svaneke, siège d’une grande usine de fumage de poisson, et on part en quête, dans les terres, des surprenantes églises rondes fortifiées – la plus grande à Østerlars (avec un village médiéval reconstitué à deux pas, comme les Danois savent si bien faire), les autres à Olsker, Nylars et Nyker.
Curieux d’atteindre certaines des îles les plus isolées du Danemark ? Prenez à Gudhjem le ferry menant à Ertholmene, un mini-archipel de 0,39 km2 et 80 habitants, ancré à 18 km au nord de Bornholm. Si ce n’est pas le bout du monde, il ne doit pas être bien loin ! L’endroit, stratégique, est en bonne partie occupé par une grande forteresse du 17e siècle.
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les idées Week-ends, les derniers reportages au Danemark

Danemark : le Jutland du Nord, au bout de la route

Danemark : Aarhus, 5 raisons d’y aller

Skagen, un village d’artistes au Danemark

Les plus belles (petites) îles du Danemark




















