Le meilleur de la Malaisie

23 novembre 2018

Quelle superbe mosaïque, la Malaisie ! Ce pays d’Asie du Sud-Est, écartelé entre la péninsule malaise et l’île de Bornéo, déploie une riche palette de paysages. Une immense forêt tropicale tapisse une grande partie de ses terres. Plantations de thé, mégalopole moderne et petites villes pittoresques se partagent le reste. À quelques encablures de la côte, des confettis d’îles paradisiaques parsèment les eaux turquoise, à l’ouest comme à l’est de la péninsule.
Cette diversité rejaillit aussi sur les habitants : les aborigènes orang asli ont vu débarquer les colons par vagues, Portugais, Hollandais, Anglais, puis des immigrés chinois et une main-d’œuvre orientale. Ce brassage d’ethnies a façonné la Malaisie actuelle. Même si l’islam est la religion d’État et que certaines régions restent très conservatrices, bouddhistes, chrétiens et hindouistes y vivent en nombre.
C’est aussi ce mélange de cultures qui a sans doute rendu la gastronomie si intéressante. En Malaisie, on mange très bien : on retrouve dans l’assiette des influences chinoises, indonésiennes, thaïlandaises et indiennes.
Finalement, le parcours que l’on vous propose est un peu à l’image du pays, riche et varié : un brin de culture, un soupçon de ville, beaucoup de nature et énormément de plages… Voici le meilleur de la Malaisie ! Attention : ce dossier ne porte pas sur Bornéo.



Le meilleur de la Malaisie, côté ouest
Partons à la découverte de trois étapes essentielles de la côte ouest de la Malaisie : Kuala Lumpur, Malacca et Penang.
Kuala Lumpur

Même si Kuala Lumpur n’est pas la plus belle vitrine de la Malaisie, la capitale du pays reste incontournable. Il faut y faire escale rien que pour lever les yeux vers les Petronas Tower, les plus hautes tours jumelles au monde, élancées vers le ciel tropical comme deux fusées de verre. Malgré la construction chaotique de quartiers entiers, « KL », comme on la surnomme, conserve quelques îlots à taille humaine. Dans le centre historique de la ville, baladez-vous du côté de Chinatown et Little India, charmants quartiers où se mêlent le chant du muezzin et l’odeur de l’encens des temples chinois. Comme partout en Malaisie, une mosaïque d’ethnies compose le paysage de Kuala Lumpur.
C’est justement ce métissage qui fait la beauté de la ville : il y a peu de jolis monuments à voir, mais plutôt un mélange d’architecture coloniale, de gratte-ciel modernistes et de petits temples hors d’âge. Autour du Merdeka Square, observez le Sultan Abdul Samad Building, magnifique exemple d’architecture moghole indienne ou encore un peu plus au sud, la splendide construction mi-victorienne, mi-mauresque de l’Heritage Old Station. Avec ses arches, ses dômes et ses minarets blancs, c’est sans doute l’une des gares les plus atypiques au monde !
Et si KL finit par vous étouffer, échappez-vous aux Batu Caves, à 13 km au nord de la ville. La voûte rocheuse de ces immenses grottes abrite d’improbables temples. À l’entrée, une colossale statue dorée (42,7 m) de Murugan, dieu des Tamouls, veille sur les lieux. Avec un peu de chance, on peut même assister à un baptême hindou le week-end.
Malacca
Malacca… Rien que son nom sonne comme une invitation au voyage. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, « Melaka » est l’une des plus vieilles cités de Malaisie. Ancien port stratégique, la ville a vu débarquer Indiens et Arabes, avant d’être colonisée par les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Japonais. De toutes ces conquêtes, il reste aujourd’hui une architecture et une gastronomie très métissées.
Chinatown est le coin le plus représentatif de ce melting-pot culturel. Perdez-vous dans ses petites rues ornées de lampions et d’œuvres de street art parfois fatiguées. Façades colorées, temples enfumés d’encens, patios intérieurs et toits aux ailes recourbées se succèdent dans ce quartier couleur sépia. Notons toutefois trois « incontournables » : le Baba Nyonya Heritage, un musée plein de surprises dédié à la culture peranakan (les premiers migrants chinois de Malaisie) et le Cheng Hoon Teng Temple, le plus vieux temple chinois de la région. Le long de la rivière Malacca, où l’on peut voir des fresques murales, on croise d'autres promeneurs qui se déplacent à quatre pattes… les varans !
Le centre historique regorge aussi de coffee shops branchés, de petites boutiques pleines de trésors et de restaurants bons et vraiment pas chers, fréquentés par des locaux. Mais dès que l’on quitte Chinatown, le charme de Malacca se dissipe un peu, chassé par des centres commerciaux à gogo et des tuk-tuk ultra-kitsch aux couleurs de « Hello Kitty », « Bob l’éponge » et autres guirlandes qui brûlent les yeux.
Île de Penang et sa gastronomie

L’île la plus intéressante de la côte ouest. Au nord de la péninsule malaise, Penang change de visage tous les jours, tant l’urbanisme grignote le paysage à toute vitesse. Georgetown, la capitale, a un pied dans le passé et un autre dans le futur : cette grande ville est un entrelacs de tours et de vieilles maisons, de mosquées et de temples (chinois, hindous, bouddhiques), de boui-boui et de restaurants occidentaux. À tel point qu’on la surnomme la « petite Singapour », en plus cool : ici, on croise encore des hommes en chapeau de paille pointu et le street art éclabousse les murs à chaque coin de rue.
Ne manquez pas de visiter le Khoo Kongsi (un kongsi est le point de ralliement des Chinois d’un même clan, ici le Khoo), remarquablement restauré, le Penang Museum et la Pinang Peranakan Mansion, l’une des plus belles demeures de l’île qui abrite aussi le musée des Bijoux.
Penang est aussi réputée pour sa gastronomie. Les stalls (stands de rue) de Georgetown proposent une incroyable diversité de spécialités d’ici et d’ailleurs. On y mange de tout, et du très bon pour pas cher !
Pour en savoir plus, lire le reportage Penang, l'île gastronomique
Le meilleur de la Malaisie : le centre
Les Cameron Highlands et le Taman Negara : les deux incontournables du centre de la Malaisie, idéaux pour les amateurs de nature et de grands espaces.
Cameron Highlands

Enfin une bouffée d’air frais ! Aux Cameron Highlands, des collines vertes à 1 500 m d’altitude, on échappe à la chaleur tropicale moite et écrasante, inévitable en Malaisie. Passé l’épais manteau de la forêt, on découvre ici des paysages très différents du reste du pays, sculptés par les plantations de thé sinueuses. C’est la carte postale des Cameron Highlands, mais on y trouve aussi des serres et des exploitations de fruits et légumes. Plus haut, à flanc de montagnes, la forêt tropicale offre une flore exceptionnelle : au cours d’une randonnée, on peut tomber sur des plantes carnivores et la rafflésie, la plus grosse fleur au monde à l’odeur épouvantable.
Mais attention, vous ne serez pas tout seul… Le site est victime de son succès. Certains ont profité de l’afflux de touristes pour faire pousser des attractions faussement authentiques, comme des « fermes » et des serres aux papillons. Contentez-vous d’arpenter la plantation de thé Boh (ou Sungei Palas). C’est là que les paysages sont les plus beaux. Buissons de thé d’un vert intense, palmiers, bananiers et, en toile de fond, montagne et forêt composent le décor. On termine la visite par un petit thé, bien sûr, dans le salon qui surplombe les plantations.
Taman Negara

Le Taman Negara Pahang n’est pas une forêt quelconque : c’est la plus vieille du monde ! Le parc national protège un vaste pan de jungle en altitude, encore plus ancien que l’Amazonie. Non dénaturé par l’Homme depuis 130 millions d’années. Au cœur de cette jungle tropicale, le paysage est onirique : des arbres millénaires se hissent à des dizaines de mètres de haut. Les grottes, immenses, sont peuplées de randonneurs, de chauves-souris et de porcs-épics la nuit.
Certains jours, la brume et le brouillard apportent une touche d’ambiance mystérieuse, en plus des plantes vénéneuses et carnivores. Une faune incroyable vit ici : insectes en tous genres, varans, serpents, buffles, éléphants sauvages et rarissimes rhinocéros de Sumatra. Mais celles que vous croiserez tout le temps, ce sont les sangsues ! Elles adorent vos gambettes et le taux d’humidité constant de la forêt tropicale, qui frise les 90 %.
Vous avez le choix entre une balade de quelques heures ou un trek de deux jours, avec une nuit dans la grotte, Gua Kepayang Besar. Nous vous conseillons la deuxième option, plus éprouvante, mais aussi plus enrichissante. Il faut vivre cette expérience pour vraiment profiter de la jungle, malgré le confort spartiate. Ce parcours, proposé par toutes les agences sur place, englobe la pirogue, la marche, le bivouac, la visite d’un village et d’une grotte. L’atmosphère est magique si vous conjuguez le trek à la Night Jungle Walk, un safari de nuit.
Le meilleur de la Malaisie, côté est
Les Perenthian, Tioman, Cherating, Kapas… Les perles de la côte est de la Malaisie, entre ciel et mer, pour un voyage d’île en île.
Kota Bharu

Cap au nord-est, tout près de la frontière thaïlandaise. Kota Bharu est l’une des villes les plus religieuses du pays. Il n’est pas très bien vu de s’y promener en short pour les hommes ou en tenue légère pour les femmes.
Une fois ces précautions prises, cette ville pleine de vie est très intéressante à découvrir : son Central Market, typique et animé, déborde de couleurs et de senteurs alléchantes. On y trouve les meilleures mangues et des stands de nourriture pas chers. Kota Bharu offre aussi une flopée de petits musées thématiques plutôt sympas, sur l’artisanat, la royauté, les rites musulmans, la Seconde Guerre mondiale…
Mais si vous n’aviez qu’une chose à faire, ce serait d’assister à un spectacle de danse et de musique traditionnelles, au Kelantan Cultural Centre. Gratuit, ce show met en avant toute la culture du Kelantan à travers des arts martiaux, des percussions, la fabrication de cerfs-volants ou encore l’art de faire tourner une toupie. Le centre culturel propose aussi des spectacles de théâtre d’ombres dans la petite arène de bois à l’extérieur.
Îles Perhentian

Le paradis sur Terre. Et ce n’est pas une formule lancée à la légère ! Les îles Perhentian, Kecil la petite et Besar la grande, cumulent les atouts : sable blanc, eau turquoise, palmiers, petites cabanes en bois à la Robinson Crusoé et jungle. On y accède par bateau depuis Kuala Besut. Une fois sur place, on a d’abord une grosse envie de ne rien faire, puis de ne pas repartir…
Ici, les journées sont rythmées par le snorkeling ou la plongée, les deux activités principales des Perhentian. Les eaux chaudes regorgent de coraux et de poissons multicolores. Il suffit de plonger la tête avec un masque pour en apercevoir des dizaines…
Les îles sont très touristiques, mais on peut facilement échapper à la foule sur l’une des nombreuses criques presque désertes. Elles sont accessibles par bateau-taxi ou à pied, parfois, en s’éloignant un peu des plages connues. Chaque « guest house » a sa propre plage, plus ou moins bondée selon la taille de l’établissement.
Kecil est réputée pour être fêtarde, tandis que Besar serait plus familiale. En réalité, l’ambiance varie surtout en fonction de votre hôtel. On peut se retrouver seul au monde sur Kecil, en optant pour une guesthouse qui ne propose que huit cabanes par exemple, ou faire la fête sur Besar si on dort dans un gros complexe hôtelier avec multi-activités. À vous de voir !
Île de Kapas

Une autre carte postale idyllique, mais moins connue que les îles Perhentian. L’île de Kapas, c’est cette bande de terre que l’on aperçoit depuis Marang, ville située au sud de Kuala Terengganu. Sur Kapas, l’activité principale consiste à bouquiner les doigts de pied en éventail dans un hamac. Vous ne trouverez ni routes, ni villages, ni commerces, mais de magnifiques poissons et des shamas à croupion blanc, un oiseau rare. Ici, le confort est encore plus sommaire que sur les autres îles : on y apprend à faire la sieste sans moustiquaire et à apprécier les douches à l’eau froide.
Là aussi, les guest houses organisent des virées en barque pour faire du snorkeling sur plusieurs sites paradisiaques, dont Coral Garden, au large de Gem Island (au nord de l’île). C’est très touristique, donc mieux vaut y aller de votre côté, une fois que la vague de bateaux est passée.
Et, à une trentaine de minutes de navigation au nord de l’île, l’épave d’un navire de guerre japonais, coulée à 25 m de profondeur depuis la Seconde Guerre mondiale, fait le bonheur des plongeurs. Vers août-septembre, elle attire aussi quelques requins-baleines.
Cherating

Le spot de surf par excellence. Située entre Dungun et Kuantan, Cherating a connu un gros coup de projecteur quand le premier Club Med d’Asie s’est installé sur sa magnifique plage. La ville a longtemps attiré les touristes du monde entier, avant d’être boudée à cause du vent, des vagues parfois trop dangereuses et de la concurrence d’autres plages tout aussi sublimes.
Aujourd’hui, l’inconvénient est devenu un atout : dans les années 1990, un surfeur australien a fait connaître le spot à ses petits camarades du monde entier. Si bien que Cherating est envahi de surfeurs en période de mousson, de novembre à mars.
Vous l’aurez compris, l’eau n’est pas assez claire ici pour faire du snorkeling. Mais en dehors du surf, on peut aussi observer les lucioles (quand la lune est faible et qu’il ne pleut pas) ou saluer les tortues au sanctuaire des tortues marines.
Île de Tioman

Un autre petit bijou de la côte est. Sur les 64 îles volcaniques émiettées de ce côté de la Malaisie, Tioman est la plus grande et la plus captivante. Elle a même été élue plus belle plage du monde dans les années 1970 par le Time Magazine. En plus des eaux cristallines et poissonneuses, la nature est ici exceptionnelle : on y trouve une jungle immaculée sur plus de 12 000 ha, des massifs coralliens, 45 sortes de mammifères (dont une partie protégée) et 138 espèces d’oiseaux. Et il suffit de s’éloigner des villages pour croiser des varans d’1,50 m de long !
Bref, Tioman est une île incroyable, même si son sable n’est pas aussi blanc que sur les îles Perhentian. Elle prend sa revanche dans les fonds sous-marins, beaucoup plus diversifiés. Les sept îlots autour de Tioman abritent de remarquables sites de plongée où cohabitent poissons-perroquets, napoléons, requins de récif, raies manta en saison, poissons-cochers et raies à pois bleus.
Mis à part la plongée et le snorkeling, l’île se prête bien aux randonnées. La traversée de l’île, de Tekek à Juara, permet d’arpenter la jungle épaisse sur 7 km (compter 2-3 h pour l’aller). Vers le sud, la balade de 3 h environ débouche sur la jolie plage de Genting. Vers Salang, au nord, le chemin est plus sauvage et plus difficile à pratiquer au-delà de Monkey Bay. Prenez aussi le temps de flâner à Tekek, point de départ de tous les parcours. Un petit village qui donne un bon aperçu de la vraie vie malaise.
Parc d’Endau Rompin

Une bonne alternative au Taman Negara si vous restez plutôt dans le sud. Endau Rompin est le deuxième parc de la péninsule malaise. Sa forêt vierge est elle aussi l’une des plus anciennes du monde. Des cascades se déversent sur des roches volcaniques, au milieu d’arbres momifiés par les lianes, de forêts de bambous géants et de jardins de fougères suspendus. Une flore incroyable, à laquelle s’ajoute une faune tout aussi variée : papillons de toutes tailles, tapirs, sangliers, faisans, rhinocéros, lémuriens et éléphants vivent ici. Différents treks sont proposés par les agences (mieux vaut rester 3 jours pour bien explorer la jungle). Ils vous mèneront vers les plus belles cascades du pays, où l’on peut piquer une tête sans problème.
Selon les parcours, vous pourrez aussi grimper sur la colline de Semanggong (la pente avoisine parfois les 100 %), ou écouter les bruits de la forêt de nuit. Si vous passez par l’entrée de Selai, vous logerez dans de confortables chalets très bien équipés. Et pour ne rien gâcher, les repas sont excellents.
Bekok, porte d’entrée ouest du parc d’Endau Rompin, apparaît comme une halte salvatrice après le trek. Ce petit village sympa accueille une communauté chinoise tranquille, descendants d’ouvriers, et des petits rades surannés.
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